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Tome III. [P - Z.]
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lesquers,qui font Juges Souverains, tant des affaires deGuerre que du Civil, & ont fous eux les Cadis. Ceux cyfont comme Baillis ou Prévôts dans les petites Provinces &dans les villes, & son y décide par devant eux tous lesdifferens qui naissent parmi le Peuple. La Charge de Capi-taine-Bacha ou Amiral, est auffi tres-coníîderable. II a lcCommandement de toutes les armées du Grand Seigneur.De toutes les Cours de l’Europe, la plus belle & la plusnombreuse aprés celle du Roy de France est la Cour def Empereur T ure. Elle consiste en Infanterie & en Cavale-rie , & il y en a de plusieurs fortes. Les Capidgis ou Por-tiers, font comme Archers & Gardes de la Porte de sonSerrai! & de fa personne, même dans le temps qu’il donneaudience. Ce font eux qui introduisent ceux qui ont àparaître devant le Prince, & qui les tiennent par les braspendant qu’ils y font. Leur Chef fe nomme Capidgi-Ba-chi. Ils portent un bonnet où il y a un cône fur le frontlong de demi-pied. Ces Capidgis font au nombre de troismille, & on les paye régulièrement tous les deux mois. LesSolaques font aussi de l’Infanterie & de la Garde du Corpsdu Grand Seigneur, qu’ils ne manquent point d’accompa-gner lors qu’il va par la ville, ou qu’il fe fait quelque cé-rémonie. Ils portent un Doliman à manches pendantes, re -troussé à la ceinture , ce qui laifle voir une partie de leurchemise, qui est toujours d’une belle toile. Leur bonnet estlong & pointu, st ils y attachent d’assez belles plumes, quirepresentent la crête d’un coq. Ils portent Tare passé dansle bras, & le carquois plein de flèches fur f épaule droite.Ce mot de SoUques veut dire gaucher, à cause que quandils tirent leurs flèches, ceux qui font à la droite du GrandSeigneur tirent la corde dc l’arc de la main gauche,pour nepas tourner le dos à ce Prince. Les Janissaires qui font lesplus estimez dans 1 Infanterie, où ils font un corps nombreux,íbnt presque tous enfans de Tribut ou Reniez volontaires, & son y voit peu de Turcs naturels. Outre lesJanissaires de la Porte, qui font douze mille, il y en a en-core un bien plus grand nombre dans toutes les Provincesde Y Empire, où ils ont des Privilèges tres-considerables.Leur habit n’est diffèrent de ceìuy des autres Turcs ,qu’ence qu’ils portent les jours de cérémonie unecoëffure qu’onappelle Zercola. C’est un bonnet en maniéré de manchependante , dont une partie est renversée derriere leur tête.Ils portent fur le front un cône long de demi pied,orné debelles plumes, & ont à la main un gros bâton de la lon-gueur de six pieds, comme pour commander au petit Peu-ple. Ceux qui font autour du Grand Seigneur logent tousdans deux baraques, qui contiennent cent soixante cham-bres.Ces chambres Rappellent Oda. Ils font cinquante danschacune, avec trois Officiers qui leur commandent,fçavoir1 ’Oda-Bachi Chef de la Chambre ; Je Tchor-Bagi,Capitai-ne qui porte un bonnet de belle étoffe orné de plumes dedifférentes couleurs ;& le VÌKÌ 1 -Hardge, qui est ie Dépen-sier. Au dessus de ces trois Officiers est le Kiaya-Bey, Lieutenant General des Janissaires, & au dessus de luy f Aga, oule General des mêmes Janissaires. On ne les fait jamaismourir en public. Leur Aga ordonne à l’Oda-Bichi de leschâtier dans leur chambre,selon que le crime est impor-tant. Le supplice ordinaire à quoy ils font condamnezpour les plus legeres fautes, c est à recevoir des coups debâton fous la plante des pieds;& si quelqu’un d’eux fe trou-ve digne de mort, on le fait étrangler la nuit ou jetter dansla mer enveloppé dans un sac. La Cavalerie n'est pas moinsconsidérable que f Infanterie. Les Tchiaoux font presquesemblables aux Exempts des Gardes, & exécutent tous lesordres du Grand Seigneur & de tous ft s Bac ha s. Ce fonteux qu’on envoye en Ambassade chez les Princes Etran-gers, & ils ont pour Chef kTchiaoux-Bachi,homme d’unegrande autorité. Leurs bonnets ont plus d’un pied de dia-mètre, ce qui leur donne fort bonne grâce. Les Mute Fe-racas, qui font tous de grande qualité , ont les Gouverne-mensdes meilleures Places de 1 Empire, & ne vont point àla guerre , si le Grand Seigneur qui est leur.Chef 11’y va enpersonne. Les Spahis,qui font simples Cavaliers, font di-visez en six Regimens, distinguez par la couleur différentede leur drapeau. Les uns font payez tous les deux mois, &d’autres ont un Timar , qui est comme une Commanderie,ce qui les laie ap seller Timar Spahis.

O11 rend d ordinaire Justice au Divan, qui est une SalleduSerrail,où son a audience quatre fois chaque semainepar devant le Grand Seigneur. Ceux qui ont feance dansce Conseil font les Visirs, les Cadilefquers,les Beglierbeys,

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le Nifchangi,Garde des Sceaux;les Deftertars, ou Inten-dans des Finances, & beaucoup de Greffiers, qui expedie' 1les affaires fur le champ. Le Capidgi-Bachi & leTchiaoUBachi gardent feutrée de cette Salle où l’on traite des 3 'faires d’Etat, & de celles des particuliers, que l’on déciyen dernier ressort & en peu de temps. Chacun y est écoute»de quelque condition , Nation , ou Religion qu’il soit 1est question d’une dette, le Visir envoye leTchiaoux aver-tir le Débiteur st le Créancier de fe trouver dans la Salleavec deux témoins. Sur cela le Débiteur est condamne apayer fur f heure , ou à demeurer en Prison jusqu a cequ’il ait payé. S’il s’agit d’un meurtre, on fait venir les té-moins , & Ic coupable, est condamné à mort íànsaucu°appel. II n’y a jamais d’injustice dans ces jugemens,à cauiequ’au haut de la muraille de cette Salle, il y a une fenêtreavec une jalousie fermée d’un crêpe noir ,d’où le Graslj*Seigneur voit & entend quand il veut tout ce qui fe t alou dit dans le Divan; de forte que les Juges ne fçachan £s’il est ou non à cette fenêtre, prennent bien garde à ob-server la Justice. Tous les jours de Divan 011 ouvre I eFlash a ouTrefor duGrand Seigneur,aprés que leTchiaoux*Bachi a regardé si le Sceau qu’on a apposé fur la ferrure den son entier. On y met où l’on en ôte ce que le Princeveut qu’on y mette ou qu’on en tire , aprés quoy j eTchiaoux Bachi le referme avec le Sceau que luy donneGrand Visir. En même temps l’Aga des Janissaires est ,lì 'traduit devant le Grand Seigneur par le Capidgi-Bachi ^par le Tchiaoux-Bachi’,&aprés luy le Spahiler-Agusi» cj 1 'fuite les Cadilefquers, & autres Officiers du Divan,& enn"les Visirs, aprés lesquels on introduit les Ambassadeurs d eSPrinces Etrangers. Tous ces Officiers vont ainsi rendrecompte au Grand Seigneur de ce qu’ils ont fait, & aucnbd’eux ne peut s’asseurer qu’il rapportera fa tête,leGranSeigneuries faisant étrangler fur le champ pour peu dcchose.

Les châtimens les plus ordinaires en Turquie font l eJcoups de bâton,ou fous la plante des pieds ou fur les fess cJ ‘Quand on les donne de cette derniere façon , on fait cou-cher le Patient fur le ventre , & on le frappe par dessus \caleçon , de même que fur la plante des pieds. Quelques 01on en donne jufqu’à cinq ou six cens coups.Qjand un hom-me a été traité ainsi , il faut luy couper avec le rasoir beau-coup de chair meurtrie & enflée, de peur que la gangre oene vienne à s’y mettre. C’est de cette forte que l’on bat ’ £femmes, mais jamais fous la plante des pieds. Quantsupplices dont on punit ceux qui ont mérité la mort,c dde pendre, décoler, empaler ou jetter au gauche. Si eílmenant quelqu’un pour être pendu, ils rencontrent uuChrétien , ils le font servir de Bourreau fans qu’il le p ul ‘®éviter. Ils font fort adroits à couper la tête, & empalesrarement à Constantinople. Le Gauche est une estrap 3 !*fort haute, garnie en plusieurs endroits de crochets de lefort pointus. Aprés que le Criminel a été guindé en haU £ >on le laisse tomber, & Comme il ne manque pas d’ëtre ac-croché en tombant, s’il l’est par le milieu du corps, on j®tient heureux,parce qu’il meurt tour d’un coup ; mais »crochet l’attrappe par un autre endroit,il languit quelq ue .Tfois tro s jours avec de grandes douleurs. Ce fuppst° e e \si cruel, que les Turcs le pratiquent rarement. Ils brûle 0vifs lesRenieurs qui retournent aux Christianisme, Ie°mettant un sac plein de poudreau cou & une callotte p 0 ' 1 ’fée fur la tête. Les Chrétiens qui disent ou font quelq 11 ®chose contre la Loy de Mahomet, qui font surpris av eune femme Turque, ou qui entrent dans une Mosquée»font empalez s’ils ne rachettent leur vie en fe faisant Tur 05 '

* Le P. Philippe, Voyage d Orient , sir. 4. ch. 6. ThevenoD"oy tqe de Lev mt 1. p rt.

TURRENA AUGUSTALIS. Ville ancienne d’ltal> e 'C’est aujourd’huy selon p ufieurs Géographes , 1 e b 0^0ou village de la Toscane qu’on appelle Lo.na.

TURRES ou Ad Tunes. Ville ancienne desLes Géographes disent que c’est le bourg de la CalabCUltérieure nommé aujourd’huy B iagto. Turresest 30

le nom que les Latins donnent à T f rn , ville ancienne oeLiburnie ; & à Tun , ville de la Poiiille Peucetignne.

TURRES-VETERES. Nom Latin de r urts-Vt##*bourg du Royaume de Portugal.

TÛRRIS-ANNUNTIAT 2 E,est celuy de Torre-deìl-M'nufti-.ita , bourg d’Italie dans le Royaume de Naples. . r-TURRLS AUGUSTE Les Auteurs Latins appellent ainLugo , ville du Royaume de Galice en Espagne; & st s n °