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servi à ia Mecque , & une chaire où llraan monte pourleur prêcher l’Alcoran. Le pavé est couvert de nates oude tapis , & des galeries que soûtiennent des colomnes, en-vironnent toute la Mosquée. 11 y a dans quelques-unes deslampes de cuivre qu ils allument pendant la Priere qui sefait cinq fois le jour , fça voir à l'aube du jour, à midi, àquatre heures, au Soleil couchant, & à une heure de nuit.
Ils en font avertis autant de fois par un Muezin, qui monteau Minaret, d'où les oreilles bouchées de ses mains, il criede toute fa force aux quatre parties du monde en com-mençant par leMidi, Deueflgrand , Dieu est grand, Dieu estgî'wd. Témoignez, qu il ny a qu un Dieu ; témoignez, que Maho-met est son Prophète. Venez, vous prefenter a la merci de Dieu , &demandez. la rémission de vos pechez. Dieu est grand , Dieu estgr^nd , Dieu est grand, ll n y a point d,’autre Dieu que Dieu. LeVendredi qui leur tient lieu de Dimanche, ils ont encorefur les neuf heures du matin une Priere qu’ils appellentCousthlouc Namafi. Tout le monde est obligé d’y aller, maison peut travailler aprés cela. La plupart serment leursboutiques & fe reposent ou se réjouissent. Pendant que leMuezin appelle à la Priere chacun fait l'Abdest proche laMosquée. En y entrant ils laissent leurs souliers à la porte,
& saluent aussi tôt le Keble, aprés quoy ils prennent leurs
Î 'laces, d’où ils observent l’Iman pour faire à son imitationes cérémonies Sc les prières ordinaires, qu’ils commencentpar ces paroles Allah Ekber , Dieu est grand. Ils ont cn lesprononçant les mains fur leurs épaules, & les portent en-suite furie nombril l’une fur i’autre, priant en eux-mêmesdans cette posture. A la fin de chaque Priere ils fe proster-nent & fe levent plufieurs fois toujours avec grand respectde Dieu, sans qu’on les voye jamais rire, parler ni faireaucun bruit dans la Mosquée. Quand ils mettent le s mainsfur les épaules, ils font entendre qu’ils quittent toutes leschoses mondaines pour fe mettre en la prefence de Dieu,ôc quand ils les joignent, ils marquent leur soumission &leur respect. Par la prosternation réïterée huit fois à l’aubedu jour , vingt fois à midi, seize fois à quatre heures, dixfuis au Soleil couchant ,& vingt-quatre fois à une heurede nuit, chacune environ pendant le temps d’un Ave Mariasris veulent dire qu’ils adorent Dieu autan t de fois, les fem -files ne portent leurs mains qu’à la moitié de leurs épaulés,
& les mettent ensuite fur leur sein. Elles ne peuvent asterà la Mosquée nues comme les hommes, à l’exception decelles qui sont esclaves. Les autres ne font paroître qu’unePartie de leur visage. La Priere finie , tous tant hommesque femmes fe courbent d’abord vers le côté droit, puisVers le gauche, pour saluer leurs deux Anges, Kerim &Kiatib. Personne ne peut parmi eux s'exempter daller à lalJ riere, sor tout à celles du midi, de quatre heures & duSoleil couchant. Ceux qui ne peuvent aster à la Mosquéefont ces Prières chez eux, Sc ils y observent les mêmes céré-monies, ee que font aussi lesVoyageurs. Pour cela ils por-tent toujours un petit pot plein d eau pour faire 1 Abaest,à un petit tapis qu’ils étendent par terre pour prier dessusa 1 heure ordinaire. . ,
Les Turcs remplissent le Commandement de la Chanteco assistant principalement leurs pauvres parens ,& donpant ensuite aux autres fans avoir égard fi c’tst à un Chré-tien , à un Juif ou à un T ure. Aussi ne voit-on point defiiandians en Turquie,parce qu’il y a des Hôpitaux fondezpar les plus puissans de cet Empire pour recevoir tous lesPauvres. D’autres sont bâtir des Sérails fur les grands che-mins pour la commodité desVoyageurs,d’autres des ponts,des aqueducs & des puits, où ils font apporter de l’eau defort loin par un motif de charité. 11 y en a même qui don-fient la liberté à des Esclaves, & ceux qui ne peuvent fairela charité de leur bourse, la sont de leurs bras en raccom-modant les chemins, & en avertissant les passans du guéqu il faut prendre dans le débordement des rivières. D au-îres établissent des revenus pour nourrir les animaux à lacampagne,& d’autres à la ville. C’est quelque chose d allezsingulier de voir à Constantinople & en d’autres lieux unhomme gagé pour donner tous les jours de la viande aux
chats & aux chiens qu’il trouve dans les rues.
Le dernier Commandement, sçavoir le Voyage de laMecque, est celuy qui est le moins observé, parce que plu-
fieursne le peuvent faire , ouparimp issance,ou par desânres qui ne [ elir permettent pas de f entreprendre, e-pei.ss.nt ils s 'y préparent toute leur vie comme à unecho e
neccssai reà leur salut. Ceux qui l’on t fait ont des privile-§es Wes-considerables. Ce voyage est difficile pour la lon-Teme nu
gueurdu chemin & pour les descrtsqu’il faut passer.C’estce qui est cause que sous les ans qu’on le fait par Carava-nes , il y meurt presque un quart de ceux qui le commen-cent. Ils font réputez pour Saints, quoy qu’ils ne l’ache-vent pas.
La façon de pleurer les Morts est remarquable en Tur-quie. Sitôt que quelqu’un est expiré, les cris que les fem-mes font, mêlez d’une forte de chaut lugubre, en avertis-sent bientôt les voisins. Les amis du Mort accourent à sonlogis pour pleurer & contribuera cette Musique qui rouleordinairement fur ses louanges. Si c’est quelque pere defamille , la femme & les enfans exagèrent les douceursqu’ils en ont reçues de son vivant, & les femmes répon-dent dans le même chant lugubre, sens donner aucuneconsolation aux proches du Mort. Celles qui ne peuventou ne veulent pas pleurer louent des Pleureuses. Ensuiteon étend le Mort par terre, on le lave & on le rase, parceque les Turcs sont persuadez que leur ame n’est pure &nette qu’autant que le corps est net & pur. Aprés cela onbrûle de l’cncens tout à l’entour, pour empêcher les mau-vais esprits de s’en approcher. Cela fait on l’enfcvelit dansun linceul, & en même temps tous les parens Sc amis quisont prefens à cette cérémonie , prient Dieu qu’il Iuyveuille faire miséricorde. Ils ne cousent ce linceul ni auxpieds, ni à la tête, afin que le Mort puisse plus facilementfe mettre à genoux , & répondre aux Anges qui doiventl’examiner fur fes actions passées. Lors que le Mort est en-seveli , on le met dans une biere pour le porter au lieu dela sépulture. Si c’est un homme de guerre, on le couvred’un poste rouge. Sj c’est un Chéris, le poste doit êtreverd, Sc s’il n’est ni 1 un ni l’autre,on en met un noir, avecun Turban que l’on étend en travers. Le Turban est rougepour les Janissaires, rouge & blanc pour les Spahis, vei dpour un Chéris, & noir pour Jcs autres. Aprés cela, on leporte au Cimetière, qui est hors des villes dans tout l’Em-pireOttoman. Le Prêtre qui va devant dit des Prières,dans lesquelles st invoque fort souvent le nom de Dieu. IIest suivi des parens Sc des amis , & d’une foule de femmes,qui hurlent le long des rues, & qui tenant à deux mains unmouchoir qu estes ont fur leur cou , le font aller tantôtd’un côté & tantôt d’un autre pour marquer leur déses-poir. Lors que l’on est arrivé au lieu de la sépulture, or»tire le Mort de la biere pour le mettre dans la fosse, & onl’y couvre de terre. Chacun fe retire aprés cela , à l’excep-tion des Pleureuses qui continuent leur Musique. Si le Mortest d’une qualité distinguée, on mene fes chevaux au Con-voy. On met quelques pierres fur la sépulture, fur tout àl’endroit où est la tête du Mort, pour servir de siégé auxAnges, qui viendront luy demander compte de fes bonnesou mauvaises actions. Les parens Scies amis s’y assemblentplusieurs jours ensuite, afin de prier Dieu pour le Mortqu’ils appellent de temps en temps par son nom , l’exhor-tant à fe bien défendre contre les mauvais esprits, 8c à ré-pondre fans peur aux demandes que les Anges noirs luypourront faire. D autres portent fur cette pierre dequoyboire & manger, & tout le monde y est bien venu. Usfonccela pour attirer les passans, qui aprés avoir bû à la santédu Défunt, font des prières pour le soulagement de soname. Les personnes les plus considérables ont leur Tom-beau de marbre avec un Turban dessus. Ceux de moindrequalité n’ont qu’une pierre qu’on éleve fur la fosse avecquelque Inscription. Le nombre en est fort grand dansleurs Cimetières.
Les Turcs font sujets à un seul Prince qu’ils nommentSultan. Sa grande puissance le fait appelíer l’Empereur desTurcs ,ou Je Grand Seigneur par les autres Nations. CetEmpire est héréditaire, & n’est point sorti de la MaisonOttomane depuis qu’il y est entré.Quand ce Prince meurt,son fils luy succédé. S'il n’a point de fils, son frere est misen fa place,Le choisit un jour où il va par eau à la Mosquéed’Youp. Cette Mosquée est au fond du Port,Le a son Cloî-tre,au milieu duquel est une Tribune élevée fur des piliers,le tout de marbre. Le Grand Seigneur étant monté à cetteTribune, le Muphti aprés quelques prières luy ceint l’é-péc , & ensuite il fait son entrée dans Constantinople aveccavalcade. U a sept Ministres d’Etat appeliez Visirs. Celuyque l’on nomme Grand Viíìr est plus puissant que les au-tres. Il donne audience aux Ambassadeurs, fait payer lesgens de guerre, juge les Procès, condamne les Criminels ,& a le soin de toutes les plus importantes affaires de i’Em-pire. Les autres principales Charges font celles des Cadri*
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