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lieu d’y nourrir grand nombre de vaches & de brebis, deforte que Ion en tire quantité de farine de froment, beau-coup de biscuits Sc de fromages, & force étoffes de coton ■qu’on porte aux Provinces tant voisines qu'élo gnées. II yen a plusieurs enfermées dans ce grand Gouvernement, lelong de la mer, Sc au dedans de la terre-ferme. Les princi-pales font Curiana, Ctûca , Bariqwcemeto , Caracas Sc Tucuyo,dont les Auteurs Espagnols ne distinguent pas les limites.
Ils y comptent plus de cent mille Sauvages qui leur payenttribut, & habitent là huit villes ou bourgades, dont la ca-pitale est Coro , qu’ils nomment aussi Venez-uelt. Les autresfont N uestra Sewu de Carvalleda . Sm fago de Léon , NavaValentia, Xeres, Nova Segovta , Tucuyo Sc Truxillo. Us ont encoreUne autre bourgade nommée L aguna - dans le même Gou-vernement de Venezuela. Elle est située fur la rive Occi-dentale du Lac deMaraeaybo , à quarante lieues de Coro,dans le fond de la baye ou recul de ce L c, fort rempli debancs & de baffes dangereuses pour les navires, ce qui estcause que les barques feules y peuvent aller. Le territoirevoisin de cette bourgade ,quoy qu’il soit rempli de plai-des, est abandonné pour la plus grande partie ,& demeurefans culture. II y a grand nombre de cerfs Sc de lapins,Quantité d'oifeaux, fur tout des ramiers 8 c des perdrix ;mais en même temps il s’y trouve des tigres si acharnez furles hommes, qu’ils ne craignent point d entrer la nuit dansla bourgade pour les devorer.* Laët, Défendes Indes Occid.siv. 18. cb. i$.
On appelle Golfe de Venezuela le Golfe de la mer du Nordstui est fur la côte entre cette Province & celle de ísio de laHacha, Comme la ville de Coro est fur ses bords , quel-ques-uns le nomment Golfe de Coro. Ce Golfe que les La-tins appellent VenetwU Sinus s’avance plus de quatre-vingtmille pas du Nord au Sud.
VENICNIENS. Peuples anciens de l’Hibernie. Ils oc-c upoient dans l’Irlande ce qu’on appelle aujourd’hui lesOomtez de Tirone, de Tyrconell Sc de Londondery.* Au-diffret, Geoor. T orne i.
, VENICÒNTES. Peuples anciens de la Bretagne Ulté-rieure , qui furent compris parmi les Calédoniens., Us ha-bitaient les Contrées de l'Ecosse , qui font aujourd’hui deternis, de Marris & d’Angus. * Audiffret, Geogr. Tome i.
VENISE. Ville d’Italie , capitale des Etats de la Répu-blique des Vénitiens, en Latin Vemtia Elle eft située fur leOolff de ce nom, à une lieuë de la Terre ferme , à trente-trois de Ravenne, à cinquante de Milan, a quatre-vingt-mpt de Rome, & à quatre-vingt-quinze de Vienne. Cettev, ste , l’une des plus riches & des plus puissantes de 1 Um-yers, a été d’abord tres-peu de chose, & aucune autre najamais eu des commencemens fi peu ordinaires. Les ancien-nes Chartes de Padoue en mettent la fondation 1 an deE r ace 411. Sc en attribuent la cause à l’épouvante qu Alaricdes Goths répandit dans toute 1 Italie, lors qu 11 yentra avec une armée formidable de Peuples, qu on n avoirP oi nt connus jusque-là Us désolèrent tout le Pays quileur servit de passage. Ceux qui habitoient aux environs,fçachant que les petites Ifles qui composent aujourd huy^ette grande & fameuse ville,étoíent un asile asseuré contreE fureur dc ces Barbares,s’y réfugièrent & s’y établirentCn y faisant bâtir des maisons. LesPadoiians y envoyerentî.tais Magistrats pour y entretenir une feurc & bonne Po-‘ lc e, pour avoir l’œìl fur les ouvriers, Sc pour empecherstn il ne s’y commît aucun désordre. Peu de temps âpres leRedoutable Attila Roy des Huns, qui fe saison surnommerst fléau de Dieu , passa d’Alemagne en Italie , où il ruina plu-«eurs belles villes ; de forte que les Peuples fugitifs neRtayant aucun lieu où ils pussent efperer d’être à couvert«es ravages qu’ils avoient à craindre,fe retirerent dans cesmarais inaccessibles, emportant avec eux tout ce qu ils
Pmjvoi. nt, & donnerent par-là occasion aux Magistrats dea doue de faire de toutes ces Iíles une viJJe forre & rlc "5 Jtíu débris de plusieurs autres. Tel fut l'origine de Venise,ne le cede ni en force ni en magnificence à aucune villeu iïiorjde, Sc qui n’étant rien dans fa naissance , est deve-la maîtresse d’un tres-florissant Etat, ayant fournis a laa °mination toutes les Istes de la Mediterranée, jmstues a
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I’Istrie & du Frioill. Rien n’est plus agréable à la vue que Uperspective que la ville de Venise offre aux Voyageurs,qúien viennent voir les raretez. Si-tôt qu’on s’est embarqueà Margcra , on découvre du milieu de la mer un grandamas dc bâtimens , avec trente ou quarante clochers audessus. Lors qu’on approche de cette masse de pierres qu’ona peine à bien distinguer de loin,on remarque avec surprix __fe une grande ville, qui n'oppose ni murailles ni rempartsà la furie de la mer , & qui demeure fur ses pilotis auffiferme qu’un rocher. Sou aspect n’est pas moins charmantdu côté de la mes Adriatique. On apperçoit la pointe defes tours de trente milles de loin , Sc comme ces objetsgrossissent à mesure qu’on en approche ,on Croit voir sor-tir peu à peu une grande ville du fond de la mer. Quantitéd’ístes qui font comme un demi-cercle tout à l’entour enforment le Port, & défendent les bâtimens des caprices dela mer. Toutes les maisons de la ville font construites furpilotis, & fes rues font presque toutes baignées de seau dela mer, qui entre par une infinité de canaux, en forte qu i!y a fort peu de maisons où l’on ne puifie aborder par eau& par terre. Tous ces canaux font bordez de superbes édi-fices qu’on prendroit pour des Palais, fur tout celuy qu’onappelle Canal Maggiore, qui passant par devant la Place deSaint Marc , coupe la ville en deux parties, en a de tres-magnisiques fur fes bords, & entre autres ceux de Pifani ,de Moroíìni, de Loredano , de Rosini, d’Andramino & deGrimani. Le nombre des Ponts qui traversent ces canauxest presque incroyable. On cn compte jusques à quatrecens cinquante tous de pierres, Sc bâtis avec un tel artifi-ce, qu’ils ne mettent nul obstacle à la navigation. Celuyque l'on estime le plus est fur ce Canal Maggiore, vers lemilieu de la ville,& on l’appelle Pont de Pialto. Ursaqu’unearcade,large de quatre-vingt-dix pieds au niveau du Ca-nal , fur vingt quatre d’élevation, ce qui rend cette arcadefort basse. Son ceintre ne fait que la troisième partie ducercle. Ce Pont est fondé fur dix mille pilotis d’orme, &construit de grands quartiers d’une efpece de marbre.Deux rangs de boutiques y forment trois rues au dessus ,l’une assez grande dans le milieu, entre les deux rangs deces boutiques, & les deux autres entre les derrières desmêmes boutiques Sc les gardefous du Pont.
La Place de Rialto , nommée autrement Merceria, n’estautre chose qu’une Halle, entourée de belles maisons deMarchands fle de boutiques de toutes sortes d’Ouvriers.Assez prés de cette Place est l’Eglise de Saint Jacques, laplus ancienne de celles de Venise. On dit qu’elle a été bâ-tie en 421. L’Auteí de la grande Chapelle est ce qu’elle ade plus remarquable. 11 est de marbre blanc, avec une Sta-tue de ce Saint, de la main d’Alexis Victoria. De-là en pas-sant devant la Tour de l'Horloge, qui est toute couvertede marbre, Sc qui montre non feulement les heures & le$faisons, mais aussi les Signes du Zodiaque & le cours duSoleil Sc de la Lune, on entre dans la Place de Saint Marc,faite en maniéré d’équierre Sc toute pavée de marbre.L’Eglife de Saint Geminien , qu’on dit avoir été bâtie parN orles, General de l’Empereur Justinien , pour satisfaire àun Vœu qu’il avoir fait, lors qu’ii battit les Goths avec lesecours des Vénitiens , fait face à un des cotez de cettePlace, & l’Eglife de Saint Marc à l’autre. Cette dernierepartie de la Place de S. Marc a deux cens quatre-vingt pasde long & cent dix de large. Elle est ornée des deux còteZdes somptueux bâtimens des Procuraties vieilles Sc nouvel-les. Deux grands Portiques larges de dix pas en soutiennentles façades. Une frise d’albâtre tres-délicatement travailléerègne tout à l’entour ; & en bas il y a un double rang d’ar-cades, dont les unes ménagées dans le corps de l’édifice ,servent de boutiques à des Parfumeurs, des Limonadiers,des Distillateurs Sc autres Marchands. L’autre partie de latmême Place qui se termine à la mer, &qui a le nom deBroglia , est longue de deux cens cinquante pas & large dequatre-vingt. Le bâtiment des Procuraties (appellé ainsi ,parée que c’est la demeure des Procurateurs deS.Marc)yproduit le même effet d’un côté , & elle est bordée de l’au-tre par le Palais de S. Marc. Ce Palais, quoy qu’ancien &gothique, ne laisse pas de donner un grand lustre à cettePlace. A l'un des bouts qui regarde la mer,& qu’on appel-le llCanal deila Gìudea , font deux Colomncs tres-groslês &tres-élevées, qu on dit avoir été apportées de Constantino-
cenrp ~ ^"»ue,qui avott ete la , -- -, . P le , lorsque les Vénitiens s’en rendirent Maîtres en H92.
nce, Treviso Br sse Bergame & Crème , avec leurs J fous le Doge Sebastien Ziani. Elles so t de marbre granite,ermoires, f ans ’ par i er de la Dalmatie, de l’Esclavonie,de J mais de dicterais Pays, l’une de marbre d’Egypte & f'autreTonte ii i, V u u u
c eli es , atI ° n tautes les iiles de la ivieuncj 1*»,.^,
Pbalon^ ^ atK ^ e ' de Cipres, le Péloponèse & l’Iste de Ce
oardìe ^ en Terre ferme la meilleure partie de la Lom-
cornme p a ,^ a ^che Trevifane,& plusieurs belles villes,
cenrp -gtaouë, qui avoir été fa Maîtresse , Vérone, Vi-~~ °- avec leurs