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Tome III. [P - Z.]
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V E N

YEN

losses, 1 un de Mars & 1 autre de Neptune. C’eft dans cemême Palais que s’aslemblent tous les Conseils d’Etat, leGiand Conseil, le Conseil des Finances, qu on appelle laZecca,cchiy de la Marine, & route la Magistrature. LeCollege ou tout est digne d admiration, soit pour la doru-re , soit pour la sculpture & pour la peinture , estau dessusde l’appartement du Doge , dont le Trône est au haut decette Salle, & au dessus de ce Trône l’Image de Venise ,representée par une Reine qui luy met la Couronne sur latête. C’est-là qu’il traite des affaires d’Etat avec les Séna-teurs , & qu’il donne audience aux Ambassadeurs des Rois& des Princes Etrangers. De cette Salle on passe dans uneautçe où toutes les Provinces que la Seigneurie possede enTerre-ferme font dépeintes. Onze Statues d’Empereurs enfont 1 ornement. A la sortie de ce lieu on trouve le Tribu-nal du redoutable Conseil des Dix. Ce Conseil qui est ducôté de la mer, juge en dernier ressort tous les crimes d’E-tat ,& condamne fans appel toutes sortes de personnes.

La Salle où se fait 1 aíìcmblée des Nobles qui composentle Grand Conseil, & dans lequel relide la Souveraineté del’Etat, est t res- spacieu se & ornée de belles peintures. C’est-là que se donnent les Charges de la République,Sc que l’onbalotte les Magistrats. Ce Conseil se tient de cette maniéré.Le Doge est assis dans son Tribunal, qui est un peu plusélevé que les autres p’aces. 11 a à fa main droite trois des íixConseillers qui ne le quittent jamais, & un des Chefs de laQuarantie Criminelle. Ses trois antres Conseillers íontà fagauche. Vis-à vis du Doge à l’autre bout de la Salle,estaílìsun des Chefs du Conseil des Dix. II y a un des Avogadors,appeliez d-Commune ,assez prés de luy. Aux deux cotez dela même Salle font les Auditeurs Vieux & Nouveaux, &au milieu les Censeurs. Le reste des Nobles se met par or-dre en d’autres places moins relevées. Personne n’est admisdans ce Conseil qu’il n’ait au dessus de vingt-cinq ans. LeChancelier aprés avoir averti chacun de faire choixd’unepersonne capable de la Charge dont il s’agit, nomme lepremier Compétiteur. Les Procurateurs de S. Marc n’en-trent jamais dans ce Conseil,s’il n’est question d’élire unDoge. Tout le Corps desNobles se rend alors dans la Salle,& on jette dans un sac autant de boules qu’il y a de person-nes dans le Grand Conseil. Toutes ces boules font blanchesà la réservé de trente qui font dorées. Les trente Nobles àqui ces boules dorées font échues, se réduisent à neuf parle moyen de neuf boules dorées qu’on met dans le sac avecvingt & une blanches. Ces neuf en élisent quarante. Cesquarante sc réduisent à douze , qui en élisent vingt-cinq.Ces vingt-cinq se réduisent encore à neuf, & ces neufen élisent quarante-cinq. Ces quarante-cinq sc réduisent àonze, & ces onze choisissent les quarante & un Electeursqui font le Doge. II faut pour cela vingt-cinq suffrages dequarante & un. La largeur de cette grande Salle qui futcommencée fan 1509. est de soixante & treize pieds, &csa longueur de cent cinquante. Elle a été peinte de lamain des plus fameux Peintres d’Italie, & fut un peu en-dommagée par le feu en 1577. On y voit entre autresf Histoire du Pape Alexandre III. & dcTEmpereur Frédé-ric I. dit Barberouffe ; celle de la conquête de Constanti-nople prise en 1192. & perdue soixante ans aprés; un Para-dis qui est au deílus du Trône du Doge ,& qui couvretoute la muraille de ce côté-là , de la main du Tintoret, &

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un sort beau Tableau de la Vierge, dans un quadre'demarbre blanc vis à-vis. Ce même Palais renferme un Arfe-

îne’ÍSse °A pCUt 3ller de la Salle du Grand Conseil par•Drécfìm'nn ' s C communication. Les Nobles prirent cettep ecaution a 1 occasion de la révolté de BafamoufeTiepoli,™ fomm en cernent du quatorzième siécle, asm

assers ui S en OI L encore quelque autre pendant qu’ils son t |

(Uf 1 , ’j] s pussent trouver aussi tôt des armes pour scenure. C est par la même raison qu’on a établi un petitvise A lr> r^ a PpHse la Log cita, qui est au pied de la Tour,à lade 9 - '-' ran d Conseil. 11 y a toujours là des Procurateurssen l  MarCq V' c * arninent touc ce qui se passe. Cet Ar-de 1 E Pourvu de belles armes, de cuirasses, d’épées,& de routes sortes de munitions de guerre. Leroira,- mouíc l uets & 6e fusils qu on y trouve pour-tern U *” re a t l u . InZc cens hommes. Us font chargez en touta hurn ’ ^ on dit qu’il y a une machine avec laquelle onp arrn e cinc l "n six cens mèches tout à la fois. On montreooffreVrf 5 a mes hépée du vaillant Scanderberg, & un petitavec d de to ' lcttc qui renferme six petits canons, disposez«« ressorts de telle forte, qu’iis tuerent ia ComtesseT«m U L.

Sacrati,lors qifellel’ouvrit.Ce cossert lui avoit été envoyécomme un présent par François Carrara, dernierSeigneurde Padoue, connu par fes cruautez. On fait voir aulsi dspetites arbalètes & des flèches d’acier , avec lesquelles ceScélérat, qui fut étranglé à Padoue en 1405. par Arrêt duSénat de Venise, prenoit plaisir à tuer tous ceux qu’il ren-controit, íàns qu’on pût s’appercevoir du coup , non plusque de celuy qui le donnoit, à quoy il faut ajouter deuxStatues d’Adam & d'Eve, qu’Albert Dure fit en prisonavec la seule pointe d’un canif, ce qui fut cause qu’on lemît en liberté. On trouve en plusieurs endroits de ce Pa~laisdes maniérés de têtes de Lions ou de Léopards,dans lagueule*desquels tout le monde peut jetterdes billets,soitpour donner des avis touchant le bien de f Etat, soit pouraccuser ceux qui parlent contre le Gouvernement, ou quisont des cabales désavantageuses à la Republique.C’est CLqu’on appelle la Dcnontie Seattle. Les Inquisiteurs ont laclef de toutes ces boëtes.

La Bibliothèque qui est dans les Procuraties vis-à-vis dilPalais, de l’autre côté du Broglio, est considérable en ma-nuscrits Grecs, que le Cardinal Bessarion donna à la Ré-publique vers Fan 1468. en reconnoissance des bienfaitsqu’il en avoit reçus,ce qui Fa voit obligé à regarder Veni-se comme sa Patrie, depuis qu’il avoit abandonné la Grecsoù il étoit né. Le lieu où cette Bibliothèque est placée apour ornement des peintures du Titien òc des plus grandsMaîtres. On y voit aussi des Statues Grecques d’une beautémerveilleuse ; un Ganimede enlevé par Jupiter transforméen Aigle,groupe que l’on croit être du célébré Phidias;une Venus ; un A poison ; deux Gladiateurs ; une Leda ; utiParis Se plusieurs autres.

Venise est dans une trop haute réputation du côté de lamarine, pour ne pas donner envie de visiter son grandArsenal. II est à un bout de la ville vers les deux ChâteauxSe le Palais du Patriarche, & entouré de hautes murailles& de la mer. On n’y peut entrer que par une feule Porte.Son circuit est à peu prés de deux milles, & c’est-là qu’ontravaille incessamment à toutes sortes d’ouvrages 8e de ma-chines de guerre. Les Ouvriçrsy sont employez principa-lement à façonner le bois de charpente , le fer, le métal 8 cle chanvre. On y voit une quantité surprenante de galères,de galeasses, de rames, d’antennes Se de timons, Se l’on yfait beaucoup dc chaînes, d’ancres, de boulets, de canons,de cordages 8e dc voiles. 11 y a dans ce vaste bâtiment desSalles d’une grandeur prodigieuse,les unes pleinesd’armesutiles pour les vaisseaux, & les autres remplies de canonsde toùte sorte de calibre. Au dessus de ces Salles sont deschambres qui ponnoient fournir de quoy armer soixante& dix mille hommes. Plus bas est une Place où l’on gardetrente-deux pieces de canon qui ont été prises fur lesTurcs. Ensuite sont les Chantiers où les vaisseaux sc fabri-quent. On peut compter en cet endroit là jusques à deuxcens galères toutes équipées,aufquelles le canon est la feulechose qui manque. On y voit aussi quarante autres galèresqui ne sont que pour la garde du Golfe. 11 y a outre celatreize galeasses d’une grandeur surprenante,parmi lesquel-les est le vaisseau qu’on nomme le Bucentaure. C’est une ef-pece de galeasse couverte, dont le dessus est soutenu deplusieurs colomnes toutes dorées , avec quelques bas-re-liefs 8e statues qui sont tout autour de cette chambre, en-richie de belles peintures Se remplie de meubles magnifi-ques. Le Doge accompagné du Sénat monte tous les ans leBucentaure le jour de FAsceniïon,pour faire la cérémonied’épouser la mer. Derrière dans une galcre plus petite Scplus basse que ce vaisseau,fuit lePatriarche avec fonClergé.On voit arriver ensuite par tous les canaux de la ville uneinfinité de gondoles remplies d’Etrangers 8c de Curieux.II y en a quelquefois plus de vingt mille. Lors qu’on estarrivé au Port de Lido, le Patriarche bénit un grand vais-seau plein d’eau qui est auprès du lit nuptial du Doge , Scla renverse dans la mer. Aussi-tôt le Doge y jette un an-neau d’or en disant Sponfamus te mare ttostrutn , inftgmm veri(yperpetm Dommìi. Cette cérémonie fut instituée sur la fiadu treizième siécle par 1 c Pape Alexandre III. pour faireplaisir au Doge Sebastien Ziani,dont il avoit reçu de grandsservices lorlHue l’Empereur Frédéric Barberouffe l’eucchassé de Rome. Aprés Fanneau d’or jette dans Ja mer leDoge vient entendre la Messe à Saint Nicolas, belle Eglisesituée dans une Iste qui porte son nom. La Messe finie, leDoge retourne au Palais Ducal,où il traite magnifique-ment tous les Sçnateurs, Quoy que cet Arsenal soit situé

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