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Tome III. [P - Z.]
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V E N

YEN

I on y jettat, sine fecorromoroit olî 1 1 * 4 J 1 n . r ot>ll gcz de s y soumettre. 11 est permisaux Novices

U y a dans Venise soixante & sept Paroisses cinquante mlT* 1 “"Z* 1 d ? pe , rle & de Jà fi ' an S e d ' or au bas dekaCquatre Monastères d’Hommes. vmgt-sìx de iìêlieieuses & l/m pe !- dant eS dcllX P, remier f s années dc leur mariage,dix-sept Hôpitaux tres-riches ITHisefio » / í La .J alouí] e régné avec fureur dans la ville de Venise, ce

Ca/ìeilo ,qui estassez grande, est Episcopale & Patriarchalc- 1 ! m!' “ en ^ Jes femmes dans une grande contrainte; en forte

La façide est du Frere Smeraldi, & le grand Autel est i st ^ “ doivenc tout appréhender fur le moindre soupçon" ' " - ~ ’ - §rjnd j de leurs mans. On n y voit point de caresses, & tout Je

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Vœu que le Sénat fit au Bienheureux Laurent Justinianien1649. pendant la guerre contre les Turcs. Le Corps de ceSaint y est dans un Tombeau magnifique, soutenu par desAnges & par des Apôtres, toutes Statues de marbre tres-belles. La façade de l’Eglile de S an ct.1 Maria Fermofseil as-sez agréable,^ les Tombeaux qui font dans celle de SainteMarine, la rendent considérable. Le frontispice de SaintFrançois de la Vigne est fort estimé. L’Eglisc de Saint Jean& de S. Paul, desservie par les Dominicains, est grande ikbelle. L’ordre en est Gothique. Les corps de plusieursDoges y reposent dans de superbes Tombeaux. Toutes lesautres Eglises font distinguées par quelque chose de parti-culier, qui mérité Fattention des Curieux.

Quoy qtsil ne croisse rien à Venise des choses nécessai-res à la vie, cependant il y a de tout en abondance & à tres-bon marché. Le vin de Crete qu’on appelle ordinairementMalvoisie , y est transporté facilement. Les huîtres y fontexcellentes,mais plus nuisibles à la santé que celles que l’onpefche dans f Océan. Le poisson y est en fi grande quantité,qu’il s’y en prend plus en un mois qu’on ne fait en un an àNaples,qui est la Plage de la mer Mediterranée la plus pois-sonneuse. Le Gouvernement de Venise étoit autrefois Dé-mocratique. 11 fut ensuite tenu par les Doges en qualité deSouverains. Depuis il devint Démocratique, & demeuratel jusques en 1x98. qu’il fut changé en Aristocratie, toutel’autorité étant tombée entre les mains d’un certain nom-bre de Familles, dont les noms se trouvent écrits dans leLivre d’or, qui est le Registre de la Noblesse Vénitienne.Le Doge est comme le Prince du Sénat, & c’est en fa per-sonne que résidé la Majesté de la Seigneurie ; mais son pou-voir est extrêmement borné.Il a la presseancc par dessus lesautres & la liberté de proposer ce qu’il luy plaît au Sénat,fans le communiquer auxi’rw» Grandi, mais ses propositionsne font pas toujours bien reçues. II donne les Charges d.uPalais, fait des Chevaliers, & fa table est défrayée aux dé-pens de la République. Sa Dignité est à vie, pourvû qu’ilait une heureuse & laine vieillesse. Que si par infirmité oupar soiblesse d’efprit il ne pouvoit s’acquitter de fes fonc-tions ,1e Sénat seroit en pouvoir de le déposer, comme ilarriva à François Fofcari, âgé de quatre-vingt quatre ans.II ne fort jamais qu’avec une pompe qui imprime du res-pect: , & il ne luy est permis de le faire qu’aux jours de cé-rémonie. S’il va quelquefois à la ville dans les autres jours,il faut que ce soit incegntto. Il n’a pàs même la liberté depasser en Terre-ferme , & quand il l’obtient,il est obligéde fe dépouiller de toutes les marques de fa grandeur ,& iln’est plus regardé que comme les autres Nobles.Quoi qu’ilreçoive les Lettres adressées à la République par les CoursEtrangères, il ne fçaúroit les ouvrir fans la participationdu Sénat, & en donnant audience aux Ambassadeurs,il n’o-seroit leur répondre que suivant l’inrention du même Sé-nat. Son habillement est magnifique. II porte une robe or-dinairement de brocard rouge à fleur d’or, mais plus étroi-te que celle des Nobles, & par dessus un manteau Ducald’une riche étoffe. II a fur la tête une efpece de Bonnet dela même étoffe, fait de telle forte, qu êtant recourbé enpointe. il ressemble assez à une corne.

II y a trois principaux Conseils à Venise. Le premier ap-pellé le Grand Conseil, ne donne que les Charges de laRépublique à la pluralité des voix. Le second est celuy diPngadi, c’est-à-dire, des Priez, & c’est ce qu’on nomme leSénat de Venise. Le troisième est le Collège, composé dcvingt-íix Seigneurs. Outre ces Conseils il y a i’Inquilitiond’Etat, qui est le Conseil des Dix. Le Tribunal des Pompesest une Justice établie contre le luxe. Par Ordonnance deee Tribunal, il est défendu à tout Vénitien Noble, Citadinou autre dc porter aucune étoffe brodée, frangée ou ga-lonnée d’or ou d argent. On n’en souffre pa%fnêmed’acier,de geais oud’autre parure luisante. La nouvelle mode deshabits, les livrées,les peintures & dorures des gondoles,font également défendues, tant aux Dames qu’aux hom-mes, excepté aux Etrangers & aux Novices, c’est-à-dire,

aux nouvelles Mariées» Les premiers font dispensez de se J n Via liberté de se mêler avec eux quand ilsy íònt,nide

monde fe sert dc gondoles. Ce font de petits bateaux Jgérs, a u milieu defquel s est une loge tres-propre,environ*née de glaces,& où l’on est aífis fort commodément. Ceu*qui les conduisent font fort adroits. Ils vont fort vîte, d*paffent , ils esquivent legeremenc par tout, & quelq 1 ®étroit que soit le canal, ils ne fe heurtent jamais. Ces gon-doles font toutes noires par Ordonnance de l’Etat,petite chambre est couverte de drap noir ou d’une petiteserge. Les Ambassadeurs en ont de fort magnifiques,don cia dorure & la peinture ne cedent en rien aux plus beau*carosses. Ils s’en fervent pour faire leur Entrée publi-que.

Quant à ce qui regarde le Spirituel, Venise est gouver-née par un Patriarche, qui est auffi Primat de Dalmatie, &Métropolitain des Archevêques de Candie & de Corset’’mais il n’a aucun droit de visite ni d’infpection fur fEgl’®Ducale de Saint Marc. Parmi les choses qui distinguent se 11Palais , il a un Cabinet des mieux fournis de toute la vifl e 'Entre les Statues qu’on y voit, on admire celle d’une fe®'me Egyptienne, qui tient un vase danscliaque main. On ytrouve un grand nombre d’urnes lacrimatoires, de lamp eSsépulcrales, d’instrumens antiques, dont les Païens fe Re-voient dans les Sacrifices, & plusieurs autres pieccs rare s '

II n’y a personne qui n’ait entendu parler du Carnavalde Venise. II commence la seconde Fête de Noël Sc dus®jufqu’au Carême. C’est alors que la licence régné par tout*Les Théâtres font ouverts pour les Opéra & les Comédie*Depuis le matin jusques au soir les rues font pleines d eMasques, principalement la Place de Saint Marc,où fe RRle gros de la Mascarade. On y voit de^hommes Sc d® sfemmes fous mille figures. Ce qui divertit le pi us,c’est' 3rencontre de deux Arlequins, de deux Fanfarons ou d®deux Docteurs. Les Arlequins empruntent toutes fortes d®'postures, & disent cent boufonneries. Les Fanfarons fi® 1des rodomontades outrées, & les Docteurs entrent en dis-pute. Les Courtisannes se rendent à cette Fête de tous 1® Sendroits de l’Italie,& les Etrangers y viennent de tou®l’Europe. II s’y tient plusieurs Académies de Jeux qu ’ 1Sappellent R iáotti. II y a dans ces Ridotti dix ou dou z ®chambres de plein pied, Sc environ soixanteaables de j®ss’On n’y entre que masqué, & la foule y est quelquefois "grande, qu’on ne sçaitde quel côté se tourner.

La Fête du Bucentaure est toujours suivie d’une Mas® 3 'rade de quinze jours. Quoy qu’on n’y voye ni Opéra ®Comédie , elle est tres-galante Sc tres-agréable. Cette F 01 "re se tient dans la Place de Saint Marc & dans la moitié d uBroglio, & l’on y voit ce qu’il y a de plus beau & de p® scurieux en marchandises. Toutes les boutiques font fi p j 0 'prement bâties & rangées avec tant dc íymmetrie , qu 0 ÍÎcroiroit voir une petite ville construite à plaisir. La ru®des Orfèvres & celle de la Mercerie s’y font admirer,7 e ®pour les richesses qu’on y étale, soit pour la quantité d®beau monde qui s’y promené tous les jours. Les Dam®*y viennent faire montre de leur beauté ; mais il n’est po® cpermis de les saluer, encore moins de leur parier , StEtranger qui le seroit riíqueroit beaucoup. Le côté d 11Broglio qui n'est point occupé par des Marchands,est re®'pli de Bateleurs & de Joueurs de Marionnettes. II s’y tro®vedes Diseuses de bonne-avanture, fort jolies Sc tres-pJ -0 'prement parées. Elies font montées fur un petit Theatr®rempli de Livres, de Sphères, de Globes, Sc de figur® 5Astronomiques, & ont une Sarbatane de fer blanc,de h®*ou dix pieds de long , dont elles mettent le tuyau da®l’oreílle de celuy qui les consulte, & qui pour cinq f®*entend leur réponse. .

Comme il n’est pas permis aux Nobles de faire des Ai'semblées dans aucune maison particulière pour y trait® 1,des affaires qui touchent l’Etat, le côté de la Place de Sa®*;Marc qu’on appelle il Broglio , est le lieu où ils fe trouvespour agiter fur qui doivent tomber les élections,pourles brigues, & pour entrer en négociation fur beaucoupchoses. Cette Place leur est fi bien destinée, que p‘erser® e