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les d’ítalie, doit se fondation auxEtruriens qui la mirentLU nombre des douze villes de leur domination , & tireson nom d’une des plus illustres familles de ces Peuplesappeliez Ver*. Les Gaulois Senonois les en ayant chastez,l’aggrandirent considérablement. Elle est voisine des mon-tagnes , ayant une espece de plaine à son Midi. Sa formeesta peu prés quarrée & lans comprendre les fauxbourgs,qui ont chacun plus d’un mille de longueur, elle en a septde circuit.' Cette ville étoit encore beaucoup plus grandefous l’Empire d’Auguste,puisque selon le rapport de quel-ques graves Auteurs, elle pouvoit fournir jufqu’à cin-quante mille hommes de guerre , ce qu’on n’aura pas depeine à croire, lì Ton a égard au témoignage deTacitc, quidît qu’Ostiglia qui en est à trente milles étoit un de sesfauxbourgs, & qu’elle renfermoit plus de deux cens millehommes dans ses murailles. II y a cinq portes à Verone ,non seulement fortes, mais ornées de sculptures, de sta-tues ,de colomnes &d’autres ouvrages dc marbre. OutrerAmphitheâtre appellé Arene que Flaminius fit bâtir, on yvoit quantité d’augustes restes d’antiquité, comme d’étu-ves, de bains, d’aqueducs, de Temples, de colomnes &d’antres, qui font autant de Monumens de Ion anciennesplendeur & de la cruauté des Barbares qui les ont détruits.On fait grand état à Verone d’une grosse cloche qui estdans la principale four de la ville,& on n'estime pas moinsla Bourse ou Place où s’assemblent les Marchands,& le Préque Ton appelle le Champ de Mars ,où la jeunesse f exerce ,auífi-bien que lesSoldats. Les Dominicains ont dans leurJardin les ruines d’une Naumachie ou dc quelque lieu quiíervoit à faire des combats fur seau. II y avoit proche def Arene un endroit où s’exerçoient les Gladiateurs, & Tony voit encore les vestiges d’un Arc dc triomphe,qui futérigé en l’honneur de Marins, aprés la victoire qu’il rem-porta furies Cimbres dans le territoire de Verone. C’esten cet endroit, selon la commune opinion , que passoit lechemin appesté Via 'Emilia , qui conduifoit d’Anmini , àPlaisance, à Verone &àAquiléc. 11 y reste encore un Arcde marbre qui fut autrefois consacré à Jupiter, & tout
E roche les débris d’un Temple qui paroït avoir été forteau.
Le Cabinet du Comte de Mofcardi est une des choses lesplus curieuses qu’on puisse voir à Verone. II est composéd’une galerie & de six chambres toutes remplies de ce quefart & la nature peuvent produire de plus merveilleux.On y voit un nombre presque incroyable d’Idoles anti-ques, d’Instrumens & d’Ustenciles qui servoient aux Sacri-fices des Paiens, des Urnes fépulchrales & lachrimales;des bustes; des lampes, des Inscriptions, des bas reliefs &des statues en quantité ; plusieurs écorces d’arbres fur les-quelles les Anciens écrivoient avant qu’on eût l’ufage dupapier, deux arbres de corail noir, des Amethistes, des per-les, des saphirs & autres pierres précieuses ; une infinité decoquillages, d’animaux, de foíulles, de plantes, de fruits,de métaux, de productions monstrueuses ou extravagan-tes & des ouvrages de toute façon. Toutes sortes de Mé-dailles se trouvent dans ce méme Cabinet,où les Curieuxen peintures ont dequoy se satisfaire parla vûë de plu-sieurs ouvrages des plus excellens Peintres, parmi lesquelson admire une Venus & un Cupidon du Correge; deuxpetits Portraits de femme de Raphaël ; l’Histoire d’Agar,une Vierge & un Hiver de Jacques Bassan ; un Christpriant au jardin des Olives, de François Bassan;une Venusnuë, une autre Venus, Maro & Cupidon , les Sacrifices deCain & d’Abel, & plusieurs autres pieces, du Titien ; unSaint George descendu de cheval pour tuer le Dragon, deJules Romain ; les Parques , du vieux Palme ; une SainteFamille, d’André del Sarto ; une Nativité de la Vierge &une Annonciation du Tintoret; une Diane, une Medéequi fait des enchantemenspour rajeunir son beaupere, uneJudith tenant la tête d’Holoferne, une Annonciation , unCrucifiement & plusieurs autres pieces de Paul Veronese,
& se Fable de Salmatis & d’Hermaprodite , d’AugustinCarache.
Les denrées font en abondance à Verone. Le fruit y estd’une bonté merveilleuse ainsi que le poiíïon. La viande,le vin, l’air, seau, tout y est doux, sain & agréable. Lenegoce particulier de cette fameuse ville consiste en ou-vrages de foye & de laine ; en forte qu’il y a plus de vingtmille de ses nabi tans qui ne subsistent que par ce moyen.Bile a été assujettie à plusieurs Maîtres, aux Etruriens, auxIvaganéens, aux Hcnetiens, aux Gaulois & aux Romains.,
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Quoy qu’elle n’en ait pas été Colonie, elle a eu le droit deBourgeoisie ; en forte que plusieurs de ses Citoyens ontrempli les Charges les plus considérables dc la ville de Ro-me. Vers la décadence de l’Empire , Verone fut exposesaux incursions des Barbares, desOstrogoths & des Lofflsbards, qui la possederent plus de deux cens ans. Sous serègne dc l’Empeveur O thon I. elle recouvra fa liberte»cependant aprés avoir beaucoup soussert des querelles (se?Ezzelins& des Scaligers durant plus de deux siécles, elses’est enfin donnée aux Vénitiens & fe gouverne aujour -d hui par des Consuls, des Juges, un Conseil des Douze»un des Quarante , un des Cent vingt, & parun Prévôt de?Marchands. On dit qu’elle reçut la Foy Chrétienne p asles Prédications de Saint Exupcre que Saint Pierre y en-voya , & qu’elle a eu trente stx Evêques canonisez.
II y a dans les fauxbourgs de Bresse une fort belle Ab-baye de l’Ordre de Saint Benoît. Elle est enCommende,& comme les Religieux qui font presque tous Nobles Vé-nitiens n on t point reçu la Reforme, ils ne vivent pose 11en Communauté. L’Eglife est fort belle. C’est un Monu-ment de la pieté de Pépin, fils de Charlemagne & Roy d Btalic, qui la consacra à Saint Zenon, Evêque de Verone, &qui la dota de douze livres d’or de rente. Le Maître Au-tel en est fort beau, & au dessous est une Cave dans Jaqueiserepose le Corps de ce saint Evêque en un Tombeau f altde marbre. Les portes de cette Eglise sont d’airain , rele-vées en bas reliefs & auprès de la principale il y a un bé-nitier de porphire quia vingt-six pieds de circonférence*
Ce vase est fort ancien. Quant à Pépin Fondateur de i Ab-baye , il a son Tombeau dans une Cave du Cimetière deSaint Procule qui en est proche. Dans ce Cimetière i° ntquelques autres Tombeaux, & il y en a un entre autre?composé de pierres assez informes. II est couvert d’un pe -tit toit, soutenu de quatre colomnes ; mais ce toit est f alCde maniéré, qu’il n’empêche pasl’eau de la pluye d’alse rdans le Tombeau. Lors qu’il s’y en trouve, les habitans 1*viennent prendre & la font boire aux malades.
La ville dc Verone où l’on compte jufqu’à soixante &dix mille âmes , a produit de grands personnages , entr®lesquels on distingue Catule, Vitruve, Pline l’ancien, Fm*castor , Onuphre & Paul Veronese. Catule célébré Poé’ tc
I atin , né 87. ans avant Jesus-Christ , vint à Rome à j*fuite de Manlius , & il s’y acquit l’amitié de Cicéron , dePlancus,de Cinna & des plus grands hommeS de son temp?'
II aima Ipsitille qui étoit de son Pays & Ciodia qn’íl nom-me Lesoie, & que ses écrits ont renduë fameuse. De divef*ouvrages qu’il a composez ,1e temps n’a épargné que centdix-sept Epigrammes qui sont venuës jufqu’à nous. Selo slce que Saint Jérôme rapporte de luy, il n’avoit que trenteans lors qu’il mourut.
Vitruve qui a rendu son nom si connu dans l’Arclv teC .'ture vivoit fous le régné de l’Empereur Auguste , ver ? íecommencement de l’Ere Chrétienne. II compose un ex-cellent Ouvrage de cet Art qu’il dédia au même Empe-reur. La traduction qu’en a faite Claude Perrault, de 1 A“cadémie Royale des Sciences & Médecin de la Faculté cseParis, qu’il a enrichie de notes fort curieuses, a été reçu®avec un applaudissement général.
Pline 1 ancien vivoit dans le premier siécle. II fut hono-ré de la bienveillance de l’EmpereurVefpasien & de l’Em-pereur Titus son fils, qui se servirent de luy en diverse?occasions. II fe signala dans les armes, fur aggregé dans seCollege des Augures, & alla Intendant en Espagne. Qssôfque ses emplois luy ôtassent beaucoup de temps, il ne sem*pas d’en ménager suffisamment pour travailler à un grafistnombre d’ouvrages. Le plus considérable de ceuxnous sont restez de luy est son Histoire naturelle divise 0en trente-sept Livres. On asseure qu’il compose plusieut?autres ouvrages, comme une Histoire de Néron, la Vie <sePomponius Sccundus & une Histoire des guerres d’Aiema-gne en vingt Livres; mais les noms seuls en sont venus juBqu’ànous. L’embrafement du Mont Vefuvcarrivél’an 7 9 ’de Jesus-Christ coûta la vie à ce grand homme, qui aya. 11 *voulu voir de trop prés cette terrible merveille, fut fun 0 'qué par les flammes.
Jerôme Fracastor naquit vers l’an 148a. & par l’applse 3 .?tion qu’il eut à l’ctudedes Sciences & des belles Lettres, 1devint Poëte , Philosophe, Médecin & Astrologue. Sei<mce qu’on trouve rapporté dans l’Histoire de son temps? ^obligea les Peres assemblez à Trente de transférer le Con-cile à Boulogne, par la crainte d’une maladie contagse u e
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