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font d.e la vie, les rend intrépides. Ils font francs Sc en-nemis de la fourberie ; mais leur brutalité fait que lesEuropéens n’ofent entrer en commerce avec eux. Ils lenourrissent de chair humaine, Sc ont des boucheriespubliques, où au lieu de bœuf Sc de mouton, on voirpendre des membres d’hommes. Lorsqu’ils ne peuventvendre leurs prisonniers de guerre, ils les tuent Sc lesmangent, ou les vendent au boucher. Le pere mangefans horreur la chair de son fils, & le fils celle de sonpere : les frétés Sc les sœurs se mangent auilì réciproque-ment. Ils n’enterrent point leurs morts, Sc dévorentceux qui meurent, dès qu’ils ont rendu le dernier sou-pir- Les gens du commun, hommes Sc femmes, vontnuds, depuis la ceinture en haut, Sc ne portent point desouliers. Ceux qui veulent se distinguer, ont des bon-nets rouges ou noirs, faits de velours de Portugal, avecde longues robes de foye ou de drap. Les femmes ne iontpas mal faites. Ils en prennent tant qu’ils veulent, ne semettant pas en peine de nourrir leurs enfans. Il y a desmeres si cruelles, qu’elles les ruent, Sc les mangent si-tôt qu’ils font nés. Ils n’ont ni héritages, ni demeuresfixes ; ils errent d’un lieu à un autre, à la façon des Ara-bes , Sc ne vivent que de vol & de carnage : leur lan-gage est auslì barbare qu eux. Ils se servent de symbospour leur monnoie. C’est une espece de coquille quel’on pêche à Lovango, dans le royaume d’Angole, d’ouils les apportent avec du sel, de la soye, des couteaux,des verres, Sc autres marchandises , qu’ils échangentpour des esclaves de Nubie, & de leurs pays. Ils ontpour armes de petits arcs extrêmement fores : pour lesrenforcer Sc pour les tenir plus fermes, ils les couvrentde peau de serpent. La corde est un rejetton d’arbre,semblable aux roseaux, souple, mince. Sc qui ne serompe jamais. Leurs fléchés font courtes, légeres & d’unbois extrêmement dur ; ils les tiennent à la main enbandant leur arc, Sc les lancent si rapidement, qu’ils entirent jusqu’à vingt-huit, avant que la premiere soittombée à terre. Ils font si adroits qu’ils tuent un oiseauau vol. Ils ont des haches de guerre, dont l’un desbouts est aigu , Sc tranchant comme une coignée, Scl’autre plat comme un marteau : le manche, qui est en-châssé au milieu, est de la moitié plus court que le fer ;il est arrondi par le bout comme une pomme, Sc garnid’une peau de serpent. Us se couvrent du plat de leurhache comme d’un écu, Sc remuent cet instrument avectant d’agilité qu’ils parent à toutes les fléchés de leursennemis. Ils ont aulîi des poignards enfermés dans desfourreaux de peau de serpent, Sc soutenus par des bau-driers d’y voire, de trois doigts de large fur deux d’épais.Leurs baudriers font de bois Sc garnis de peau. Le soleilqu’ils représentent sous la figure d’un homme, Sc la lu-ne fous celle d’une femme , sont leurs divinités souve-raines. Ils adorent outre cela une infinité d’idoles ; cha-cun a la sienne : ils leur font des sacrifices lorsqu’ils vonta la guerre, Sc les consultent dans leurs entreprises dan-gereuses. Le roi d’Aníico commande à treize royaumes ,Sc passe pour le plus puissant prince de toute l’Afrique.On le nomme le P and. Macoco j il y a plusieurs Lagos quidemeurent dans les lieux qui lui obéissent.
ÁNSIDIANO, bourg de Pomigal, entre Coïmbre &Tomar,sur la montagne dAníìdiado, qu’on nommoitautrefois Tapicus mons , selon Corneille, qui ne cite au-cun auteur. Baudrand dit la même chose, mais il nom-me la montagne Tapiœus , & cite Andneas Resendius,&c ajoute qu’if en est parlé dans la vie de S. Martin, prê -tre de Soure. Le P. Placide dans fa carte de Portugal,appelle ce lieu Anciano. Robert dans fa carte de 1751,11’en fait aucune mention.
ANSIDONA, ville ancienne de Toscane, de laquelleil est fait mention dans l edit du roi Didier. Elle a con-servé son nom. Voyez Ansedonia.
ANSLO, (») Aslo, Opslo & Anjloa civitas 3 ville deNorwége dans la préfecture d’Aggerhus, dont elle estla principale, vers le deg. 25 m. de latit. Sc le 2740 m. de longìt. f ut bâtie fous Harold , qui étoit con-temporain du roi ste Dannemarck, surnommé Estritius,parce qu’il étoit fils de Marguerite, surnommée Estrita,fille de Suenon II, & sœur de Canut le Grand. Ce princey faisoir sa résidence, si on en c toit l’ancienne chroniquedeNorwége, à lan 60. Olaus Magnus, (b)voulantprou-ver que le cristal étoit autrefois bien plus employé qu’il
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ne l’est présentement,fut mention du sabre de Haquss,dont la poignée est de crystal, Sc que l’on conserve dansla cathédrale d’Ansio. C’est dans cette ville qu’est la coursouveraine de justice du royaume de Norwége, dans la-quelle on juge les procès les plus difficiles, Sc les pinsimportans. Les sentences Sc décisions de causes font pro-noncées en présence du gouverneur de la prélectured’Aggerhus Sc du gouverneur général 011 viceroi dstoute la Norwége. L’église cathédrale est dédiée à S. Abvard. C’est le siège d’un évêque suffragant Drontheim,Sc l’évêque, comme tout le-reste de la Norwége , suit laconfeísion d’Ausbourg,qui est la religion du roi de Dan-nemarck leur souverain. Lorsque les Suédois aflìégerenten 1 ;67, la forteresse d’Aggerhus, l’armée Danoise ,pour leur ôter tout prétexte de s’arrêter dans le pays, mitle feu elle-même à Ansto. La paix se fit trois ans après,Sc Frédéric II, fous qui cet incendie étoit arrivé , étantmort en 1588, eut pour successeur Christian IV, qui fitrebâtir Anflo en 16 14. Cette ville perdit alors son anciennom pour prendre celui de son restaurateur, Sc on lanomme depuis ce tems-là Christiania. Voyez ce mer-Corneille dit mal, quelle prit le nom de Christine. Ildit que les latins la nomment Anslqga j il se trompeencore, aucun auteur latin n’en a parlé ; il devoir direque quelques modernes la nomment en latin Anjloga.
* ( a ) Hermanides Dan. Sc Norwag. Descript. p. 1213. ( b )De Gent. Septent. var. condit. 1 . 2. c. 26.
ANSOLA , village de la Haute Egypte , au bordoriental du Nil, au pied d’une montagne, à trois ouquatre lieues de Meloué, qui est fur l’autre rive. C’étoitautrefois une grande ville. On y voir, dit Lucas ,voyage du Levant 3 r. 1, p. 120, quantité d’antiquités ,comme des temples à demi ruinés, Sc des colonnes ab-batues, Sc une entre autres qui n’eít pas moins belle quecelle d’Alexandrie. Elle a de plus une caisse , ou, pourmieux dire, un cercueil, soutenu de quatre boules fur unchapiteau de marbre blanc.
ANSPACH, Ohnspach, ou Onoltzbach , selonZeyler Francon. top. p. 44, en latin Onoldina 3 ou selonBaudrand Anspachium 3 ville de Franconie, à cinq millesd Allemagne de Nuremberg, au sud-ouest ; c’est la capi-tale d’une souveraineté qui en porte le nom, avec titrede margraviat. L’an 1331 Jean Sc Albert, burgravesde Nuremberg, l’acheterent avec Kornbach d’un comted’Oetringen , pour vingt-tfois mille livres pesant d’unepetite monnoie de cuivre, nommée Haller, Sc qui re-vient a-peu-près à la valeur des duttes de Hollande. Iby ajoutèrent d’autres biens du voisinage, après la mortdu Comte de Dornberg, décédé fans enfans. D’autres pré-tendent ouïe cette ville appartenoit aux comtes de Dom-berg , Léonsberg , Sc Lungaw, qui la vendirent au*Burgraves de Nuremberg. Irenicus qui est de ce senti-ment dérive le nom de la ville, du ruisseau Onoltzbachqui y coule. (Le mot bach 3 ou beck 3 signifie ruijjeau. )Le meme auteur nous apprend que S. Humbert y bâtirune eglise & y mourut ; qu’il y a eu une abbaye de S*Gumbert 3 habitée par des bénédictins, & changée en-suite en une collégiale de séculiers. Cette abbaye de S*Gumprecbt-, ( car ce nom se trouve écrit de bien des ma-niérés, ) n’étoit au commencement qu’une chapelle. C ntrouve que le 3 novembre 1x65, Hérold , évêque &Wurtzbourg, bénit l’église & Laurel de S. Gumbert, q a?ses reliques furent mises dans la premiere chasse , q 1 ! 1fut canonnisé le 15 Juillet 119 5, Sc que ses reliques issrent mises furie maître-autel. Lorsqu’en 1610 on reba rJttoute l’église, on y trouva les reliques Sc deux ancien 1 !? 3lettres. La ville est belle Sc a plusieurs églises. Outre cen ede S. Gunsberg, qui est la plus grande & la plus rew^quable par fa tour , il y a la paroisse, & celle de fsi 1 j ceCroix. Le château qui est assez beau, est la résidencemargraves de Brandebourg, de la branche d’Anspac* 1 ’aflez près de ce château il y a un autre palais avec tiejardins, qui est la maison de plaisance des margraves-Le cabinet de curiosités contient des raretés remorqua"blés; entre autres, les métamorphoses d’Ovide enpar André Neuberger, ouvrage incomparable, au j ll ? e 3ment de Wagenseil. On fabrique de très-belle porcelassdans cette ville. Long. 28 deg. 12 min. Latit. 49» 1
* Synopìs. ge'og.p. 360. ,j’AL-
Le Margraviat d’ANSPACH, souveraineté ^lemagne, en Franconie, possédée pat une branche ^~ oa