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n’est éloignée de la Mecque que de huit ou dix millepas ou de trois lieues de France.' Tavemier ajoute queGebel Arafat est une ville située dans les montagnes. Jecrois qu il se trompe encore en cela ; car Arafat ou Ge-bel Arafat est une montagne ou une colline située dansune grande plaine, où il n’y a point de ville, au haut dela montagne : il n’y a qu une mosquée & une chaire oùle prédicateur fait son sermon à tout le peuple qui estassemblé à l’entour. C est ce qu’on peut voir au chap. 21de la 2 partie du voyage de Thevenor, 8c cap. 18, lib. 1 ,Navigac. Ludovici Vzrtom. Pour ôter toute sorte de doute,8c pour faire voir que la montagne d’Arafat est auprèsde la Mecque, Gollius nous remarque qu’Arafat est lenom d’un lieu ou dune montagne sacrée proche de laMecque, pag. 1562 de son lexicon arabe, & à la p. 2270il dit que Mina ou Miné est une vallée de la Mecque,où on égorge les victimes. Ainsi il paroît clair que Mina,8c Arafat 3 font fort près de la Mecque; car la vallée deMina s'étend dùn côté jusques à la montagne d’Arafat,au pied de laquelle 011 sacririe les moutons, 8c de Tautrejusqu a la Mecque. Le huitième jour du mois de Dul-haggiah , les pèlerins, après avoir tait sept fois le tour dutemple de la Mecque, 8c après avoir été arrosés de seaudu puits Zen-^em 3 vont fur le soir à la montagne d’A-rafat , où ils passent la nuit & le jour suivant en prières8c en dévotions : le dixième jour ils égorgent quantitéde moutons dans la vallée de Mina, où ils demeurentencore le onzième ; le douzième ils s’en retournent à laMecque. Cela fait voir qu’il faut de nécellìté que lamontagne d’Arafat soit fort proche de la Mecque , 8cnon pas à deux journées de Médine , & par conséquentà huit journées de la Mecque, comme le dit Tavernierfur la sin du dernier chapitre de son serrail, où il fautencore remarquer en postant qu’il appelle mal-à-proposun holocauste _, le sacrifice des moutons qui se fait danscette vallée ; car le mot d’holocauste, qui signifie un sa-crifice , dont la victime ejl brûlée toute entiere sur l’autel 3ne peut convenir au sacrifice de ces moutons, dont onne brûle aucune partie , 8c qui n’est pas même un sacri-fice , proprement dit; car tout est distribué aux pauvres.Aulîi les Mahométans n’ont-ils point d’autel; 8c s’ilsappellent cet égorgement de moutons Corban 3 oblationou sacrifice, c’est par une façon de parler impropre ; demême que nous appelions les aumônes 8c les prières dessacrifices. * Bespier , Rem. fur Ricaut, t. 2, p. 691.
ARAGA, selon Ptolomée, /. 6, c. 7, ou Draga, selonquelques exemplaires de cet auteur, ville de l’Arabieheureuse.
ARAGARA, ville de l’Inde au-delà du Gange, selonPtolomée, /. 7, c. 2. Quelques exemplaires portent Aga-nagara.
1. ARAGON (f), riviere d’Espagne au royaume d’A-ragon qui en tire son nom. Elle tire fa source des mon-tagnes de Campfranc, dans les Pyrénées, près de sainteChristine, d’oú passant à Jacca , elle reçoit les rivièresd’Aragon-Subordan, de Vera, d’Escal 8c d’Yrati ; delàtirant vers le couchant, vers la Navarre, elle baigne San-guefii, &c recevant 1 Arga, elle se rend peu après danss fibre entre Calahorra 8c Tudelle, selon Jean-BaptisteLavana. * Baudrand 3 ed. 1705.
. 2. ARAGON (f) I’Aragon - Subordan , petite ri-viere d’Espagne en Aragon, fille a fa source aux montsPyrénées, fur les confins de la Gascogne & de la princi-pauté de Béarn dans la vallée de Hécho, selon de Mar-ca, 8c après avoir arrosé quelques lieux de s Aragon, ellefe jette dans l’autre riviere d’Aragon, près de S. Jean dePena. * Baudrand 3 éd. 1705.
3. ARAGON , royaume d’Europe dans la presqu’isied’Espagne, & l’une des plus considérables parties de lamonarchie espagnole , indépendamment de laquelle il alongtems subsiste, ayant ses rois particuliers, 8c des loixqui n ont été abrogées que depuis quelque rems.
Ce pays a au nord les Pyrénées, le Béarn, le BigorreSc une partie du pays de Cormnges} au nord-oueft, laNavarre ; à 1 ouest, la Castille ; au sud le royaume deValence, 8c la Catalogne au levant. Il s’étend de lest à1 "ouest, depuis la riviere de Cinca jusqu’à Hariza, 8c dunord au midi, depuis la montagne de Ste Christine, li-mitrophe du Béarn, jusqu a Ventofa, proche les confinsdu royaume de Valence. On y compte jusqu’à 70 villesmurées, mais qui ne font pas fort considérables, si on en
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excepte sept qui portent le nom de cité. * Fayrac 3 Etatprés. de l’fispagne, t. 1,1. 1, p. 88 & seq.
Antoine Nebrixa croit que ce pays tire son nom decelui de ïarragonenfis Bispania , d’où par succession detems l’on a formé celui d’Aragon. Jean FaJ’œus est de cesentiment. Quelques-uns le font dériver des Autrigq-nés, anciens habitans de l’fispagne, ou du nom de la ri-vière Aragon. D’autres prétendent qu’il ure fa dénomi-nation de l’autel d’Hercule, 8c des jeux qui se faisoientauprès, Ara Herculis & tudi Agones.
Quoiqu’il en soit, l’Aragon a été Le pays des Ccltibe'riens , des anciens Jacétains , dont parle Ptolomée, fon-dateurs de la ville de jacca ; des Lacétaniens 3 dont César»Tite-Live 8c Pline font mention ; des Acitaniens 3 dontle nom se trouve dans Macrobe, 8c des Sédentaniens.
fies nvieres de l’Aragon font l’fibre, le Cinca, la Se-gre, le Gallégo, l’Isuéla, le Salon ou Xalon, le Xiloca,l’Aragon & quelques autres moindres.
L’air de l’Aragon est pur & íèrain : mais il manquesouvent d eau, quoiqu’il soit arrosé par quantité de ri-vières , parce qu’il n’y a ni fontaines ni puits ; l’on agrand loin de ramasser Peau de pluie dans des citernes,fie pays est piesque partout sec, sabloneux, montueux,pierreux, nitreux en quelques endroits, 8c presque par-tout aride. 11 n y a que les endroits proche des rivièresqui soient humectés & fertiles. Ceux qui font auprès desmontagnes étant arrosés par la fonte des neiges, rappor-tent beaucoup de bled, de vin, d’huile, de lin 8c dsfruits. En quelques autres on recueille du safran. Mar-tial fait grand cas de l’or & du fer de Calatayud, 8c de labonne trempe que Peau du Stalon donne au fer. Il y ades mines de sel fort abondantes, 8c il faut qu’il y en aitd’argent, puisqu’anciennement il y en avoir une si grandequantité, que l’histoire romaine fait foi que Marcelin?exigea des Aragonnois 600 talens de contribution, 8Cque Gracchus ruina 300 villes ; ce qui marque la multi-*tude des habirans & les richestes du pays.
L’Aragon étoit divisé autrefois en deux contrées qu*croient le comté d’ARAGON proprement dit, & le pay?de Sobrarbe. Voyez au mot Sobrarbe.
L’Aragon fut érigé en royaume Pan 505, par Sanchc »dit Abraca 3 roi de Navarre. Ce prince ayant achevé deconquérir ce qu’il ne possédoit point encore de l’Aragon,prit le titre de roi de Navarre & d’Aragon. Ce nouveauroyaume demeura environ 130 ans fous la dominationdes rois de Navarre ; mais Pan 103 5 le royaume d’Ara-gon fut séparé du royaume de Navarre. Car Sanche, dule Grand , neuvième roi de Navare & d’Aragon, parta-gea en mourant ses états aux trois fils qu’il avoir eûs dsfa femme, 8c à un quatrième qu’il avoit eû d’une maî-tresse. Ramire son fils naturel eut P Aragon , qui com-mença alors de faire un royaume séparé de la Navarre,jusqu’en Pan 1478 , que Ferdinand V, déja roi de Cas-tille & de Léon, du chef de fa femme Isabelle de Cas-tille, succéda á son pere pour le royaume d’Aragon, 8Créunit en sa personne tous les royaumes d’Espagne, doP £les rois d’fispagne jouissent encore aujourd’hui.
Les annexes du royaume d’Aragon font, la Catalogne»le comté de Roussillon qui a été cédé à la France par ìetraité des Pyrénées, Valence, Majorque, Minorque &Yvica. * Briet. Parall. 2 part. I. 5 ,p. 286.
Les royaumes de Naples, de Sicile & le royaume n 'tulaire de Jérusalem étoient des annexes de la couron ned’Aragon, qui les possédoit avant son union avec la Cas-tille , & ces deux monarchies furent réunies fous Fem "nand V à la monarchie espagnole. . .m
Baudrand observe que P Aragon a été autrefois div|en cinq parties ou juntes; savoir, celles de Saragohf*deBalbastro, d’Albarazin, de Huesca, de Jacca, dsraçone & de Tervel, qui font divisées en d’autres m 01dres parties.
Les principales villes d’Aragon font :
Saragosse, capitale. Daroca,
Albarazin, Jacca,
Balbastro, T araçone,
Calatayud, Tervel.
ARAGONNET, port de Gascogne fur la frontí e í®d’Espagne. Les vallées de Neste & de Barousse senent à ce port, qui est assez fréquenté pour aller a hagosse, dit Corneille, dicl.