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Tome premier. A - B.
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•cn dattes, ceux qui Fhabitem font de pauvres gens, quis’employcnc aux fonctions les plus baises dans Fez &.ailleurs; & quand ils ont gagné quelque choie, ils enachetent des chevaux qu'ils vendent aux marchands quitrafiquent dans la Nigritie, Ils font à quinze lieues dela province de Sugulmesse, entre le midi Sc le levant ; ilsont huit petits châteaux & quinze villages. Les Arabesd’L lied Carragi , grands voleurs & grands brouillons >qui ont plus de quatre mille chevaux, font seigneurs-de ces quartiers, Sc occupent plusieurs lieux en Numi-die : ils passent l’hyvcr dans le désert, & ils fe rendentl’éré fur la frontière de Tremécen. Les princes qui gou-vernoient ce royaume , avoient accoutumé de sc servird eux à la guerre Sc leur donnoient des appoinremens.

BENI-GURIACHIL , montagne dans la provinced’Errifen Afrique. C’est celle que Marmol appelle Be-ni-Guenagel ou Renì-Vrieguil. Cependant le sieur de laCroix dans le premier tome de son histoire d'Afrique ,cn parlant des agréables plaines, qui font au pied decette montagne , & qui confinent au terroir de Fez, ditque le fleuve de Guarga les arrose ; au lieu que Marmolappelle E rguil la rivière dont elles font traversées. Voyez.Ben «guéri agel. * Corn. Dict.

BENI HASCEN , selon Marmol, t. i. I. 4. c. 6 1.montagne d’Afrique , dont les habitans portent le nom ,Sc font d’entre les Gomeres. Elle est dans la provinced'Abad , au royaume de Fez , fort haute & fort droite.Ses avenues font si difficiles, que fans autres fortifica-tions , ceux qui l’habitent y vivent en assurance. Ce fontles plus belliqueux des montagnards de cette contrée. Ilsfont plus de quinze mille hommes de combat , & ontpassé plusieurs fois en Espagne contre les Chrétiens.Les historiens du pays disent qu’autrefois ils croient vas-saux de la noblesse ; mais que n'en pouvant souffrir latyrannie, ils sc révoltèrent ; & s’étant rendus maîtres ,l’asservirent à un tribut. Un jeune gentilhomme appelléAlibarrax ou Alibenres , indigné de cet affront, passaen Espagne avec quelques autres > & après avoir ren-du de fort grands services au roi de Grenade contreles Chrétiens, il retourna aguerri en Barbarie, & allademeurer en la montagne de Chechuan , où quelques-uns de scs camarades s’étoient retirés.!! fit là une compa-gnie de cavalerie, avec laquelle il résista avec tant d’in-trépidité & de bravoure aux Portugais de la frontière,que le roi de Fez les renforça de quelque troupes decavalerie & d’infanterie. Alors il fit la guerre au peuplequi avoir assujetti la noblesse, ôc l’ayant dompté il sc fitnommer seigneur de Chechuan , Sc prit ensuite tousles revenus du roi de Fez, Sc se souleva. Ce prince l’é-tant allé attaquer avec de puissantes troupes , Alibarraxlui vint demander pardon, & obtint de lui la confir-mation de l’état qti’il avoir osé usurper, à la chargede quelque reconnoissance. Ce pardon lui fut accordéen considération de sa famille , qui étoit descendue d’I-driz, fondateur de Fez- Les habitans de ia montagnede Beni-Hafcen ont force troupeaux & quantité de miel,de cire Sc de cuirs ; mais ils n’ont pas beaucoup de fro-ment ni d’orge. Cela vient de ce que le pays est ttop ra-botteux pour le pouvoir cultiver.

BENI-HASCIN ou Beni-Rasin , montagne d'A-frique, dans la province d’Errif, royaume de Fez. Elleest éloignée de la cote Sc habitée de gens riches & su-perbes , qui pour tout tribut ne payent que la dîmede leurs troupeaux Sc de leurs moissons , Sc qui recueil-lent quantité de bled, d huile Sc de vin. La difficultédes avenues les met à couvert des guerres étrangères.Ils font recherchés parles seigneurs de Velez, qui fontbien aises de les avoir pour amis, à cause de leur va-leur. Ils sont plus de quatre mille hommes de combatbien équipés , avec quantité d'arquebufes Sc d’arbalê-res. Leurs femmes prennent le foin du ménage , dulabourage Sc des troupeaux ; tandis qu’ils s’occupent àchasser , à cause qu’il y a quantité de sauvagine danscette montagne, laquelle s’étend vers la ville deTarga.* Marmol , t. 2. 1 . 4. c . 79.

BENI-HUED -FILEH ou Beni-Guedel-Fetoh, pe-tite montagne d Afrique, dans la province de Habad ,au royaume de Fez. Elle est près de la ville de TetuanSc fort peuplée de gens robustes Sc belliqueux , qui sefont toujours fournis aux seigneurs de cette ville. La

garnison de Ceuta les a tourmentés quelque-tems, ptM"cipalement à la mort d’Almandari, qu’elle courut jus-qu’aux portes de Tetuan. C’est par cette raison qu’on lesa exemptés de tous impôts, quoiqu’ils payent quelqueespèce de tribut au gouverneur de Tetuan pour les ter-res qu’ils cultivent. Ces terres ne font pas fort bon-nes , à cause que 1 e pays est un peu stérile. Il vientquantité de buis, que vont acheter ceux de Fez Sc d’au-tres villes , pour faire des peignes Sc divers petits ou-vrages. * Martnol , 1. 4- c. 64.

BENI-HULUD , ville de la province de Chaus e»Afrique,dans le royaume de Fez. C’étoit autrefois Benta-Cette ville est fur le penchant du Mont-Atlas, du côtede Fez , dont elle 11’est éloignée que de trois milles. Seshabitans font incivils & brutaux. Près de cette ville estun chemin qui conduit en Numidie , & de la montagnedescendent plusieurs ruisseaux qui vont l’arroscr. * D ela Croix, Hist. d’Afr. t. 1. p. 529.

BENI-JECHFETEN , montagne d’Afrique > donttout le haut est sec & stérile. Elle est dans la provincedu Cuzt, au royaume de Fez. Sur la pente il y á desmines de fer, que les habitans font valoir. Cela est causequ’ils font forgerons pour la plupart. 11s ne recueillentque du millet, dont ils sc nourrissent, Sc vont nuds Scfans souliers. Les femmes ont des anneaux, des pen-dans d’oreilles & des brasselcts de fer, & brossent fanschaussure à travers les halliers , en portant du bois setleurs dos. II n’y a parmi eux ni marchand, ni aucun hom-me qui sache lire. Ainsi on peut dire qu’ils vivent com-me des bêtes, & font les plus misérables de toute cetteprovince. Ils payent contribution aux seigneurs de Du-budu , quoiqu’ils soient du ressort de.Tezar. Leurs mai-sons font des hutes couvertes de petites nattes de jonc ,desquelles quelques-uns font des souliers, en les liantavec de l’osier. Au pied de leur montagne font de grandsvergers remplis de figuiers , de palmiers Sc de ceps devignes. II y a une íì grande quantité de pcches, qu’ils engardent de scches toute l’année. * Marmol , t. 2 1 . 4.c. 129.

BENI-JOSEF , montagne d’Afrique ,dans la provinced’Errif, au royaume de Fez. Elle est à Forienr de cellede Beni-Manjor , & peuplée de misérables qui ne re-cueillent qu’un peu de millet, tant le pays est stérile. 11sle font moudre avec des pépins de raisin, ce qui faitdu pain comme du charbon. Ils ont quelques chevres SCquelques héritages qu’ils prennent foin d’arroscr del’eaUdes fontaines, c’est ce qui leur fournit de quoi vivre.11s ont aussi des herbes potagères, & quelques vignesparmi des rochers. Malgré leur miscre, jls ne laissentpas de payer tribut aux seigneurs de Velez. Ils font plusde trois mille hommes de combat, tous gens de pied.Leur montagne a quatre lieues de long d’orîent en oc-cident , fur trois de large. * Marmol , t. 2. 1 . 4. c. 77.

BENI-JUBAR , montagne d’Afrique des dépendan-ces du petit Atlas. C’est la principale de la province deBugieà huit lieues de la ville de ce même nom , fa lon-gueur est de plus de dix lieues, fur dix dc largeur. Elleesshaute Sc escarpée.ôe il en naît diverses fontaines. On yvoir de grands bocages de noyers & de figuiers ,& fur fousommer, non-seulement on y recueille beaucoup d’orge ;Mais on y nourrit force troupeaux. La rivière de Bu-gie passe fur la pente de cetre montagne, dont les habi-tans font Azuagues , de ceux qui sc font des croix auvisage & aux mains. Ils sept vaillans, mais d’une tel-le brutalité qu’ils s’cntretuent pour la moindre chose.Comme la montagne est rude , on 11e va point les y tour-menter. Cela est cause qu’ils «'obéissent qu’à un chefqu’ils se choisissent eux-mêmes. II y a parmi ces barba-res d’excellens arquebusiers. Quoiqu’ils ne nourrissentpas beaucoup de chevaux , à cause que la terre est fortpierreuse , ceux qu’on y voit font très-bons. Ces peu-ples font souvent brouillés avec ceux de la Abez. Sc avecles autres Azuagues, qui errent par les champs à la fa-çon des Arabes. Ils ont aussi guerre avec les Turcs, Scfont en état de ne rien craindre , patce qu’ils ont forcetroupes bien armées, Sc que les avenues de la monta-gne lont trop difficiles pour y pouvoir monter aisément.Lorsque Bugie étoit aux Chrétiens, la garnison venoicquelquefois les attaquer ; mais elle ne s’avançoit que si,rla côte ou dans la plaine , où este pilloit quelque viU 1 ’