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Tome premier. A - B.
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BER

^ s ero * er 't plus obligés de plaider aux chambres im-périales. * Lonvitenie , Defc. de la France, part. i.P- r§6.

La ville a été augmentée. & fortifiée de nouveau«ans le dernier siécle. L’année de fa fondation a été«ìarqué parles anciens dans ce vers mémorial:

Et dVX BerChtoLdVs BernaMstrVXIsse notatVr.

La ville de Berne est assez longue, mais peu large :a longueur est d’une petite demi-lieue de chemin ;pour fa largeur, elle fuit la forme de la presqu’ifiestu elle occupe, qui est au commencement fi étroite,T 1 elle ne forme qu’une rue ; puis elle s’élargit, en sot-” ,e deux, ík enfin trois. Il est vrai que les rues y°nt larges, fur tour celle du milieu , qui a Favanra-ge d etre coupée par un beau ruisseau d un bout de la'Ble à f autre, ce qui sert à la tenir toujours pro-P r e, Berne peur.être regardée comme une des plusbelles villes 8 c des plus commodes de toute la Suisse. des environs. Les maisons y font toutes bâties depierres de taille, à la réserve d’un petit nombre dansts extrémités, & toutes ont des arcades fur le de-' ant, avec un beau pavé aussi de pierres de taille, oùon peut aller d’un bout de la ville à faune , à f abries injures de l’air ; ces devans de maisons font poura plûpart garnis de boutiques. Quant à la ficnàtion,e terrein s’éleve fort sensiblement dès la porte de•e-urich , qui est à la pointe de la presqu’ifie, envi-r °n trois à quatre cens pas ; après cela il est assezmd, du moins la pente en est insensible. La ville estélevée au - dessus de l’Aar, qui coule à ses troisc ° és , clans un lir profond 8 c rapide; ainsi elle estLien fortifiée de trois côtés par la feule nature. Duquatrième côté, qui est celui du couchant, on y afa-,t deux rangs de fossés, avec des remparts à la mo-derne ; mais comme il y a si long-tems que les BernoisJouissent d’une paix profonde, & qu’ils ont une enriereconstance dans la fidélité de leurs sujets, ces rempartslont assez négligés, & ils n’ont guères d’autre usage quee servir de promenade. La porte par où l’on entreans la ville de ce côté est appellée, par les Alle-mands, la porte de Saint Christophe , 8 c par les' Fran-çois , a porte de Goliath , parce qu’on voir, dans une"'k ^ t l aon a pratiquée dans la tour, un co-• C 0 ? S ° U ® laric * e statue armée depée & depique, que les uns prennent pour un S. Christophe ,& les autres pour Goliath. ;

On remarque dans Berne le grand temple qui futfonde lan 1411 ; .1 a un assez beau clocher, qui estdemeure imparfait, quoiqu’il soit dune hauteur con-sidérable. Du sommet on a la vue sor toute la ville& fur la campagne des environs, qui est sort agréa-ble. Au bas du clocher est la grande porte, qui a unL'rge vestibule, où l’on volt le dernier jugement,sopréfenté en sculpture à demi relief; il est fermé d’uneS r ande grille de fer. Dans le temple on remarque latable où l’on célèbre la cene, ík où l’on baptise :c * e a été apportée de Lausanne, où elle servoit d’au-te l dans f église cathédrale; elle est de beau marbre«oir. Aux deux côtés de la voûte sont suspendus di-Vers drapeaux remportés par les Bernois sor leurs en-nemis. Près du chœur on a dressé un monument à laSloire du duc Berchtold , fondateur de la ville , où onnt finsoription suivante :

IN MEMORY MONUMENTUMPERPETUA BERCHTOLDl V.

ZAERINGI/E DUCIS FORTISS.

URB : BERNEE CONDITORIS1 NCLYTISS :

P. PATRLE ILLUSTRISS : SE-NATUS BERN : G. L. Q. P.

MCXCI. FR 1 D. II. ROM- 1 MP.

BER. GOND.

A cote de ce temple est une des belles terrassesqu on puisse voir, 8 c d’où l’on a une des plus bellesu ^s. Comme le terrein. croie étroit en cer endroit,

BER Í97

èc formoit une colline fort élevée , dont la pente étoicroide, Si la descente très-rapide , on a trouvé à pro-pos de la revêtir de trois côtés d’épaisses murailles deplus de cent pieds dc hauteur ; ensuite on a combléle terrein d’entre-deux jusqu’au niveau du temple. Cetouvrage fut commencé fan 1334; ainsi c’est aujour-d’hui Fane des plus belles places de Berne, où Ion sepromene, à i’abri du soleil, fous plusieurs rangs d’ar-bres qu’on y a plantés, & aux deux côtés on a con-struit des degrés de bois couverts pour descendre dansune espèce de fauxbourg qui est au bord de la rivières

A quelques pas au-dessus du temple on trouve lecollège où l’on enseigne la jeunesse , qui sc destine auministère de 1 église P. R- C’étoit autrefois le couventdes Cordeliers ; il y a six professeurs, qui enseignentrégulièrement les langues & les sciences nécessaires àun ministre. C’est dans ce collège qu’on trouve la bi-bliothèque , qui est fort belle, 8 c qui a été enrichiede celle de Bongars, dont les héritiers ont fait présentau public. On y voir, outre les livres imprimés, quiy sont en grand nombre, quantité de beaux & anciensmanuscrits, fur routes sortes de matières» C’est dansce lieu que l’on conserve les dépouilles de la tente deCharles le Hardi, duc de Bourgogne, qtie l’on gagnaà la bataille de Morat fan 1476. Ces dépouiiles con-sistent en plusieurs tapis magnifiques en broderie d’or,avec ses armoiries. On y voir aussi les tableaux de plu-sieurs grands hommes, particulièrement celui du roiHenri IV , donné par ce prince ; ceux des avoyers deBerne, 8 cc. A côté de la bibliothèque est le cabinetdes raretés, où l’on a ramassé grand nombre de curio-sités de la nature & de l’arr.

Outre 1 e grand temple, il y en a quatre autres oùl’on prêche ; celui de Nidek , au bas de la ville ; celuide l’Hôpital, à l’extrémité opposée ; celui des Domi-nicains & celui de l’iíle. Celui des Dominicains estremarquable, parce que ce fur dans son enceinte 8 cà ses côtés que sc joua la sanglante tragédie des Ja-cobins , qui furent brûlés à Berne fan 1/04. Ce cou-vent a été changé en un hôpital. Ce qu’on appelle f Isleétoit aussi un couvent de religieuses du même ordre,qui a été changé en infirmerie pour l’ufage des pauvresmalades du pays.

La maison de ville est bâtie à l’antiqne, on y mon-te par un grand perron double fort exhaussé : l’onentre d’abord dans une sale, où Ion voir quelquestableaux qui représentent les antiquités de Berne ; maislc rems les a à demi effacés. A côté de cette maison estla chancellerie & f imprimerie.

L'arsenal est beau 8 c grand, 8 c fun des mieux four-nis de la Suisse; on y montre les armes de BerchtoldV* fondateur de la ville, 8 c la figure de Jean-Fran-çois Natgueli, qui étoit général de l’armée bernoiseíorsqn’elle fit la guerre à Charles III j duc de‘ Sa-voye , & lui prit les pays de Vaud, de Gex & déChablais fan iyz6. On y montre aussi diverses dé-pouilles de f armée des Bourguignons, leurs mousquets& leurs pistolets , enrichis d’or & d’yvoire, & plusieurscharretées de cordes que le duc Charles, présumanttrop de fa bonne fortune , avoir fait apporter pour fairependre tous les Suisses. On y voit aussi des armes an-tiques , qui étoient en usage avant finvenrion de l’ar-ciilerie.

Dans la ville de Berne il y a douze sociétés oU con-fréries de gens de métiers, qu”ils appellent Abayes ;savoir quatre grandes 6c huit petites. II saur que cha-que bourgeois > gentilhomme ou artisan , s’enrôle danstine de ces confréries, parce que personne n’est capa-ble d’entrer dans les deux cens , ou d’avoir aucun bonemploi, à moins qu’il ne soit de 1 une de ces Abayes.Elies ont chacune leur chef, qu on ttppelìc Seizenier tles grandes en ont deux chacune, & les petites un ,qui font ensemble le nombre de seize. II faut que cesseiieniers soient membres de l abáye pour laquelleils fervent, 8 c on les prend du nombre des vieux bail-lis , qui sont dans le conseil des deux cens 8 c horsd’emploi. Ainsi lorsqu’on va faire de nouveaux sci"zeniers, tous les vieux baillis s’assemblenr fur leursdifférentes abayes, où les scizeniers sont élus, nonà la pluralité des voix, mais par le soro Car on met