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ciens ducs de Boheme n avoient point de supérieur,mais poíTédoienrl’autorité souveraine, quoique tempéréepar ia puissance des autres grands. Il y en a qui pré-tendent que Zecco Sc Lecco conduisirent une floriílantecolonie dans ce pays, qui étoit alors tout couvert deforets, Sc inhabitable. Quoi qu'il en soit, Zecco gou-verna la Boheme vers le milieu du sixième siécle. Aprèsfa mort il se paíla quelques années fans que le peuplese déterminât sur le choix d’un nouveau maître. Lalléenfin des divisions qui le déchiroieut, il se soumit âCraco , qui ne laissa point de fils. Lubissà fa fille régnafeule durant treize ans, après quoi, comme on la pres-soir de se marier , elle épousa un laboureur , nomméPrimiílas. Leur postérité a régné fur la Boheme, avec lelitre de Ducs , jusqu’à Tannée 1086 , que Uladiílas IIdu nom , & XXII duc de Boheme, fut déclaré roi parl'empereur Henri IV, dans la diète de TEmpire, & de-vint Uladiílas I roi de Boheme. Cette couronne passasuccessivement à diverses familles jusqu’à Tan 130 6,que Rodolphe, duc d’Autriche, fils de l'empereur Al-bert I, y parvint par son mariage avec Anne, fille deWenceslas IV. Comme il ne vécut pas Tannée entiete,il eut pour successeur Henri, duc de Carinthie, qui ayantété déposé après trois ans de régné , Jean deLuxembourg lui succéda Tan 1310. Après un régné detrente-fix ans, il laissa le’ trône à son fils Charles , quifut l'empereur Charles IV. Les vois cie Boheme quiíuivenc furent aussi empereurs jusqu’á 1439, qu'AlbertII eut, pour successeur à TEmpire, Frédéric IV, & auduché de Boheme Uladiílas son fils, qui n’étoit pas en-core né. La minorité de ce prince, qui ne vécue quedix-huit ans, donna lieu à George Poggebrache, sei-gneur de Boheme, de se ménager le chemin du trône ,qu’il occupa pendant treize ans, favorisant les Huífites.Après famort, arrivée Tan 1471 , Uladiílas, fils de Ca-simir , roi de Pologne, fut élu roi de Boheme , Sc neufans après , roi de Hongrie. Louis son fils hérita de cesdeux couronnes ; mais ayant péri dans la déroute aprèsla bataille de Mohatz, il eut pour successeur Ferdinandd'Aurriche, frété de Charles V, qui avoir épousé Anne,soeur de Louis, & fille d Uladiílas. Ainsi la Bohemerevint à la maison d’Autriche, qui nes’en est plus des-saisie depuis ce tems-là. 11 est vrai que la nation bohé-mienne prétendant que le royaume étoit héréditaire, &ne s’accommodant pas de Ferdinand II, catholiquezélé , le3 Protestans crurent trouver mieux leur compteavec Frédéric, comte palatin du Rhin, qu’ils élurent.Ce fut leur perte, Sc la source de mille malheurs pourcette maison , comme 011 le peut voir dans les histoiresde ce rems là.
La Boheme est très-fertile en bled , Sc ne le cède encela à aucun pays d'Allemagne. Elle produit du íalran ,
6 le houblon qu’on y recueille est de la meilleure es-P ece : c’est pourquoi la bierre y est excellente ; mais leraisin n’y tneurit pas bien. On y nourrit quantité de grosbétail, de chevaux Sc de brebis, & des oyes, donc onenvoyé la pso me a jst eurs , fans en rien garder, car ex-cepté á Prague, st n y a presque nulle part des aubergescù Ton ait des lits. Il y a dans le pays des mines d'ar-gent , d’étain Sc de plomb. Dans le gravier , & entreles petits cailloux, B se trouve des diamans, des amé-thystes , des saphirs, des émeraudes , Lee. mais qui n’ontpas ia beauté des orientales. Dans les rivières on voiedes paillettes d’or. Les étangs ne manquent point, & ilyadu poisson pour en fournir anx peuples voisins qui enmanquent. Ce qui manque le plus à la Boheme, c’estso sel que lui soumissent la Saxe & la Pologne. Les ha-bitans de la Boheme font un mélangé d’Ésclavons &d’Allemands. Les Esclavons qui vivent dans les villagesfont esclaves. Les habitans des villes n aiment ni l a p ro _feífion des armes, ni le commerce, ni les beaux arts,ils font contens d une vie oisive Si tranquille. * fVagenfeil,
Synops, Géog. p t 3I4<
Les Bohémiens sont grands Sc bien.faits; ils fontsubtils, mais grands voleurs, de maniéré qu’onnepeutmarcher dans la campagne que bien accompagné, 8 cmême dans les villes, lorsque le soleil est couché. Onleur reproche d’être de grands ivrognes, & fort dissolusdans leurs repas. Leur langue est Tesclavonne, mêléede plusieurs mots allemands. Les derniers siécles y ont
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vû naître diverses hérésies, qui ont conté bien du sang*Avant la bataille de Prague, où ces gens perdirent leurprincipal appui par la déroute de sélecteur Palatin, ony comptoir dix ou douze sectes ; mais á présent il n’y aque la religion catholique qui soit permise : on y toléréles Juifs, lí y a encore , principalement en Silésie , desHuífites, des Anabacistes, des Luthériens & des Cal-vinistes. * La Forêt de Fourgon. Géog. hist. t. 1 >p- 4 10 - ,
La Boheme proprement dite fe divise en orientale &■en occidentale. La riviere de Muldaw en fait la sépara-tion , Sc chacune de ces deux parties se divise en neufcercles ou petites provinces.
Les neuf cercles de la partie orientale font les cerclesde Prague, de Kaursim, de Bechyn, de Czaflaw, deChrudim, de Koniginkrays, de Glatz, de Boleílaw Sc deLeicomerirz.
Les neuf cercles de la partie occidentale sont Satzou Ziatech, Schlany, Rakonick, Elnbogen , Egra,Podebroc, Pilscn, Muldaw ou Ultaw , Sc Prachen*Voyez. Boiens 1.
BOHÉMIENS, habitans de Boheme.
BOHÉMIENS, lotte de vagabonds. Voyez. Egyp-tiens z.
BOHERI „ abbaye de France, en Picardie, de Tor-dre de Cîteaux, au diocèse de Laon, sur la riviere d’Obso, à une lieue au-dessous de Guise. Elle avoir été rui-née parce qu’elle étoit exposée aux courses de la gar-nison de Cambrai ; mais elle est présentement rebâtie ,par les soins des religieux de la réforme de Cîteaux. *Bail dr and, édit. 1705.
Corneille ne consulte pas assez ['histoire, Iorsqu’ilexplique ces guerres , où la garnison de Cambrai rui-noit ce monastère par ses courses , de la guerre qui a étésuivie de la paix de Ryswyck ; mais durant cette guerreCambrai étoit â la France, & il n’est pas vraisemblablequ’une garnison françoise eût inquiété un monastère deFrance. Comme Cambrai vint à la France Tan 1677 ,cette guerre doit s’erítendre de celle qui fut terminée parle traité de Nimégue.
BOHILLA , bourg d’Italie. Nonnius Marcellus don-nant Torigine de ce nom, dit qu’il y vint un bœuf tirantses intestins par une playe : fur quoi Ortéhus demandesi ce ne feroit pas Bovilla , & observe que Cor-niuus attribue la même histoire à cette derniereville.
BOHMISCH-BRODA , bourg de la Boheme pro-pre, au cercle de Caurzim, entre l’Elbe Sc la ville deCaurzim, à six lieues de Prague du côté du couchant. *Batidrand , édit. 1705.
BOtiOL ouBóol, petite isied’Asie, dans TOcéanoriental, entre les Philippines : elle a Tisse de Cebu aunord-ouest, celle de Leyté au nord-est, & celle deMindanao au midi. Gemelli Careri, dans son voyageautour du monde, r. 5 , p nz, dit que c’est la troi-sième dont les P. Jésuites ont le soin. Sa longueur dunord au sud, continue-t-il, est de seize lieues , & falargeur de huit & de dix j sa partie méridionale est laplus habitée, c’est-à-dire depuis Lobog, fa capitale,jusqu’à la presqu’ifle ou petite iste de Panglao. Cesdeux places sont aux deux extrémités de la côte méri-dionale.
BOHRUS, riviere d’Asie : elle est grande & fortrapide, & fort des montagnes de Curdistan ; aprèsquoi, coulant vers le midi, elle se va décharger dansle Tigre. On y pêche d’excellent poisson, sor-tout detrès-belles truites. 11 n’y a ni pont ni bateaux sur cetteriviere, ce qui est ttès-incommode pour les caravanesqui font obligées de la passer. Voici de quelle maniéréon s’y prend. On lie de longues perches ensemble, cinqou six Tune sur l’autre, comme un train de bois flotté ,ce qu’en leur langue les gens du pays nomment un K île t.Ils le font carré, & ils mettent au-dessous environ cènepeaux de boucs pleines de vent, afin que le kilet, quíen est supporté, soit plus haut sor l’eau. U fau t que Jemarchand ait foin d’étendre dessus de gros feutre épaisqu’il porte avec lui, afin que l’eau ne puisse percer, Scque les baies de marchandises, qui font enfoncer lekilet, ne soient pas mouillées. Il y a quatre perchesaux quatre coins qui servent de rames, Si qui ne peu-