Band 
Tome premier. A - B.
Seite
51
JPEG-Download
 

^ent pas faire grand effet pour surmonter îa rapidité de*eau; de sorte qu on est contraint de remonter du côtéde deça environ quatre cents pas, & descendre autant dei autre, au délions du lieu où on doit aborder , tantl’eau est forte, principalement après la pluie, qui faitenfler la riviere. Quand on a gagné sature bord, ilfaut, à force d’hommes, remonter le kilet jusqu’au lieuvu les marchandises doivent être déchargées : routes lesbaies étant à terre, on tire le kilet hors de l’eau, tantpour raccommoder les outres, que pour les remonterplus aisément à force de mules, fur lesquelles on lecharge. Pour ce qui est des chevaux, des mules &c desânes, qui portent tant les hommes que les marchan-dises, dès que les pâtres qui font dans les montagnesvoisines découvrent une caravanne , ou quelques gens àcheval, ils viennent promptement au bord de îa rivierepour les palier. Ils n ont qu’un sac de toile ou de poilde chevre qui leur sert d’habir, & quand il saut palier,ils tirent ce sac de deíîus leur corps > Sc se l’entortil-lent autour de la tête comme un turban. Chacun d'euxfe lie une peau de bouc enflée sur l’estomac, & deuxou crois des plus experts montant fur pareil nombredes meilleurs chevaux qui font bridés, entrent les pre-miers dans l’eau, Sc d’autres se mettent à la nage pourchaflèr devant eux ces chevaux & ces mules. Ils pren-nent d’une main la queue de 1 animal, & de sature ilsle frappent, & s’ils en reconnoiflent quelqu’un de foi-ble, il lui attachent une outre enflée fous le ventre

pour les soulager. Par ces difficultés qui se trouvent àpaflèr cette riviere, il est aisé de juger qu’une caravannede cinq ou six cents chevaux y employé plusd'un jour.* Tavernier , Voyage de Perse , l. z , c. 5.

Le pere Avril, dans ses voyages, /. 7, p. 30,donne une pareille description de la maniéré dont il passale Tigre.

1. BOIA, iste de la mer Egée, selon l’itinéraire ma-ritime d’Anconin.

a. BOIA. Jule César, dans ses commentaires, /. 7,c. 14, rapportant une harangue de Vercingetorix , ditqu’il conseilla : Vicos arque œdificia incendi oportere ,

HOC EST, SPATIO A BOIA QUOQUO VERSUS ; qliO

pabulandi causa adiré pojfe videantur , c’est-à-dire, qu’ilfalloir incendier les villages & les maisons autour deBoia, de tous côtés où ils pourroienc se rendre pourfourager. Au lieu de ces mots à Boia , Pierre Ciaco-nius ík Fulvius LTrsinus , ont mis ab hoste , & JosephScaliger a enfermé ces mêmes mots entre deux crochets,pour marquer qu’il ne les croyoit pas du texte. Cepen-dant les manuscrits les conservent, & la version grecqueles employé. On y lit «5A tîs Boi'«í. Rien n’empêche queles anciens n’ayenr dit Boia le pays des Boiens, commeils ont dit Venetia pour le pays des Venctes. Daviés ditpourtant qu’il ne sçauroit pas mauvais gré à qui diroicque ces mors hoc ejl , spath à Boia quoquo versus , ontpâlie de la marge dans le texte. J’aí dé j a dit au motArtaxata , que ces sortes d’iníèrtions font fré-quentes.

1. BOJADOR. Corneille dit cap de l’iíle de Luçon,l’une des Philippines; c’est, poarfuit-il, la pointe de cetteiste qui joint la côte septentrionale avec l’orientale.

Ce cap est nommé par désisté Baxcador, & parGemelli Careri,dans ses voyages, r. 5 , p. 8, BoxcÀ-dor ; fa situation est opposée à celle que lui donne Cor-beille, étant au nord de la côte occidentale, Sc à souestde la septentrionale. Le cap dont Corneille donne laposition , n’est pas le cap de Bojador, Baxcador ou Box-fador , mais celui del lngano, à l’autre extrémité de lacote du nord.

1. BOJADOR, capd’Afrique, fur l’Océan, au paysde Ludaya. Il est fort mal placé fur les cartes du pere Co-ronelli, de Mets. du Treillage ou Tillemonc & Sanson.Les deux premiers le mettent à l’orient de la partie sep-tentrionale de Forte Ventura, sune des Canaries; letroisième le met à la hauteur de la partie méridionalede cette même iste. Il est plus à l’occidenc, puisquil estfous le même méridien que la partie occidentale de cetteiste, & plus méridional qu’elled’un degré 8 c environ 3 5';de l’Isle nc s’y est pas trompé.

BOlANO, ville d’Iralie, au royaume de Naples, aupied de l’Apennin, fur le Biferno, au comté de Molise»

près des confins de la terre de Labour. Quoiqu? petite& mal peuplée, elle a un évêché suffragant de Benevent,& est à treize milles d’Iíernia, & à vingt-trois de Ca*poue. Voyez. Bovianjm.

BOIATUM. Voyez Boates, & Boatium Ci-vitas.

BOIBE, Bcífl ï, ancienne ville de Grece > dans la Thes-salie, selon Homere, Iliad. I. 2, y. 714, & l. z , p- 8 5,de la trad. de D acier , íd. Paris. C’est la même choseque Boebe près du marais Boibeide ou Boebeis , dont Ho-mere parle aulfi dans le vers qui précédé. Etienne,ou Ionabreviateur, dit que c’est la même chose que Boion\c’est une erreur. Car Boion ou Bion étoit dans la Dori -die, & Homere ne parle en cet endroit que des villes quiétoient de la Thestatie.

BOIBO, petit village d’Italie, dans la Romagne, prèsde Sarcena. C’est un reste des anciens Boiens. Voyez.Boiens 4.

BOICALE. Voyez. Baikae.

BOICUS AGER. Voyez. Boiens 4.

BOIMLIM, selon Tacite ; & Boiohemum, selon Pa-terculus, ancien nom du pays, que nous appelions laBoheme. Voyez, ce mot Se l’ardcle Boïens r.

BOIENS ; il y a eu divers peuples de ce nom.Il y en avoir dans la Germanie, clans les Gaules,en Italie, Se même en Asie. Nous les considéreronsséparément.

1. BOIENS, anciens peuples de la Germanie, quihabitoient les terres situées au milieu de la forêt Her-cynienne : ce font eux qui ont donné le nom au paysappelle en latin Boiohemum 011 Bobemia,Sc dans la languedu pays der Boier ou Boienhaim , d’où l’on a formé lesdifférons noms de Boihaim, Bohaim, Bombn, & en-fin celui de Boheme en françois. L’obscurité de ces remsreculés, a causé différens fentìmens fur l’origine desBoïens. Les uns les ont pris pour une nation étrangèrede l’Allemagne, qui est venue y chercher une demeureplus commode, d’autres les ont soutenu originaires dupays. Les anciens auteurs cependant donnent tous una-nimement aux Boïens une origine gauloise. César, deBello. Gall. I. 6 , c. 1 4 , désigne , à ne pouvoir endouter , l’établilïèmenc dés Gaulois dans le paysdes Boïens. Il fut un tems, dic-il, oùles Gaulois pluscourageux que les Germains, & toujours prêts a fairequelque irruption , voyant leur pays trop chargé d’hom-mes, envoyerent au delà du Rhin des colonies, quis’emparerenc des pays les plus fertiles qu’ils trouvèrentautour de la forêt Hercynienne, & y sixerenr leur de-meure. Tacite, de Morib. Genn. L 6 , c- 28 , en parledans les mêmes termes, & ajoute que ces peuples s’ap-pelloient Boïens, qu’ils étoient gaulois d’origine , Scqu’ils avoient donné leur nom au pays. Tite-Live, L j,c. 3 3 & 34, ajoute de nouvelles circonstances. Vers lerègne du vieux Tarquin, dir-il, Ambigat déja avancéen âge, voyant son royaume trop chargé d’habitans,prit la résolution, pour le soulager, d’envoyer Bellovése,& Sigovése ses neveux, chercher â faire de nouveauxétablilsemens dans les premiers pays que la fortune leurpréfenteroit. Ils emmeuerent avec eux un nombre d’hom-nies suffisant pour pouvoir se faire jour dans les endroitsoù l’on voudróit leur boucher le passage. Bellovése pritla route d’Italie , & Sigovése celle de la forêt Hercy-nienne. Les historiens qui ont écrit les annales de IaBoheme, comme Velser, Brunner Sc Adelzreiter onttous suivi le sentiment de ces anciens auteurs ; cependantmalgré sévidence de ces preuves, il n’a pas lailíé de sotrouver quelques auteurs modernes, comme Spener ,Notit Genn. ant. I. 5, c. 6 , Cocceius, Jtf r P ,{ bl. Prud.Prologom. & c. 3, & Leibnitz dans fa préface fur les an-nales d’Adelzreiter, qui jaloux de la gloire de leur pa-trie, n’om pû fe résoudre à donner aux Boïens une ori-gine étrangère. Ils ont invente une nouvelle opimon,dont ils ont été les auteurs Sc les seuls défenseurs. Ils ontdit qu’il n’étoic pas vraisemblable que les Gaulois ayeutpû fe faire jour pour pénétrer jusqu’à la forêt Hercy-nienne, d’autanc que la Germanie étoit dèslors un paystrès peuplé, & qu’il étoit plus naturel de dire que lesGermains avoienc envoyé des côtes de l’Océan, des co-lonies en différens endroits, & qu’il avoir pû fe faire qu’ilen fui venu une s’habttuer dans la Boheme;mais on voieTome L Part, 3. Gij