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profond, presque au pied des montagnes. C’est là quedemeure le gouverneur, qui y va de la part des Grisons,& qn’on appelle le Podejlà. Cette ville a souffert plu-sieurs incendies : néanmoins elle est encore jolie ôc bienpeuplée, il y a un archiprêtre, avec des chanoines j c’estaussi la résidence de la magistrature du pays. II y a quel-ques village dans le voisinage qui font une communautéavec la ville. * Délices de la Suife , t. 4 ,p. 679.
Le comté de Bormio est une des trois parties du paystîes Grisons, & en occupe la partie orientale. C’est: unevallée, située entre de hautes montagnes qui l’environ-nenr de toutes pans, ne laissant qu une feule ouverture,par où l’Adda patîe. Ce comté est partagé en cinq com-munautés, qui sonr,
La Com mtjnaotì de Bormio,
La Vallée de For b a,
La Vallée Intérieure,
La Vallée Inférieure,
Et la Vallée Lovino,
La communauté de Bormio comprend, comme onvient de dire, la ville de Bormio Ôc quelques village voi-sins. La vallée Forba comprend plulìeurs villages , saintNicolas , saint Antoine, Maglia-Vacca, &c. La valléeIntérieure comprend deux paroisses, saints Gallo & Pe-denuci, chacune composée de deux villages. Dans lapremiere au-dessus du village de Molina, prés du grand■chemin qui conduit par les montagnes de Bormio, oumontBrajo (Juga B bâtie a en latin, & Wormfer Jocb enallemand) dans la vallée de Munster, à deux milles d’I-talie, au-dessus de Bormio : on trouve des bains chauds,dont l’eau est chaude au second dégré, & salutaire pourla guérison de divers maladies froides & humides, ca-tarrhes, fluxions, rhumatismes, apoplexie, ôte. Les ha-bitans les appellent les bains de saint Martin à cause d’u-ne chapelle dédiée à. ce saint. La paroisse de Pedenucicomprend entr’autres lieux, celui de Freel , ou Fera ,Falle , où il y a des mines de fçr. On y voit aussi unchamp,où il ne se trouve jamais de fleuB. On dit qu’ily eut là autrefois, un grand combat contre les Ariensdu tems de saint Ambroise, Ôc l’on en a trouvé quelquesvestiges, fçavoir des armes de diverses sortes, & desoíïcmens humains d’unc taille gigantesque qu’on a dé-terrés. La vallée Inférieure comprend Cepina, Muri-gnono, &c. La cinquième est une solitude agréable, àcôté du Val de Munster.
Les Grisons envoyeur là un gouverneur ou podestàtous les deux ans. 11 préside dans les affaires civiles &criminelles, & il a ses lieutenans pour les unes & pourses autres. Les habitans ont de grands privilèges : ilschoisiflent tolls sts autres magistrats j ôc pour éviter lesbrigues, ils sont leur élection par le fort, sc servant defèves blanches & de noires. Chaque premier jour dumois de mai il y a une assemblée générale du peuple,compoíée de soixantepersonnes de Bormio, & aiuantdes trois vallées-, mais Luvin n’en donne que trois. Ilsélisent deux oflicialì, ( c’est la premiere dignité parmieux, ) seize juges criminels, st ont dix font de la ville Scsix des vallées^ ôc seize conseillers pour la police quifont tous de la ville. Tous les appels sc portent à la diètedes trois Ligues. Ils ont aussi leur capitaine & officiersmilitaires, qui ont cinq cents hommes enrôlés sous leurcommandement. Longitude 27 d 4;', latitude z 6 d 4 6'.
BORMITOMAGUS, ou Borbetomagus , anciennom de la ville de Worms en Allemagne.
BORN,&
1. BORNA, bourg d’Allemagne, au cercle de lahaute Saxe , dans la Misnie, fur la riviere de Pleiílè ,entre Leipsig & Altenbourg. * Baudrand, édition de17 °s-
z. BORNA ; ou Burnea , village d’Italie,au terri-toire de Viterbe, ville du patrimoine de saint Pierre.Voyez. Turrena Aogustalis.
BORNE, marque fixe& certaine qui sert à terminerun champ, un territoire, une province, un état, & à le sé-parer d’un autre. Il y a des bornes naturelles, commesont «ne riviere, une forêt, une chaîne de montagnes:
B O R ,
il y en a d’àrtificielles, comme sont des murailles, desremparts, des fossés, ou même des pierres de distanceen distance, ôc quelquefois des lignes imaginées depuisun terme, dont on est convenu, jusqu’á un autre terme.Quelques pays ont des bornes naturelles; telles son clEspagne ôc l’Italie qui sont lune & l’autre envi-ronnées par la mer , comme des presqu’ifles, ôc jointesau continent : celle-ci par les Alpes ôc celle-là par lesPirénécs.Tellesétoient aussi les Gaules lorsqu’elles étoientbornées par le Rhin, les Alpes, la nier Méditerra-née, lesPirénées ôc l’Océan. Les bornes de l’Allema-gne sont artificielles, §c ont varié en divers tems. LaFrance qui les a communes avec elle de ce côté-là, *souvent éloigne ou rapproché ces bornes, selon lessuccès qu’elles a eu dans ses guerres. Les bornes deíétats sont sujettes à beaucoup de changemens.
i. BORNE, ou Bourn, bourg d’Angleterre, enLincolnshire, à dix lieues de Lincoln, & à trois de Pe-ter boroug. * Baudr. éd. 1705.
z. BORNE, petite contrée de France, en Langue-doc, fur les confins des diocèses de Viviers, de Mcndeôc d'Uzès. * Baudr. éd. 170;.
1. BORNEO, ifle d’Aíìe, dans la mer des Indes, ôcl une des trots iíles de la Sonde. L’iste de Bornéo, éloi-gnée de Malacca de deux cents quarante milles, est cou-pée en deux par la ligne équinoxiale, & a mille six centscinquante nulles d Italie de topr. Toutes les côtes ensont occupée par des Mores appellés Malais, qui aprèsplusieurs années de possession y ont établi des rois. Maisie dedans du pays est possédé pat des païens appellésBeajous, auxquels la prédication de l’évangile n’éroitpas encore parvenue depuis plus de deux cents ans, que lechemin des Indes est ouvert, parce que tout le monde lesavoir crus barbares, sauvages, & nullement propres à êtrepersuadés. Les Mores sont gouvernés par plusieurs Rois,dont les principaux sont ceux de Manjar-Majfen , deSuccadan , qui est seigneur d’une riviere où l’on trouvede très-beaux diamans, de Bornéo & autres. Les Beajousn’on point de rois, mais des princes ôc d’autres chefs.Ceux qui font sujets du roi de Manjar, ou qui demeu-rent fur ses confins, lui payent tribut.
Il y a divers ports dans l’iste, mais le plus fréquenteest celui de Manjar-Maffen , pour le commerce des dro-gues , sur-tout par les habitans de Macao. U est formépar une grande riviere d’eau-douce, large de trois milles,& qui a quatorze brassés de profondeur à son embou*chute. Si l’on y monte quatre journées de chemin , ontrouve trois petites iíles, dont la plus grande a deuxmilles de longueur, ôc fur laquelle les Portugais ont des-sein de bâtir un sort pour y établir un comptoir : lesdeux autres sont plus petites, proche de terre, & parconséquent très peu propres pour ce dessein.
Tout le pays est très-fertile, & abonde en ris qui estle meilleur de toute l’Asie : pour les fruits, outre la gran-de abondance, ils sont tous différens des nôtre d’Euro.pe, Ôc pour la couleur, & pour le goût, ôc pour la gros-seur. 11 y a aussi une grande quantité de casse, de cire ,de camphre le meilleur du monde, du poivre noir &blanc qu’on appelle Vatian, qui sert pour la médecine,de la laque de fourmi & plusieurs excellentes teintures.Elle produit aussi des herbes aromatiques, des racinesde bois noir, ôc une autre espece qui sent comme lebois d’Aigle, du calambouch. U y a des forêts prodi-gieuses , où l’on trouve quatité de bois pour bâtir desvaisseaux, & d’où l’on reure beaucoup de poix ôc de ré-siné. Us négligent les métaux, parce qu’ils ne fça ventpas les fondre ; on y ramassé cependant l ot en poudrequi sc trouve dans le fable de plusieurs rivières de Tissé.
II y a une grande quantité de ces nids d’oiscaux, que lesChinois ôc plusieurs autres nations estiment tant, qu’ilsdonnent trois cents pièces de huit pour un Pico, s’trnagi-nant que cela contribue beaucoup à la génération & yexcite fort. Ce n’est au reste rien antre chose que les nidsque font les hirondelles ( qui font en Asie de couleurcendrée,) dans les fentes des rochers escarpés, ôc quedes gens dans leurs bateaux font tomber avec de gran-des perches. Ils ressemblent à une pâte très-fine, ensorte que les uns croyent qu’ils sont faits de la bave deces oiseaux, ôc les autres de quelque forte de limon : sesChinoix voluptueux achetent pour le même usage, les
nageoires