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Tome premier. A - B.
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que laconr des Aides. Le restort de l’un & de l’autrene comprend que les six élections de Bourdeaux , de Pé-rigueux, debarlat, d’Agen, de Condom, Sc des La-nes, ou de Dax. Dans les trois premières de ces six•élections des tailles y Ion c personnelles, & les ecclé-siastiques, les gentils-hommes, & ceux qui ont desprivilèges, n’y font point taxés. Elles font réelles au con-traire -dans les élections d’Agen, Condom & des Lanes.Personne de ceux qui postëdent des biens roturiers,n’ëst exemt de payer la taille-, & chacun est coulé àproportion des biens roturiers qu’il postede.

L.e domaine dti roi.dans la généralité de Bourdeaux,estprésentement peu considérable. Le duché d’Albret ayantété donné en échange au duc de Bouillon, & les comtésd’Agenois & de Condomois ayant été donnés en enga-gement au marquis de Richelieu, il ne reste au roi danscette généralité que huit ou neuf jurisdictions d’une astergrande éu ndue , qui ont donné des sommes au roi pourempêcher 1 aliénation. La Bigorre & la Soulle ne fontpoint partie de la ferme du domaine de Bourdeaux ; carelles ont été unies à celles de Béant &de balle Na-varre. Le papier Sc parchemin timbré, les droits decontrôle & celui du tabac, &c. ont lieu dans cette gé-néralité. Quant au tabac, il est permis d en semer dansl’Agenois & le Condomois; & les fermiers du roi ontdroit de prendre par préférence tous les tabacs dont ilsont besoin , en les payant au prix qu’ils se vendent. Pourles autres, ils donnent des permissions de les transpor-ter à Marseille, afin de les envoyer en Italie : car il s’en•charge peu par mer à Bourdeaux. Au reste, les droitspour la vente du tabac font établis dans cette généralitécomme dans le reste du royaume.

La gabelle & les aides n’ont point lieu dans la géné-ralité de Bourdeaux. L’on prend des droits fur le sel auconvoi & à la cotnptablie de Bourdeaux, comme sonen prend fur d’auties marchandises; & les marchandsfont le commerce du sel,comme celui de toute autre chose.

L’université de Bourdeaux fut établie en 1441. Lepape Eugene IV lui accorda plusieurs privilèges, quifurent eníuite augmentés par le roi Louis XI. 11 y a danscette université des profesièurs pour la théologie, ledroit, la médecine & les arts. On enseigne aussi la théo-logie dans plusieurs couvents de Bourdeaux ; & les pro-fesièurs assistent aux affemblées de l’université.

Il y a à Bourdeaux un collège dont les jurats font pa-trons : ce font des séculiers qui enseignent ; & le princi-pal est nommé pat les jurats.

En 171 1 , le Roi, par fes lettres patentes, établit uneacadémie pour les sciences & les belles lettres à Bour-deaux: elle étoit fous la protection du feu duc de laForce ; & on y distribue tous les ans le premier jour demai, une médaille d’or, du prix de trente pistoles, àcelui quia fait le système le plus probable íur un point dephysique proposé par cette académie.

Bourdeaux étant dans un pays fort abondant en vin,fes avantages de cette situation donnent lieu aux étran-gers d'y venir faire des cargaisons très-considérables devins & d’eaux-de-vie. Lorsque le commerce n’est pasinterrompu par l a guerre, on charge tous les ans d Bour-deaux cent mille tonneaux de vin, que l’on transportehors du royaume. ç cs v j ns ne font pas seulement ducrû de la généralité d e Bourdeaux, il en vient unegrande quantité de la généralité de Montauban & duLanguedoc. Tous les vins qui ne font pas de sélectionde Bourdeaux, ne doivent pas entrer dans la ville : onles porte au fauxbourg des Chartrons, conformément àune transaction pasiee en 1 ;oo, entre le Languedoc &la ville de Bourdeaux. Cette transaction re gl e au flj l etems de la descente de ces vins à Noël, a fi n q Ue j’ an _cienne fénéchaustëe de Bourdeaux paille vendre les siensavant que les autres íoienc arrivés.

On tient tous les ans à Bourdeaux deux foires, q u idurent quinze jours chacune : elles ont été accordées parCharles IX, fan 1565, l’une commence au premiermars, & 1 autre au quinzième d’octobre. Elle fourexemtes du droit de comptablie pour tout ce qui fe venden foire. La derniere est la plus considérable, parce quel’on y vient acheter Sc chercher des vins dans la primeur.On voir alors dans le port de Bourdeaux quatre ou cinqcents vaisièaux .étrangers, donc quelques-ims font de

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500 tonneaux. Les étrangers font aussi leurs cargaisonsen prune, en vinaigre, en eaux-de-vie , en résine, Ckc.Enfin on peut juger du commerce qui fe fait à Bour-deaux, par ce que j’ai déja dit, & que je répété en-core ici, c’est qu’il y a eu des années où le droit decomptablie a valu au roi plus de quarte millions de livres.* Pigamol de la Force , t. 4, p. 164, 171, & soi*

BOURDELOIS, (le) contrée de France , dansla Guienne, dont elle fau partie. Elle est située aux en-virons de Bourdeaux, qui en est la capitale, & dont elleporte le nom. O11 l’appelle aussi la Guienne profRE*en latin Figer Burdigalensts.

On le nomme encore la Sénéchaussée de GuiEt 1 *ne , & ce nom lui est resté, parce qu avant le régné deLouis XI, il n’y avoit qu'un íeul sénéchal dans la Guien-ne , duquel la juridiction s’étendou jusqu’á Bayonne Aaux cousins d Espagne. Ce fur ee roi qui créa de nouvellesfènéchausiëes dans la province. * Longtterue , Desc. d.ela France, part. 1 ,p, 168.

Le Bourdelois est borné au couchant par la mecOcéanc, au midi par le Bazadois Sc la Gascogne, à l’o-rient par l’Agenois & le Perigord, & au nord par 1 *Saintonge.

Le pays est fort abondant en vin, & a donné sonnom à une espece de raisin qu’on nomme Bourdelois ,qui étoit déja célèbre du tems de Pline & de Columelle»qui font mention de ceue espece de raisin & de la vignequi le produisoit, nommée Vitis Biturica, à cause qu’ilvenoit dans le pays des Bituriges Fibifci : c est ainsi qn’oniappelloit les peuples du Bourdelois du tems des Romains,pour les distinguer des autres Bituriges surnommés Cubiquiétoient à Bourges. Jules César qui n’a pas été en per-sonne dans l’Aquitaine, l’ay.anr fort peu connue, ne faicaucune mention des Bituriges du Bourdelois ; mais Stra-bon,qui vivoic fous Auguste Lc Tibère, les marque très-bien, Sc parle de leur capitale, qui devint une des villesles plus considérables de l’empite Romain. Elle ne sucnéanmoins métropole que fous Valentinien I, aprèsqu’on eut diviíé l’Aquitaine en première & en seconde.

Les Wisigots s’empaterenr de Bourdeaux & du Bour-delois , lorsqu’ils s ! ‘établirent dans les Gaules au V sié-cle , & ils 11e perdirent cette ville qu’avec le reste del’Aquitaine. Lts François s’étant emparés de Bour*.deaux , on voir par Grégoire de Tours qu’elle étoit fou-rni le aux rois qui tégument en Neustrie, & même à ce-lui qui avoir son siège à Paris. Le duc Eudes s’en ren-dit maître absolu, & le roi Pépin la prit fur Gaifre,petic-fils d’Eudes , Pan 708. Les successeurs de Pépin lagouvernèrent par des officiers ou comtes qui n’étoiencpas propriétaires.

BOURDEROU, ouBourdour, village & ruinesd’nne ancienne ville de la Natolie qu’on croie être cellede Pancienne Sagalastâr. Paul Lucas, Voyage de Tur-quie enAste, l. 1. p. 17 6 , en parle ainsi : Pour ne pasrendre mon séjour inutile dans la ville de Sparte, je prisavec moi six hommes bien armés, pour aller visitertous les environs: on m’apprit qu’au-delà , des monta-gnes, qui íont à trois ou quatre lieues de-là on trouvoicles ruines d’une ancienne ville : je traversai ces monta-gnes , qui four extrêmement élevées, avec une peine in-fime ; mais rien ne coure â la curiosité. En descendanton me fit tourner à main gauche, par des chemins fortdifficiles; & après une demi heure de marche, je metrouvai auprès des ruines qu’on m’avoit indiquées. Lepremier coup d’oeil oft're nu spectacle si triste, qu’il tir»les larmes des yeux. On voir d’abord dans la montagne,une infinité de niches taillées dans le roc ; on apperçoicensuite les vastes débris d’une ville bâtie en amphithéâ-tre, dans le penchant de la montagne, qui est une racinedu mont Taurus, & ces ruines s’étendent jusques dansla plaine. Je jugeai que la. ville pouvoir avoir cinq ousix milles de tour. Après avoir marché quelque temps sucdes monceaux de pierres & de marbre, i’apperçus ungrand temple, dont les quarte murailles subsistent enco-re. On observe dans les frises quantité d’ornemens,parmi lesquels on remarque des enfans avec des aîles,qui tiennent à la main des couronnes & des guirlandesde fleurs. Je comptai cinquante*deux édifices qui paroís-fent avoir été très-beaux , 8 c il est aisé de les distinguerdes autres bâcimens qui la plupart sont entièrement