jlâum BruohJell&. Quelques modernes ont voulu queCharles, duc de Lorraine, ait été le fondateur dccette ville ; mais cela ne paroît prouvé par aucun té-moignage de l’antiquité : au contraire , on voit que cejieu écoit déja un palais bâti avant Othon II. * ( a ) J.B..Gramaye, Antiq. Belg. ( b ) Reynerus , Scholarcha m■Pòcm. de Initio Urbis. ( c ) Longuet uc , Desc. de la.France ancienne 8c moderne, p. 49.
Bruxelles appartint ensuite au comte de Lpuvain, 8cle comte Baidriey fonda l’églife collégiale l'an 1047,8c y ht transférer le corps de íainte Guduie; ensuiteLambert II, frété 8c successeur de Baleine, y établieles chanoines ; & son silsle comte Henri, obtint de Liei-ben, évêque de (la m b r ay, une entiere liberté 8c afïran-chiilément pour ses chanoines ; ce qui fait voit que le ducde Lorraine,nommé depuis ce tempi-là duc de Brabant,n eroit pas propriétaire de Bruxelles, qui appartenoit auxcomtes de Louvain, qu'on a nommés quelquefois comtede Brabant.
Le roi Louis XV se rendit maître de cette villeíe ri février 1746: il l’a tendue en r748 à la reinede Hongrie, avec le relie des Fays-Bas Autrichiens,par le traité d’Aix la-Chapelle.
La situation de certe ville est des plus agréables: unepartie est fur une éminence j & l’autre dans la plaine.Les environs en font si fertiles en grains 8c en pâtura-ges , qu’ils ont fourni abondamment ce qui étou néces-saire pour 1* íoire pour les équipages de sept tètescouronnées que l'on a l'û à la fois dans cette ville ;1 empereur Charles V , son fils Philippe, roi d’Epagne ;Maximilien, roi de Boheme , avec la reine son épouse,Lléonore , reine de France ; la reine de Hongrie, gou-vernante des Pays-Bas, 8c un roi d'Afrique ; à quoi 011peur ajouter les équipages des ducs & ducheíses de Sa-voie 8c de Lorraine, &c d’une multitude d’autresducs,marquis 8i princes de toutes nations, qui avoient entout plus de neuf à dix mille chevaux. * /. Blaeu , Descr.l/rbium Belgicx Regalis.
La riviere de Senne paíse au milieu de la ville, qui,outre cela , a un fort beau canal par où elle commu-nique à l’Escaut. Bruxelles a été long-temps beaucoupplus petite qu’elle n’est aujourd’hui ; l’enceinte a été con-sidérablement augmentée par Jean III, duc de Brabant,8c cet ouvrage fut achevé après fa mort, l’an 1 ;6i. Lesmurailles, qui font à l’antique, subsistent encore au-jourd'hui , la ville n’étant pas bien fortifiée ; le circuitestd’environ deux heures de chemin. On remarque dansBruxelles sept grandes portes, sept églises principales,sept grandes places ou marchés, fepe familles distin-guée» par leur noblesse , leur ancienneté & leurs -pri-vilèges , 8c sept asieíleurs ou échevins dans la ma-gistrature.
Les églises font magnifiques : la principale , qui étoitautrefois dédiée d saint Michel, est aujourd’hui f ous 1 in-vocation de íainte Gudule, princeíle du sang de Char-lernagne. Le comte Lambert 8c Gérard, évêque de Tour-nai , firent la translation du corps de cette sainte del'église de saint Geri dans celle de saint Michel, aprèsy avoir fait de grandes réparations, & lavoir dotéed’un revenu considérable ; c est aujourd'hui une très-belle collégiale : elle est placée dans le hauc quartier dela ville ; son frontispice est orné de deux grandes tourscarrées, qui dévoient etre plus élevées, suivant le mo-dèle qui en avoir été sait. Cette église est entourée debelles balustrades, qui forrnent, vis*à-vis du grandportail, un escalier des plus beaux. Qn vo st dans cetteéglise 1 a chapelle du saint Sacrement, qui e st d’unebelle architecture ; on commença à la bâtir en 1534.C’est dans ce lieu que font les trois Hosties miraculeusesqui, à ce que l’on dit, jetterent du íâng , lortq ueJuifs les percerenc à coups de couteaux. Il y a da Ils J amême église plusieurs tombeaux de princes illustres,entr’autres celui de Parchiduc Albert , souveraindes Pays-Bas, St de fa femme Ifabelle-Claire-Eugenie,infante d’Espagne, & celui du prince électoral de Ba-vière, mort en 1L99. On voie au milieu du grandchœur les tombeaux de quelques ducs de Brabant, deJean II, qui y est enterré avec fa femme Marguerite,fille d’Edouard, roi d Angleterre, celui d’Antoine ,fils de Philippe le Bon* fl y a du côté de l’autel le
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tombeau d’Ernesi , archiduc d’Autriche , gouverneurdesPays-Bas, que Parchiduc Albert, Ion frere,husicdresser.
L’églife de saint Jean fur le marais a été sacrée en1131 , par le pape Innocent II, loríqu’il fut obligéd’abandonner l’Itahe pour le schisme d’Anatlet II, an-tipape. Auprès de cette église on voit le grand hôpi-tal, où l’on a foin des malades de l’un 8c de l’autresexe. Il y en a encore plusieurs autres petits, entreautres quatre, fondés pour des pèlerins & passans, quipeuvent y loger trois jours de fuite. On trouve aulsides Hôteís-Dieu, qui ont été sondés pour des bour-geois 8c bourgeoises incapables de gagner leur vie, àcause de leur vieilldse.
L’églife de Notre-Dame du Sablon ne cède en beautéà aucune des aunes églises de la ville. Jean I, duc deBrabant, la fit bâtir en 1290, en mémoire de la vic-toire qu’il avoir remportée àWoeringhe, íur l’archc-vêque de Cologne & Henri , comte de Luxem-bourg,
Les Jésuites ont une belle église, dédiée à saintMichel. Le fameux architecte Jacques Pratiquantl’ordonna & la perfectionna en 1621- En 1715 ,oni’aembellie d’un escalier, orné de plusieurs vaíes depierre bleue. Ces peres ont été admis en cette ville en1586. Ils y enseignent les humanités depuis Pan 1604.Les Augustins y font depuis 1602.
u y » deux prévôtés ; celle de saint Jacques de Cau-berghe, composée de chanoines réguliers de saint Au-gustin, dont le prévôt est miué, 8c premier chape-lain de la cour; Parure est celle de Notre-Dame dela Chapelle, dont l’abbé du saint Sépulchreà Cambraiest le collateur, qui la conféré à un de les religieux. Cesdeux prévôtés ont été fondées en 1140 , par GodefroileBarbu , duc de Brabant.
Toutes les antres églises font d’une grande propreté.Les couvents d’hommes font : Les réeollets, admis Pan1359, les grands Carmes en 1292 , les Dominicains en14^5, les Augustins en 1406, les Bogards ou prêtres datiers ordre dc íaint François cn 1359, les Chartreux,qui surent fondés en 1454, près de la chapelle d#Notre-Dame de Scbeut , d’où ils fe retirerent en 1394,les Capucins reçus en 1587, les Carmes Déchauflcs en1610, les Minimes en 1616, les freres Alexiens Pan1368, les chanoines réguliers de Canberghe, & lesperes de POratoire reçus en 1633. Les monastères defilles font: les religieuses de saint Pierre, de sainteElisabeth, de Jerico 8c de la fondation de Barlaimont,sotrt la rcgle de saint Augustin ; les Urbanistes, lesPauvres Claires, les Annonciades, les Capucines, lesreligieuses dc sainte Gertrude, les Carmélites, les Re-penties, les Urfulines, les religieuses de la fondation deLorraine, celles de la Visitation, les Bénédictines An-gloifes, les Dominicaines Angloifes, les sœurs Noires8c les Hospitalières, outre le grand 8c le petit Bégui-nage. Le grand Béguinage ressemble à une petite ville ;il est entouré de murailles, avec un fossé : on y voitplusieurs belles rues, & chaque Beguine a fa demeure.Leur nombre ordinaire est de sept ou huit cenrs, 8cquelquefois plus; chacune y gouvernât son bien; ellesfont vœu de chasteté pour le temps de leur demeure , 8cen y renonçant, elles peuvent íe marier : elles fontgouvernées par quatre supérieures , qu’elles choi-sitlent de leur corps, & par un curé qui est à la nomi-nation de l’évêque d’Anvers. Leur églile est dédiée àsaint Jean-Bapciste ; elle mérite decre vue pour fa richearchitecture: on commença à la bâtir en 1637. On lesappelle Béguines, parce qu’elles ont pour fondatricesainte Begge, fille de Pépin de Landen , quoique quel-ques auteurs soutiennent qu’elles ayent été fondéespar Lambert Begue , qui mourut en 1177. Ce bégui-nage fut d’abord fondé à Mosenbeeclc 1 , près de cetteville, en 1250, par un ecclésiastique, nomme RégnierBreeteycken j mais en 1303 , il fut transféré dans laville.
Le palais du prince , ou la cour , fut commencé en1300, par Jean II, duc de Brabant; cn 143a , Phi-lippe le Bon le fit aggrandir, & il fut achevé par fessuccesseurs. T 1 y avoit autrefois un château , d peu prèsau même endroit où est présentement le palais, dont