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Tome second. C - F.
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Font ôtée aux Portugais , comme je le dirai plus bas. Lesforces de ce roi consistent en un bon nombre de soldatsarmés de mousquets : il en a d’autres armes d’arcs Scde flèches, d’autres qui portent la rondache Sc le sabre.Ceux qu’ils portent à leur côté font de F épaisseur d’unpouce par le dos. Le Cananor est fort peuplé , les habi-tans font pour la plupart Mahométans ou Maures. Lesprincipaux font de gros marchands qui demeurent horsdu fort, mais de maniéré que le fort les commande. Ilsfaifoient autrefois un grand trafic à Surate, à Cambaye& fur la mer Rouge ; ils y envoyoient tous les ansvíngt-cínq à trente vaisseaux » mais leur commerce estbien tombé. Environ à deux milles de Cananor vers lemidi, est un port de mer nommé Termapatan, quiest enfermé d’une muraille du côté de la terre » Scgouverné par un souverain particulier Mahométan. Leroi de Cananor a encore dans ses petits états des révol-tés qui vivent dans l’indépendance ; tels íont les Cor-saires de Bergera, [le même que Bargara. Voyez, cemot.] Ils font gouvernés par des Maures, Sc leur mi-lice est composée de Payens & de Mahométans. Ils ontmême forcé les Malabares de Cananor à prendre d’euxdes passeports pour leurs vaisseaux. Baudrand » e'd. i/oZ,dit que le roi de Cananor est maître de l’iste MalicutScde quelques autres des Maldives, avec les cinq petitesistes de Divandurou. * BaUus, Defc. des côtes de Ma-lab. & de Corom. c. 1 6.

2. CANANOR, ville maritime d’Asie fur la côte deMalabar, aux frontières du Malabar 8 c du Canara auroyaume de Cananor', dont elle est capitale. Les tableshollandoifes lui donnent n degrés 15 min. de lat. nord.De l’Iíle retranche les minutes. La latitude est de 9 J “*35 min. de l’ifle de Fer. On compte de ce port environquarante milles à celui de Cochin qui est plus au sud.Ce port est large 8 c très-fûr; 8 c comme le pays produiten abondance du poivre, du cardamome, du gingembre »des miroboîans, des tamarins, 8 cc. -on y trafique de toutcela. Pedro Alvarès Cabrai, qui commandoit la seconde

flotte que les Portugais eurent aux Indes du te ms dedom Emmanuel, ayant visité le roi de Cochin 8 c le Sa-morin, débarqua aufli à Cananor, où il porta le roi à faireun traité avec le Portugal, & à lui envoyer une ambas-sade : puis ayant chargé du poivre 8 c autres denrées » "se rembarqua. Almeyde viceroi Portugais dans les Indes,ayant eu permission du roi Indien de commencer un éta-blissement , bâtit une forteresse qui soutint dans la fuitetout l’effort des armées de Calicut 8 c de Cananor qubrava quelque tems, 8 c où Laurent de Britto qui en futle commandant, s’acquit une gloire immortelle. Les Por-tugais alors étoient maîtres de la mer des Indes, "Savoient des ports le long des côtes de l’Ethiopie » del’Arabie 8 c de l’Indoustan. La mauvaise conduite d’unde leurs capitaines leur attira de grands maux. II pritune barque appartenant aux Malabares de Cananor » Scnon content de chicaner fur le passeport, il fit jettes enmer le maître de la barque 8 c un homme de distinctionqui y étoit. Leurs corps furent poussés fur la côte, Scayant ete reconnus , le peuple courut à la vengeance.Laurent de Britto tâcha en vain de les appaifer, on n’e-eouta rien : il fut assiégé, 8 c par des prodiges de valeur,il lasia une tres-nombreufe armée de Malabares » tantdu Cananor que du Calicut. Le ministre hollandois Ba-lseus qui me fournit ces détails, décrit ce siège assez am-plement. L’an 1663 , au printems, la compagnie hollan-daise s’étant emparée de Cranganor , de Cochin 8 c deCoulan, on jugea qu’il lu! étoit d’une extrême impor-tance de se rendre aussi maîtresse de Cananor. JacquesHustard s’y rendit avec de bonne infanterie & des muni-tions de guerre 8c de bouche,ayant avec lui les capitainesPierre duPont, Henri de Rhede 8c autres officiers d’élite.Ils débarquèrent 8c s approchèrent de la ville , puis de laforteresse fans trouver beaucoup de résistance. Leurs bat-teries étant dressees., ils.commencerent à battre le fortdu coté dé terre, qui étoit flanqué de plusieurs bastions,car du côté de la mer la place etoît imprenable. Lesfossés du côté de terre étoient profonds Sc creusés avecbien du travail dans le vif des roches. Cependant aprèsquelques jours de siège, les assiégés n’ayant aucun se-cours à espérer , Te rendirent par capitulation. Le mi-nistre Balœus qui étoit dans Parmée des vainqueurs, ditqu’il y prêcha le premier sermon en action de grâces

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pour cette conquête au mois de Février 1664. LesHoî-landois maîtres d’une place que les Portugais avoient silong-tems possédée, prirent de nouveaux arrangemensavec le roi de Cananor pour la sûreté 8c F avantage dela compagnie.

CANÂPEYES, nom commun que l'on donne auxMusos 8caux Colymas, sauvages de l’Amérique mé-ridionale , qui habitent une contrée du nouveau royaumede Grenade, à laquelle les provinces de Bogota 8c deTunía fervent de limites du côté du nord-ouest. Elle estchaude Sc humide pour la plus grande partie, 8c chaqueannée ils ont deux étés 8c deux hyvers, chacun de troismois; le premier été commence au mois de décembre,ôe le premier hyver au mois de mars ; le second été quivient en juin est suivi d’un second hyver au mois de sep-tembre. Ce n’est ni le chaud ni le froid qui distingue cessaisons ; ce font seulement les pluies qui tombent enabondance dans les deux hyvers , au lieu que pendantles deux étés, il y fait toujours beau tems. II y pleutI e jour fort rarement , mais souvent toute la nuit. Lepays est montueux Sc dans les vallées il y a beaucoupfie torrens 8c de rivières qui forment plusieurs marais ;il produit quantité de vivres, mais il manque de pâtu-rages. Les Musos Sc les Colimas qui habitent ce paysNoient autrefois Anthropophages : ils font asiez bienproportionnés dans\ous leurs membres; mais paresseux& ennemis du travail. Ils avoient coutume d’aller nuds,étoient cruels Sc avares 8 c grands ivrognes. La venue desEspagnols qui les ont convertis au christianisme , achangé leurs mœurs. Entre leurs arbres fruitiers on enremarque un dont le tronc est rond , 8c qui porte uneespece d’amande, dont la noix a la figure d’un roignonfie mouton. L’arbre qu’ils nomment Quaoque donne unfruit bon à manger de la grosseur d’un œuf d’oie. Ils ontauffi des figuiers dont les figues font fort douces & aussigrosses que des oranges. L ’Aguapa qui est auísi un deleurs arbres, esttrès-dangereux. Si quelque Sauvage nuds’endort dessous, il crève , Sc si c’est un Européen toutson corps s’enfle. Les bêtes de cette contrée , font cer-tains pourceaux noirâtres qui ont le nombril fur le dos,& d’autres plus petits qui différent peu des sangliers. IIy a aussi des cerfs, des Guatanayas, animaux sembla-bles aux lièvres, des chevreaux, des chèvres 8c des bre-bis. On trouve dans cette même contrée des veines d’or& d'argent, de cuivre 8c de fer , mais elles font loin deshabitations des Sauvages, à cause que la terre y est basia& malsaine. On y trouve encore une certaine herbenoire, avec laquelle les sauvages teignent leurs habits.11 s vivent pour Fordinaire de maïs , de pois, de cassaveSc de patates , 8 c ont plusieurs fontaines salées qui four-nissent du sel. Leur pays a vingt-cinq lieues de long furtreize de large , 8 c l’on n’y volt que deux colonies d'Es-pagnol; , l’une en la ville de la Trinitad, 8c F autre dansla bourgade de la Palma. Corn. Dict. De Laet. Ind. occ.h 9» c. 4.

CANAPICIUM, nom latin du Canavez.

CANAPINA , village d’Italie dans le patrimoine deS.Pierre, à deux lieues de Viterbe.Baudrand, éâ. iyoZ.croît que c’est l’ancienne C apena. Voyez, ce mot.

CANAPLES , bourg de France en Picardie avec titrefie marquisat, entre Amiens 8c Dourlens. * Baudrand ,édit. 1705.

. CANAPUM, nom d’un lieu qui étoit; situé fur l’an-cien chemin militaire qui alloitd’Autun à Paris. L’on estautant partagé fur fa situation parmi les favans , qu’il ya fie variétés dans les manuscrits , pour la fnaniere fieFécrire. On le trouve quelquefois écrit Cenapum, d’autresfois Canabum ou Cenabum , mais jamais Genabum. C’estpourquoi plusieurs personnes ne veulent point qu’on leconfonde avec le Genabum fies commentaires fie César,8c prétendent que F un étoit sur la Loire, Sc que î’autreen étoit éloigné. Ce nom a pu être donné à différonslieux , 8c même à fies lieux peu notables. Ainsi fie mêmeque Chenove proche Dijon est dit Canapis , dans descopies d’ún acte du septième siécle. Chenou proche deChâteau-Landon, peut avoir été nommé Canapum. C’estHpe réflexion qui naît d’une note du recueil fie le Beuf,publié en 1738, t. 2 , p. 288. II y a même encore dansla France fies lieux qui ont conservé fans altération , laracine Canap, tel que Canapeville en Normandie, 8eCnapks en Pieardie. câk.