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Tome second. C - F.
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ïq8 CAN

2. CANDY ou Cande , ville capitale du royaumede même nom dans l’iíìe de Ceylan. Knoxnous apprendque les Chingulais la nomment HiNGodagu i.-Neure ,c’est-à-dire la ville du peuple de Chingulay. J’ai dejaremarqué que le met N e u R signifie une capitale ouville royale. II observe que conde signifie montagne dansla langue du pays, Lc qu’en effet elle est située entredes montagnes. C’est fans doute de là que les étrangersont pris ce nom qu’ils entendoient prononcer aux ha-bitans pour celui de la ville, d’autant qu’il est beau-coup plus aisé à retenir & à prononcer que le véritable :je ne crois pas qu’il faille mettre de la différence entreCandy & Conde , ce dernier prononcé par un Angîois,est le même que le premier prononcé par un François.

Quoiqu’il en soit, elle est dans le cœur de l’ifîe aupays d’Yattanour, son assiette est avantageuse, touteschoses y peuvent aborder également, 8c on n’y man-que point d’eau. Elle est en forme d’un triangle , à lapointe orientale duquel est bâti, selon la coutume dupays , le palais du roi. II n’y a aucunes fortifications,si ce n’est du côté du sud; comme de ce côté lesavenues font plus aisées & plus ouvertes qu’ailleurs,on y a fait une espece de rempart de terre qui traversela vallée d’une montagne à l’autre. II n’a que vingt piedsde haut, & on peut passer dessus en quelque endroit quece soit. Les avenues font toutes fermées à deux ou troismilles de distance par des barrières d’épines, défenduespar des gardes qui examinent tous ceux qui vont ou quiviennent. Au sud & à un quart de lieue de la place ,coule la grande riviere de [Mawilgange] qui vient duPic d’Adam. Cette ville a été plusieurs fois brûlée parles Portugais, dans le tems que maîtres des côtes, ilsfaisoient des courses dans le pays ; de forte qu’ayantbrûlé les temples 8c le palais, ils forceront le roi à leurpayer un tribut de trois éléphans tous les ans ; mais versFan 1 660, le roi abandonna cette capitale, & transférafa cour à Diiige ou Deglïgi.

CANDYBA, ville de la Lycie, selon Pline , /■ 5 »c. 2.7, & Etienne le géographe. Ptolomée, /. 5, c- 3 »écrit ce nom Condyba , peut-être est-ce une faute deses copistes. Cette ville a été épiscopale®; car on voitque P alladius son évêque assista, Fan 5°3 - nu concilede Rome. Hardouin , Colleíi. conc.

CANDYS, ville d’Asie dans la Médie, selon Ptolo-mée, /. 6 , c. t.

1. CANE, port derl’Arabie Heureqle, dans le p a Y s

qui produit Fencens. Le Périple de la mer Rouge , &Pline, /. 6, 2.8, s’accordent à dire, que c’étoit une

ville située fur la mer. Ce pays qui produit Fencens estle même que celui des Sabéens. Ptolomée, /. 6, c.f ■>dit que c’étoit une ville marchande. E’fcaiçtoi, & qu’í Javoit un cap de même nom. II donne la ville 8c le capaux Adramites qui faisoient partie des Sabéens.

2. CANE, montagne de l’Asie mineure auprès dela riviere du Casque , selon Hérodote, /. 7, c. 42.

Comme ces noms ont la derniere lettre écrite en grecpar un -, > quelques - uns Font exprimée par un e dontelle a le son, d’autres Font changée en un-a pour don-ner une terminaison latine , 8c ont dit Cana au lieu deCane.

3. CANE, lieu de la Palestine. Voyez, Cana.

CANEBIUM , ville d’Afìe dans la Carie. On la

nomma ensuite Cyon comme le témoigne Etiennele géographe.

CANÉE , [la] viUs de Candie , dans la partie occi-dentale de la cote septentrionale, dans un quartier au-quel elle donne son nom. C’est la seconde place de Fifle.Outre qu elle est plus petite que Candie, le viceroi oubeglierbey de cette ville commande au pacha de la Canée8c a celui de Retimo. Toute 1 fille est soumise à ces troisgénéraux , & chacun y a son département. On ne comptequ’environ quinze cents Turcs dans l a Canée, deux milleGrecs , cinquante Juifs. dix on douze marchands Fran-çois - un consul de la meme nation, & deux Capucinsqui en font aumôniers. Le corps de la place est bon : lesmurailles font bien revêtues, bien terrassées , défenduespar un foíTe asTez profond il n y a qu une porte du côtéde la terre. Les Turcs s’en rendirent maîtres en 1645 >après deux mois de tranchée ouverte , & après avoirsoutenu sept assauts généraux. Tournefort, Voyage duLevant, t. ï ,p.7.

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Le port, quoique fort exposé au nord , íeroítasiezhon,s’il étoit entretenu. On y voit encore les ruines d’unbel arcenal bâti par les Vénitiens , à gauche tout aufond du bassin. II ne reste plus que les voûtes des ateliersoù l’on travailloit aux galères. Les Turcs négligententièrement l’entretien des-ports Sc des murailles desvilles. L’entrée du port de la Canée est défendue àgauche par un petit fort où est le fanal. Le châteauqui est à droite au-delà du premier bastion , est tout-à-faît ruiné. On trouve, après qu’on a passé le fanal, unemosquée assez jolie, dont le dôme est bas 8c arrondi.,Le frontispice est à plusieurs arcades , chargées d’autantde petits dômes de même profil que le grand. La maisondes capucins François est auprès de cette mosquée : leurchapelle est une chambre assez mal bâtie & mal ornée »desservie par deux religieux de la province de Paris »dont Fun porte le nom de supérieur, LeFautre représentele reste de la communauté. Les députés du commerce leurdonnent cent écus par an ; le consul de France, les mar-chands 8c les matelots leur font des charités.

A l’égard des maisons de la Canée, elles font fortsimples, comme par-tout le Levant: les mieux bâtiesn’ont que deux étages; dont le premier, qui est au rezde chaussée , sert de salle basse, de magasin , de cellier,& d’écurie. Les murailles font de maçonnerie , à enco-gnures de pierres de taille. Le second étage , auquel onmonte par uné échelle de bois assez droite, est divisé endifférens appartemens , suivant l’étendue du lieu, 8c cou-vert en terrasse, où l’on n’emploie ni plâtre , ni brique ,mais des planches de sapin , assemblées en plafond , 8cclouées à une espece de châssis de lattes à carreaux, d'en-viron «n pied de diamètre : ce plafond est soutenu pardes sablières de chêne , posées à deux ou trois pieds lesunes des autres : en dehors , il est revêtu d’une couchede terre détrempée comme du mortier , battue pendantlong-tems, 8c pavée de ces petits'cailloux , qui se trou-vent dans les lits des torrens. On ne donne de pente àla terrasse, qu’autant qu’il en faut pour Féeoulementdes eaux; on s’y promene quand il fait beau, & même°n y couche dans les grandes chaleurs. II faut réparertous les ans ces couverts , mais l’entretien coûte en-core moins que la fabrique.. Outre ces toîts en terrasse,chaque maison a communément une autre petite ter-rasse de plein pied au second étage : ce n’est qu’unechambre découverte, garnie de quelques pots de fleurs :cette terrasse est d’un grand secours pour la santé ; carla plupart des maisons de la ville étant tournées au nord,on en ferme les fenêtres , lorsque le vent du nord ré-gné , & on ouvre la porte de la terrasse , qui est au midi.On ferme cette porte 8c l’on ouvre les fenêtres expo-sées au nord ; lorsque les vents du midi, si dangereux partout le levant, commencent à souffler; ces vents font quel-quefois si chauds, qu’ils suffoquent les gens en pleinecampagne.

Les environs de la Canée font admirables , depuis îaville jusqu’aux premieres»montagnes. La campagne qui«'étend jusqu’à la Culate est de la même beauté. Cene font que forêts d’oliviers aussi hauts que ceux deToulon 8c de Seviile. Ils ne meurent jamais en Candie,parce qu’il n’y gèle pas. Ces forêts sont entrecoupées dechamps , de vignes , de jardins » de ruisseaux ; 8c cesruisseaux font bordés de myrte & de laurier-rose.

Ces oliviers fournissent une grande abondance d’huile ,8c on assure qu’en 1699 - on en recueillit dans l’ífle deCandie trois cens mille mesures.

La mesure ordinaire d’huile pese huit ocques 8c demieà la Canée. L’ocque pese trois livres deux onces qui fontquatre cents dragmes, suivant la maniéré de compter desOrientaux. La livre est de 128 dragmes , 8c la dragmede do grains.

Outre les forêts d’oliviers íl y a beaucoup de jardinsautour de la Canée, plantés comme ceux du reste de laTurquie; fans ordre , fans symmétrie , sans propreté ;dans ces vergers négligés les arbres ne donnent que demauvais fruits, Fart de greffer y est ignoré.

A un mille Sc demi de la Canée est un monastère quiporte le nom de Saint-Eleuthere ; c’est-là que quelques-uns croient qu’étoit le siège épiscopal de Cydonia.Mais Tournefort dit , qu’il n’y a point de ruines fortanciennes. Suivant Strabon , /. 10 , poursuit-il , Cydo-ffle étoit une ville maritime à dix milles d’Aptere : la