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Tome second. C - F.
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front. Ces montagnes font toutes couvertes, ou coupéesde grands rochers , tellement qu’il est difficile d’en ga-gner le sommet, Sc l’accès est ouvert seulement par depetits sentiers, à rentrée Sc à la sortie desquels il y*a desbarrières d’épine, défendues chacune par deux ou troisgardes qui examinent tous ceux qui vont Sc qui viennent,& voient ce qu’ils portent ,asin qu’ils ne fassent point en-trer de lettres, Sc que les prisonniers ouïes esclaves nepuissent prendre la fuite. Ces gardes, en cas qu'o n leur ré-siste , demandent main forte aux villages voisins, qui fontobligés de les secourir, ils n’ont la plupart d u teins au-cunes armes, 8c ce ne font que des habitans des lieuxcirconvoísins. La feule arme avec laquelle ils savent sefaire obéir est le nom du roi; car si un homme refusoitde se soumettre à un garde qui lui commandèrent quel-que chose de la part du roi, il feroit puni avec la der-niere sévérité. En tems de guerre, Sc lorsque l'on craintquelque surprise, le roi envoie des officiers Sc des sol-dats occuper ces postes. Je réserve à l’article de Ceylance qui regarde l’air Sc les saisons de ce royaume.

Les principales villes de ce royaume font ;

Candy, capitale, Badoula ,

Neìlemby, Degligi-neur, ou Dilíge.

Alloutneur,

La syllabe Neuu signifie ville royale, ou une villequi a été ou qui est la résidence du roi. II y a outre celaplusieurs places ruinées, qui conservent le nom de villes

Telle est Anurodgburro.

La province de Portaloon située au couchant de l isle ,a u n port de mer, d’où.une partie du royaume tire dusel 8 c du poisson. Le vent d’est fait entrer l’eau de lamer dans celui de LeaWaWa, ou celui d’ouest la con-gèle Sc fournit aux habitans du pays plus de sel qu’il neleur en faut. Voyez, Leawawa.

Outre les villes il y a des bourgs Sc des villages. Lesveilleurs font consacrés à leurs idoles-, dans lesquelsils l eur ont dédié des Deivals ou temples. Us ne tirentpoint leurs rues au cordeau, ni ne bâtissent point leursmaisons les unes près des autres. Chaque famille vit enson particulier dans une mírison, autour de laquelle ilY a le plus souvent une haye Sc un fossé , à cause deleurs bestiaux, Jamais ils ne bâti fient fur le grand che-min, & ils ne veulent point avoir de villages trop pas-fans, ne se souciant de voir que ceux avec qui ils peu-vent avoir quelque affaire. Leurs villages ne sent pasfort grands.Dans les uns il n’y a que 40 maisons, quel-quefois <o'- dans les autres on en verra jusqu’à 1.00,& d’autres n’en ont que 8 ou 10

Entre leurs bourgs il y en a plusieurs de ruinés > parcequ’ils les abandonnent quand ils voient des maladiesun peu fréquentes, Sc que deux ou trois personnes meu-rent en peu de tems. Alors ils le persuadent que le dia-ble les attaque, & pour l’éviter ils vont s’établir dansun autre lieu laissant là Sc kmrs maisons Sc leurs ter-res. Quelque tems après, lorsqu’íls s’imaginent que ledémon s’est retiré , ils viennent reprendre possession dece qu’ils avoient abandonné > ce qui néanmois n’arrivequ’à ceux qui font moins superstitieux, ou plus inté-resses que les autres.

Les maisons font petites, basses, couvertes de paille,bâties avec des perches, fur lesquelles ils étendent de1 ar g'le, & l es murailles en font fort unies : il ne leuiest pas permis de bâtir plus haut qu’un étage, ni de cou-vrir de tuile, ni de blanchir les murailles avec de laC u ri’ maÌS ont une forte d’argile qui est aussi blan-che. Ils ne se servent ni d’architectes ni de charpentiers,si ce n’est quelques gens du premier rang. Chacun bâ-tit fa maison fans y employer un seul clou. Tout ce quidevroit être cloué est lié avec des rattans ou autres liensqui croissent en abondance dans leurs forêts , où ils pren-nent le bois pour bâtir qui ne leur coûte que la peinede le couper. Comme le pays est chaud, la plupart nele soucient pas de plâtrer leurs murailles, Sc sc conten-tent de branches Sc de souilles d’arbres. Les plus pau-vres -n’ont qu’u ne chambre, Se il n’y a que les gens ri-clies qui en ayent plus de deux. Le roi ne permet pasqu ist bâtissent de meilleures maisons. II n’y a point decheminees > on fait le feu dans un coin. Les seigneurs•ont d ordinaire deux bâtimens opposés l’un à l’autre,

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& joints par une muraille , ce qui fait une coiîr quarréeau milieu. Autour de leurs maisons il y a contre la mu-raille des bancs d’argile pour s’asseoir, Sc ils les frottentde fiente de vache par-dessus pour les rendre unis 8cles garder contre la pluie. Leurs valets Sc leurs escla-ves demeurent autour d’eux avec leurs femmes Sc leursenfans dans des maisons particulières. Quelques potsde terres qui pendent à des cannes au milieu de la mai-son , parce qu’ils n’ont point de planches, un ou deuxbassins de cuivre dans lesquels ils mangent, une chaiseou deux fans dos, le roi seul pouvant s’asseoir fur unechaise à dos ; quelques paniers pour mettre du grain,des nattes qu’ils étendent fous la tête pour se couchereux Sc leurs amis ; quelques pilons d’ébene de quatrepieds pour battre le riz, un mortier de bois pour le pi-ler jusqu’à ce qu’il blanchisse, une râpe pour râper lesnoix de coco, une pierre plate pour écraser le poivre;des haches , des hallebardes, des pelles, des bêches :voila en quoi consiste tout l’ameublement 8c tous lesustenciles de ce peuple : Ils ne se servent point, de ta-bles Sc mangent à terre. Leur nourriture est simple Sefrugale, pourvu qu’ils aient du riz Sc du sel ils font con-tens. La viande Sc le poisson sont rares, Sc lorsqu’ils er»

. ont, ils aiment mieux le vendre que de le manger,* Knox, 2 part. p. 120.

Le riz, qui fait leur principale nourriture, est de plu-sieurs sortes, toutes différentes des nôtres. Mauvï estcelui qui mûrit en sept mois, Hauteal celui qui est bonà manger au bout de six, Honoroival celui qui vient encinq, Henit celui qui vient en quatre, Sc Aulfancol ce-lui qui mûrit en trois. Le prix de ces différentes espe-ces est le même. Le plutôt mûr a meilleur goût, maisil ne rapporte pas tant. Comme l’eau est absolumentnécessaire pour faire croître Sc mûrir ces sortes de rizqui en doivent toujours être couverts , fans quoi la mois-son est perdue, ils se règlent pour le choix sur la quan-tité d’eau qu’ils ont; 8c pour en amasser assez, ils pra-tiquent des réservoirs Sc des canaux avec un travail 8cune industrie admirables. La provision d’eau dure quel-quefois plus, quelquefois moins, deux, trois, quatre oucinq mois, Sí’c’est là-dessus qu’o n se régie pour l’es-pece de riz qu’on semera; car le tems que le riz doitêtre à mûrir, répond au tems que le terroir pourra êtrefous l’eau, autrement le riz feroit gâté si la terre setrouvoit sèche avant qu’il fût tout-à-fait mûr. Sur cefondement, lorsqu’ils prévoient que leur eau durera long-tems ils sèment le meilleur riz , au contraire s’ils n’ontque peu d’eau ils sèment le moindre; leurs terres sontd’ordinaire en commun; aussitôt qu’ils les ont ensemen-cées', ils les ferment de liayes, 8c quand la premierssorte de grain est mûre, celui à qui elle'appartient faitmoisson, 8c ensuite il lui est permis de rompre la haye8c d’engraisser son bétail dans ce champ-là; ce qui eau-feroit un grand dommage à celui dont les grains de-manderoient d’être un mois ou deux'plus long-temsen terre. Ainsi lorsque par nécessité ou par quelqu’au-tre raison quelques-uns fement plus tard que les autres,ils sèment une moindre sorte de riz qui puisse être mûr Scmoissonné dans le même tems. Dans les lieux où il n’ya ni rivières ni fontaines, on a recours à l’eau de pluie,telles sont le§ parties septentrionales du royaume, quin’ont que deux ou trois fontaines. On y amasse la pluiedans des réservoirs coupés en terre, d’où on la distribue.Ils ont la figure d’un croissant; chaque village en a un.Sc lorsqu’ils font bien pleins d’eau, on regarde la ré-colte comme aúffi sûre Sc aussi bonne que si le grain étoicdéja dans la grange. Ces étangs sont en très-grand nom-bre > Sc leur grandeur est différente ; ils ont deux outrois brasses de profondeur; ils sont faits en croissant,Sc ont un quart de lieue Sc même une demie de lon-gueur. Outre ces especes de riz qui ne croissent que dansl’eau, il y en a qui ne laisse pas de mûrir quoiqu’il soità sec. Je parle à l’article général de l’iíle , des fruits Scdes animaux qui lui font particuliers. Je finirai celui-cxpar une remarque de l’auteur que j’aí copié jusqu a pré-sent. On montre dans l’iíle plusieurs endroits,, ou sepeuple du pays prétend qu’il y avoit autrefois des villes,On assure même que les noms que portent pie.ente-ment ces lieux, font les anciens noms des villes qui yétoient. Mais il y reste à peine quelques vestiges debâtimens. * Knox, 1 part. p. 18.

Tom. IL V ij