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Tome second. C - F.
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CANTOR. Voyez, Cantory.

CANTORBERY, Canterbury. Les auteurs desanciennes chroniques Saxones écrivoient ( a ) Cant-varena Burg, Cantvara-Burg , Cantvara By-RIG > Cantvare Beri. Les modernes disent en latinCantuaria; ce nom est inconnu aux anciens qui ap-pelloient cette ville Durovernum. Ptolomée /. r,c - 3 > écrit Aepxegvot, peut-être faut-il lire As-xAx'-». L’a-nonyme de Ravenne, /. 5 , c. 31, dit Durovernum , &Galle ( b ) dérive cet ancien nom de Dour , qui signifieEau, 8c de Guern, qui veut dire un lieu planté d’aunes,que nos ancêtres exprimoient par le mot d’Aunaie.Cette ville est en Angleterre au comté de Kent, dontelle est l a capitale, 8c est située fur la Stoure à 54mil-les de Londres. Elle étoit autrefois une des plus bellesLc des plus florissantes-de l’Angleterre; mais elle a beau-coup déchu. On en attribue la décadence à ce que le schis-me ayant établi le mépris des vœux monastiques, l’ab-baye de S. Pierre, que l’on nommoit aussi de S. Au-gustin, dit l’apôtre de l’Angleterre, fut détruite, Sciaville perdit les avantages que lui procuroit le concoursde peuple que la dévotion attiroit à Cantorbery. Lachâsse de S. Thomas, qui en étoit archevêque, 8c quiaprès avoir été assassiné, fut honoré comme martyr desdroits du sacerdoce, contribuoit beaucoup à rendre cetteville célébré. Et enfin la perte de Calais fut fatale àCantorbery. Le seul ornement qui lui reste est sa bellecathédrale, où l’on volt le tombeau de ce S. Prélat ( c ).-Avant les missions du pape S. Grégoire le Grand , S.Létard, directeur de la reine Berthe, femme d’Eth’el-bert, roi de Kent, avoit disposé les cœurs d’une par-tie des habitans à la foi. S. Ethelbert, roi de Kent,fut enterré à Cantorbery auprès de S. Létard. S. Au-gustin, missionnaire apostolique, fut établi premier évê-que de cette église dans le VI e siécle, par le pape Gré-goire le Grand', qui y attacha peu de tems après la pri-matie de toute l'église Anglicane , qu’il avoit eu inten-tion d’abord de donner à la ville de Londres. Cetteprimatie qui s’étendoit au moins fur les sept royaumesde l’Angleterre, 8c que les archevêques de Cantorberyont porté quelquefois íùr l'Ecosse, l'Irlande , sc géné-ralement fur toutes les istes Britanniques , fut recon-nue de nouveau l’an 1072 , fous Lanfranc. II semblenéanmoins que cela ne regardoit ni l’Ecosse ni l’Irlan-de, mais seulement ce qui obéissoit au roi d’Angleter-re- Entre ses successeurs les quatre premiers, Laurent,Mellit, Juste , Honoréus , font au nombre des Saints.On trouve dans la fuite S. Théodore , S. Odon, S.Dunstan , S. Elphege , le bienheureux Lanfranc, S.Anselme , S. Thomas & 8 . Eme , qui ont illustré cenége par leur vie chrétienne 8c vertueuse. L’archevê-que avoit un palais dans cette ville, mais il est détruit& il n’en reste plus qtìe des ruines. Les archevêques ontprésentement leur résidence à Lambeth sur la Tamise,vis-à-vis de Westminster. On compte dans Cantorberyquatorze paroisses. II y a une école royale, Sc difershôpitaux. Beaucoup de Wallons habitent dans cetteville, où ils font plusieurs sortes d’étoffes : il y a deuxtnarchés par semaine. ( a ) Gibson, nom. locor. expl. adGalcem, chron. Saxon. p. 18. ( b ) In Antonin, pag. 77.( c ) Bailler, Topogr. des Saints, p. 99 > 8c seq.

CANTORY. Corneille après avoir placé un royau-5X1 e de Cantor en Afrique , Sc en avoir fait un long ar-ticle tiré de la Croix, en parle de nouveau avec l’ad-dition d’un Y, comme d’un royaume différent : il ditdonc que le royaume de Cantory est dans la Nigri-entre les royaumes de Mandinga, de Melli 8c'delombut, & a pour capitale une ville du même nom.II ajoute qu’on-le trouve fur le Niger, dans l'endroitou ce fleuve se sépare en deux bras, cent mille pas au-dessous de Tombut ; 8c cite Jean Léon. Ce n’est pasqu il ait trouvé cela dans cet auteur , qui ne parle enaucu ue façon ni de Cantor ni de Cantory ; mais c’estt I Ue . uudrand, que Corneille ne vouloir pas citer, luiavoit donne un mauvais exemple. Baudrand ayant trou-C atl tory dans les cartes de Sànson, qu’il ne sommepas vo entiers, avoit mieux aimé citer au hasard quel-q auteur qui eut parlé de l’Afrique ; supposant ap-paremment: qu’un tel royaume n’y seroit pas oublié, &ma eu r eu emqnt il a pris pour garant un livre où cenom n est pas. Le voyage du sieur le Maire qui dit peu.

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mais avec exactitude, marque la situation de ce royau-me, qui y est nommé Cantorsi. On y voit, p. 72, quela riviere de Sénégal est un bras du Niger, sortant dece fleuve environ 600 lieues au-dessus de son embou-chure , qu’il íè répand dans le royaume de Cantorsi,8c de-là se divise en plusieurs branches, dont les prin-cipales sont Gambie Sc Rio grande; de l’Iíle qui metle petit royaume de Cantorsi fur la riviere de Gambie8c fort loin de son embouchure, le considéré comme nefaisant-qu’une petite partie du royaume de Mandinga,ou Mani-Inga. Voyez. Biguba.

CANTYR, province d’Ecosse, qui n’est attachéeau continent que par un isthme long de mille pas, quila joint à celle d’Argill, dont elle faisoit partie. II n’ya ni ville ni bourg, mais des villages, dont les habi-tans sont pour la plupart des pasteurs, qui n’ont pouroccupation que le soin de faire paître leurs bestiaux.Cette province fut la demeure des Epidiens ; 8c aprèsle passage des Ecossois on la nomma Cantyr, d’un motIrlandois, qui signifie tête de terre, ou terre avancée :les Latins la nomment Cantyria. Les principaux de cesvillages sont Terbart, Kilkeran, 8c Danaworty.

On appelle détroit de Cantyr, un détroit de la merd’Irlande, qui est formé par la pointe la plus méridio-nale de la presqu’ííle de Cantyr, 8c par la côte du comtéd’Antrim en Irlande. Ce détroit est large d’environtrois lieues. Le cap ou la mule de Cantyr, en latin,Roftrum Cantyr &, est celui que les anciens nommoientEpidium Prornontorium. C’est la pointe de la presqu’iílede Cantyr. * Maty, Dict. édit. de Holl. 1701. Audif-fret, géogr. t. 2. <~

CANUBíN , Canobin , ou Canobine , monastèredu Mout-Liban. Ce mot est venu de K h.-IZw , en latinCœ'nobium, qui veut dire Couvent, un lieu où l’on viten communauté ; Sc ce nom le distingue d’un grandnombre de grottes voisines qui ont été autrefois peu-plées d Anachorètes, qui y menoient une vie érémití-que, c’est-à-dire, séparés les uns des autres. Le monas-tère est fameux par son ancienneté, 8c pour être le siège8c la demeuré ordinaire du patriarche des Maronites.Ces Chrétiens sont les seuls orientaux constamment sou-mis 8c attachés à l’égliso Romaine, 8c ils considèrent cettemaîsoff comme le centre de la religion à leur égard.Canubin est un assez grand bâtiment, mais fort írrégu-lier, qui s e trouve quasi tout construit dans le rocher :l’églíso dédiée à la Vierge , sous le titre de sainte Ma-rie de Canubin y est toute prise. Elle n’a qu’environvingt'cinq p aS . de longueUr, fur dix ou douze de lar-geur : elle est fort propre Sc bien desservie ; mais unpeu obstíure par la difficulté qu’on a eue à percer desfenêtres dans le roc. Du côté droit de l'autel principal,on a placé dans l’épaisseur de la muraille, ou plutôtdu rocher, trois cloches assez grandes, dont on se serten toute liberté , Sc c’est peut-être le seul endroit detout le levant où l’on voit des cloches. Le reste du bâ-timent consiste en l’appartement du patriarche qui n’arien de distingué , en plusieurs chambres de religieux,8c en quantité d’offices, le tout assez pauvre 8c mal ar-rangé. Quoique cette maison se trouve située sur le pen-chant d’une assez haute montagne, ses dehors sont fortunis, Sc se s environs fort riants. La terre en est très-bien cultivée. On y voit des vergers, des jardins 8cdes vignobles en quantité, la plupart disposés en ter-rasses. Ce n’est là qu’une médiocre partie du domainedu patriarche Sc du monastère. Ce prélat possède en-deçà 8c au-delà du fleuve (Kadischa entre les sourcesduquel Canubin est situé ) fur le haut des montagnes,Sc dans d’autres vallees , des terres considérables, quiservent à son entretien, à celui de ses religieux, Sc àla nourriture des pauvres qui y sont toujours en fortgrand nombre, 8c des étrangers de toutes les nations.* E a Roque, Voyage de Syrie Sc du mont Liban, t-P a g- 50, Sc soq. édit. Paris , Sc pag. 42, édit. d’Ams-terd. 1723.

Les. moines de Canubin, dont le nombre ost d envi-ron quarante, se disent de l’institut de saint Antoinecomme tous les autres de ce pays : institut qui eura été laissé par saint Hílarion ; mais ils uivent larégie de saint Basile. Ils font profession une grandeaustérité, Sc d’exercer l’hospitalíté envers tout le mon-de. L’habit de ces moines consiste en une méchante