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Tome second. C - F.
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est le chef-líeu, le long de la rívíere d’Aude. II a euíes comtes particuliers , comme on voit dans l’articlesuivant.

CARCASSONNE, ville de France au bas Langue-doc. Elle est fort ancienne. Pline , /. 3 5 c. < 5 , & Ptolo-mée, /. 2, c. 10, en font mention. Le premier la nom-me Carcasum , & le second Carcaso. Cette ville , selons histoire fabuleuse, a été bâtie 5 50 ans avant Rome, parCarcas, l’un des sept eunuques du roi Afíiierus , dontil est parlé dans le premier chapitre del’histoire d'Esther.L’opinion de ceux qui tirent son nom d’une dame ap-pelles Carcas, qui en fit lever le siège à Charlemagne,est beaucoup moins recevable, puisque plusieurs siéclesauparavant, elle étoit connue fous le nom de Carcas-SUM dans Pline, & de Carcassio dans Procope. II yauroit plus de vraisemblance à dire que, comme cetteville est célébré par les draps & par la laine qu'on y fac-ture » elle tire son nom delà ; étant certain que dans lalangue sainte, Carcas signifie la couverture d?un agneauou d’un mouton. Cette ville étoit république sous lesVolsques Tectofages : elle tomba fous la dominationdes Romains, lorsqu’ils se furent rendus maîtres de laGaule Narbonnoiíe. Elle fut ensuite au pouvoir desGoths, qui, selon le sentiment de quelques-uns, bâti-rent le château qu'on y voit encore > quoique les fleurs-de-lys de France soient sur la porte : ils y renfermèrenttous leurs trésors, avec les riches dépouilles qu’ils avoientemportées de Rome, après qu’Alaric Peut prise, on aprétendu qu’elie avoit été appellée Gaza Gothorum.

* Graverai , abrégé hist. des vingt-deux villes chefs duLanguedoc. Corn. Dict.

Les Wisigoths > après la perte de Toulouse & de toutle pays voisin, fe maintinrerít en poste filon de Carca sienne,malgré les efforts des rois François. Cette place ne futprise sur les Goths que par les Sarrasins , qui fe rendi-rent maîtresse toute la Gothie. Charles Martel prit 8cdémantela quelques années après, toutes les villes decette province, excepté Narbonne, qui lui résista, 8cdont le roi Pépin fe rendit le maître , 8c assura la posses-sion de ce pays aux rois de France, qui y établirent descomtes pour gouverner les villes. Ces officiers furentsubordonnés aux ducs ou aux marquis de Gothie 8c deSeptímanie, durant environ cent cinquante ans, jusqu’aurégne de Charles le Simple, & de Louis d’Outremer.Pour lors , les comtes ou vicomtes de la province deGothie se rendirent absolus 8c héréditaires, à cause dela faiblesse de ces rois. Le premier comte, propriétairede Carcassonne que nous trouvons, est Arnaud, quivi-voit vers l’an 970. Il laissa ce comté à son fils Roger,dont les héritiers mâles jouirent environ cent vingtans. * Longuerue , Descript. de la France, partie 1,pag. 238.

Les auteurs du pays ont voulu durant long-tems ,qu Almodis eût hérité du dernier comte de Carcassonne,qu’ils croyaient avoir été son frère, se persuadant quecette même Almodis avoit épousé le comte de Barce-lone ; mais les titres recouvrés parl’illustre Pierre deMarca, & imprimés dans l’ouvrage intitulé Marc aHispanica, démontrent qu’Almodis n’étoít point dela maison des comtes de Carcassonne 3 mais qu’elle étoitfille d’Amélie, comtesse de la Marche , & qu’elle étoitsœur de Rangarde, femme du vicomte de Béziers. Onne fait point à quel titre les vicomtes de Béziers, suc-cédèrent au comté de Carcassonne, n’y ayant rien deplus obscur que cette partie de l’histoire, inconnue à tantde .avans hommes. Nous trouvons feulement que PierreRaymond & Rangarde eurent un fils nommé Roger,qui mourut sansenfans, & eut pour héritières ses deuxsœurs ; l’aînée Hermangarde, qui épousa Raymond Trin-cavel, qui fut par sa femme vicomte de Béziers & deCarcassonne; 8c la seconde nommée Adélaïde, ou Ade-larde ou Adalax, qui épousa Guillaume, comte de Cer-dagne; 8c ce fut de ces trois comtesses (de Rangarde 8cde ses deux filles , Hermangarde & Adelaïs), que Ray-mond, comte de Barcelonne & Almodis fa femme , ac-quirent les droits qu’elles avoient au,comté & vicomtéde Carcassonne & de Béziers, 8c de leurs dépendances.* L° n guerue, Descript. de la France, part. 1, p- 238.

Le comte de Barcelonne donna ensuite íes comtés Scseigneuries en fief au vicomte de Béziers, en fe réser-vant la foi 8c hommage de toutes les villes 8c des íei—

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gneurîes dont le vicomte étoit en possession. II fe réserva -aussi la propriété de la cité de Carcassonne; 8c c’est lavéritable origine des droits des rois d’Arragon, comtesde Barcelone, fur une grande partie du Languedoc ;parce que les comtes ou vicomtes de Carcassonne Sc deBéziers, feudataires de ces rois, avoient aussi quelquepart à la seigneurie ou au domaine de Narbonne, d'Ag-de, de Nîmes 8c de leur territoire : ce qui donnoit aussià ces rois un droit fur plusieurs villes de Languedoc,auquel Jacques roi d’Arragon renonça par la transactionde l’an 1258. Longuerue , * Descript. de la France, par-tie, 1, pag. 239. >

Raymond Roger, qui descendoit du premier Trin-cavel, ayant embrassé le parti du comte de Toulouse 8cdes Albigeois, fut tué par l’armée des Croisés, qui pri-rent Carcassonne. Cette ville fut donnée par le pape In-nocent III, à Simon de Monfort, qui obtint la cession• des droits de Raymond Trincavel , fils de Roger. Onyoit dans l'histoire de Pierre, Moine des Vaux de Cer-nay * ssue le droit des rois d’Arragon, comtes de Barce-lone , étant alors reconnu fur Carcassonne 8c ses dépen-dances, Simon de Montfort demanda à Pierre, roi d’Ar-ragon, l’investitúre de ces comtés & vicomtés, qui luifut refusée par ce roi, qui étoit alors à Montpellier; caril tenoi't Simon de Montfort pour usurpateur. Ainsi onvoit par-la que le pape Innocent III. avoit été mal in-formé, lorsqu’il avoit ordonné à Simon de Montfort,par un bref daté de la quinzième année de son pontifi-cat, de àire hommage & de rendre les devoirs dûs auroi d’Arragon pour le comté de Carcassonne. Ce bref aété imprimé par Catel, à la pag. 6 35 de ses mémoires :mais il n’estpas vrai que Pierre roi d’Arragon, commel’a écrit Catel, ait reçu dans la ville de st ouloufe l’hom-mage de Simon de Montfott, dont il étoit ennemi,étant partisan de Raymond de Toulouse. * Longuerue ,Descript. de l a France, part. 1, p. 239.

Après la mort de Simon de Montfort, Amauri sonfils perdit les conquêtes de son pere, & fut chassé pardespeuples de ces pays, qui reprirent ouvertement le partides Albigeois; mais ils furent subjugés par Louis VIII,roi de France l’an 1226; ensorte que Raymond Trinca-vel, pour pacifier entierement les affaires , déclara parU n ast e au tentique l’an 1247, qu’il déchargeoit les ha-bitasl s às villes & des terres > qui avoient appartenu àses peres , de toutes sujétions, & des sermens de fidélitéqu’ils pouvoíent avoir prêtés á lui ou à ses ay eux, re-

connoissimt qsssi n’avoitplus ni droit, ni prétention fur

tout ce qu’il avoit cédé à saint Louis. Ainsi tout ce quiavoit appartenu aux Trincavels , fut réuni à la cou-ronne.

Cette ville est divine en haute 8c basse. La haute estséparée de l a basse parla rivière d’Aude. Dans la cité onv0 it le château qui est fort, & commande la ville. Lacathédrale n’est pas des plus magnifiques, Sc le palais épis-copal est une vieille maison. La basse ville est neuve Scbien percée ; J e s rues y sont droites, & les maisons bienbâties- Elle est fort marchande , & bien peuplée pour fàgrandeur. C’est la ville de tout le Languedoc la plus ré-gulièrement construite : fa forme est presque quarrée.La place est un grand quarré long. Au milieu on remar-que une fontaine faite de cailloutage, fur le haut de la-quelle est Neptune. Quatre chevaux marins sortent àdemí-corps de cette espece de petit rocher. Le palaisqui sort de siège au présidial, est assez joli. La maisonde ville est ornée d’une architecture entendue. Les égli-ses, sos souvens & jusqu’aux chapelles de cette ville,sont autant de jolis bâtimens. Les allées d’arbres quimenent jusqu’au quai, sont d’agréables promenades.* Piganiol de la Force , Desc. de la France, t. 4 ,p. 80.

L’evêche de Carcassonne est un des plus anciens duLanguedoc : il fut érigé vers l’an 300. Saint Gimer,S. Hilaire & S. Yalere ont été ses premiers évêques;8c Sergius se trouva l’an 589, au concile de Toiede. Les- évêques de Carcassonne ont été élus jusqu’au concordatfait entre le papeLéon X & le roi François I > après le-quel Jean de Basiliac, ayant été nommé par élection ,comme auparavant, Martin de S, André nommé par leroi, fut maintenu dans i’évêché , en exécution du concor-dat, par arrêt du conseil rendu en braverai,

abrégé hist. . -

La cathédrale est dédiée à saint Nazaire, ce Ion cha-