CAR
Sejestan. La Carmaníe de nos jours, ou Ce qui est lamême chose le Kerman des Persans, ne s’étend pointjusques-là. Voyez, ce mot.
CARMANIE VRAIE (la), étoít au midi de la
deserte. Le fleuve Bagrada , qui, vraisemblablement estle Bendemir d’aujourd’hui, la séparoit de la Perfide.Pline, 1 . 6 , c. 23 , dit que Néarque lui donnoit 125000pas de côtes. Arrien, in Indicis, p. 580 ; dit que la na-vigation le long des côtes de la Carmanie, est de quatremilles sept cens stades, qui ne font que quatre cens soi-xante Sc trois milles. Le pays nommé Armu/ìa ou Har-vnusia, faisoit partie de la Carmaníe. La capitale detoute la Carmaníe étoit nommée Carmana.: félon Pto-lomée, l. 6 , c. 8 , elle n’étoit pas fort près de la mer,m fort loin de la Carmanie déserte. Le long de la côte,Ptolomée ne met ni ville, ni cap depuis les frontièresde la Perle propre, c’est-à-dire depuis le Bendemir,jusqu’à l’entrée du golfe Persique; mais au commence-ment du détroit, on trouvoît le promontoire Armoson ,qui est présentement le cap de Jaque, Sc tout auprès dece cap Armufa, aujourd’hui Jaque, petit lieu qui donneson nom au cap. II faut ajouter le port des Macédoniensdont parle Pline, l. 6 , chap. 25. Passé le détroit est lecap que Ptolomée nomme, l. 6, c. 8. De-là jusqu’aufleuve Saros, le même géographe met Canthapis Sc A gris,villes, Combana, Gogana ou Rhogana, qu’íl ne qualifiepoint, Sc que Cellarius croît avoir été des villes, auífibien que les deux premíeres ; mais fi elles en eussent été,pourquoi Ptolomée auroit-il ajouté à celles-ci le motSc point aux deux suivantes ? Côtoient íàns doutedes villages. Entre le fleuve Saros 8c le Samydaces,étoientles lieux Magida ou Mafinda ; Samycade ou Samydace.Après cela, on trouvoit de fuite en allant vers le fleuveIndus Tei/a ou Te/d ville, l’embouchure de la riviereHydriacus ou Caudriaces ; le cap de Bagia, le port deCyiz.a Sc le promontoire d’ Alabatera; c’est-là que finis-foit le golfe de Paragon; après lequel étoient enfin De -ranobila, l’embouchure de la riviere de Zorambos ouSaromba, Sc les deux lieux Badara & Musarna. Leslongitudes Sc latitudes que Ptolomée marque en cetendroit, ne fervent gueres à déterminer les bornes dela côte de la Carmaníe ; car la longitude qu’il fait deX04 degrés est excessive du moins de 20, c’est-à-dire,d’envíron 400 lieues Sc furies 20 degrés qu’il donne delatitude , il y en,a du moins cinq à retrancher qui fontenviron cent lieues.
Les villes dans l'íntéríeur du pays , outre Carmana,qui étoit la capitale, étoient Portospana , Thaspis ouThespis , Nipifia , T aniana , Sains- une riviere de mêmenom, Alexandrie. (Voyez. Alexandrie 5). Oroascaou Tkroasca , Or a , Chodda , Cophanta ou Cophania. Sil’on s’en rapporte à Ptolomée, il n’y a que Carma quisoit une ville. En commençant la liste, il promet denommer des villes 8 c des sillages ; Sc si l’on excepte lamétropole , il n’en qualifie aucune. Pline, c. 23 , ne metdans la Carmanie que deux villes , savoir Zethis Sc Ale-xandrie. La premiere est inconnue aux autres auteurs.
Les istes adjacentes à la Carmanie, font suivant Pto-lomée, dans le golfe Persique , Sagdiana où étoit unehabitation nommée Milius > ensuite Verochta. que l’oncroît être celle d’Ormus. La premiere est peut-êtreQueîxoma. Dans la mer des Indes Palla , ensuite Car-minna , ou Carmana , Sc enfin Liba qui étoit à l’extré-xnite du pays, tout près de la Gédrofie.
Les géographes Arabes, tels que Nassir-Eddín,p. 11 5 ’Sc TJlug Beig, p. 147 dans leurs tables, nomment- cepays Carman. Voici les villes qu’ils y mettent avec leslongitudes 8c latitudes.
Ì SirjanHormuzBardashírJiroftBam
Tarmashir
Chabis
Longît.
Latík-
90-20.
29-30
92-0
25-0
92-30
29-50
93 -o
27-30
94 -o
28-30
94-20
29-0
1 93
31-0
P aroîtront contraires à ce que j’aí ditd y a àns celles de Ptolomée. Mais il* est P 3S etonnaslt Me des Tartares qui n’ayoient aucune
CAR
observation pour réformer les longitudes, se soient con-tentés à peu près de celles de Ptolomée, il n’enestpas demême 'des latitudes. Ils étoient habiles astronomes , ob-servoient eux-mêmes fur les lieux. C’est ce qui rendleurs latitudes d’un très-grand prix. Pour leurs longitu-des , elles íont comme celles des anciens , 8 c même depresque tous nos modernes, de simples conjectures. 11n’y en a de certaines qu’un très-petit nombre qui résul-tent de la comparaison que l’on a faite en ces dernierstems de diverses observations astronomiques, scrupuleuxsement calculées par de íavans mathématiciens dans lesdifférentes parties du monde.
Gírava croît que la Carmaníe déserte est présentementappellée Dulcinde; mais je ne trouve pas qu’il aitappellée Turquestan la grande Carmanie ou Carmaníevraie, La provincia Torquaflense , dit cet auteur, dicháotramente de los Paropanifidás : ainsi selon lui, quoîqu’en dise Ortélius, le Turquestan répond au pays deSParopanisad es d e Ptolomée. Paul Jove, dit que la Car-pianie déserte est le pays de Narsinga; il ne pouvoit don-ner ime plus forte preuve de son ignorance en fait de géo-graphie, que de transporter la Carmanie, qui est à l’entréedu golfe Persique, dans celui de Bengale fur la côté deCoromandel. Niger, qui, d’ailleurs est un très - chétifgéographe, a bien rencontré, quand il dit que le nommoderne, comment. 6, p. 549 , estCHARMAN; mais ilsentent auffi de la Carmanie déserte, Comment. 5 , p. 541»8 c en cela il fe trompe. Arias Montanus , in Appar.Bibl■ â que les Hébreux nomment ce pays Rhagma^C’est une erreur. Rhagma, ou plutôt Rhegma étoit bienau golfe Persique, mais dans l’Arabie. * Cosmogr. 1 . 2,p. i/r > édit de Milan 1556,
CARMANlS , ancienne ville marchande de là Perleselon Eustathe, cité par Ortélius : ce dernier ne la croiepas difièrente de la Carmana de Ptolomee. Il n’est pasimpossible qu e C e soit la Carmande de Xenophon. Voyez.CaRM aNd a.
CARMARA, ville de l’Inde, en-deçà du Gange,selon kwlomée , /. 7, c. 1.
CARMARTHe!* & 1 toyet Cáermarthen '-
CAR.MATHES (les) étoient des hérétiques Maho-métan^ Ils prirent leur nom d’un certain Carmath „Qrigínaíre du village Kamadart-Carmath, des environsfie Reufa. Il avoit d’abord servi des marchands, qui»mécontents dç lui, le battirent Sc le chassèrent. II fut as-sisté pnr un particulier qui lui fournit la subsistance. Gethomme profita de la tranquille situation dans laquelle lejngttoit la charité de ce particulier, pour former une nou-velle secte. II commença par mener une vie fortaustere*$c lorsqu’il crut avoir gagné la confiance de ceux aveclesquels il vîvoit ; il commença à publier fa doctrine. Iíadoucit plusieurs pratiques des Mahométans , 8c enché-rit fur quelq U es autres. II prescrivit les fréquentes ablu-tions , permit le vin, n’ordonna que deux jours de jeunespendant l’année, voulut qu’on regardât comme l’âpôtrede Dieu 8c comme Gabriel Sc Jeíus-Christ, Mahomet»fils fie Kanifa, que le pèlerinage íè fit à Jérusalem, quel’on íè tournât vers cette ville en faisant sa priere ; Stjl institua Ig lundi pour être le jour de priere. II exigeale cinquième des biens, au lieu de la díxme. Cet héré-tique s attira bien-tôt la haine des habitans du lieu oùil demeuroit : on l’enferma dans une priíon ; mais íltrouva le moyen d’en sortir, Sc ses sectataires publièrentst u ,íî e £oit ressuscité. II choisît douze de ses disciplesqu’il envoya prêcher fa doctrine, 8 c bien-tôt ces secta-taires prirent les armes. Dans la fuite, ils se partagèrenten plusieurs branches, dont les plus considérables furentles Batheniens 1 , ou Assassins. Voyez, ce mot. Les Cara-mathes commencerent à íè répandre dans les bourgadesfie lu Chaldée vers l’an 902, passerent en Arabie , í®tendirent maîtres de Kadgiar, dont ils firent leur capi-tale , passerent en Syrie, y firent de grands ravages- Rsfurent tant de fois attaqués Sc battus par les Turcs, qu usfurent enfin exterminés, Sc il n’en réchapa qu'^me tan-che connue fous le nom d’Assassins. * PIi/l-g íneraLe degHuns, par de Guignes. 1 . 3 , p. I42. ,
CARMEL C). Ce nom se donne quelquefois dansla langue íàinte en général à toute forte ae lieux plantés
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