de vignes &cParbres fruitiers , 3 c remarquables parleurfertilité. On prétend qu’il se donne aussi a la pourpre( b ) parce que son pêchoit au pied Sc au nord du Carmel,les coquillages qui servoient à teindre en cette couleur.(») f). Calmet , Diction. ( b ) Bochard , de anim. sacr.p. l, 1. 2, c. 48 , Sc part. 2.1-5- c ' 9 -
ï. CARMEL ( a ), ancienne ville de la Palestine,dans fa partie la plus méridionale dans la tribu de Juda,fur une montagne de même nom. Josue , c. 5, v. 55 ScBeg. /. 4, c. 25, v. 5- C’est où demeuroit Nabal duCarmel, mari d’Abigai'l : saint Jérôme dit que de sontems les Romains avoieíit une garnison au Carmel, ce quidoit s’entendre de la ville de ce nom au midi de Juda.C’est fur cette même montagne que Saiil au retour deson expédition contre Amalec, érigea un arc de triom-phe ( a ). Calmet, Dict- ( b ) Reg. liv. 1, c. 5, f. 25,v. J. & Euseb. Onomast. in voce Procop. in r
Reg. c. 25, & The'odoret , in 1 Reg. quest. 59.
2. CARMEL, 1 Reg. c. 15, v. 11, montagne de laPalestine dans lu tribu de Juda, fur laquelle étoit situéela ville dont il est question dans sarticle précédent. Ellefaifoit partie de cette longue chaîne de montagnes, nom-mée monts de Selr, au midi de la Palestine & de la merMorte, Sc confinoit au pays des Amalécites. 11 ne fautpas la confondre avec une autre montagne de mêmenom qui en étoit très-éloignëe.
3. CARMEL, montagne de la Palestine, au midi dePtolemaide, & a u nord de Dora fur la Méditerrannee.Au pied de cette montagne du côté du nord, couloit letorrent de Cisson , 8 c un peu plus bas le fleuve Beleus.Jolephe attribue le Carmel à la Galilée. D. Calmet dansson Dict. dit qu'il appartenoit plutôt à la tribu de Ma-naífé, 8 c au midi de la tribu d’Afer. Guillaume Samsonle donne tout entier à la tribu d’Ifachar. Le P. Bonfre-rius dans fa carte , le partage entre les tribus d’Afer,de Zabulon, 8 c la demi-tribu de Manaífé. Quoiqu’ilen soit, le nom de Carmel signifie une Vigne deDieu. Le P. Nau dans son voyage, dit que l’on nommea présent Carmin le mont Carmel, c’est-à-dire, deuxvignes, je n’en fais pas la raison. Saint Jérôme, citepar D, Calmet, dit que le sommet de cette montagneétoit fertile en pâturages. Tacite, Hist. /. 2, c. 78, parledu Carmel d’une maniéré à faire connoître qu’il n’étoitpas bien instruit de ce que c’étoit. Voici ce qu’il en dit:il y a entre la Judée 8 c la Syrie le Carmel. c’est le nomque l’on donne à une montagne, 8 c à un Dieu. Ce Dieun a ni représentation, ni temple , ainsi le rapportent lesanciens. R a simplement un autel 8 c un culte. Vespasiensacrifiant en cet endroit, Sc roulant dans fa pensée desespérances qu’il tenoit fecrettes, Basilide le prêtre ayantregardes plusieurs reprises les entrailles : quoi que cesoit, lui dit-il, que vous ayez envie de faire, soit denatir une maison, soit d’accroître vos champs, soit d’aug-jnenterle nombre de vos esclaves, une grande place, devastes limites, quantité d’hommes vous font accordés.Cette predict; on ne pouvoit qu’être très-agréable à unhomme qui fongeoit à devenir empereur, 8 c qui necon-fultoít 1 oracle du Carmel que pour savoir s’il devoitíelivrer a cette flateufe espérance. II y avoit donc alorslin oracle au mont Carmel, selon Tacite. On y adoroitun Dieu de même nom que la montagne ; voilà l’erreurde Tacite , qui a cru que le mot entier de Carmel étoitle nom de ce Dieu, au lieu qu’il n’y a que la syllabe elqui signifie Dieu , Le mot entier signifie vigne de Dieu,c est-à-dire, vigne excellente , selon la façon de parlerdes Hébreux > qui ajoutent le nom de Dieu à ce qui ex-celle dans son genre. ^Quoique tous les favans dans l’his-toire ecclésiastique s accordent à dire que la vie Hére-mitique & Cenoblte, n a pointété en usage chez les chré-tiens des tems apostoliques. Le P. Nau dit cependant, enparlant de l a montagne du Carmel; les PP. Carmes dé-chausses qui font les fideles Sc zélés gardiens de ce sanc-tuaire ou leur s a j nt or st re a pris naissance, Sc où saintElie en jetta la semence ou les fondemens environ neufcens ans avant la na'fiance temporelle du Fils de Dieu ,&c. II va plus loin : Corneille Tacite, dit-il, fait assezconnoître qu’on n’y consultoit point d’autre oracle quecelui du vrai Dieu , lorsqu'st dit que les gens de bienausquels on s’adressoit là. priment Dieu avec respect,mais fans idole , fans simulacre. La perfection dans la-quelle ils vivoient, Sc ce don de prédire l’avenir, est
peut-être ce quî a fait écrire à Pline qu’ils étaient gensJola , & toto orbe prœter citeras mira. Pourquoi- le P.Nau n’achevoit-il pas de rapporter le passage de Pline?II y a des rapports encore plus grands entre nos moines8c les gens dont parle cet ancien. Mais il y auroit trouvéqu’il ne s’y agit pas des habitans du mont Carmel quîétoient voisins de ia mer Méditerranée, mais d’une forted’Esseniens contemplatifs qui étoient auprès de la merMorte, 8c qui ne s’en écartoient qu’aussi loin qu’il fal-lait, pour n’être pas infectés du mauvais air qu’elle ex-hale. Voici le passage de Pline, l. 5, c. 17. Ab occidentelitora Ejfeni fugiunt, usque qua nocent ‘.gens fila & intoto orbe prater esteras mira , fine ulla femina, omni vé-néré abdicata , fine pecunia, fiocia palmarum. In dientex œquo convenarum turba renascitur , large frequentan-tibus , quos vita fejfos ad mores eorum fortunœ fiuElusagitât. Ita per Jkculorum millia ( incredibile dilìu) gensaterna. efl , in qua nemo nascitur, Tarn fecunda illis alio -rum vita, pœnitentia efl. Irifra. hd's Engadda oppidumfait. Ces solitaires qui vivoient fous des palmiers, àqui fe joignoient dès recrues de gens lassés de leur vie,chez qui l’argent, ni les femmes n’étoient aucunementcn usage, n’avoit rien de commun avec le mont Carmel,dont Pline parle en son lieu. Jamblique dit que Pytha-gore alloit souvent sur cette montagne, 8c se tenoit seuldans le temple qui y étoit. Si les Carmes subsistent depuisElie fur le Carmel, leur Ordre avoit cinq ou six siéclesd’antiquité du tems de Pythagore. Quelle dévotion lepouvoit attirer chez eux? II étoit payen, 8c le temple oùil alloit, étoit consacré à un culte que Dieu n’approuvoitpas. Depuis Elie jusqu’à Jefus-Christ, nul sacrifice qu’àJérusalem; si des rois impies en ont établi ailleurs , cefut un attentat sacrilège : néanmoins on facrifioit & onprédisait l’avenir, par l’examen des entrailles des vic-times dans ce temple : le passage de Tacite y est formel;le voyageur cité, aime .mieux dire que c’étoit l’Ordrefondé par Elie qui rendait ces oracles avec de telles cir-constances. Pour moi je fuis persuadé que cette traditionoù la foi n’est nullement intéressée, n’est qu’un de cesbruits qu’un Ordre favorise par le relief que lui donne uneantiquité qui le flate 8c le rend respectable aux simples. Letemple que fréquentoit Pythagore , Sc les aruspices queconsulta Vespasien, étoient des ouvrages du paganisme.Ce fut plus de deux mille ans après Elie, 8c plus dedouze cens ans après Jefus-Christ, que saint Louistrouva fur cette montagne des religieux de cet Ordre,& en amena six en France. Depuis quand y en avoit-ilfur le Carmel ? c’est la question. Ce fut fans doute dansces tems de ferveur que les persécutions d’une part, 8cde l’autre, les charmes d’une vie solitaire consacrée àDieu, peuplèrent lés déserts fie saints anachorètes. LeCarmel eut aussi les siens, 8c voilà l’orígine des Carmes.Il est sûr qu’Elie fit plusieurs miracles fur le mont Car-mel , Sc ils se trouvent rapportés dans la description quele P. N T au fait des lieux qu’il y a visités.
Le chemin d’Acre à cette montagne, dit ce Pere,nouveau voyage de la Terre-Sainte, /. 5 , c. 21, p. 653 ,est agréable ; car après avoir passé la petite riviere deBelus qu’on nomme ce mesemble , aujourd’hui Kerdane ,qui va fe décharger dans la mer, à l’endroit où finissaitl’ancienne ville ; on marche toujours fur le rivage de lamer, dont le fable est ferme & uni iusqu’au torrent deCisson qui a son cours le long du Carmel, qui, à unelieue Sc demie de la pointe de cette montagne où est lemonastère de saint Elie, & à trois d’Acre, fe perd dans
la mer.A un grand quart de lieue devant le Carmel,
on voit Caïfa ou Haifa.... Nous quittâmes nos che-vaux au pied de la montagne, parce que le chemin enest raide, étroit, Sc en beaucoup d’endroîts fait à la maindans la pierre Sc le roc, fur le milieu est le monastère.II consiste tout en quelques grottes qui fervent pour lachapelle, le réfectoire, le moulin à bled qu’un âne tourne,la cuisine, la cave, Sc les chambres. II est vrai que pourla commodité des malades qui y soustraient beaucoup,on a fait bâtir fur le roc quelques cellules dans un petitcorps de logis. J’eus le bien de dire la sainte méfié danscette chapelle de bénédiction, où la sainte Vierge estmême honorée des Mahométans qui viennent de tems
en tems lui recommander leurs besoins.Après le
dîner , nous fîmesla visite de tous les lieux mémorablesde cette sainte montagne. On nous y mena par une allée