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Tome second. C - F.
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CAUCALANDENSIS, ouCAUCALANDRENSIS LOCUS, Heu inaccessibleà cause-des hautes forêts Sc des montagnes au milieu HuDanube. Ammien Marcellin, /• *3 » en âit mention.

i.CAUCANA, port de Sicile , selon Ptolomée, à-deux cens stades de Syracuse , selon í’histoíre mêlée. Fa-zel, comme l’observe Grtélius , n’est pas constant dansla maniéré de traduire ce nom ; car dans un endroit ildit que c’est Scaeambri Porto 8c ailleurs il dit quec'est Scaramis , 8 c que ci-devant les Sarrasins le nom-moient Rasacaramis.

.2. CAUCAN A. Voyez. Caucon.

CAUCASE, (Le) montagne d’Asie. C’est une lon-gue chaîne qui peut être considérée comme une conti-nuation du mont Taurus. Cette montagne très-étendues’étendoit, dit Strabon,/. 11 , p, 342 , le long de la merNoire, & de la mer Caspienne, en fermant comme fe-foit un mur,i’isthme qui les sépare. C’est la plus hautemontagne de l’Asie septentrionale ; elle commence au-dessus de la Colchide, 8 c s’avance jusqu’à la mer Cas-pienne. Hérodote dit , L \ , c. 204. Le Caucase borne lapartie septentrionale de la mer Caspienne. ValéríusFlaccus, /• 5 » v - * 54 » dit

JJlÛTftU s inde sinus ,favumque cubile PrometheîCernitur , ìn getidas conjurgens Caucafus arSos.

Lss anciens suppofoíent que Promethée étoit attachésur cette montagne, qui a toujours eu la réputation d’êtrepeuplée de peuples barbares. C’est à quoi Dídon fastallusion dans'i’énéïde, l. 4, v. 3 66.

Duris genuît te eautlbus horrensCane a fus , Hircanœque admorunt ubeta tigres .

C’étoient dans ces montagnes qu’étoient les PortesCaucasiennes. II faút distinguer entre la voie CaspienneSc la vo e Caucasienne. Procópe, Gûth ./. 4, c. 3 , nous enapprend la différence. Les partiès du Cahcase, dit-il »

â u» son c à l’orient se terminent à deux portes qui fervente passage aux Huns pour entrer fur les terres des Per-ses Sc des Romains. L’une est nommée Tzur; l’autrecortierve son ancien nom de Caspienne. Celle qu’o n ap-pelloit Tzur avoit été auparavant appellée Caucasienne.Voici ce qu’en dit Chardin dans ses voyages, t. 2, p. 9 °'On fçait que l’Asie est divisée par une chaîne de mon-tagnes d’un bout à l’autre, dont les trois plus hautes par-ties ont été nommées (par les anciens) T A u R u s »Imaus 8c Caucaces. La premiere est la plus avancéedans l’Asie , 8 c on appelle toute cette chaîne en généralJe mont Taurus, dont chaque partie a son nom particu-lier connu , p ar chaque nation qui en est proche. La der-niere partie est la plus proche de l’Europe , entre la merNoire 8 c la mer Caspienne, la Moscovie 8c la Turquie.Beaucoup d’auteurs confondent ces trois parties. Pline,entr’autres, 8 c Quinte-Curce qui mettent le Caucase dansles Indes. Strabon qui parle de cette montagne dans l’on-zième livre de íà géographie , dit que quoique ces au-teurs s’accordent tous en cela , on ne doit pas les encroire » parce qu’îlZ ne Pont fait que pour louer Aléxan-dre, à qui il etoit pl us glorieux d’avoir poussé ses con-quêtes aU-dela des montagnes des Indes , que d’avoirsimplement traversé les montagnes voisines du Pont Eu-xin. Je croirois que cette méprise seroit une faute degéographie que Qumte-Curce auroit faite de bonne foi »si dans le livre sixième il ne niettoit pas le mont Caucaseentre PHircaníe & le sseuve de Phase.

Pour revenir à la description du mont Caucase » c’estla montagne la plus haute 8c la plus difficile à passer quej’aye vue. Elle est pleine de rochers 8 c de précipices af-freux. On a beaucoup travaillé en plusieurs endroits à ycreuser des sentiers. Elle etoit toute couverte de neigequand je k passai, Sc il y en avoit presque par tout plusde dix pieds de haut. II falloít en plusieurs endroits quemes conducteurs fissent le chemin avec des pelles ; ilsavoient a leurs pieds une maniéré de sandales propres àaller fur lA neige , que je n’ai vue qu’en ce pays-là. Lasemelle a la forme 8c la longueur d’une raquette sansmanche , mais pas tant de largeur; le réseau est aussi pl uslâche 8e le bois est tout rond.' Cette chaussure les empêche«d’enfoncer dans la neige, car, elle n’y entre pas plus d’un

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travers de doigt. Avec cela ils courent fort vite & nelaissent que des traces incertaines de la route qu’ïls onttenue , parce que cette chaussure n’a ni devant ni der-rière. Le haut du Caucase est perpétuellement couvertde neige ; 8c pendant les huit lieues de chemin que l’cnfait a le traverser , 11 est inhabité. Lorsque nous fûmes auhaut au mont, les gens qui me conduisoient firent de lon-gues oraisons a leurs images, afin qu’il n’y eût point devent. En effet, s’ily en eût eu d’un peu fort, nous au-rions fans doute été ensevelis dans la neige , car , elleest mouvante 8c menue comme la pouffiere , le vent l’em-porte 8c en remplit l’air. Grâces à Dieu , il ne fit pres-que point de vent. Les chevaux enfonçoient si avant endes endroits que je croyois souvent qu’ils n’en sortiroientpas. J’ailai à pied 8c sûrement. Je ne sis pas huit lieues àcheval en traversant ce mont affreux qui est de trente-sixlieues; je croyois les deux derniers jours être dans lesnues ,8c je ne voyois pas à vingt pas de moi. II est vraique les arbres dont tout le haut du mont est couvert, em-pêchent la vue de s’étendre. Ces arbres font des sapins;je n’y en vis point d’autres , de quoi je fus bien fâché ;car, comme je m’imaginois d’être fur la plus haute mon-tagne du monde, ou du moins fur la plus haute de l’A-sie , j’aurois bien voulu vérifier ce que disent les natura-listes , que fur le sommet des montagnes les plus élevéesles feuilles des arbres font toujours au même état, à cau-se que les vents 8c les nuées qui les pourroient faire tom-ber font toujours au dessous. C’est ce que je n’ai remar-que nulle part. Je ne me fuis pas apperçu non plus quel’aír n’y soit pas vital : comme ils le prétendent : il estvrai qu’il est très-subtil Sc très-sec; mais , je crois qu’ony vivroit comme dans les airs plus mêlés; 8c que la causequ on n’y trouve point d’habïtans vient uniquement ducommerce 8c de la correspondance qu’il seroit difficiled’avoir delà avec le reste du monde. En descendant cetteaffreuse montagne , je voyois les nuages se mouvoir enbas fous mes pieds; j’eusse cru être en l’air si je n’eufïesenti que la terre me portoit. Le mont Caucase est jus-ques vers le haut fertile 8c abondant en miel, en bled,& en Gom , forte de grain que l’on a en Mingrelie. II l’estencore en vins, èn fruits, en cochons 8c en gros bétail.II y a par tout de très-bonnes eaux. On y trouve plu-sieurs villages. La vigne y croît autour des arbres 8c s’é-leve si haut, que souvent on ne peut en aller cueillir lefruit. On y faisoit vendange quand j’y passai ; je trouvoisle rasin, le vin nouveau Sclè vieux admirablement bons.Le vin y est à si bon marché , qu’à des endroits on entdonne le poids de trois cens livres pour un écu. Les vil-lageois n’en pouvant vendre autant qu’ils en peuventfaire, ils laissent le raisin pourrir fur le cep fans le cueillir.Ils habitent dans des cabanes de bois ; chaque familleen a quatre ou cinq. Ils font un grand feu au milieu de laplus grande 8c se tiennent tous à l’entour. Les femmesmoulent le grain à mesure qu’on a besoin de pain. Ilsfont cuire la pâte dans des pierres rondes d’un pied dediamètre ou environ, 8c creuses de la profondeur de deuxou trois doigts. Ils font bien chauffer la pierre , mettantle pain dedans 8c le couvrent de cendres chaudes 8c decharbons ardens par-dessus. II y a des lieux où on lefait cuire dans la cendre même. Avec tout cela, la croûtene laisse pas d’être assez blanche 8c le pain fort bon... Leshabitans de ces montagnes font la plupart Chrétiens durit Géorgien. Ils ont le teint fort beau; 8c il y a parmieux de très-beaux visages de femmes.

Jusqu’ici Chardin en décrivant ces montagnes ne ditpoint quels peuples les habitent ; j’y vais suppléer paru n extrait tiré de la relation de la Colchide 8c de la Men-grelïe par le pere Archange Lamberti, inséré au recueildeThevenot.

Le Caucase est, dit-il, p. 44» habité'par des peuplessauvages , de différentes langues qui ne s’entendentpoint. Les plus proches de la Mengrelie íont les Sua-nes , les Abcasses , les Alans , les Circasses , lesZiques 8c les Caracholi. Ils se disent Chrétiens, quoi-qu’il n’y ait ni foi ni pieté parmi eux. Les plus civilisésfont les Suanes, qui aiment à se faire instruire; ils occu-pent une grande partie des montagnes qui font versOdisci 8c celles d’Imirete. Ceux - ci servent le prffi ced’Imirete , 8c ceux-là le prince Dadian. Ils sont d’unetaille extraordinaire , bien proportionnés > mais affr euX

de visage » braves soldats, bons arquebusiers. U s A onCù jneme