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Tome second. C - F.
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'íìt faire une nouvelle église, agrandit Fenclos du mo-nastère , Sc -en augmenta les bâtimens. 11 la mit fousTinvotation de saint Pierre ; ce fut pour la seconde foisque ce lieu changea de nom. Sc fut appeilé Sanctus"Petru’s de Cella > S. Pierre de la Celle, ou des Cel-lules. Après la mort de saint F-robert, ou Frodobert, cemonastère fut appellé la ‘Ceele de Jainl Frobert. Bobin,religieux de ce monastère, en fut tiré pour être évêquede Troyes; il augmenta considérablement les bâtimens8c les revenus de cette maison, qui changea une troisiè-me fois de nom , 8c fat appellée Cella Bobinì, la -Cellede Bobin. Environ ce tems fut fondée l’abbaye de Mon-tier-Aroey >- qui fut nommée Cella nova. Motítìer laCelle changea de nom pour k quatrième fois, 8c fut ap-pellée Cella antiqua ; elle en changea encore dans laduite; mais depuis plusieurs siécles ce monastère est con-nu fous le nom de Montier-la-Celle. Les premiers .reli-gieux que saint Frobert y mit suivoient la réglé del’abbaye de Luxeuil, où ce saint avoit demeuré. Depuisque le roi Robert eut mis la réglé de saint Benoît dansplusieurs monastères qu’il avoit fait rétablir, la réglé desaint Benoît y fut reçue, 8c y est restée depuis. Che-tembert ou Chelembert, l’un de ceux qui possédoíentle plus de terres aux environs de ce monastère, lui donnaplusieurs de ses seigneuries, terres 8c revenus. Le titrede les donations est daté de Troyes, le premier jour deMars de l’an 2 du roi Pépin. Saint Bobin, dont nousvenons de parler , fit rétablir l’église de cette abbayest'une architecture fort élevée, environ l’an 790 , Scvoulut y être inhumé. Le roi Charles le Chauve obli-gea Alderon, comte de Troyes, l’un des seigneurs defa cour, de restituer à cette abbaye plusieurs terres dontil s’ëtoít emparé , avec défenses à aucun comte de Troyesd’y mettre la main à l’avenir. Cette chartre est du 10Janvier de l’an 859, d’où il résulte que les comtes deTroyes n’étoient alors que comme des gouverneurs. Cemême roi fit de grands biens à Bodo en faveur de cetteabbaye dont il étoit abbé, confirma en même tems sesdonations précédentes, 8c réitéra ses défenses à touscomtes de Troyes 8c autres d’en priver ces religieux ouleur diminuer aucune chose ; cette chartre est fans date Jtnais il est certain qu’elle est avant l’année 872. ( a ) B au-gier » mémoires historiques de Champagne, t. 2. p. 2 06.{ b ) Bailles t topogr. des Saints, p. 112. ( e ) Baugier-

Par une chartre donnée à Compiegne le 29 mars 877-Charle le Chauve 8c Boson, comte de Troyes, firentdon à cette abbaye de la forêt, dite de Javernond , 8cde quelques autres biens ; plusieurs autres rois & comtesde Champagne ontauffi fait des donations à cette abbaye& confirmé les précédentes.

L’église de cette abbaye est un chef-d’œuvre d’archi-tecture » íà longueur est de deux cens pieds, fa croiséeen a cent, la largeur du chœur & des collatéraux est dequatre-vingt pieds ; les fenêtres qui sont hautes 8c lar-ges , sont au nombre de trente - huit ; les ■ vitres sontpeintes Sc représentent plusieurs figures de l’ancien tes-tament, des mystères du nouveau testament, des imagesdes saints 8c saintes, dont il y a des reliques dans letrésor de cette église. Tout cet édifice est d’auffi bongoût qu’il est délicat, 8c particulièrement un grand culde lampe , qui a presque soixante pieds en rondeur, 8cquinze de projet hors de la voûte ; ce cul de lampe esttout percé a jour, 8c semble n’être porté que fur ledos d’une colombe volante, qui est suspendue perpen-diculairement fur le maître - autel. On montre danscette église quantité de reliques , entre lesquelles sentneuf corps saints renfermés dans huit châsses séparées ,mises dans des niches de sculpture, élevées dans la mu-raille de la coquille , qui entoure le grand autel. II y aencore un morceau de la crèche où le saint enfant Jésusfut mis à fa naissance par la sainte Vierge ; des vergesdont notre Seigneur fut flagellé, de la colomne à laquelleil fut attaché, de Ja terre qui etoit sous ses pieds à fatransfiguration ; des habits de la sainte Vierge , des ha-bits de saint Pierre, des reliques de saint Paul, de saintBarthelemi, de saint Mathieu , de saint Cléophas, dessaints Innocents, de saint Laurent, du bois de la vraieCroix , du saint Sepulchre, de la pierre sor laquelle saintMichel apparut , 8c un grand nombre d’autres reliquesconsidérables.

En l’année 1344» ou 1348, les Anglois brûlèrent

CEL

cette abbaye , les religieux se retirerent à Troyes, oìtles pères prêcheurs les logèrent. Environ l an 1391,i’abbé Henri obtint du pape Clément VII. le droit deporter la mitre Sc les autres ornemens pontificaux 3 labulle est du ï8 Mai datée d’Avignon.

Le 7 Décembre 1655, cinq religieux de la congréga-tion de saint V anne furent introduits en cette abbaye ,en laquelle ils mirent la réforme ; il y a à présent dixreligieux; elle vaut dix mille livres de rente à ì abbé ,St quatre mille cinq cens livres aux religieux; cette ab-baye a fous fa jurildiction dix - sept prieurés, Sc ellenomme à plus de trente cures. On lit sor le tombeau desaint Frodobert ces vers :

tì&c lapidum tumb'a Frodolertï connr.ct ojfa.

Qui prior hic quondam condidit ecciefiam.

CELLE ( La) , abbaye de France en Provence dansle diocèse d’Aix, au pied des montagnes de Caudeion,a une demi-lieue de Brignole, vers le couchant d’híver »auprès de la rivíere de Carenne, selon Baudrand; c’estune abbaye de filles de l’ordre de saint Benoît

CELLE DUNAISE, bourg de France dans la pro-vince de la Marche sor la grande Creuse, quatre lieuesavant qu’elle reçoive la petite Creuse.

CELLE FROUIN, abbaye de France de l’ordrede saint Augustin, environ à sept lieues de la ville d’An-goulême » du côté de l’orient d’été, sor la rivíere debonne.

CELLENSIS » siégé épiscopal d’Afrique dans la Bvza-cene. II est parlé dans la conférence de Car âge de Caf-tus 8c d’Honorius , évêques de ce lieu, Sc Fortunuis sous-crivit à la lettre adressée à l’empereur Constantin,collect. Cône.

2. CELLENSIS, siégé épiscopal d’Afrique dans laMauritanie - Sitísence ; la conférence de Carthage faitmention de Creíciturus son évêque. Harduin. collect.cône.

CELLERFELD , ville de la basse Saxe. auprès delaquelle il y a des mines.

1. CELLES, désert d’Egypte, ainsi nommé à cause dela multitude des cellules de solitaires, bâties eu un ìíeuqui faiíoit la séparation de l’Egypte avec la Libye. SaintMacaire y demeura long-tems >• saint Dorothée y passasa vie depuis fa jeunesse jusqu’à fa mort » qui arriva versla fin du quatrième siecie: beaucoup dkutres saints soli-taires s’y sont sanctifiés. * Baillet , topogr. des Saints,p. m.

2. CELLES EN ARDENNE, ou Selle, monas-tère des Pays-bas au diocèse deMastricht,maintenant deLiège ; il fut bâti vers l’an 680, par saint Hadeìin dansle Luxembourg , à trois quarts de lieues environ deDinant, 8 c fut ainsi nommé de l’assembiage de quelquescellules épaisses qu’il y avoit bâti d : abord. 11 s’y estformé dans la fuite du tems un bourg qui subsiste encore;mais l’abbaye a été convertie en un chapitre de chanoi-nes. L 3 an 1338 les chanoines de Celles emporterent lecorps de saint Hadelin à Viset, petite ville sur la Meuse »entre Liège 8 c Mastricht, 8 c s’y établirent. * Baillet rtopogr. des Saints , p. 1x2.

3. CELLES EN BERRY, ville 8 c abbaye de Franceau diocèse de Bourges, avec un pont fur la rivíere duCher aux confins du Biaisons 8 c de la So'ogne, presqueà moitié chemin, entre Tours êc Bourges. Saint Eusicequittant Fabbaye de Mici (S. Mefmin) alla fe cachesdans un désert du Berry , derriere le village de PrescigrUprès de la rivíere du Cher; il y dressa une méchante ceFIule de branches & de boue avec un petit oratoire. L®roi Childebert I. revenant de son expédition d’Espagn®en 53 1, lui donna de quoi multiplier les cellules de c e£hermitage. Un seigneur de fa cour nommé Ulfin, aY aI î creçu le fonds de la terre pour récompense de ses

ces, en fit présent au saint , qui y fit bâtir dès Fann*- esuivante un monastère vers le confluent du Cher & “la Sandre. IIfut appellé d’abord Cellule ; ensuite kCelle-Saint-Eusice , 8 c enfin Celles, ouEN Berry , pour distinguer le lieu d’avec lá petite v*de Selles > qui est au pays de Sologne fur la riviç re , .Saudre. L’abbaye subsiste encore aujourd’hui dans F arC ^prêtre de Víerzon; mais elle a passé des Augustes 3Feuillants, qui y ont été mis par M. de Bethune» * re