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Tome second. C - F.
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Eugene IIï » accompagné de dix-huit cardinaux & des-évêques de Chaaions , de Paris , d’Auxerre & deNei ers,avec route la magnificence imaginable. Saint Bernard y•assista auílì, 8 c prêcha dans le Jard. Elle est ornee d’unfort beau jubé , qui est i’ouvrage de Vialart, évêque deCbaalons, mort en odeur de sainteté.La flèche deJ’égliíe,■qui avoir été bâtie en 15^° > de quarante-huít toises de-hauteur, 8 c qui .passoit-pour être la plus belle de France,■ayant été brûlée par le feu du ciel le 19 Janvier 1668 ,ainsi que toute la couverture , 8 c la voûte enfoncée parla chûte du débris de ce clocher , ce prélat travailla effi-xacement à la réparer. 11 trouva même assez de secourspour l’embellir, au lieu de la flèche qui n'étoit que debois couverte de plomb, fit faire deux clochers à jour depierre de taille, fort élevés, de pareille fymtnétrie, &qui peuvent-,passer pour un chef-d’œuvre d’architecture ;tous ces ouvrages furent achevés en l’année 16/2. Le•grand autel de cette église, tout de marbre de différentescouleurs , l’un des plus grands 8 c des plus beaux duroyaume, avec le trône épiscopal de pareil marbre, est unprésent du cardinal de Noailles dans le tems qu’il étoítévêque de Chaaions , avant de passer à l’archevêché deParis. Le chapitre est composé de huit dignités , qui fontles quatre archidiacres > le doyen, le trésorier , le chan-tre, le soûchantre ; de trente 8 c un chanoines; huit autreschanoines demi-prébendés, deux vicaires perpétuels , &-environ soixante chapelains. Tous ces bénéfices font à la-disposition du chapitre seul, à l’exception des 4 archidia-conés 8 c de la trésorerie, qui font à la collation de l’évêque.De cette église cathédrale dépendent deux collégiales,dont les canonicats font à la nomination & à la présenta-tion du chanoine de la cathédrale, qui est à son tour ensemaine pour nommer aux bénéfices & à la collation duchapitre. Ces deux collégiales font dans la ville, 8 c n’ontaucune dignité à leur tête.

II y a à Chaaions un séminaire , dans lequel font ins-truits , par les peres de la Miffion , ceux qui aspirent auxordres sacrés. Les bâtimens font commodes; la bibliothè-que a une vue charmante qui s’étend fort loin dans lacampagne. Il y a aussi un collège établi en 1617, dontF église achevée en 1678, est grande & propre, orneed’un dôme , d’un beau portail, 8 c d’autels faits enpartie de marbre. On y enseigne les humanités 8 c laphilosophie. Ce collège est pauvre

Ii y a dans la ville deux abbayes d’hommes ; savoir ,celle de saint Pierre 8 c celle de Toussaints. La premiere,de l’Ordre de saint Benoît, congrégation de saint Vanne,a eu d’abord des clercs , ensuite des chanoines.Roger,premier du nom, évêque de Chaaions, vers l’an i020,yétablit des Bénédictins. L’abbaye de Toussaints est del’Ordre des chanoines réguliers de saint Augustin , de lacongrégation de sainte Géneviéve ; elle fut fondée parl’évêque Roger II , mort en 1062. Elle étoit d’abordhors de la ville , 8 c fut démolie l’an 1544 , pendant lesguerres entre François I, & Charles V, 8 c rebâtie dansla ville. Elle reçut la réforme en 1644.

Ii y a outre cela quatre couvents de religieux Men-dians; savoir, un de Dominicains , bâti dès le tems desaint Dominique ; un de Cordeliers , bâti dès le tems desaint François; un d’Augustins, 8e un deRécollets éta-bli en t6i$ » il y a aussi des Maturins dans le fauxbourgde saint Sulpice.

Les couvents de filles, font un monastère de Bénédic-tines, dites de Vinets , parce qu’elles éto.ïent au villagede ce nom, a dem :-lieue de la ville, avant 1621, qu’ellesfurent transférées dans l a ville ; un autre monastère deBénédictines de l’stroite observance, dites de saint Jo-

seph, établies en 1612, un couvent de la Congrégation,dite de sainte Marie > établi en c’est le chef-lieude

cet ordre des Urfulines , etablies en 1660 , Sc enfin unemaison de Dames regentes , qu’o n appelle à présentNouvelles Catholiques. Hors Sc proche la porte de laville , dite de saint Jean , est 1 abbaye de saint Mémíe,premier evêque de Chaaions, poffedee par des chanoinesréguliers de la congrégation de sainte Geneviève, bâtieau lieu même où ce saint prélat fe retïroit avant 8c aprèsla conversion des habítans des Chaaions à la religionchrétienne', & 011 ii mourut l’an de notre Seigneur 126.Les reliques de ce Saint y font conservées avec celles dequelques autres Saints.

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11 y a à Chaaions une très-belle promenade nomméeel Jard, qui est, lans contredit, i une des plus grandes,des mieux entendues & des plus agréables du royaume,tant par l’avantage de la situation , étant presque partout entourée de ìa riviere de Marne & de la rivieit deNau , que par le grand nombre de les allées d’ormes 8cde tilleuls, plantés & tirés au cordeau dans une grandeprairie qu’on appelle le petit Jard , où parties de cesallées forment plusieurs quinconces.

Chaaions a des preuves très-glorieufes de fa fidélitéenvers les rois de France., On peut en voir le détail dansBaugier, Mém. de Champagne , í. 1, p. 294, & jiiiv.

Chaaions est la denfeure de l’Intendant de la province.C’est la patrie de Perrct d’Abiancourt, du ministreBlonde!, de Martin Akakia , d’Edme Aubertin, & deClaude Despence. Long. 22 , d. 2, 12 , lat. 4Ò > d. 57 12.

CHAALONS , [ l’Évéché de ] est borné au sep-tentrion par l’archevêché de Rheims ; au midi par lesdiocèses de"Troyes 8c de Langres ; à l’orient par ceux de, Verdun 8c de Toul, 8c à l’occident par les diocèses deI royes 8c de Soissons. II comprend toute sélection deChaaions & partie de celles de sainte Mçnehould, Vitry8c Joinville. Les villes de Vitry, iainte Menehould ,Joinville, saint Dizier, Vassy-Se Vertus font de cet évê-ché. Il y a trois cens soixante 8c six paroisses > outre lestreize de Chaaions, & quatre vingt-treize annexes par-tagées en neuf doyennés fous quatre archidiacres.

Quoique cet article soit un peu long, je ne puis omet-tre deux remarques importantes : l’une est fur la batailledonnée par Mérouée contre Attila , in Campis Catalan-nìcis. Piganiol de la Force ( a ) en parle ainsi. Les histo-riens ne conviennent ni du lieu , ni au tems de cette ba-taille. Quelques-uns prétendent qu’elle íe donna prèsd’Orléans , d’autres près de Toulouse, 8c d’autres enfinen Auvergne- auprès d’un village nommé anciennementCatalacus. J’ignore fur quoi ils fe fondent pour trouverailleurs des convenances auflì justes que celles qui ferencontrent aux plaines de Chaaions. L’histoire ditqu’Attila s’étoit retranché, & ( b ) on voit encore aujour-d’hui entre les villages Cuperly 8c la Cheppe , des restesde terrasses 8c d’autres travaux , ausquels il paroît, pardes titres, qu’o n a de tems immémorial donné le nom decamp d’Attila , que ce lieu porte encore aujourd’hui. ( a )Descr. de la France , tom. 3 , pag. 124, [ b ] Baugier tMém. de Champagne, t. 1, pag. 264.

La seconde est sur le commerce de sélection de Chau-lons. Celui d’avoine est a fiez considérable , on la trans-porte des magazins de Chaaions & de Vitry à Paris. Onfaisoit autrefois à Chaaions un grand commerce de vin ;mais il s’est depuis établi à Rheims , 8c a cessé à Chau-lons. On y a établi depuis quelque tems une manufacturede raz , pinchinats , espagnolettes , capucines 8c autresétoffes de laine , dont il fe fait un grand débit dans leroyaume 8c dehors. * Piganiol de la Force , descr. de laFrance, t. 3 , p. 1 16.

CHABÁCA, ville de la Cappadoce , dans la contréeou province nomméeSidene, félon Strabon , /. 12 , p. 548.

CHABALA , la même que Cabalaca.

CHABALON , ou Chabulon , OU Chabelon , citChabul. II est parlé dans le troisième livre des Rois,c. 9. f, 13, de la terre de Chabul. C’estainfi queDiram jroi de Tyr , nomma les vingt villes dont Salomon luifit présent, en reconnoifiance des services qu’il lui avostrendus dans la construction du Temple On dispute, #•fur la signification de Chabul , & fur la situation de cfpays. Josephe, ant. I. 8 , c. 2 , dit que Chabul en phéiU'cien signifie ce qui ne plaît point ; d’autres, qu’il signifi 0une terre flérile , sablonneuse , déjfechée ; 8c d’autrescontraire , une terre boueuse & humide , trop chargéd’herbes. Les Septante : il les appella la frontière , corn^me s’ils avoient lu Gabal , au lieu de Chabul. D’autr® 5croient que Chabul en hebreu peut signifier une chofe ^néant, Chabul, quasi nihil. Quand à ìa situation de Cb*'bul > Josephe dit que les villes de. Chabul étoíent ^voisinage de Tyr. D’autres , Hieron. in Amos 1, les f &cent au-delà du Jourdain dans laDécapole. Crotiusc^qu’entre les villes de Chabul étoient comprises c ,j[que Pharon avoit conquises fur les Philistins , 8c “P*avoií cédées à Salomon. La plupart font persuadés Hla ville de Chabul marquée dans Joíué , c. 19 » * ' '