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Tome second. C - F.
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de Champagne nommé Loup , qui témoigna beaucoupde fidélité pour le jeune roi Childebert, contre UrsionSe ûetzrroi. Ce duc en cette qualité , ni ses successeursn eioient que des gouverneurs commandans les arméesrendant justice dans la Champagne , fous Charles leimpie; les gouverneurs des provinces 8c les grands of-ficiers profitant de la foiblesse des rois de la 2? race seperpétueront dans leurs charges Sc dans la possession desprovinces , qui leur étoïent confiées , de forte qu’ils lesrendirent héréditaires dans leurs familles. Par là lescomtes de Champagne devinrent souverains Sc leurs étatshéréditaires. La Champagne eut ses comtes jusqu’enï2 74 > que Henri III e , surnommé le Gros XV e , comtede Champagne 8c roi de Navarre, n’ayant laissé qu’unehlle , appeìlée Jeanne àe Navarre , Philippe le Bel l’é-pousa, Sc réunit par ce moyen la Champagne à la cou-ronne de France. Thibaud 7 e , comte de Champagne , Scâpres lui fez successeurs, prirent le titre de comtes Pa-latins de Champagne, non qu’ils fussent en cette qualitéyassaux de l’empereur, mais parce qu’ils exercosent lajunsdiction fur les officiers du palais du roi. En France0n donnoit ce titre à ceux qui avoïent quelque chargeen dignité au palais des anciens rois de France.

Les principales rivières de cette province font lafi^euse, la Seine, la Marne , l’Aube 8c PAine. Son com-merce consiste en général, en vin excellent, en grainsee toutes fortes , en toiles, en étoffes de laine Sc de fil,en bestiaux,surtout en moutons. Une partie de la Cham-P a gne, se nomme la Champagne Pouilleuses cause qu’elle^enferme de grandes plaines qui ne produisent presquefiue du seigle, de l’avoine Sc du sarrazin, entre Sésanne ScYstri. Les Champenois font doux, gens de bien, iabo-^eux , civils Sc courageux ; ils passent pour n'avoir pasbeaucoup d’esprít.

Cette province considérée dans toute son étendue, enV comprenant la Brie Sc tout ce qui compose son gouver-nement, a été diversement divisée par les géographes.Vnelques-uns Pont divisée selon le cours des principalesttvieres qui Parrosent. D’autres Pont partagée en neufcontrées. D’autres en ont fait deux parties, la haute 8c? basse Champagne : dont la haute commence à la ville

e vitry-le-Françoís, & embrasse toute la partie de cet-m province qui est du côté de Porient 8c du nord ; 8c la

a fih, tout ce qui en reste au midi 8c à l’occident. Maisfi u °5que cette division ait été la plus suivie , nous'esti-^ons néanmoins que la division la plus naturelle est deî^ger la Champagne en huit parties presque égales,que Pa fait Baugier dans ses mémoires.

La Champa- s Troyes iSfie proprement \ Chaalons ,fi Ite comprend -< Saïnte-Menehould,* es villes de / Epernay,

L- Vertus.

Le Rhemois

comprend

Rheims »

Filmes,

Château-Portien.

Le Retheloiscomprend

Rethel, à présent Mazarin,Mézíeres,

Charleville,

Donchery,

Rocroy.

Le Perthoíscomprend

V itry-le-Françoís »Saint Disier.

Le V a liage

comprend

Joinvílle,

Bar fur Aube »Arcïes fur Aube »Vassy.

Le BaffignyComprend

Langres,Chaumont,Montigny-le-Roi,Andelot,

Grand.

CHA

ç Sens S

Le Senonoís S Joigny,comprend \ Tonnerre,

L Chably.

, Meaux,

1 Provins,

La Brie | Château-Thíerry>

Champenoise <^Sezanne,

Comprend J Gaulommíers,

/ Montereau-faut-Yonne,

V. Bray fur Seine.

II semble qu'il n'est pas aisé de déterminer laquelledes villes de Champagne est la capitale. II est certainque Troyes, fous les comtes de Champagne, y tenoit lepremier rang, puisque ces princes y faisoient leur séjourle plus ordinaire , Sc qu’ils y tenoient leurs grands joursavec les sept comtes-pairs de Champagne , pour y ren-dre la justice à leurs sujets; de forte que dans ce tems-làaucune autre ville de la Province, ne lui pouvoit dispu-ter d’en être la capitale. II est vrai de dire que les comtesfie Champagne, n’ont été que rarement possesseurs desvilles de Rheims 8e de Chaalons, Sc jamais en droit desouverainté. U est encore certain que dans les tems quiont précédé les comtes de Champagne , la ville deRheims , l’emportoit de beaucoup sur celle de Troyes,puisque dans le tems que les Gaules étoient une pro-vince de l’empire romain , Rheims étoit la capitale dela Gaule Belgique. Cependant la ville de Chaalons étantaujourd’hui le siège de la généralité de la province , ,&presqu’au centre de toute la Champagne , 8c la placedans laquelle est le soagafin général des armes Sc desmunitions de guerre , il semble que les deux autres vil-les doivent lui céder à présent le premiermang; & il nefaut pas s’étonner si elle le leur a disputé aux assembléesg eS états généraux du royaume.

H y a dans le gouvernement de Champagne , deuxArchevêchés , Rheims 8c Sens; quatre Evêchés ,Langres , Chaalons , Troyes 8c Meaux ; 8c quelquesautres lieux qui sont de l’archevêché de Paris, 8c des évê-c l-jés de Soissons, Senlís , Verdun Sc Toul.

Le gouvernement de Champagne & Brie, est l’un desdouze grands gouvernemens du royaume. Le plus an-cien gouverneur que shistoire marque avoir été pourvude ce gouvernement , est Louis de Bourbon , comte deVendôme 8c de Chartres , qui l’étoit aussi de Picardieen 142.L Le gouverneur de , Champagne 8c Brie , asous lui quatre lieutenans généraux quj ont chacun leurdépartement séparé, qui sent:

Le département des villes 8c bailliage de Chaalons,Troyes 8c Langres.

Le département des bailliages & villes de Rheims, &Rethel 8c Fismes.

Le département des villes oc bailliages de Chaumont

& de Vitry.

Le département de la Brie.

Ces quatre charges font vénales par la permission duroi Louis XIV , par édit du mois de Mars 1Ó93. II aencore été créé dans la province quatre offices héréditai-res de lieutenans subdélégués de MM, les maréchaux deFrance, pour connoître sous leurs ordres des différendsde la noblesse pour le point d’honneur.

De toutes les places fortifiées qui étoient autrefois enChampagne, il ne reste plus que celles de Mézíeres ,Rocroy Sc Sedan : cependant quelques-unes ont conser-vé leurs gouverneurs Scieur état-major, & d’autres n’ont

que des gouverneurs.

II y^ avoir ci - devant, dans la province , une maré-chaussée générale, 8c une maréchaussée provinciale,composée d un nombre considérable d’officíers & d’ar-chers. Il y avoit aussi en plusieurs villes des officiers 8carchers de robe courte. Tous ces corps ont été suppri-més par édit du mois de Mars 1720 , 8c d’autres offi-ciers 8c archers de maréchaussée ont été établis pour yexercer les mêmes fonctions , suivant le règlement con-tenu dans la déclaration du roi du 28 Mars 1 j^o.

Toute la Champagne est du ressort- du parlement, dela chambre des comptes, 8c de la cour des aides de Paris,à l’exception de quelques lieux qui sent au ressort duparlement de Metz. Le premier magtlira t de la provin-ce est l’íntendant, quia droir ds présider dans tous les