394 CHI
jugent à propos pour le bien de l’Etat. Mais ce qui l’o-blige encore plus d'être fur ses gardes , c'est que le peu-ple a droit de se plaindre de lui immédiatement à 1 em-pereur , & d’en demander un autre quand il en est mal-traité ou opprimé. Le moindre soulèvement dans la pro-vince lui est imputé, 8c s’il continue plus de trois jours,îl en répond fur fa tête. C’est fa faute, disent les loix ,ÍI la famille , c’est-à-dire , la province dont il est lechef, n’est pas tranquille. II doit régler la conduite desmandarins subalternes, de crainte que le peuple n’ensouffre. Un peuple content de ces maîtres ne songe pointà s’en défaire ; & quand le joug est doux on fe fait unplaisir de le porter.
Mais parce qu’il n’est pas aisé aux particuliers de pé-nétrer jusqu’à la cour, 8c que les justes plaintes du peu-ple ne fe font pas toujours entendre aux oreilles duprince, fur-tout à la Chine , où les gouverneurs cor-rompent facilement par argent les officiers généraux, 8cceux-ci les cours souveraines , l’empereur envoie secrè-tement des inspecteurs déguisés , gens d’une sagesse Scd’une probité reconnue, qui courent toutes les provinces,& qui s’informent adroitement des paysans, du peuple,des marchands, de tout le monde, de quelle maniéréles mandarins fe gouvernent dans l’administraticn deleurs charges. Quand, par des instructions sccrettes 8csûres, ou bien par la voix publique, qui n’impofe pres-que jamais, ils ont découvert le désordre ; alors ils fedéclarent publiquement envoyés de l’empereur , ils ar-rêtent les mandarins coupables 8c leur font eux-mêmesleur procès. Cette pratique contenoit autrefois tous lesjuges dans leur devoir ; mais depuis que les Tartares fefont rendus maîtres de la Chine , on en use plus rarement ;parce que quelques inspecteurs abusèrent de leur com-mission, s’enrichissant aux dépens des coupables, à quiils pardonnoient, 8c des innocens qu’ils menaçoient in-justement d’accufer.
J’ai marqué à chaque province les longitudes 8c la-titudes des villes de la Chine , selon l’Atlas chinois ;voici les corrections qu’on y peut faire, suivant des ob-servations plus récentes.
C HI
Premierement, pour bien entendre les positions del’Atlàs chinois du pere Martini, qui ne détermine leslongitudes de la Chine que par rapport à Pékin , il fautsavoir que Pékin est de 114 d. 16 m. plus oriental queParis. Or, la longitude de Paris est de vingt- deux deg-trente min. donc celle de Pékin est de cent trente-six de-grés quarante-six minutes. Si l’on demande à présentquelle est la longitude de Nankin , félonie P. Martini,qui fait cette ville d’un degré vingt-six minutes plusorientale que Pékin : ajoutez cette somme à la lon-gitude de Peitín ; vous aurez pour la longitude de-mandée cent trente - hnit degrés douze minutes : si,au-contraire , on demande quelle est , selon ce mêmeauteur , la longitude d’une ville plus occidentale quePeiíin, comme, par exemple, de Chinting , la diffé-rence est de deux degrés trente-six minutes 3 il fautalors les retrancher de la longitude de Pexin, & onaura ce que l’on cherche; savoir, cent trente-trois de-grés quarante minutes pour la longitude totale de Chin-ting.
En second lieu , pour fe servir utilement de cette ta-ble de longitudes , de latitudes & de distances, il fautremarquer que ce signe \ dénote les petites villes; 8cque ces positions font telles que les fournit le P. Noël,Jésuite ; mais il s’y est glissé une erreur dans la longi-tude de Macao, qui influe fur toutes les atitres, & qu’ilest aisé de corriger. II donne à cette ville cent trente-huit degrés trente minutes de longitude , ce qui faitun excès de quatre degrés, Sc environ trente-trois mi'nutes qu’il en faut retrancher ( b ). II faut ôter le mêmenombre de toutes les autres , ce qui est facilç quandon est averti. Les distances qu’il marque par lis, me-sure chinoise, ne doit point embarrasser, puisque dixde ces lis, font une lieue commune franquiste ; com-me je l’explique avec plus de précision au mot M E-sures itinéraires. ( a ) Lettre 9. pag. 74. Voyez OÍ~servat. physiques & math. insérées dans l’hifi. de Vd"endémie royale des sciences , année i6pz. édition d’Affl fterdam.
TABLE des Longitudes > des Latitudes & des Dijlances de quelques villes de
Chine 3 selon le P. Noël , Jésuite.
Noms.
Long
itude.
Latitude.
Distance.
Lis.
degrés.
minutes.
degrés.
minutes.
Macao
138
30
22
12
0
0
Hiamxan -j"
138
21
22
3©
par mer
IIO
Canton
138
U
2 3
U
par la riviere
230
Sapchoui
U 7
53
23
9
par la riviere
140
Choaking
137
4 1
25
3
par la riviere
30
Cim-yuen -j*
138
18
23
5 °
par la riviere
220
Im-te -f
138
56
24
8
par la riviere
190
Chaotcheou
139
18
24
55
par la riviere
320
Nan-hium
13 9
55
25
M
par la riviere
2<?0
Nan-ngan
140
4
25
30
par terre
120
NanKam -j-
140
22
25
45
par la riviere
200
Cantcheou
140
32
25
53
par la riviere
200
Van-ngan-{*
13.0
18
16
43
par la riviere
2JO
Tai-ho f
I4O
24
2 6
59
par la riviere
IO O
Kie-ngan f
140
M
27
M
par la riviere
IIO
Kie-Choui f
140
35
27
22
par la riviere
5 °
Hiasiam i"
140
37
27
37
par la riviere
80
SínKanf
140
48
2 7
40
par la riviere
7 °
Liníciam
140
38
27
59
par la riviere
90
Fong-tchíng"f
141
5
28
5
par la riviere
13 0
Nancham
141
9
28
4 °.
par la riviere
120
NanKam
141
11
29
23
par la riviere
280
Hùkeu s
141
25
2 9
38
par la riviere
9 °
Pumçe -j-
141
41
29
44
par la riviere
80
Tumlieu f
141
6
30
0
par la riviere
130
Nganitim
142
10
3 °
52
par la riviere
120
Chicheu
r 42
36
;o
44
par la riviere
140
Tumlín f
142
Z 6
3 1
2
par la riviere
120
Vilic-huf
143
27
31
20
par la riviere
17 0
NanKim
143
47
32
4
par la riviere
180