CHI
cienne CiTitrM. De l’Ifle nomme le cap ou etoi tCitium»le cap Tgila. C’est sans doute la même chose queChiti , dont Corneille le Brun parle ainsi dans son voya-ge du Levant. Chiti , dit Corneille âpres cet auteur »lieu autrefois célébré dans l’ííle de Chypre , parce qu’onprétend qu’íl a été la prefflíere demeure de la déesseVenus , quoique plusieurs attribuent cette gloire à Bassa,anciennement Paphos, qui est dans cette même ifle.Chiti, qui a eu long-tems le rang de baronníe, ne con-siste présentement qu'en quelques chétives masures. Ony voit,encore une partie d’un grand bâtiment ancien,auprès duquel il y a un puits, qui est aussi fort ancien& d’une très-grande profondeur. On juge par la beautéde ce puits que le bâtiment, dont il étoit une dépendan-ce , étoit quelque chose de magnifique. Tousles envi-rons de ce lieu font fort agréables , à pause des orangers& des citronniers dont ils font plantés; mais comme per-sonne ne les habite , les broslàilles y croissent par tout.
CHITIS. Voyez. Cytis &Topasos.
CHITOR, villed’Asie, dans l’Indoustan, & danslaprovince qui en prend le nom de Chitor, selon Cor-neille 8c de Piste. Thevenot, qui la met dans la provincede Malva, en parle ainsi: la ville de Chitor est très-fa-meuso, mais elle est presque ruinée: elle a long-temsappartenu au raja Ranas, qui se disoit de la race du roiPorus. Quoique ce raja eût un état considérable Sc fort,à cause des montagnes dont il est presque entouré, il n apu éviter le malheur des autres princes , 8c il est tombé ,comme eux, en la puissance des Mogols, fous le régned’Echar. Le pere Catrou, dans son histoire générale duMogol, p. 99, éd. de la Haye 1708 , décrit ainsi cetteville, fur les mémoires de Manouchi : c'étoit plutôt uneforteresse qu’une ville de commerce. Elle est situee furune haute montagne isolée de toutes parts , 8c placée aumilieu d’une vaste plaine. La cime de la montagne, oul’on a bâti la ville, est tout-à-faít plate. Elle peut bienavoir une lieue 8c demie de circonférence, 8c une demr-líeue de largeur en certains endroits. Au pied de la mon-tagne le Nug, riviere assez large , mais encore plus pro-fonde , coule doucement ses eaux. Un ruisseau de la plusbelle eau du monde prend fa source dans la ville ; il yserpente quelque tems; enfin après avoir formé des cas-cades naturelles fur la croupe de la montagne , il va seprécipiter dans la riviere. L'enceinte de la forteresserenferme de belles campagnes qu’on y sème de riz, 8cqu’on arrose des eaux du ruisseau ; on y recueille assezde provisions pour y pouvoir nourrir une médiocre gar-nison. Ainsi une place inabordable, qui ne manque ni devivres , ni d’eau, passe pour imprenable aux Indes. Jepasse les détails curieux que l’historien cité fournit, tou-chant la conquête de cette place par Akebar, qui est lemême que l’Echar de Thevenot. II y a présentement >poursuit ce dernier, peu d’habitans à Chitor, les mu-railles en sont à bas. Il y a quantité de beaux édificespublics, dont on ne voit plus que les ruines. On y dis-tingue pourtant encore celles de cent temples ou pago-des , Sc on y voit plusieurs statues antiques : il y a uneforteresse ou Ion enferme les seigneurs de la premíerequalité , que l’on a fait arrêter pour quelque faute lége-re. Enfin les restes qui s’y voient de plusieurs anciensédifices , marquent que ç’a été autrefois une fort granjeville : la situation en est très-agreable. Le sommet 011elle est bâtie est extrêmement fertile , 8c il y a quatreréservoirs ou tanquiés pour l'usage particulier des habi-tans. * Voy a g es des Indes , c. 41, p. 205, longitude 94,lat. 23.
CHITPOUR , ville d’Asie , dans l’Indoustan , dansle royaume d’Agra, aux confins du royaume de Guzu-rate. Elle est fameuse par le commerce qui s’y fait desmagnifiques toiles peintes,.que l’on appelle Chites, 8cque quelques François nomment fort mal-à-pro-
pos. * Thevenot , Voyages des Indes, c. 21, p. 117.
I. CHITRI, village de l’îfle de Chypre. Maty ditque l’ancien nom étoit Chitros, en quoi il se trompe.II n’a pas fait réflexion que nos modernes prononcentChi , certains mots étrangers dont l’orthographe natu-relle est Ci. Ainsi nous écrivons Chypre, pour CypreChite ou Chiti pour CiTi de Citium ; Chitri pourCitri. La notice de Léon le Sage, nomme CythSi'cette ville qui étoit épiscopale. Celle de Híérocles ditde même Cythri» K^«i, par où il paroit que Cythri
CHI
n’est pas un génitif singulier, comme l’a Cru Maty, maisun nominatif pluriel. Au reste ces deux notices distin-guent très-bien Cythri de Citium , qui étoit une autreville épiscopale de la même ifle. Maty ajoute que l’ontrouve ce village dans le milieu des terres , vers la villede Eamagouste.
2. CHÏTRI, bourg du diocèse 8c comté d’Auxefre 1à trois lieues de la ville épiscopale , vers le levant d’hí-ver .Ce n’a jamais été une vraie ville , quoique le dic-tionnaire universel.de la France l’aít avancé. Le siègeque Chitri a pu soutenir pendant les guerres civiles nele prouve point, puisque tous les bourgs Sc villages mu-rés en soutenoient alors.
CHITRO, petite ville ou bourg de Macédoine,dans le Comenolitari, fur le bord occidental du golfede Salonique , au nord 8c assez près de l’embouchure dela riviere de Platamona. C’est l’aiicienne Pydna, quifut ensuite nommée Cithkon. Voyez Pydna. * Del’Ifle*.Carte de la Grece.
CHITTIM. Voyez Cyprus Sc Cethim.
CHITUtE, ancien peuple d’Afrique, dans la Mau-ritanie Césariense, selon Ptolomée, /. 4, c. 2, il s’éten-doit jusqu’au fleuve Ampsagas. '
CHITUS, village de Thrace, selon Cédrene , citépar Ortélius.
CHIVAS. Les Piémontois disent Chivasso, Cla-vajìum , petite ville d’Italie en Piémont, peu loin duPô, à l’endroit où il reçoit l’Orco, à environ dix millesde Turin , dans une plaine. Elle est ceinte de muraillesà l’antique, avec divers ouvrages à la moderne , & d’unfossé plein d’eau. II y a toujours une bonne artillerie 8cune nombreuse garnison. L’auteur du théâatre de Pié-mont, 2. part. accuse quelques géographes de l’avoirmise dans le marquisat d’Yvrée, au lieu qu’elle a tou-jours été dans le district de Turin. Sa situation est si im-portante que quiconque est le maître de Chivas, a laclef du pays où est Turin, du Canavez , d u Verceillois,du Montferrat & de la Lombardie. Les François s’é-toient rendu maîtres de Chivas, lorsque le prince Tho-mas de Savoye s’en empara par surprise l’afl 1639. Lecardinal de la Vailette 8c le duc de Longueville, la re-prirent la même année, 8c la France ne s’en désaisit quedix ans après, c’est-à-dire, l’an 1649, qu’elle la renditau duc de Savoye. Elle est du diocèse d’Yvrée. Outre uneéglise collégiale , il y a le monastère de saint Marc, qurétoit autrefois de l’ordre de Cîteaux, 8c qui n’est plusqu’un prieuré réduit en commande : celui de S. Antoineauflì en commende ; 8c le couvent de S. Bernardin, oc-cupé par des Freres Mineurs de l’Observance. Ce der-nier étoit hors des murailles de la ville ; mais comm een tems de guerfe il étoit trop exposé aux hostilités , onle transféra dans la ville l’an 1520, long. 25 , 30 , lat'
CHIUCHEU. Voyez Kiucheu.
CHIUNCHEU. Voyez Kiuncheu.
CHIURMA, port d’Afrique, dans l’Arabie , fur I 3mer rouge ; on y mouille en allant de la Mecque à Sue 2 'II n’y a en ce lieu , pi ville, ni village, mais quelqU eStentes -où habitent des Arabes.
* Poncet, voyage d’Ethíopie.
CHIUSA, bourg ou petite ville de l’Etatde Veni^ 6 'dans le Frioul, fur la riviere de Fella, à une lieue aU'dessous de Ponteba. L’auteur des mémoires 8c plans g&'graphiques en 1698 , fournit à Corneille ce qui se 1 *’touchant le fort de Chiusa. Sa situation est important 6 'II est sur les’confins de l’Etat de Venise , 8c de celuiTrente, Sc barre le grand chemin , déserté qu’il faut^nécessité passer par-là, ou v«ler au-dessus des mo"tarrnp»0 H trrul* frnio tMvnoro Ar -nonf* 11ottt "
gnes. II voit toute la riviere, & peut fort facilement rfendre le passage. Cependant la construction n’est jjcarré simple sens aucuns flancs, ni bastions, ni f°^ S Ljín’y a pas même le moindre dehors devant la porte» ‘jine peut tirer de secours que du feu de ses courtines- ycôté qui regarde l’état de Trente, on voit de p et) &embrasures , au nombre de cinq ou six, pratiquées I e ^du roc, Elles battent tout le grand chemin, qui e *peu roide 8c difficile; mais comme on peut ycanon de deux côtés , tout cela seroit une petit 6 ^fense, à cause qu’il n’y a que de simples murailleslets, du côté de l’Etat Vénitien. A cent pas de 6 ^place , la montagne fait un coude , derriere le<j ue