DEC
*ne , considéré selon l’étendue de son nom , comprend lepays de Cunqitan. C’est le nom que les habitans don-nent à toute la contrée maritime , qui s’étend du nordau sud , jusqu'à la riviere d’Aliga ; 8c de l’est à l’ouest >de Puis la mer, jusqu’à la montagne de Gâte ; mais lePays de Decan , qui s’étend à l’est , depuis le mont deGâte , est pris pour le vrai royaume de Decan ; Sc les ha-bitans font appellés Deccmins. Ce même pays est aulsinommé Ballagate , c’est-à-dire , au-deíîus du Gâte ,d e balla , qui veut dire dejfus , 8c de gâte , qui signifie? 1 °ntagne; ou plutôt le pays de Ballagate , appelié Bi-hgœte , par Ananie, est celui qui se trouve a fils dans lesMontagnes de Gâte. Linschot fait trois royaumes de.Ce pays , le divisant en Ballagate , Decan , 8c Ganqiian.Ges trois provinces ensemble ont pour bornes.au levant,k royaume de Narsingue ; au nord, les royaumes d’O-tixa 8c de Cambaye , étant séparées de ce dernier park riviere de Bâte ; au sud, le Ganara , duquel le fleuve■Aliga les sépare ; au couchant, la mer. Leur rivage a delongueur a50 milles ou 80 de nos lieues. Quelques mo-dernes appellent Cunquan , le pays qui s’étend le plus versle sud ; 8c nomment Décan , celui qui est le plus au nord ;de forte que ce royaume de Decan , n’est autre que le payssiui fut conquis en 1600, par le grand mogol, 8c que Jar-ric a ppelle le royaume du Melic de Decan , puisque seshabitans nomment leur roi Nejalal Malluco , c’est-à dire,l^nce du royaume. Ils lui donnent auísi le nom de Malec ,flui signifie roi, dont les Portugais ont fait Malic parCorruption. Jarric dit que le mogol a conquis le royaumedn M e li c de Decan ; 8 c Linschot fait clairement connaî-tre ;e pays qui appartient à ce prince, lorsqu’il dit queUizx.amaluco eut du neveu du roi de Bengale » le paysflui s’étend du sud au nord, le long de la côte , depuisSiífardan, jusqu’àNegotana, parl’espace de vingt lieues,& au dedans du pays jusqu’à Cambaye. Ce Nizacamalucoe ft visiblement le Nefal al Maluco , ou Malec de Texeí-ra > ou Melic de Jarric, voisin du royaume de Cambaye »& par conséquent sujet aux premieres attaques du mogol.Hamenadager est la capitale du royaume. Ananie 8c Ma-gin veulent que ce soit Beder ou Bider , appelié par Bar-ooía Mavïder. Ils mettent après elle , celle de Decan ,fluoique les plus anciens voyageurs en fassent la demeuredes rois- Les' principales villes maritimes de ce royau-■^e, font, Geytapour, Rasapour , Carapatan , Dabul ,^iffardan, 8c Chaul. La riviere de Corstance traverseîout le pays jusqu’à Mafulipatan.
Les habitans font banianes , 8c suivent les usages deCe ux de Guzarate. Ils logent dans des chaumières <lePaille , dont les portes font si basiles, qu’on ne peut en-tr er q u ’ en s e courbant. Ils couchent fur une nate, leurinique meuble. Ils font des sosies en terre , pour y bat-* re le riz. Leurs habits font ceux des autres banianes ;** leurs souliers de bois s’attachent fur le coup de piedav ec des courroies. Leurs enfans restent tout nuds, jus-Sfl à 7 ou 8 ans. Ils travaillent pour les Mahométans ,j* font tous charpentiers , maçons , chaudronniers , or-^Vres , barbiers, ou médecins. Le principal commerce^ pays est le poivre , que l’on transporte en Perse, à^Urate 8c en Europe. On y fournit de vivres aux provin-[ es Voisines 8c l’on trafique par terre avec l’Indostan ,, royaume de Golconde , 8c la côte de Coromandel ,l’on porte des toiles de coton , 8c des étoffes delois.
. Les Venesurs font un peuple de ce pays. Ils achetent/.bled 8c le riz , qu’on apporte dans les villes une/ Is , Par semaine ; 8c le revendent dans les pays voisins ,/ Us vont en caravanes de cinq ou six, 8c quelquefois». e n euf ou dj x milles bêtes de somme , avec lesquellesp S îlNrnenent leurs familles, 8c particulièrement leursstries , qui manient l’arc 8c la flèche avec autant d’a-L 6 » que les hommes ; en forte qu’ils ne craignent nis 'boutés ou soldats , ni les Couliers , qui font deseur _ s , qu’on trouve ordinairement fur cette route.Difl/?' de Decan étoit tributaire du mogol, fur-tout.de-d e S re g n e d’Idal-Scach. Chavas , homme d’esprit &rE x í’ 0Etlr ’ P arvenu de l’esclavage à des charges conside-^ es > étoit régent du royaume, pendant la minoritéE ce Prince. II payoit exactement aux commissaires duca° 1 •’ ^ CS m illi° ns de pagodes , que le roi de De-n lui devoir alors de tribut annuel ; mais, dans leur
DEC 619
retour » il les faifoit attaquer par des gens apostés, quilui rapportoient tout l’argent. Sa manœuvre fut décou-verte. Le mogol entra dans le royaume avec 200 millehommes ; 8c fut arrêté deux ans au siège du châ-teau de Perinda , que des Hollandois , qui s’y trou-voient prisonniers , aidoient à défendre. Chavas, ayantété tue , lorsqu’il conspiroit contre la vie d’Idal-Schach ,la. paix fe fit , à condition d’une augmentation detribut. Adelam-Schach , biíayeul d’Idal-Schach , avoit,en iy86 , pris deux fois Goa fur les Portugais; 8c »par le traité qu’il fit avec eux , il leur abandonna lepays de Salsette avec 67 villages ; celui de Bardes »avec 12 ; 8c celui de Tifuari , avec 30 , à conditionque les Decanins auroient le commerce libre dans tou-tes les Indes • mais qu’ils vendroient leur poivre auxmarchands de Goa. Le royaume peut , dit - on , met-tre ailement fur pied 200 mille hommes. Aucun étatde ces quartiers n’est auflì-bien fourni d’artillerie. II ya > dans. ce pays , un canon de fonte que l’on chargede 40 livres de poudre , 8c de près de 800 livres defer. Au siégé du.château de Salapour , le premier coup,tiré par cette piece , abbattit 45 pieds de murailles.
* Le P• Catrou » Hîst. gén. du Mogol, pp. 350 , 368 »8c 370.
Carré, dans son Voyage des Indes Orientales , t. 2 ,p. 18 , dit, qu au commencement du XVl® siécle , leroyaume de Decan etoit si puissant, qu’il ne pouvoitplus que décheoir ; que les grands seigneurs , qui te-ndent les principaux gouvernemens, convinrent d’as-saffiner le roi , pour se rendre indépendans ; 8c queles forces du royaume étant ainsi désunies, on fut obligéde fe soumettre à Séva-gy. C’est le Mogol. Il poffédeaujourd’hui ce pays , qui n’a. plus de roi particulier.Le mogol y entretient huit mille chevaux de garnison ,8 c il en tire , pour ses domaines, un carol , soixanté-deux lacs , quatre mille sept cens cinquante roupies :c’est-à-dire , 102047/0 roupies. Dans l’Indoustan, uncarol vaut cent lacs ; un lac vaut cent mille roupies >8c une roupie , environ 30 fols de France. Ainsi le mo-gol tire chaque année à Decan ,15 millions , 307mille , 125 livres.
Le royaume de Decan est divisé' en huit Sarcars , ouprovinces : Sc chaque Sarcar , en soixante - dix - neufParganas , ou gouvernemens:
DECAPOLE , selon D Calmet, Dicl. de la Bible ,contrée de la Palestine, ainsi nommée parce qu’elle com-prenois dix villes principales, situées les unes au deçà duJourdain, 8cles autres au-delà de ce fleuve. La premiers8c la principale des villes de la Décapole, étoit Scythopo-lis. Les autres étoient, selon Pline, 1. 5, c. 18, Philadel-phie , Raphana , Gadara , Mippos , Dion , Pella , Gerafa »Canatha, 8 c Damas. D’autres les prennent autrement,comme Pline le remarque. II est parlé de la Décapole, endivers endroits de l’Èvangile , 8c Jesus-Christy prêchasouvent. Saint Matth. c. 4, -u. 45, Saint Marc , c. 5 ,v. 20, c. 7, v. 21.
DECASTIDITJM, ancien lieu d’Italie , selonAntonin. Quelques -uns croient que c’est aujourd’huila bourgade nommée Sant’Ann a , dans la Calabre ulté-rieure. * Ortel. Thés Corn. Dict.
DECATARA , ancienne ville de laDalmatíe. *■Ortel. Thés.
DECEATES, Strabon, deCeites , Pline, ancienpeuple de la Gaule Narbonoise, en Provence, sur la côte 'orientale de la Méditerranée; il occupoit Grasse, 8c An-tibes.
DECELIE, ville ancienne de l’Attique. Plutarqueen parle dans la vie d’Alcibîade, 8c dans celle deLyfan-der. Etienne le Géographe n’en fait qu’un bourg de latribu Hippotontide. Pausanias, in Laconic. marque un’château qui étoit à Décélie, 8c Strabon, /.p, en fait unedes douze villes fondées par Cecrops, lesquelles s’asiem-blerent pour composer la ville d’Athenes. Veliuslameta l’orient d’été de cette derniere, for une colline, P res d®la source du fleuve Ilisius. t x
La dix-neuvíéme année de la guerre du Péloponèse »les Lacédémoniens prirent 8c fortifièrent Décélie ; ce qu!fut cause qu’il s’y réfugia vingt mille esclaves Athéniens.*Le P. Lubin , fcart. géogr. Thucyd. /• 7 ’ r - z -
DECEMPAGI, ancien nom d’une ville de Lorraine;
Tome H* I ui ij