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ceux de l’ifle de'Míconé, mais la véritable Delos atatîtde ruines, qu’elle ne peut rien produire. Elle n’est ha-bitée que par des lièvres 8c des lapins, qui y multiplientde telle forte , que cela lui fit donner anciennement le110m de lagia, le mot grec lagos , voulant dire un lièvre.C’est peut-être pour cette raison , qu’on n’y souffroitpoint de chiens, puisqu’ils en auroíent éteint la race, Scquel’iíle de Delos y étant un lieu sacré , les bêtes mêmey dévoient rencontrer un sûr asyle. On lui donna aussi lenom d ’Ortygia , comme qui diroit l’iíle des cailles, parceque » selon le sentiment de Solin , c’étoit là que les pre-mières cailles avoíent été vues. On n’y en voit plus pré-sentement , parce que la terre , n’y produisant plus degrains , faute d’habitans , ces oiseaux se font retirés dansles autres iíles. Hérodote dit que cette iíle étoit fertileen palmiers, & il n’y en a pas un seul aujourd’hui : maisfeulement quelques lentisques.
Delos a eu ce nom » qui veut dire manifeste , d’un verbegrec , qui signifie paroître. Quelques-uns disent, que cefut, parce qu’après le déluge d’Ogigès , qui précéda ce-lui de Deucalicm , cette iíle fut la premiere qui parut;fable mal inventée. Andros , Tiné, Naxos Sc Miconé ,plus élevées que Delos » auroient dû paroître aupara-vant. Etienne le géographe, fait venir le nom de Delos,de ce que les oracles , qui fe rendoient dans cette ifle,manifeâoíent les choses cachées. Aristote dit plus vrai-semblablement , que ce nom fut donné à cette iíle , parcequ’elle sortit tout-à-coup du fond de la mer. Les poètes ,qui s’égaient surtout, ont feint, que Latone enceinte, Sc setenant cachée depuis plusieurs mois , pour fuir la colerede Junon , osa paroître pour la premiere fois dans cetteiíle; que Neptune, par ordre de Jupiter, venoit de rendrefixe , de flottante qu’elle étoit, depuis qu’une tempêtel’avoit séparée dans la Sicile;Sc c’est de-là qu’elle fut nom-jnéeDelos, Ils ajoutent, que Latone y mit au mondeApol-lon Sc Diane , qu’elle avoit eus de Jupiter. Cette fictiondevint chez les Grecs un point de religion. Delos futune iíle sacrée ; 8c , dès les tems les plus reculés , ony célébroit des fêtes , où les iíles voisines envoyoientdes hommes , pour assister, de leur part, aux divers sa-crifices ; Sc des filles, pour y danser, Sc pour y chanter. IIs’y faisoit des combats, des cinq espèces d’exercice alorsen usage ; Sc des combats de chant Sc de musique instru-mentale. Dans la fuite, les Athéniens, maîtres de cetteIfle, la dédièrent particulièrement à Apollon , Sc y fi-rent célébrer, tous les cinq ans , une fête íblemnelle.Les combats y cesserent pendant quelque tems ; 8c l’onn’y vit plus que des joueurs d’instrumens, que les Athé-niens , les Ioniens Sc les Insulaires d’alentoury menoíentaux grandes fêtes. Les Athéniens y rétablirent ensuitetoutes les fortes de combats , auxquels ils ajoûterent lescourses de chevaux. Comme cette ifle étoit sacrée , ilétoit défendu d’y enterrer, ou d’y brûler les morts , onles portoit dans celles de Rhenia.
A cinquante pas d’un petit port de Delos, Spon trouvaonze colonnes debout, fans chapiteaux, Sc quelques au-tres renversées par terre. La tradition des iíles voisines ,est qu’íl y avoit en cet endroit, un gymnase ou écoled’exercíces , ce qui fe confirme par des inscriptions quifont mention de gymnasarques ; 8c comme ces gymna-fiarques font d’Athènes , on a lieu de présumer , que lesAthéniens avoient établi le gymnase de cette ifle. Lescorsaires chrétiens appellent encore cet endroit, les éco-les. A cinquante pas de-là, Spon vit un ovale de 300pieds de long, 8c de 200 de large , revêtu d’une muraillede quatre à cinq pieds de haut, autour de laquelle étoientencore quatre ou cinq colonnes fur pied. C’étoit le bas-sin , où son représentoit des naumachies , ou des com-bats navals. Un peu plus loin , est le terrein qu’occu-poit le temple d’Apollon. On le reconnoît à fa statue ,que l’on voit couchee par terre, Sc réduite presque auseul tronc. C’étoít un colosse quatre ou cinq fois plusgrand que nature ; la largeur des deux épaules , prisesensemble , est de six pieds ; 8c le tour de la cuisse , versle milieu , est d’environ neuf pieds, fres de-là , Spontrouva un morceau de statue qui lui parut être d’un cen-taure , 8c l’ouvrage d’une main très - habile. A quelquepas , il vit un demi-corps de femme , dont la draperieétoit maniée très - délicatement. II pensa que ces deuxpièces avoient fait partie d’un groupe, représentant l’en-levement de Déjanire par Nessus, ornement conyena-
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ble pour un temple d’Apollon, à qui les centaures etoi e « É
consacrés , comme on le voit par diffé fentes medai e •D’un autre côté du temple , étoient quatre troncsmarbre, si défigurés , qu’il ne les reconnut pas p°être des lions. II Rapprit de gens du pays, qui l es a y° ie uslvûs , lorsqu’ils étoient encore reconnoiflables 8c lurpied. Les lions étoient aussi consacrés à Apollon,quand les Perses vouloient représenter le soleil» fisdonnoient un visage de lion. Entre la mer Sc le teI ?í ie ^étoit un superbe portique qui regardoit l’iíle de R ®nia. L’on y voit une immense quantité de frisés »chapiteaux, de morceaux de colonnes entassés ^ eS , Usl tfur les autres , Sc quelques fûts de colonnes entiers» donle haut est cannelé , 8c le bas taillé à facettes. Les roigrecs avoient contribué à ce magnifique ouvrage ’comme on le voit par les inscriptions de quelques fn leLa ville de Delos étoit au pied du mont Cynthius »cause duquel Apollon étoit surnommé Cyntbien-mont, auquel Strabon donne une très-grande hauteur *est une simple colline, quin’a de haut que vingt à trefltoises. On voit au pied , un amas de marbres 8cpierres , qui font les débris de la ville , Sc fur lehajst.'des ruines qui pourroíent être d’un temple. La coin 11est toute de granite , approchant de celui d’Ëg)P^II ne paroît pas qu’on en ait jamais tiré. Vis-à-visl’iíle de Rhenia, entre cette colline 8c la mer, étoit 11)1théâtre de marbre. II en reste encore le demi-cercle , ren-trant avec ses angles extérieurs 8c ses dégrés. Le diar° e 'tre, en y comprenant l’épaisseur des dégrés, est de st eli *cens pieds. Sur le derriere, font placées aux côtés, deuxe^peces de tours massives, qui ont trente pieds de long -dix-huit de large, 8c íùrl’endroit de la scene , se décoU,vrent en terre, neuf voûtes séparées chacune par uneraille. On croit que ce font des citernes , parce qu 0remarque en quelques - unes , un conduit qui y por 111l’eau de pluye. L’ifle de Delos appartient auTurc, & 0Rappelle présentement Sdile. * Corn. Dict, Spon, Voy■Dalmat. Sc de l’Archip.
ê DELOS MINOR ; ou la petite Delos » anciew 1 ^ville, nommée plus communément Puteoli. C’est ^joúrd’hui Puzzol. Voyez, ce mot. * Ortel. Thesaur- .
DELPHES, ville de Grece , sur le mont Parnasse 'dans la Béotie, célébré par le temple 8c les oracles st .pollen. Delphus, fils de ce Dieu , lui donna son *mais quelques savans le dérivent de Delfin , qui veut o 1prophète , en Phénicien. Les grecs la nommoient aufl'J’tho, Python Sc Pythi a. Ce dernier nom est dans Dlomée, /. 3 , c. 15. Il distingue Delphes de Pythia > 11,3 ^la distance de 6 d. 30 m. qu’il met entr’elles, fait v °.jqu’íl parle de deux endroits différons. Celui auq lie ^donne le nom de Pythia , n’est pas connu. Le te&iétoit au sommet de la montagne , Sc la ville étoit -,au-dessous. Les anciens grecs croyoient Delphes » 1 ®lieu du monde ; Sc fe fondoient fur cette fable. Jup lte Jvoulant savoir où étoit le milieu de la terre, lâcha yaigles , qui partirent en même - tems , l’un de l’o sie £8c l’autre , de l’occident ; 8c qui fe rencontres eslDelphes. sl0 jt
Un pasteur » appelle Corêtas par Plutarque , ^paître ses chevres fur le mont Parnasse. II s’apperç^’^gtoutes les fols qu’elles approchèrent d’une ollV *j; ll2 í-qui s’y trouvoit, elles jettoient des cris extraotres. La curiosité l’en fit approcher. II entra dans ?j? irefí tpece de fureur , 8c prononça des prédictions » ss^ulU'suivies de leur effet. Beaucoup de gens du suffoquè-rent faire la même épreuve, Sc fe rendirent (juge-ment des oracles. Comme cette ouverture ^ tûJ \ lír s’yreuse , 8c que plusieurs , dans leurs accès de * ur . 0 í e nt>laíssoient tomber, fans qu’on fût ce qu’ils qUí
on la couvrit d’une machine posée sur trois aPP ul c ^ 0 í(ifut nommée trépié. On regarda ce lieu co_ m g*e jeunespar Apollon lui-même , 8c d’abord on fit choíf ç es ds■filles consacrées à Diane , pour rendre les - c0 uvr°í £son frere. Elles se posoient sur la machin 6 st U p oUS l e ur sl’ouverture , dont les vapeurs fe rassemb ian c ),ínerjupes , par des trous qu’on avoit faits à cet \ e j eur ca tise>*ne tardoíent pas, en leur portant à la te te , •* ora d 6S 'cette fureur sacrée ,qui leur faisoit prononcer j^aut®
Un certain Echucrates deTheflalie, charm 6 n » a dmstd’une de ces prêtresses , l’enleva. Depuis, aN 5 >
plus à cet emploi, que des filles au - d e lUS