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lieux on commença de les brûler, en cEautres on leschaíla, Sc la populace fe ruant fur eux, en brûla quel-ques-uns, en massacra d’autres, & en étouffa plusieursdans les marais. Les Annales de Pabbaye de Rebdorff,publiées par Meibom, font mention de la même persé-cution à l’occasion de cette peste. Félix’Faber, dansF)n histoire de Suabe ; Sebastien Franck , dans l’h-istoirede l’empire Sc du monde, écrite en Allemand , Scquan-rité d’autres Historiens , rapportent tout à la même an-^ee 1348. cette honteuse inhumanité. Dans cette pros-cription générale , un grand nombre de Juifs fe sauvè-rent comme ils purent des bûchers qui leur étoïent pré-parés , fe jeterent dans les forêts Sc dans les lieux lesplus déserts, ils se mirent ensemble pour être plus en sû-reté , fe ménagèrent des souterrains d’une très-grandeétendue , Sc Waienseil croît que ce sont eux qui ontcreusé la plupart des vastes cavernes qu’on voit en-core en Allemagne ; Sc il le croît avec d’autant plus deVraisemblance , qu’il ne voie aucune raison qui ait pûporter les hommes à entreprendre un tel travail. Cin-quante ans après » ce malheureux peuple ayant lieu decroire que ceux qui l’avoient tant haï étoient morts,quelques-uns fe hasardèrent de sortir de leurs tanières:heureusement pour eux, les chrétiens se traitoient alorsles uns les autrgs , comme ils avoient traité les Juifs.La guerre contre les Huffites faisoirune diversion favo-rable ; sur le rapport de leurs espions , ils quittèrentles cavernes ; mais comme on pouvoir leur demanderde quelle religion ils étoient, pour ne point avouer tropclairement la leur, ni la nier, ils se choisirent un capi-taine , nommé Zundel , afin de ne point passer pourgens qui n’avoient ni chef, ni police , ni moeurs. Com—me il falloit dire ce qui les amenoit en Allemagne, ilsconvinrent entr’eux de dire que leurs ancêtres habitè-rent autrefois en Egypte, ce qui est vrai des Juifs, Scque leurs ancêtres furent chassés de leurs maisons , pourn’avoir pas voulu recevoir la Vierge Marie Sc son Fils.Le peuple entendit ce refus du tems que Joseph portal’enfant en Egypte , pour le dérober aux desseins d’Hé-rode, au lieu qu’ils l’entendoient de la persécution queleurs peres avoient foufferte 50. ans auparavant. De làleur vient le nom à’Egyptiens qu’on leur donne souvent.Il n’étoit pas naturel que des gens qui arrivoient , di-soíent-ils , en Allemagne, n’eussent pas une langue dif-férente de l’Allemand ; outre la nécessité de la vraisem-blance, il y avoit aussi celle de leur fureté ; ils se for-gèrent un Argot ou jargon déguisé de l’Allemand. Ilsa Ppellerent un enfant, einschreyling , un criard ; un man-teau , ein windfanh , un preneur de vent ; un soulier »ri» trittling , un marcheur; de l’eau, flojfart, coulante; unoiseau, flughart , volant; une oye, Breitfuss, pied lar-ge, Sc ainsi du reste. Ils firent entrer un assez bon nom-bre de mots Hébreux dans ce jargon; 8 c ces mots Hé-breux , déguisés par la langue Allemande, décèlent l’o-r, gîne de ces gens-là, Sc font une preuve de ce quion a été ditei-dessus. Pour ne paroltre pas entièrementinutiles à ceux dont ils imploroient l’assistance , ils assurterent que les maisons où ils étoient une fois reçus, n’é-toient plus sujettes à l’incendie. Ils feignirent de savoirParfaitement la Chiromemancie , Sc se mirent à dire labonne avanture aux famelettes Sc aux servantes , tou-jours curieuses de savoir quel galant ou quel mari ellesauront. La fureur contre les Juifs s’étant enfin appaifée,leur nation fat admise de nouveau dans les villages,puis dans les villes. Mais il resta toujours un certainnombre de gens accoquinés à cette vie libertine & va-gabonde, accoutumés au vol Sc au brigandage , incapa-bles de se fixer dans un lieu où il faudroit vivre confor-
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cément aux loíx civiles La beauté de quelques-unes6e leurs filles, le charme apparent d’une vie exemte decontrainte Sc de travail, ont séduit de jeunes débauchés6e familles chrétiennes ; de forte qu’il j auroit de l’in-justice à mettre fur le compte de la nation Juive , la viescélérate 8c désordonnée des Egyptiens. Quoique cettenation soit l’origine de ces gens là, il s’en est faj* unte \. m élange de divers peuples Sc de diverses religss ,ns >q u sts n e reconnoissent plus ni religion ni patrie. Ceux^ P a bbtent en France se dirent Bohémiens , Sc ce nomci \6onné aux diseurs de bonne avanture.
EHENHEIM : il y a deux lieux de ce nom , une ville* UNS bourgade en France dans la province d Alíace ,
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fur la rivière d’Ergeí : la ville est nommée Ober-Eken-heim, en latin Ehenhsimia fupenor, c’est-à-dire la hau-te Ehenheim , parce qu’elle est effectivement au-dessusdu bourg, par rapport au cours de la nviére , à troismille de Strasbourg Sc de Schlestadt. C’étoit autrefoisune ville impériale, Sc son contingent étoit de deuxCavaliers , & quatorze Fantassins. Elle est du bailliagede Haguenau, Lc n’avoit point encore de murs en 12.62.au rapport de la chronique d’Aifaee , t. 3 , c. 10. Ellefut soumise aux Electeurs Palatins, & ensuite à la mai-son d’Autriche avec les autres du même bailibge. Maispar la paix de Munster 164.8. elle fut cédée à la Fraqce,qui en jouit depuis ce tems-là. Le village est nomméUnter ou Nider-Ehenheim , en latin Ekenheimia in~ferior, c’est-à-dire la basse Ehenheim, 8c appartient à lafamille de Landsberg. Ces deux lieux ont beaucoupsouffert durant les guerres d’AUemagne. * Baudrand ,édit. 1705.
Quelques-uns , & entre autres Hubner Kurtz* Frageaujj'àer Geog. p. 442. écrivent par abréviations Obern-HEIM pour Ober Ehenheim.
1. ÉHINGEN , petite ville d’Allemagne , dans laSuabe , fur le ruisseau de Schmiha, assez près du Danu-be, au-dessus d’Ulm.Pirckheimer Croît que c’est la Dr d*cuina de Ptolomee. Elle a une belle abbaye de filles dePerdre de Saint Benoit, qui est aussi très-remarquablepar un pélérinage. Elle a autrefois appartenu aux com-tes d’Hohenberg. Elle est différente d’Ehingen fur leNecre. * Zeyler. Suevite Topog. p. 27,
2. EHINGEN t petite ville d Allemagne, dans laSuabe, furie Necre, vis-à-vis de Rottenbourg, dans'le comté de Hohenberg. Elle appartient à la°maifond’Autriche. II y a dans cette ville , la prévôté de SaintMartin , fondée vers Pan 1320. par u n comte de Ho-henberg , pour un Prévôt, douze Chanoines , quelquesvicaires Sc autres ecclésiastiques pour la desservir. Aumilieu de Pégliíe font trois monumens des Fondateurs,Sc les tombeaux de quelques períonnes de distinction, IIy a aussi dans cette ville , un couvent de filles nommédie Ober Cíauss, ou Crufmus Annal. Suev. rapporte quecelle qui étoit Prieure en 1589. avoït pris Ebahit à l’â-ge de quinze ans , Sc avoit encore vécu quatre-vingt-dix ans après » c’est-à-dire ceut cinq ans en tout.
Baudrand Sc ses Copiste ne perlent que de la pre-mière , qu’ils appellent bourg place prés du Danube,comme ils disent, au lieu que 1 autre est fur le Neckre.
EHRENBERG . forteresse d Allemagne , dans leTirol, en latin Erebergum ; elle est tres-rernarquable ,parce qu’elle ferme un passage important. CependantMaurice , Electeur de Saxe, la P nt 1552.. s 0us p e m~pire de Charles V. Cette place est a la droite de la ri-vière de Leck » au fud-est, Sc à une bonne demi-heurede chemin de Reutte , fur les frontières de Pévêché deFrisingue. * Sieidan. ad ann. 15 5 2- -Majèn. Anim. Hist.1. 7. Sanson , Atlas.
EHRENBREITSTEIN , ou Ehrnbreîtsteïn ;en latin Eremberti Saxum, selon Baudrand , Erenbreit-ftenium, félonies annales de Treves; forteresse & châ-teau d’Allemagne, fur la rive orientale du Rhein , vis-à-vis de Coblentz , dans les états de l’Electeur de Trê-ves , à qui cette forteresse appartient. Elle étoit déjabâtie depuis long-tems , Sc tdmboit en décadence fousHillin, quatre-vingt deuxième évêque de Treves, lors-que ce Prélat Pagrandit, Sc en augmenta les fortifica-tions; en 1166. il y fit faire une citerne, taillée dansle rocher. Jean II, un de fez successeurs, y fit creuser àgrand frais , un puits d eau-vive , qui couta deux ansde travaux immmenfes ; il a deux cens quatre-vingtpieds de profondeur , dans le vif du rocher. Il y avoitau bas de cette citadelle , un couvent de religieuses ,que ce Prélat en retira pour y loger des Augustins /on dit que Lâther y demeura quelque tems. La for-teresse qui est en bas fut bâtie par l’Electeur Phi-lippe Christophle, qui Pan 1632. remit Pline Sc l’autreaux François : mais le général d-e Wert les réduisit parfamine Pan 1637. 8c elles furent mises en séquestre àl’Electeur de Cologne. Élies furent ensuite rendues àl’Electeur de Treves , Sc à son chapitre Métropolitain ,par le traité de Munster, 8c la garnison établie par PE-lecteur doit faire serment de fidélité envers lui Sc son
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chapitre. La forteresse d’en bas , qui est au j^rd
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