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Tome second. C - F.
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bon en parle pour l'avoir vû du tems d'Auguste ; & ledroit d’azyle, dit cet auteur , s’étendoit jusqu’a cent-vingt-cinq pieds aux environs. Mithridate avoit réglé cetazyle à un trait de fléché. Antoine doubla cet eípace, 8 c yajouta une partie de la ville 5 mais libéré , pour éviterles abus qui se comettoient â l’occasion de ces sortesde droits , abolit celui d’Ephese. On ne marqua l’azylesur les médailles de cette ville, qu’aprèsque ì’empereurPhilippe le vieux y eut passé, encore ce ne fut que furcelles d’Otacilla, le revers représentoit la Diane d’E-phese avec ces attributs, le soleil d'un côté 8 c la lunede l’autre. Nous avons une médaille de Philippe lejeu-ne au même type, mais la légende est différente. Cellequi est frappée â la tête d’Etruscilla, représente Dianeavec ses attributs 8c'des cerfs ; la légende est la mêmeque celle de la médaille d’Otacilla. Pour ce qui est del’arrivée de Philippe à Epheíe : elle est marquée furune médaille de cet empereur, dont le' revers est chargéd’un vaisseau qui va a la voile.

Dutems d’Herodote, la ville d’Ephese étoït éloignéedu temple de Diane, mais cet auteur ne parle pas de

statue d’or que l’on y avoit placée, suivant Xenophon.Strabon assure que les Ephestons, par reconnoissance ,avoient dressé dans leur temple une statue d’or à Arte-midore. Syncelle, qui assure que ce temple fut brûlé, parleapparemment d’un incendie particulier, dont on réparale dommage fans en changer le dessein ; ainsi le templeque Pline a décrit, étoit le même que celui que Stra-bon avoit vû. Ge même temple fut dépouillé 8 c brûléparles Scythes en 263. Les Gots le pillèrent sousT.Em-pereur Gallien. Nous avons plusieurs médailles, fur lerevers desquelles ce temple est représenté ayec un fron-tispice, tantôt à deux colomnes , à quatre, à six & mê-txies jusques à huit, aux têtes des empereurs Domitien,Adrien, Antonin Pie, Aurele, Lucius Verus.Septi-tne Severe , Caracâlla, Macrin, Elagabale , AlexandreLevers, Maximin.

Outre les bas-relíefs 8c les statues, ce temple devoitêtre orné de tableaux merveilleux ; car Apelles 8c Par-rhasius , les deux plus fameux peintres de l’antiquitéétoient d’Ephefe. Autour des ruines de Ce temple sevoyent les débris de plusieurs maisons bâties de briques ,dans lesquelles logeoient peut-être les prêtres de Dia-ne , qui venoient souvent de bien loin pour être hono-rés de cette dignité. On leur confioít le soin des ViergesPrêtresses, mais ce n’étoit qu’après les avoir fait eunu-ques. Nous avons peu de villes dont il reste autant d®médailles , les unes nous apprennent qu’elle fut troisfois Neocore des Césars, 8c une fois de Diane, Les au-tres qu’elle fut bâtie à l’occasion d’iin sanglier. Onprouve par quelques - unes que ses citoyens se qua-lifioient du titre de premiers peuples â’Asie. La ,plupartde ces pièces représentent Diane ou Chasseresse ou àplusieurs mammelles, ou parée de ses attributs.

J’ai fait graver une porte qui est à gauche fur lechemin de Scalanova. Le cintre qui en est beau, n’estpas proportionné aux jambages qui le soutiennent, caril fait plus que le demi-cercle ; les frises sont entailléesproprement, 8c c’est fur ce reste de bâtiment qu’on liten dedans 8c en dehors, un bout d’inscription que voici :elle est en caractères romains , où l’on ne comprendrien.

A c C E N S OR EN S I ET A S I A E.

Les Asphodèles à fleur jaune, à tige droite 8c,fans cane-lure, brillent parmi plusieurs autres plantes rares.

Le château, qu’on appelle la prison de Saint Paul,ïl’est pas ancien, Sc n’a jamais été beau : la Grotte dessept Dormans mériteroit d’être vue , fi l’on étoit bienassuré de la vérité de cette histoire. En sortant des rui-nes du temple , on trouve un marais rempli de joncs 8 cde roseaux, lequel so dégorge dans le Caystre. Au-delàde cette rivière est un lac assez bourbeux; peut-être qu’illîods parut tel à cause des grandes pluies qui tom-boient ; il faut que ce íoit le lac de Selinusìa de Stra-bon. En allant au port, on voit fur le bord de la riviè-re , beaucoup d’anciennes ruines Sc de vieux marbres.C’étoit là proprement le quartier d’Ephese, q ue Lysi-machus avoit fait bâtir, où se trouvoient les Arsenauxdont parle Strabon. On passe le Caystre à quelques pasde là, dans un bac à corde, pour aller de Scalanova à

EPH

Smyrne, fans venir passer sor le pont, C’eíl encorê í 5 an-cien chemin d’Ephese â Smyrne; car c’est le plus court.8c Strabon assure qu’il alloit en droiture d’une de cesvilles à l’autre; c’est aujourd’hui le chemin le plus dan-gereux.

Quoique la plaine d’Epheso soit belle,néanmoins lasituation de Smyrne a quelque chose de plus grand, &la colline qui en termine le golfe, est comme un théâ-tre destiné pour représenter une belle ville ; au lieuqu’Ephese est dans un bassin. D’ailleurs quoique cetteville ait été le siège du proconsul Romain, 8c le rendez-vous des étrangers qui alloient en Asie , son port sí?’jamais été comparable à celui de Smyrne. Celui d’t-• pliese , à l’occasion duquel on a frappé tant de médail-les ,• n’est qu’une rade découverte 8 c exposée ; il n eltplus fréquenté à présent Autrefois les bâtimens en-troient dans la rivière, mais la barre a été depuis com-blée de fable.

Il est difficile 8c peu intéressant de découvrir que' sfurent les fondateurs d’Ephese, comment elle s’app e ,loit du tems de la guerre de Troye, ou si elle a p rJSson nom d’Epheíùs , fils de Caystre 8c de l’AmaZoneEphefe ; si c’est l’ouvrage des Amazones ou d’Andro-clus, un des fils de Codrus roi d’Athénes ; cela ne p e ^}servir qu’à éclaircir un endroit dé Syncelle, où il„ .que ce fut Andronic, au lieu d’Androclus , qui fit bâtisÉphese. Quiest-ce qui s’embarasse de savoir s’ii y avorCun quartier de cette ville , qui s’appelloit Smyrne ? L eSsortes d’éruditíons ne nous intéressent plus ; mais il ísplaisir de se souvenir que pendant les guerres des Athé-niens 8c des Lacedemoníens , Ephefe avoit la polít'fl 11 ®de vivre en bonne intelligence avec le parti le plus f° r Gque le jour de la naissance d’Alexandre, les Devh lS ycette ville se prirent tous à crier, que le destructe ur jl’Asie étoit venu au monde. Qu’Alexandre le grand 'fur lequel la prophétie étoit tombée , vint à Ephefe a F reSla bataille du Granique, 8c qu’il y rétablit la Démo-cratie ; que la place fut prise par Lysimachus , l’u stsos successeurs ; qu’enfin Antígonus l’occupa à son totlC8c y saisit les trésors de Polysperchon. ( ,

Ce fut a Ephefe qu’Anibal s’aboucha avec Antíocn l,s 'pour prendre de concert des mesures contre lesmains ; le Proconsul Manlius y passa l’hiver, après lâdéfaite des Gaiates. Rien n’est plus effroyable qi' e j®massacre des Romains en cette ville, par les ordresMithridste. Lucullus fit de grandes fêtes à Ephefe-guste, Pompée 8c Cicéron ont voulu voir cette vist e v C j 3lébre. On y dressa des temples à Jules César Sc aville de Rome. Scipion beau-pere de Pompée eutde respect pour Epheso, car il fe saisit des trésorstemple. Ephefe fut rebâtie par les soins de Tibère. Dautre côté les Perses la pillèrent dans le troisièmecle, 8 c les Scythes ne l’épargnerent pas quelque faprès. Il y a beaucoup d’apparence que le fameux ^pie de Diane fut détruit sous Constantin, enso lte ^l’édit par lequel cet empereur ordonna de ren vetous les temples des Payens.

Ephefe étoit une .place trop considérable, pou r ^ (3íiS .pas exposée à son tour aux ravages des Mah otnAnne Comnéne rapporte que les Infidèles s’ém nt rCdus les maîtres d’Ephese , sous le régne de s° nAlexis, il y envoya Jean Ducas son beau père ,fit Tangriperme 8 c Marace , généraux des Mahom c £_La bataille se donna dans la plaine au-dessou s rt ; e

tadelle ; ce qui fait connoître que la plus b e ‘ ^.^tíensde la ville étoit déja détruite pour lors. LeZ íV 0 j e rs,eurent tout l’avantage ; on fit deux mille P rl yle gouvernement de la place fut donné à R^txea apparence que la citadelle dont parle Co&s ” ’l’ancien château de marbre abandonné. Théo jyj a .-caris se rendit le maître d’Ephese en t 206- ^ q U í

hométans y revinrent sous Andronic Paléo °ë j £ur gcommença à régner en 1283. Mantachi aS ’princes , conquit toute la Carie; 8c Homur ^ b a -prince de Smyrne, lui succéda. Tamerlan» a P/^ g j’A-taille d’Angora, ordonna à tous les pet*”)^ pe n-

natolie , de le venir joindre à Ephefe, Sc ® 0 e „ v ítons.dant un mois à faire piller la ville e ral id ca-Après le départ de ce conquérant, Cineite ’ , 0liv er-pitaine Turc, fils de Carafupasi. fl 111 ? v01 err e aux en-neur de Smyrne sous Bajazet, déclara a g