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pèsent. Ils coupent le sel » dont ils font d’ordínaìre descarrés, qui ont deux pieds de longueur, &un d’épaisseur,& on ne s’en sauroit servir, si on ne le moud entre deuxpierres à moulins. La mine est froide & humide, ce quitait qu’on a de la peine à mettre ce sel en poudre. L’eauen est si salée , que quand on l 5 a fait bouillir , il s’enserine un sel à demi-noir » qu’ils donnent dans ce paysa manger aux bestiaux. Quoique les pierres de sel qui setrouvent dans cette mine, soient un peu grises , ellesfont fort blanches après qu’on les a rompues, & misese o poudre, en forte qu’on les croiroit rafinées. Tout lefol qu’on en tire n’est pas de la même forte. 11 y en ade plusieurs couleurs, jusqu’à celui même qui est le plusPUr , St qui ressemble à du cristal. Celui qui est grossiè-rement mêlé avec la terre, en retient toujours quelquecouleur. On a vû un fort beau bleu au milieu d’une pier-re de sel de crystal, & dans une autre une très-belle piè-ce de jaune transparent. II y en a même quelques mor-ceaux qui font si clairs, Sc si durs , que l’on y gravediveríès figures, comme si c’étoit du crystal même. *Ed. Broivn. Voyag. p. 162.
EPEENAY, ville de France, dans la Champagne.Voyez Espernay , quoique l’r ne se prononce point.
EPERNON , petite ville de France, en Beauíïè.Voyez Espernon. -EPERQDIA. Voyez Eporedia.
EPETIUM, ville de l’Illyrie , selon Ptolomée, 1 .2 » c. 17. sur la côte de la Dalmatie , entre Salone auc°nchant 8c Pegentium, aujourd’hui Almiza , au levant,c°mme on peut voir dans la table de Peutínger , a 1 em-bouchure d’une rivière de même nom. Cette ville estriJ inée, 8c n’est plus qu’un village nommé Zarnou-*>iza ,près de Spalatro , où l’on en volt encore les dé-bris , su rapport de Lucius, l’écrivain le mieux instruitáur ce pays-là. C’est des ruines de cettè ville que s’estac cru e la ville de Spalatro, & quelques auteurs 1 appel-ant à cause de cela la nouvelle Epetium. Les Epetini de■Qine, 1. 3 , c. 22. font les habítans de cette ancienneystle. Ce dernier auteur les place dans une iíle ; peut-e tte que leur ville étant au bord de la mer en étoit en-tonnée tout autour.
. EPHESE , ville maritime de F Asie mineure, dans*°nie, selon les anciens, présentement nommée Efe-S ° Par les Italiens, 8c Aiasalou'e par les Turcs , à quiC , appartient. Parmi le grand nombre de descriptions*F l c n ont donné les voyageurs, j’ai choisi celle de Tour-^ e fort, voyage àu levant , Lett. 22 , t. 2 , p. 202. &J l dv. comme la plus ample & la plus exacte : voici à? eu près ses termes : Ephefe, cette ville autrefois si il-’jstre, qu’Etienne de Bylance appelle Epiphanestate ,
11 est plus aujourd’hui qu’un misérable village habité^ ar 3 °- ou 40. familles Grecques, lesquelles, comme’jetnarqueSpon, ne font pas capables d’entendre les let-r es de Saint Paul. La menace du Seigneur a été accom-f' e fur elle. J’ôterai vôtre chandelier de son lieu , fi^°J{-r ne vous repentez,- Ces pauvres Grecs font parmi de‘eux marbres, Sc contre un bel aqueduc. La citadellet le Turcs se sont retirés , est fur un'tertre qui s’é-e «d du nard au sud , Sc domine toute la plaine ; c’estPput-être le mont Pion de Pline. L’enceínte de cettec ’tadelle, fortifiée par plusieurs tours, n’a rien de ma-gnifique ; mais à quelques pas, du côté du midi, on voítrestes d’une autre citadelle plus ancienne » beaucoupï^Rs belle, Sc dont les ouvrages étoient revêtus desP*us beaux marbres de l’ancienne Ephefe.
£■ E y reste encore une porte de fort bon goût. Je ne33 Par quelle raison on Pappelle la porte de la Persé-Clf tion. Elle est remarquable par trois bas-reliefs encas-r . es sor son cintre. Celui qui est à la gauche a été leP us beau , mais il est le plus maltraité. II représentelle bacchanale d’enfans , qui se roulent sur des pam-f^esde vigne. La porte dela Persécution décline du sudîrrMest; elle étoit défendue par des ouvrages assezregu[; erg > que l’on avoít agrandis suivant le besoin ,ON le connoît par les ruines, car à mesure qu’ilse oulent, il S laissent, voir d’autres ouvrages de mar-e A ^ u .í ° nt été recouverts.
çq r U , > Sc au pied de la colline où est bâti le château,
Île ^slise cie S. Jean, convertie en Mosquée. Je
J Ia ‘ " c ’est celle que Justinien y fit bâtir ; mais st estr tai n que c’est.de ce grand évangéliste que vient le
EPH
nom d’Aíafalouë » sous lequel Ephefe est connue desGrecs Sc des Turcs. Les Grecs appellent Saint JearìAios Scologos , aU lieu d’ Agios Theologos , le SaintThéologien , parce qu’ils prononcent le © comme un2 ; d’Aios Scologos ils ont fait Aiafalouë. Le dehorsde cette église n’a rien d’extraordinaíre. On dit qu’il ya de belles colòmnes en dedans; mais les plus, bellespièces des ruines d’Epheso ont été emportées à Cons-tantinople pour les mosquées royales.
L’aqueduc aujourd’hui, à moitié ruiné , est à l’Est ìc’étoit Fouvrage des empereurs Grecs, de même que lacitadelle ruinée. Ses piliers qui soutiennent les arcades jsont bâtis de très-belies pièces de marbre, entremêléesde morceaux d’architecture, 8c l’on y lit des inscriptionsqui parlent des premiers Césars. Cet aqueduc conduisoítà la citadelle Sc a la ville, les eaux de la fontaine Ha-litée , dont a parlé Paufanias. Cette ville s’étendoit prin-cipalement du côté du midi, 8c tout ce quartier n’estrempli que de ruines ; mais Ephefe a été renversée tantde fois qu’on n’y connoît plus rien. On traverse la plai-ne pour aller reconnoître les ruines de ce fameux tem-ple de Diane, qui a passe pour une des merveilles duinonde. Ce grand édifice etoit situé au pied d’une mon-tagne , & à la tête d’un marais. Pline croît qu’on choisiece lieu marécageux comme moins exposé aux tremble-mens de terre j mais auuÇ on s engagea à une dépensoeffroyable; car il salut faire des caves p 0U r vuider leseaux qui s’écouloient de la colline, les jetter dans lematais 8c dela dans le Caystre. Ce sont ces caves queFou prend mal à propos pour un labyrinthe : mon opi-nion est appuyée fur celle de Philon de Byso nce . Oemerveilleux temple construit aux dépens de s pso s puis-santes villes d’Asie , deux cens ans avant que Pline enparlât, avoit425. pieds de long, sor ^?o. de large. Ony voyoït 117. colomnes, dont les rois d Asie avoientfait la dépense , & ces colomnes avoient chacune soi-xante pieds de haut. 11 y en avoit trente-six couvertesde bas-reliefs , parmi lesquelles il s en trouvoit une dela main de Scopas sculpteur fameux. Cherliphron futl’arcbítecte de cette édifice. H n’en reste aujourd’huique quelques gros quartiers qui n’ont rien de surpre-nant que leur épaisseur ; la plupart sont de brique , re _vêtus de marbre , 8c il paroît qu ils étoient ornés deplaques de bronze. On ne voít plus parmi ces débris ,que quatre ou cinq colomnes cassées.
Ce n’étoit pas là le premier temple que les Ephe-siens avoient dressé à l’honneur de Diane. Denis l e géoigraphe nous apprend que ce premier temple etoit uneespece de niche d’une beauté singulière, que les Ama-zones , maîtresses d’Epheso, avoient fait creuser dans letronc d’un ormeau, où apparemment la figure de l a Dées-se étoit placée. Ce n’est pas fans doute de cet ouvragedes Amazones dont parle Pindare,lorsqu’ihavance qu’el-les firent le temple d’Ephesc, dans le tems qu’elles fai-soíent la guerre à Thesée. Paufanias soutient q U e c’é-toit Fouvrage de Crœfus Sc d’Ephesos , fils de Cyastre,& qu’il étoit célèbre avant le passage de Nileus , fils de
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Codrus, en Asie. Gela étant , le temple étoit pl us an-cien que la ville ; car Strabon croît qu’Androcíus , filsde Codrus, bâtit Ephefe ,& Paufanias parle de ce mê-me Androclus qui eu chassa les Gariens,
Le temple que ce fou d’Herostrate brûla , l e jour dela naissance d’Alexandre n’étoit pas le même que ce-lui qui sobsistoít du temps de Pií ne . puisqu’Alexan-dre voulut le faire bâtir quand il passa à Ephefe Ceconquérant fit dire aux Ephesiens qu’il en feroítvolontiers la dépense, pourvû qu’on mît son nom sorle frontispice ; mais us répondirent , qu’il ne con-venoit pff f- yteu de dre(fer des temples à d'au-tres divinité s.Jì trabon, qui rapporte ce trait, assure queChersiphron rut bien le premier architecte du templede Diane > mais qu un autre architecte l’augmenta. Aprèsl’íncendie d’Herostrate, les Ephesiens vendirent les co-lomnes qui avoient servi au premier, & tous les bijouxdes Dames de la ville furent convertis en' argent, pourfaire un édifice beaucoup plus beau que celui qu’on avoítbrûlé. Cheiromocrate en fut l’architecte ; c’est soi qui fitbâtir la ville d’Alexandrie, & qui du mont Atbos vou-lut faire la statue d’Alexandre. On voyoït dans ce tem-ple des ouvrages des plus fameux sculpteurs de Grèce.L’ autel étoit presque tout de la main de Praxitèle. Stra-