/
y y 8 E R Z
Eryx , avec Eryce-, de laquelle parle le géographe Etien-ne, Sc qu’il met auffi dans la Sicile. Eryx etoit au cou-chant de i’i'íle , au lieu qu’Eryce étoit au midi orientaldu lac des Paliques , à la source de la rivière Eryces .dont l’embouchure étoit entre le Symaethus , Sc leTerías.
ERZEROM , Arzeron , ou Arzerum : quelques-uns, comme de Tournefort, Voyage du Levatit , l. 18 ,écrivent Erzeron : grande ville à cinq journées de laMer Noire, 8 c à dix de la frontière de Perse, au 40 de-gré de latitude , Se au 59 de longitude. Erzeron est bâtidans une belle plaine , au pied d’une chaîne de monta-gnes qui empêchent l’Euphrate de se rendre dans la MerNoire , 8 c l’obligent de íe tourner du côté du midi. Laplaine d’Erzeron est fertile en toutes sortes de grains. Lebled y étoit moins avance au mois de juin qu'à Paris ,Sc n’avoit pas deux pieds de haut, aufli n’y fait-on larécolté qu’en septembre. Je ne suis pas surpris , ditFauteur cité , de ce que LuculluS trouva étrange queles champs fussent encore tout nuds au milieu de Pété,lui qui venoit d’ítalie.-Il fut encore bien plus étonné devoir de la glace dans P équinoxe d’automne : Rappren-dre que les eâux, par leur froideur , faifoient mourir leschevaux de son armée ; qu’il falloit casser la glace, pourpasser les rivières ; Sc que ses soldats étoient forcés decamper parmi la neige qui ne cessoit de tomber. Ale-xandre Severe ne fut pas plus satisfait de ce pays-ci.Zonare remarque que son armée , repassant par P Ar-ménie , fut si maltraitée du froid excessif qui s’y faifoítsentir , qu'on fut obligé de couper les mains Sc les piedsà plusieurs soldats , que l’on trouvoit à demi-gelés furles chemins.
Outre la rigueur des hivers , ce qu’il y a de plus fâ-cheux à Erzeron , c’est que le bois y est rare 8e fort cher.On n’y connoít que le bois de pin , que l’on va chercherà deux ou trois journées de la ville. On y brûle commu-nément de la bouze de vache, dont on fait des mottes ,mais elles ne valent pas celles-des tanneurs,dont on sesert a Paris , encore moins celles du marc des olives , que1 on prépare en Provence. On ne sauroit imaginer quelhorrible parfum fait cette bouze, dans des massons qu’onne peut comparer qu’à des renardières, & fur-tout lesmaisons de la campagne. Tout ce qu’on y mange íentla fumée ; Sc l’on feroit fort bonne chere , si l’on pou-voir y faire cuire, avec du bois , la viande de boucherie,qui y est fort bonne.
Les fruits qu’on y apporte de la Géorgie, font excel-lons. Les collines voisines fournissent à Erzeron de très-belles sources, lesquelles arrosent la campagne , 8c lesrues de la ville. C’est un grand avantage pour les étran-gers que les eaux soient bonnes ; car on y boit le plusdétestable vin du monde. L’eau-de-víe n’y vaut pasmieux, encore en coûte-t-il bien des foins Sc de l’ar-gent pour avoir ces boissons détestables. Les Turcs yaffectent plus de sévérité qu’autre part, Sc íe font unplaisir de surprendre, Sc de bâtonnet ceux qui font ce com-merce : ils n'ont pas trop de tort ; c’est rendre un grandservice au publie, que d’empêcher le débit d’auffi mau-vaises drogues.
La ville d’Erzeron a doubles murailles j elle est dé-fendue par des tours quarrées, ou pentagones, mais lesfossés ne sont ni profonds , ni bien entretenus. Le Be-glierbey, ou le pacha de la province, est logé dans unvieux serrail fort mal entendu. Le janissaire Aga íètient dans une espèce de fort, au haut de la ville. Quandle pacha, ou les personnes les plus considérables du paysvont dans ce fort, c’est pour y laisser leurs têtes. Le ja-nissaire les fait avertir de s’y rendre par ordre du grandseigneur : le capigi arrivé de la cour leur montre ses or-dres , Sc les executefans autre cérémonie. On croitqu’ily a dix-huit mille Turcs dans Erzeron, six mille Armé-niens , Sc quatre cens Grecs. On estime qu’il y a soixantemille Arméniens dans la province, & dix mille Grecs.Les Turcs qui font dans Erzeron font presque tous janis-saires : on y en compte environ douze mille , 8c plus decinquante dans le reste de la province. Ce font presquetous gens de métier, q U i la plupart donnent de Pargentau janissaire Aga, bien loin d’en retirer: cela s’appelleacheter le privilège de ne rien valoir, Sc de commettretoutes sortes d’insolences. Les plus honnêtes gens fontobligés de s’engager dans ce corps, parce qu'outre qu’ils
ES A
ne feroient pas bien venus du commandant , qui estpresqu’absoïu dans la ville, ils se trouveroient tous lesjours exposés aux violences de leurs voisins » 8c n au-roient aucune justice des officiers. Le grand seigneur nedonne pas jour aux véritables janissaires du pays » st uedepuis cinq aspres j us qu’à vingt ; P Aga profite de cetargent.
Les Arméniens ont un évêque 8c deux églises dansErzeron. Ils ont quelques monastères à la campagne »comme le grand Couvent , Sc le Couvent rouge. Us recon-noissent tous le patriarche d’Erivan. Pour les Grecs, fisont aussi leur évêque dans la ville , mais ils n’y ont qu u-ne église fort pauvre. lis font presque tous chauderon-niers , 8c occupent les fauxbourgs où ils travaillent amettre en vaisselle le cuivre qu’on y apporte des mon-tagnes voisines. Outre cette vaisselle que l’on transporteen Turquie , en Perse, 8c même chez le Mogol, on fa> £un grand commerce à Erzeron de fourrures , 8c fur-toutde celles de Jardava ou Zerdava ; ce font des peauxd’une espèce de martre assez commune dans le pays. Lespeaux les plus foncées font les plus estimées. On ap-porte aussi à Erzeron beaucoup de gales , de cinq ou fixjournées de la ville, Sc l’on y conserve les chênes avecfoin, par ordre du pacha ; le bois feroit d’ailleurs tropcher , si on l’y apportoít pour brûler.
Cette ville est le passage Sc le repofoir de toutes lesmarchandises des Indes , fur - tout lorsque les Arabescourent autour d’Alep & de Bagdat. Ces marchandises»dont les principales font la foye de Perse , le coton,l eSdrogues , 8c les toiles peintes , ne font que passer en Ar*ménie. On y en vend très-peu en détail, 8c l’on laisse'roit mourir un malade faute d’un gros de rhubarbe »quoiqu’il y en eût plusieurs balles toutes entières. Onn’y débite que le caviar , qui est un ragoût détestable*C’est un proverbe dans le pays, que si l’on vouloit don-ner à déjeuner au diable , il faudroít le régaler avec djlcassé fans sucre , du caviar , Sc du tabac , je voudroiSajoûter du vin d’Erzeron. Le caviar n’est autre chose q uedes œufs salés , des éturgeons que l’on prépare autourde la mer Caspienne. Ce ragoût brûle la bouche par sonsel, Sc empoisonne le né par son odeur. Les autres mar-chandises, dont on vient de parler, font portées âTre-bísonde , où on les embarque pour Constantinople*Nous fûmes surpris de voir arriver à Erzeron unegrande quantité de garance, qu’ils appellent Lor'-r : euvient de Perse , Sc sert pour les teintures des cuirs **des toiles. La rhubarbe y est apportée du pays d’Usbeîen Tartarie. La semencine, ou la graine aux vers, vientdu Mogol. II y a des caravaniers, qui, de pere en fil s .’ne se mêlent que de voiturer les drogues, Sc qui cro 1 'roient dégénérer, s’ilsse chargeoient d’autres marchai 1 'dises. . ,
Le gouvernement d’Erzeron rend trois cens bo« slpar an au pacha , ou viceroi de la province. LhassJ^bourse est de cinq cens écus , de même que dans tonsreste de la Turquie ; ainsi ces trois cens bourses *cent cinquante mille écus. Elles se prennent 1. Essmarchandises qui entrent dans la province, ou j gsortent ; la plupart payent trois pour cent, quelss 1 ^, Qtle double. On exige de gros droits pour les espècesSc d’argent. La foye de Perse Chorbafi , qui est l a Pfine , Sc VArdachi , qui* est la plus grossière , payent,écus par charge de chameau, qui est du poids de 8°° ij eSqu’à 1000 livres. 2. Le beglierbey dispose de tou t f S ^- er-charges des villes de la province : ces charges s j usment, suivant l’usage du pays , Sc íe donnent a -^ eors „offrant Sc dernier enchérisseur, comme par-toUt? 1 . ^3. Excepté les Turcs , tous ceux qui doivent ‘f a y erla province, pour aller en Perse , íont obligé e -? u ’ilsdans Erzeron , au moins cinq cens écus » st u0 j: p écen’ayent point de marchandises ; c’est comme tine j^ ea tde capitation qu’on leur impose. Ceux qui ne P ede l’or Sc de Pargent que pour les frais de f on t
doivent cinq pour cent , pour la somme “° nporteurs. . , /xinti
ES AR, ville des Egyptiens , en Ethiopie , lei
Pline,/. 6 , c. 30. Ce ne doit pas être la‘ " ienl , e ^ bienlomée, /. 4, c. 9, place dans Piste-íe Meroé , jj
ce dernier s’est trompé fur la position de cettela nomme xss,°. r y.Aère fia
ES ARO , en latin JBsar ou Mfrrus , t*
/