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vestibule, dont la voûte est faite avec tant d’art, 8e ílunie , qu’on y entend d’un bout à l’autre, tout ce qu’unepersonne dit, quelque bas qu’elle parle.
Le monastère est contre le quartier du roi , & celuides écoliers pensionnaires : il fait face au midi par ledehors, 8 c est partagé en dedans en cinq cours , unegrande 8 c quatre petites. Le dessein des petites est lemême que celui des cours du quartier opposé. Le grandcloître a deux cens pas en quarré , 8 c est pavé de marbreblanc Sc noir. La vie de Notre-Seigneur est peinte àl’entour en détrempe. Aux quatre coins on a placéquatre grands tableaux fermés, aux portes desquels fontpeintes les même choses que dedans. La cour de cecloître est occupée par un beau jardin de fleurs , dontles allées font pavées de marbre. Au fond de ce jardinest une chapelle faite en dôme, de jaspe, pavée de mar-bre blanc 8 c noir, 8 c ouverte par les quatre côtés. Descolonnes de porphyre en soutiennent la voûte, qui estd’une très-belle architecture. Aux quatre coins en dehors,on voit dans des niches les quatre évangélistes plusgrands que nature, chacun accompagné de son symbole,l’un d’un Ange , 8 c les trois autres d’un animal quirépand de l'eau à gros bouillons dans quatre bassins »le tout de marbre blanc.
Les dortoirs font de marbre blanc 8c noir. La salleOu le chapitre s’assemble est fort vaste , & divisée aumilieu par deux arcades. La voûte est peinte en petitesfigures, 8 c embellie d’un grand nombre d’ouvrages do-rés, 8 c de tableaux faits par les plus habiles maîtres ,dont quelques-uns n’étant pas achevés, personne n’aosé y mettre la derniere main. On y voit aussi deux bas-reliefs d’agathe de dix-huit pouces chacun , d’un prixextraordinaire. La figure de Notre-Seigneur est peinted’un côté fur la porte, 8 c celle de la sainte Vierge furl’autre, chacune avec un distique latin. Vis-à-vis, estcelle de Jacob de Trezza, Sculpteur 8 c Architecte ,qui a bâti le cloître : de l’autre côté un petit Jésus cou-ché dans le berceau , 8c dormant, avec cette inscrip-tion : Cor mnm vigilat.
Le réfectoire des religieux est fort long, 8 c orné depeintures. On y voit entre autres les tableaux de Char-les V. 8c Philippe II. portés au ciel par les Anges. Dansle lieu le plus élevé , on voit une table particulier,où le roi mange lorsqu’il lui plaît : quand il n’y estpas, le Prieur prend la place.
Sortant du chapitre 8c du cloître, on monte par unescalier à deux rampes magnifiques , dont les marchesfont tout d’une piéce, 8 c ont sept pas de longueur.Les côtés 8c la voûte font peints en détrempe à grandspersonnages au naturel. On y voit entre autres un SaintJérôme Sc une baleine, qu’on prit autrefois à Valence,laquelle avoit quarante-huit empans de long.
L’efplanade » qui est au devant de l’Escurîal, 8cqui en fait le tour, est occupée au côté septentrionalpar des hôtels magnifiques , qui fervent de logementà une partie de la cour : 8c au coin du sud-ouest , onVoit un autre quartier fort étendu , où sont quelquesOfficiers du roi, divers artisans , & plusieurs domesti-ques des religieux. Elle est fermée du côté des bâti—ïnens par de gros piliers entrelacés avec des chaînesde fer.
De la place de l’Escurial, on descend dans de grand;8c beaux jardins, arrosés par le moyen de plusieurs bel-les fontaines de marbre de diverses couleurs.
Des jardins , on passe dans le parc , fermé de mu-railles qui ont sept lieues de tour. On y voit des boisfies étangs , des plaines, 8c au milieu une maison poules garde-chasses.
Voila à peu-près ce qu’il y a de plus beau à remar-quer dans ce vaste 8c riche édifice » qui est fans contr edit la merveille d’Espagne, On prétend qu’il a couvingt-cinq millions d’or. C’est de cet endroit quiPhilippe II. parloir, lorsqu’il se vantoit que du piety une montagne stérile, avec quatre doigts de papierfe faisoit obéir aux deux bouts du monde , fous l’ut** [ous í’autre hémisphère. Ce fut Bramante, famemarc hitect e Italien , qui en donna le dessein.
ESCUROLLES , petite ville de France, au Bourbonnois, dans sélection de Gannat, généralité deMou-, lns i fians une plaine proche de la rivière d’Annelota environ deux lieues de Gannat, * Dénombtmm
ESF 8oy
de la France » t. i » p. 279. Corn. Dict.
ESCURREBRAGAS. Détroit de l’Amérique mé-ridionale au Ecrou » fur la rivière des Amazones ,au-dessous de l’embouchure de la rivière d’Imaca. Unecôte de roche fort escarpée , oblige la rivière de sedétourner subitement, en faisant un angle droit avecsa première direction. Le lit est beaucoup rétréci danscet endroit, 8c c’est ce qu’on appelle le détroit d’Es-currebragas. Carte de la rivière des Amazones par dela Condamine.
ESCYPOUR , petite ville d’Asie , fur la route deDiarbekir a Alep, à une journée de chemin de la pre-mière. Elle est presque toute ruinée ; ii y a une forte-resse » comme une petite montagne , toute revêtue depierres aussi belles que du marbre; mais tout y tombeen ruine , 8c il n’y habite personne. * P■ Lucas. 1.voyage , t. 2 , p. 102.
ESDRAI, ou Esdraei. Voyez. Edraï 2.
1. ESDRELON, ou Esdraela , bourg de la Pa-lestine, dans la tribu d’Issachar. II donnoit son nom àla campagne d Esdrelon. On le nommoit aussi Jezraël,à dix milles de Scythopolis , comme le porte l’ancienItinéraire. * D- Calme t , Dict. de la Bible. Jofité, c. 19,v. 18.
2. ESDRELON, selon D. Calmet, campagne d’Es-drelon, campagne de la Palestine, dans la tribu d’issa-char .* elle s étend de 1 orient en occident , presque de-puis Scythopolis jusqu’au mont Carmel ; on l’appelloitaussi Le Grand Champ, la Valée de Jezraîîl ,8c la campagne d’Esdraela.
ESDRIN, nom que l on trouve au second livr©des Machabées , c. 12 , v. 36 8c fur lequel les Savansne font pas d’accord. Quelques-uns. croyent que c’estle nom d’une ville au-delà dcf Jourdain, où f e donna uncombat entre Juda Machabée, Sc Gorgias, 8c Thimothée.Quelques autres , comme Grotius 8c Hiílerus, lisentEphron , au lieu d ’ Esdrin. D’autres croyent avec assezde vraisemblance qu’Esdrin est un nom d’homme ; quicum Esdrin erant , c’est-à-dire ceux qui étaient com-mandes par Esdras. * D. Calmet, Dict. de la Bible.
ESE, en latin Isia , village des^ Etats de Savoye ,dans le comté de Nice , fur la côte. II y a un petitport. Ce lieu est à une lieue de Monaco , du côté ducouchant. On soupçonne qne c’est l’ancien A Visio.Voyez. Avisio, 8c Visio. * Baudrand, éd. 170s.
ESEBON. Voyez. Esuus.
ESEM, selon D. Calmet, ancienne ville de la Pa-lestine, dans la tribu de Juda , Jofité, c. ij , v ^C’est peut-être la même qu’EsMONA ou AJemona.Voyez. Es M o N a .
ESENS, en latin EJèna, petite ville d Allemagne,dans la Frise orientale ou Ostfrise , près de l a c ôte dela mer d’Allemagne , 8c à vingt-fix milles d’Embden,vers le nord. * Baudrand. éd. 170$.
ESER , ville bâtie par Salomon. C’est la mêmequ’EsRON , ou Hesron.
ESERNINI. Voyez. ./EserniA.
1. ESERO , en latin Efer us, petite ville de Tur-quie, en Macedoine, 8c dans la province de Janna ,vers la côte de l’Archipel, 8c du golfe de Volo. Elleest fur une montagne de même nom. * Baudrand „édit. 1705.
2. ESERO, montagne de Turquie, en Macedoinedans la province de Janna, entre les montagnes d’Qssa ’dePelioq, 8c d’Olympe. * Baudrand, éd. 1705.
ESFAGUES , ou Esfaques, ou Al-FaqueS. J’enaï déja parlé fous ce dernier nom; Rajouterai ici cequ’en dit Marmol, t. 2, L 6. c. 29. C’est, dit il , unepetite place de quelques six cens feux, à vingt-six lieuesde la ville d Afrique , du côté du levant. Quelques-uns attribuent fa fondation aux Romains , mais pluscommunément a ceux du pays. Elle étoit autrefois fortpeuplée, & il y avoit un grand commerce; mais ellefut ruinée a la venue des successeurs de Mahomet, 8cse repeupla depuis. On la nommoit autrefois Rusp-.neou Tasso, à qui Ptolomée donne 38 d. de longitude,8^32 d. 20 m, de latitude. Les habitans «'adonnent ] aplupart à la marine, ou à la pêche, qui est fort bon-ne fur cette côte. II y a quelques Tisserans , mais iln’y en a point de riches , quojqu’ijs soient sort orgueil-leux. Leur nourriture ordinaire est de pain d’orge, 8ç