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ville n’est guéres éloignée de Schiras que de dix oudouze lieues.
Corneille dit Estarké. Tavernier, qu’il cite , ditEstarkre, qui est - beaucoup mieux , car Naffir Ed-din, 8c Ulugbeig ,, dans leurs tables géographiquesécrivent Estachr. Tous deux s’accordent à lui don-ner 88 . d. 50 . m. de longitude, 8c 30 d. de latitude.
ESTARAC. Corneille, Piganiol de la Force » &de Longuerue, préfèrent Astarac , d’autres disentEsterac. Voyez. Astarac. Baudrand dit Efiarac.
ESTAT, f PS ne se prononce point ) pays d’uneou de plusieurs nations , gouvernées par un même sou-verain ; soit empereur , roi, duc , ou république. Ence sens , le mot d ’état signifie pays de souveraineté. Ondit auísi Y état de Venise , de l’ Eglise , de Gênes , 8cc. on ditau pluriel les états d’un prince , pour dire les pays dontII a la supériorité territoriale, & la souveraine autorité.
ETATS : ce mot signifie une assemblée des principauxdu pays, ou de ceux à qui ún peuple, ou une province adonné le pouvoir de régler les intérêts publics. Dans lesProvinces - Unies , chaque province a ses états particu-liers ; ainsi les états de Hollande 8c de Westfrile , sontcomposés des députés des villes 8c des corps, qui ontdroit d’y envoyer. Il y a, outre cela , les états générauxdes Provínces-Unies, c’est-à-dire, une assemblée forméepar les députés des états particuliers de chaque province ,Sc c. 8c c’est cette assemblée, qui veille aux intérêts géné-raux de la république. Voy. C article Provínces-Unies,où ceci est expliqué plus au long.
ETAT de l’Eglise. Voyez. Eglise.
ETAT de Gênes. Voyeç. Gênes.
ETATde Milan. Voyez. Milan.
ETAT de Venise. Voyez. Venise. .
Pays d’ETATS : on distingue les provinces de Fran-ce, pat la maniéré dont s’y font les impositions Dans laplupart, la cour adresse aux intendans & aux trésoriers deFrance , un état de ce que la généralité doit payer l’an-jiée suivante après quoi il s'en fait une répartition furchaque élection particulière, comme je l’explique aumot Généralité. II y a d’autres provinces , où le cler-gé , la noblesse, le tiers-états’assemblent par des députés,ou tous les trois ans , comme dans le duché de Bourgo-gne; ou tous les deux ans , comme en Bretagne, ou tousles ans , comme en Languedoc. Cette assemblée , quel’on nomme les Etats , & qui est un reste de l’ancienneliberté que ces provinces ont conservée, fait elle-mêmeles impositions. Quelques-unes de ces provinces, au lieude la taille réelle ou personnelle, font un don gratuit, quiíè leve par la province , de la maniéré que les états l’ontréglé.Ces provinces sont cequ’on appelle en France Paysd’Etats.
La France a eu aussi ses Etats Généraux, quiétoient , à peu de chose près, ce qu’est le parlement enAngleterre , où l’ancïen nom , 8c le pouvoir très-étendu,íe sont conservés. Pour bien entendre cette matière , quidonne un grand jour à l’histoire & à la géographie, nousentrerons dans le détail. L’histoire des commenceménsde notre monarchie est si peu débrouillée, qu’il est très-mal aisé» pour ne pas dire impossible , de fixer l’origiriedes états généraux. II y a des auteurs qui l’ont rapportéeà des assemblées qui se tenoient dans les Gaules , avantque César en fît la conquête.D’autres ne font pas les étatsgénéraux plus anciens que la monarchie , & disent que lapremière de ces assemblées se tinta Salisson, aujourd’huiSeltz, dans la basse Alsace ; mais quelle foi peut-on ajou-ter à des auteurs des derniers siécles , lorsqu’ils avan-cent des faits aussi anciens , fans en rapporter aucunepreuve ? II y a cependant beaucoup d’apparence que lesrois de la première race, pour donner une forme de gou-vernement à differens peuples, qui étoient sous leur do-mination , convoquoient des assemblées , où assistoientles barons ,ou grands de chaque pays ; c’est ce qu’on ap-pella dans le commencement conférence, grands plaids ,convocations générales , champs de Mars , ou champs deMai , parce qu’elles se tenoient dans ces mois-là. Le roiy présidoit, ouyfaisoit des loix pour l’administration dela justice : on y délibérait fur les affaires les plus impor-tantes de l’état , & l’on y décidoit les causes majeures ,Iîs différends qui survendent entre les ducs 8 c les comtes;mais on n’y recevoit pas les appellations des jugemensrendus parlés juges. Les ducs, les comtes, Sc depuis les
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baillis & les sénéchaux jugeoient alors en dernier ressort,8c ceux qui étoient condamnés n’avoient d’autres ressour-ces que de se plaindre au roi contre leur juge , qui étoitpersonnellement responsable de son jugement Le pou-voir de ces assemblées, à qui on commença pour sots dedonner le nom de Parlement, augmenta lous les der-niers. rois de la première race; & ce fut par le suffragedu parlement, que Pépin vint à la couronne. Leur auto-rité continua sous la seconde , 8c une pariie de la troisiè-me race. Ce fut encore le parlement qui mit HuguesCapet fur le trône; cependant les successeurs de ce princeles convoquèrent plus rarement, afin d’accoutumer lespeuples à s’en passer. Jusqu’à Philippe le Bel , les pré-lats seuls , Sc les grands du royaume composoient ces as-semblées ; mais ce roi , vers l’an 1300 eut la prudentepolitique d’y appeller les députés du peuple, afin de l’en-gager à supporter plus patiemment les charges qu’onlui imposoit. Comme les affaires se multiplioient entreles particuliers » Sc qu’on asièmbloit rarement les étatsgénéraux , le même Philippe le Bel, fixa un tribunal,ou parlement à Paris, pciur décider les procès. Les plain-tes qu’on faísoít auparavant contre les juges,qu’on crcyoitavoir mal jugé , furent converties en appels, Sc lesbaillis Sc-sénéchaux dépouillés du pouvoir de juger endernier ressort. * Piganiol de la Force , Descript. de 1 *France , t. 1 , p. 1 37.
Le pouvoir des états généraux étoit fi grand , que sou-vent il restreignoit celui des rois : d’ailleurs, les lenteursSc les cabales, toujours inséparables de ces sortes d’aflem-blées, étoient très-nuisibles i l’expédition des affaires.Louis XI, qui étoit grand politique » sentit mieux que,n’avoient fait ses prédécesseurs , tous ces inconvéniens.Il donna le premier quelque atteinte à cette grande auto-rité. Charles VIII, Sc Louis XII, auroient volontiers sui-vi ces maximes ; mais la difficulté des teins les con-traignit de les négliger. Henri II eut de grands mé-nagemens pour les érats , afin d’en tirer de l’argent.Charles IX , Henri III , Sc Henri IV , surent tropoccupes , pour travailler à cette grande affaire , qui fut»en quelque façon, terminée fous le régné de Louis XIII,puisque , depuis l’an 1614, ses états n’ont point été as-,semblés , Sc toute leur autorité a été dévolue au roi /de qui elle étoit émanée.
Lorsque le roi vouloir assembler les états, il envoyoítdes lettres-de-cachet à tous les sénéchaux Sc aux baillis »Sc leur ordonnoit de faire tenir chacun dans fa sénéchaus-sée, ou son bailliage, trois assemblées ,une du clergé , ur.ede la noblesse, Sc une du tiers - état. Chacune de ces assem-blées nommoient des députés , qui se nendoient au lieuque fa majesté avoir marqué pour l’assemblée générale ;Sc lorsqu’ils y étoient arrivés, la charnbte du clergé, celsede la noblesse , 'Sc celle du tiers-état, s’assembloíent cha-cune séparément, dans des salles qu’on leur avoir prépa-rées. Dans les premières séances , chaque chambre choí-sissoit un ou plusieurs présidens » un ou plusieurs secré-taires, Sc deux ou trois assesseurs. Chaque chambre n o m"moit aussi quelqu’un pour haranguer le roi. On fàisei*ensuite une procession générale , où le roi affiítoit avectoute la cour , Sc tous les députés des états généraux »puis l’on célébroit une messe du Saint-Esprit. Quelq ueSjours âpres , tous ses députés s’assembloient dans un H eUou le roi se trouvoit. Sa majesté faifoit un discours suri®sujet pour lequel elle avoir assemblé les états généraux »•8c le chancelier l’exposoit plus au long. Les jours st* 1 'vans les trois états s’assembloient chacun dans le lseu 1"'lui avoir été destiné. Les trois chambres ssenvoy 0161 /faire des Complimens l’une à l’autre, & conféroíent <l uequefois ensemble par députés , fur les matières I e * ? USimportantes. Après que le iujet, dont il étoit qucstmn,avoir été agité dans chaque chambre en particulí £r ». e *dressoir son cayer, pour faire des remontrances au Í0 J ’lui donner des avis qu’elle croyoit utiles à sen service »8c au bien de l’état. On tenoit une seconde assemb csgénérale, dans laquelle l’orateur choisi par le clergé > ce-lui de la noblesse , 8c celui du tiers-état haranguoíent ®roi. Aux états tenus à Paris , en 1615 , le présidentton harangua le toi à genoux au nom du tiers - état.présentoir àu roi les cayers de chaque chambre sef a se £ment, 8c fur les avis des trois chambres » le roi prenses résolutions, & faifoit quelquefois des ordonna
tirées des cayers que les états lui avoient présen £ s '