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Tome second. C - F.
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EVR

Richard , comte d’Evreux , fìis de Robert I , comted’Evreux.

Un couvent de Dominíquains, fondé par Saint Louis,

8 c par Phiiippe son fils.

Un autre de Cordeliers, dont la fondation est de l'an-née 1260 , par le cardinal Raoult de Grosparmy, dit dePiris , évêque d'Evreux.

Un couvent de Capucins , formé en 1612.

Une communauté de religieuses Urfulines , fondéeen 162; , par Guillaume de Perïcard , évêque d’Evreux.

Enfin , un séminaire de Millionnaires, appellés Eu-distes , dont l’etabliísement est dû â Gabriel le Doulx,doyen du chapitre en i66y.

Dans ce nombre d’égliies , la seule qui mérite véri-tablement attention , est l’église collégiale. C'est un desbeaux monumens d’architecture gothique qui restentdans le royaume. Elle est l’ouvrage de Philippe Auguste,du roi Jean, de Charles V, & de Louis XI.

On est surpris d’arríver à cette église par une petiteplace , formant une espèce de cul-de-íac. Le principalportail est resserré, 8 c masqué par la masse informe d'unvieux bâtiment en bois , servant de greniers pour lesgrains du chapitre. Quelques chanoines ont jusqu’alors ;< le Métayer , Scc.inutilement mis en délibération capitulasse la démoli- à Le comté d’Evreux, dont cette ville est le chef-lieu »tion de cette masure. La décoration de cette première dfeft un des anciens domaines de la couronne,église de la ville demeure sacrifiée à une modique som-jj| Le premier comte ci’Evreux, dont i’hiíloire fasse men-me , que chaque chanoine auroit à payer , pour recons- íaj tion , est Robert, second fils de Richard I, surnommétruire ailleurs un bâtiment auffi déplacé. C’est ainsi jfcSans-peur, duc de Normandie, qui étoitfils de Guíilau-que les petites villes restent dans la barbarie. On de- Linq I, dit Longue-épée.

sireroit , dans ces cas, que l’autorité du gouvernement [J Richard donna ce comté pour appanage à Robert, enfît exécuter ce que le goût Sc le zélé devroient seuls ^ 998 : il fut possédé par lui & par ses descendans jusqu’eninspirer de faire. :x Tannée 1200. Alors la réunion s’en fit à la couronne de

Les tribunaux principaux de la justice font, i°. le bail- ! France , par la vente que fit de ce comté Amaury IVliage qui est très-ancien, Sc l’un des sept grands bail- ■ de Montfort, au roi Philippe II, dit Auguste.liagqs royaux , qui font la division de la province de ; II passa en 1285 à Louis de France , troisième fils duNormandie , haute 8c basse. 2». Le présidial institué en roi Philippe Iil, Sc successivement en *3 *9 , à Philippe15 J2. 3 0 . La vicomté qui étoit royale , avant l’échange son fils , qui avoit épousé Jeanne de France , reine dedont sera parlé ci-après , Sc où la justice se rend au nom Navarre , fille de Louis X ; en 1343 a Don Carlos I

publique , où il tst apporté des campagnes des envi-rons, & même de celles éloignées de dix à douze lieues.

Les dehors de la ville font embellis par quelquesprairies 8c par des coteaux , qui étoient autrefois cou-verts de vignes ; mais la mauvaise qualité du vin lesfait défricher tous les jours.

Le fol des villages voisins de la ville est médiocre }mais , à quelques lieues de distance , font deux vastescampagnes très-fertiles en grains , appellées les campa-gnes du Neufbourg Sc de Saint-André.

II y a fur la rivière d’Iton, dont on vient de parler,'une observation singulière à rappelles ici. Cette rivièreà deux lieues d'Evreux, disparoît , se perd dans les ter-res 3 Sc environ a une lieue de distance , elie reparoît &reprend son cours. II faut voir fur ce phénomène de l’I-ton & de plusieurs autres rivières semblables , le volu-me de l’histoire de l’académíe royale des sciences de Pa-ris, pour l’année 1758 , imprimé en 1763 3 il contientun mémoire à ce sujet.

, La ville d’Evreux a donné à í’églisc & aux sciencesz des hommes célébrés. Voyez, le Dictionnaire de Morery »édition de 1759, aux articles Simon, Vigor, Nervet ,

de M. le duc de Bouillon, seigneur du comté d’Evreux.Elle se rend au bailliage au nom du roi. II n'est pasencore décidé, en 176) , si ce sera dans les cas royaux.Gela fait l'objet d’un procès au conseil privé entre M.le duc de Bouillon Sc les officiers du bailliage, au rap-port de M, de Verigny, M e . des Requêtes.

II y a auffi une élection composée de 177 paroisses ,& un grenier à sel.

La ville d’Evreux a toujours été pauvre , parce qu’íln’y a point de ville riche fans manufacture Sc sens com-merce. Elle est cependant dans une situation très-heu-reuse , pour y faire des établissemens de manufactures.La rivière d’Iton , à l’entrée d’Evreux , se divise entrois bras qui traversent la ville. II y a particulièrementle fauxbourg Saint-Leger, partagé par ces bras de ri-vière , qui forme un emplacement très - propre pourune grande manufacture. 11 le fabrique seulement en pe-tite quantité, dans ce fauxbourg , de gros draps appel-lés serges , ou frocs , de demi-aune de large. Ç’a étéjusqu’en 1758,1’uniqueobjet du travail de la ville , avecquelques métiers de toile grosse Sc moyenne. Mais, pararrêt du conseil du 14 mars 1758 , il a été établi une ma-nufacture royale de draps , étoffes » & velours de coton.Cette manufacture est au fauxbourg Saint-Louis , dansla maison abbatiale. Le nombre des métiers augmente 3les fabrications Sc les teintures font estimées.

II se fabrique auffi à Evreux . depuis 1762, des coutilstrès-approchans de , 1 a finesse Sc de la perfection de ceuxde Bruxelles, quoique d’un prix inférieur. Cette manu-facture naissante adéjareçu des encotiragemens de la partdu ministère. II esta desirer qu’elle en reçoive assez pourdevenir stable , Sc même que les gains des fabricanssoient assez considérables , pour exciter l’émulation, &faire multiplier cette fabrication en d’autres lieux duroyaume. 11 en résulteroit une nouvelle branche ducommerce intérieur. L’importatíon des coutils de l’é-tranger cesseroit, ou au moins diminueroit, Sc dans lafuite on parviendroit peut-être à en exporter concur-remment avec lui.

R se tient à Evreux trois marchés de grains ; le mar-- I e jeudi Sc le samedi de chaque semaine : ce dernierjour est celui du plus fort marché : íl se vend auffi ce»iême jour beaucoup de cidre en tonneaux, fur la place

di

dit le Mauvais, roi de Navarre 3 en 1373 à Don Car-los II3 Sc en 1386, à Charles le Noble qui, par traitédu 9 juin 1404 , vendit ce comté au roi Charles VI :Charles IX le donna à François , duc d’Alençon ionfrere , en l’année 1569 ; mais à la mort de ce prince en1583 , il fut pour la seconde fois réuni a la couronne.En l’année 1642 , un événement marqué dans l’histoireen prépara le démembrement. Frédéric-Maurice De laTour, duc de Bouillon ,fut soupçonne par le cardinal deRichelieu d’avoir été instruit de la fameuse conspirationqui fit décapiter à Lyon Henri d’Effiat , marquis deCinqmars, grand écuyer de France , Sc le président deThou,fils de i’immortel.de Thou. Ce cardinal qui nelaissoit pas échapper une occasion d’abbaisser la puis-sance des grands , fit constituer le duc de Bouillon pri-sonnier d’état 3 Sc il lui sut proposé, pour seuver se li-berté 8c se vie , de céder la principauté de Sedan auroi.

On saisit ainsi cette circonstance, pour parvenir à unirà la couronne une principauté souveraine qui n’y avoitjamais été unie » Sc pour s’assurer de Sedan , place im-portante , qui mettoit à couvert la frontière de la pro-vince de Champagne.

En 1651, on consomma l’échange : MM. d’Ormessonde Lomeníe , d’Aligre , Barillon 8c d’Estampes , com-missaires du roi à cet effet en signèrent le contrat , passédevant Vaultier, notaire au chátelet de Paris le 20 marsde cette année., La principauté souveraine de Sedan 8 cRaucourt fut cédée au roi p ar le duc de Bouillon qui ren contréchange, reçut le comté d’Evreux , les duchés-pairies d’Albret Sc de Chateau-Thierry ,1e comté d’Au"vergne , & autres terres. La maison de Bouillon pos-sède depuis ce tems le comté d’Evreux, dont (en 1765 )l’échange n’est point encore perfectionnée par les der-nieres formalités. Le procès-verbal dévaluation généraledes divers domaines échangés, pour lequel il y a unscommiffion du conseil, a éprouvé des longueurs , 8 cn’est point encore clos.

Dans la paroisse de Saint-Germain , à un quart delieue de la ville , le cômte d’Evreux a une maison deplaisance d’une grande magnificence. n y remarqueprincipalement la beauté des jardins , la quantité deseaux multipliées avec goût. & tres - variées par sesTome IL U 0090 ij