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Tome second. C - F.
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FER

possedent est très-bien cultivé , & fort peuplé , & c’estune de leurs meilleures petites provinces. Dès que l'ona passé le grand bras du Fô , qu'on appelle le Lángos-curo , qui fait la léparatíon de la partie du Polefin quiappartient aux Vénitiens , d’avec celle qui appartientau pape : quoique le terroir de l’une & de l’autre íbitentièrement semblable, on voit en friche la plus grandepartie des terres du Polefin de l’état ecclésiastique. Onvoit Pherbe sécher & pourrir sur les pîés, parce que per-sonne ne prend soin de les faucher ; on passe dans degrands villages , dont les maisons font toutes désertes.Les habitans interrogés pourquoi un pays si beau Sc sifertile n'est ni habité ni cultivé, comme il devroit l’être,répondent que c’est à cause que l’air y est devenu très-mal sain, Sc qu’on n’y peut pas vivre long-tems. Bru-nes , dans son Voyage , croît au contraire que ce paysn’est devenu mal sain que par le manque d’habítans ,parce que ne se trouvant pas assez de inonde , pouraméliorer les terres, Sc pour tenir les fossés nets , il arrivede-là que tout est plein d’eaux croupissantes Sc de boues,qui infectent Pair. B aime mieux attribuer le dépeuple-ment de la ville Sc du duché de Ferrare à la constitutiondu gouvernement fous les ecclésiastiques. Lui Sc les au-tres Protestarìs qui ont voyagé en Italie » Sc donné leursrelations au public, ne manquent guéres ces sortes d’oc-casions , de décrier P autorité du saint siège , 8 c ils sem-blent n’avoír passé à Ferrare , que pour y prendre leprétexte de copier ces fortes d’observations , qui se re-trouvent fidèlement répétées dans les voyages de diffé-rens auteurs.

1. FERRARIA , nom latin de Ferrare.

2. FERRARIA, bourgade de Piste de Sardaigne,à treize milles de Cagliarí , selon Antonin, ltiner. enallant le long des côtes orientales de Piste , fur la routede Cagliari à Tibula. II y a bien de la vraisemblance quecette bourgade a pris ce nom des mines Sc des forges defer, qui fournissent beaucoup de ce métal ; Sc Rutilius ,dans son Itinéraire , /. i ,v. 351 &suiv. où il loue Pa-rier de Piste d’Ilva , dit que celui de la Norique Sc duBerri , ni même celui que l’on tire de la Sardaigne, n’estni meilleur, ni plus abondant. Quoiqu’il ne parle pas deja mine de Ferraria , il est vraisemblable qu’elle four-nissoit du fer aux forges de Pille d’Ilva. De Piste , dansfa carte de Pancienne Italie, marque ce lieu au couchantd’été de Calaris ( aujourd’hui Cagliarí ) íùr le cheminde cette ville à Scarcapos ( aujourd’hui Sorabos ) lieu si-tué à l’ernbouchure de la rivière de Seprus ( aujourd'huiSepro ). Antonin compte vingt milles de Sarcopos ; ( c’estainsi que portent les éditions de Surita & de Bertius )à Ferraria, Sc treize de Ferraria à Calaris.

3. FERRARIA. Pomponius Mêla, L 2, c.j,edit.Vojsii , nomme ainsi un promontoire d’Espagne, dansle golfe de Valence ( in Sucronenfìfìnu ) vis-à-vis duquelil dit qu’est située Piste d’Ebuse. Pierre de Médina, citépar Ortélius, dit qu’on le nomme en Espagnol Segar-ra : il est vraisemblable , comme le croit Florian , quec’est le même cap, que Pline, /. 3 , c 5 , nomme Dia-n 1 u M. Et, en ce cas , c’est le même que l’on nommeprésentement Punta Del Imperador , ou CaboMartin.

4. FERRARIA, ouFERRARI^. Voyez, Ferrieres ,1,2,3.

Tous ces noms, comme je l’ai insinué dans un desarticles précédens , tirent leur origine , ou de quelquemine de fer qu’il y a eu auprès de ces lieux-là, ou dumoins de quelque forge remarquable.

FERRARÍUS PORTÚS. Voyez, au mot Porto,í’article Porto Ferraio.

FER'RATUS MONS , ancien nom d’une monta-gne d’Afrique, dans la Mauritanie. Ammien Marcel-lín , l. 29 , dit que Tubufuptum étoít attenant cettemontagne : on íaít u ailleurs que cette place étoít dela Mauritanie Sitífeníe , comme je le prouve dans ionarticle. Cette montagne est marquée dans la table dePeutinger , entre Ruíùccurrum Sc Saldse ; 8c s’il n’y apoint d’erreur dans les chiffres , elle a plu S de quatre-vingt milles de longueur.

FERREA PORTA. Ortélíus trouve dans Hege-sippe , /. 5 , c. 50 , qu’Alexandre mit une porte de fer àun endroit escarpé du, Mont Taurus. Ortélius croit quec’est Derbent. Voyez aux articles DeMIR Capi , Der-eent Sc Porte,

FERREA REGÏO. Voyez, Sidéras.

FERREIRA DE AVES , abbaye de filles , ordrede saint Benoît , en Portugal , dans la province deBeira , au diocèse , Sc à quatre lieues au nord de Viseo.

FERRETE, selon les François , & Pfirth , selonles Allemands , petite place, autrefois de P Allemagne ,Sc préíenrenient de la France , à la source de la riviered’Ill, avec un château, Sc un comté qui porte le nomde Ferrete. Le comté de Ferrete est la même chose quele Sundgaw propre. Voici ce que dit, tant de la placeque de ce comté , l’abbé de Longuerue , Description dela France , part. 2. p. 243 , qui en a très-bien débrouillel’histoire. Ferrete est un bourg , au dessous d’un châteaude même nom , à deux grandes lieues de Baste. Ses pre-miers seigneurs ont été les comtes de Montbeliard du-rant cent ans : après cela , ces comtés furent séparés ,comme dit Alberic , dans fa chronique, à Pan 1158 ,où il nous apprend qu’Etienne de Bar, évêque de Metz,avoit eu trois freres comtes ; Thierri, comte de Mont-belliard, Renaud , comte de Bar, Sc Frédéric , comtede Ferrete , qui fut pere de Louis , comte de Ferrete.

Ceux de cette maison ont joui de ce comté commefeudataires de PEmpire , jusqu’à Pan 1271 Ce fut alorsqu’Ulric , du consentement de son fils Thibaud , venditson comté de Ferrete à Henri de Neuf-Châtel , évêquede Baste , pour 850 marcs d’argent. Ce prélat avoit déjaune forêt entre Plie & le Rhin , avec un territoire asseZgrand , Sc qui avoit été donné à son église de Baste »l’an 1004, par Pempereur S. Henri.

La vente faite par le comte TJlríc , fut à conditionque les choses vendues demeureroient en propriété attcomte, Sc à ses descendans mâles, qui les t:endroient enfief des évêques de Baste ; & qu’en cas que leur posté-rité masculine vînt à manquer, le tout feroit réuni à lamanse épiscopale. Le dernier comte de Ferrete donna,de son vivant, une partie de ses propres à P évêque Gé-rard de Wilpíngen.

Ce comte mourut Pan 1371 , ne laissant qu’une fillenommée Jehannette , qu’il avoit mariée à Albert lesage > duc d’Autriche ; leur fils Rodolphe d’Autrichedemanda le comté de Ferrete à Jean de Sennen, évê-que de Baste , qui n’osa le lui refuser , Sc il le lui accordapour le tenir en fief de 1 église de Baste.

Le comté de Ferrete est , pour la plupart, beau & fer-tile. Les François s’étant rendus maîtres du pays dsSuntgau » le feu roi Louis XIV , voulant récompenserles grands services du cardinal MaZarin , ion premierministre, lui donna Si à ses successeurs Sc ayant cause , enpleine propriété , le comté de Ferrete , avec ses baillia-ges Sc les seigneuries annexées , qui font situées dansce p a ys, ne se réservant que la souveraineté Sc le hautdomaine.

Le cardinal donna tout cela à sa nièce Hortense Mafl-cíni, qui épousa Charles de la Porte , qui prit le nomde duc de Mazarin. Son fils jouit encore de ces grandsdomaines , que la France a payé ou récompensé à lamaison d’Autriche de la somme de trois millions de lív-Le roi s’est réservé le ressort des justices du pays , dontles appels font relevés au conseil royal d’Alsace , qu*est à présent établi dans la ville de Colmar, 8 c auqueîtoute la haute Sc la basse Alsace sont soumises avec leSuntgau.

FERRI, abbaye d’hommes , ordre de saint Benoît»en Espagne, dans le comté de Cerdagne , fur la Na'guera Paiharese.

1. FERRIERES, Ferraria , petite ville de France»au Gatinois , fur la rivière de Clairy , qui se rend peuaprès dans le Loing , aux confins du Senonoís > *deux lieues de Montargis , au septentrion , enà Paris , dont elle est à vingt-trois lieues. * Ban^' e 1 '1705. ,

II y a à Ferrieres une ancienne abbaye de 1 ordresaint Benoît, fondée par Clovis I roi de France »^.^nommée anciennement Bethléem » parce qu il y f''® 1dans ce monastère une chapelle nommée ’

dédiée à la sainte Vierge. Cette abbaye ost " A ide Sens; 8 c a eu des abbés très-iilustres - comme cui »

saint Aldric ou Audri, archevêque de Sens , ou F’ '

dont les œuvrés ont été publiées P ar ® a . ' ° US ,./ 7 f

titre : Beati Servati Lupi presh-& ab bâtis errarie.ordïnis sanclï Benedìcliopera. Cette abbaye est aujour