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Tome second. C - F.
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Forum Allieni , ou Alieni, comme de savans géo-graphes FaíTurent, fur des preuves que Cellarius , Geog.ant. /. 2 , c. 9, ne donne que pour ce qu’elles valent, II estcertain qu’originairement Ferrare n’étoit qir'un village ,que Sméralde ou Smaragde, second exarque de íta-venne , fit entourer de murailles , au commencement duVII e . siécle ; Sc qu’elle n’a porté le titre de ville , pourle plutôt , que fous le pontificat de Vitalien , près decent ans après..L’empereur Frédéric II, voulant chagri-ner ceux de Bologne, fonda une université à Ferrare;mais cette université est présentement réduite à un col-lège de Jésuites. Les rues de la ville font belles , droi-tes & larges > Hc si longues , que quelques - unes font àperte de vue. La grande place , outre les beaux palais ,dont elle est presque toute environnée , a pour ornementdeux statues de bronze haut élevées » de deux princesde la maison d’Est , qui ont voulu que les coupables dequelque crime , qui fe refugieroient à vingt pas de l’uneou de l’autre , fussent en sûreté. L’un de ces princes estassis au milieu de quatre petites figures , aussi de bron-ze; & l’autre est monté fur un cheval de même matière.Le plus beau palais de la grande place est la maisonde ville. Elle fervoít autrefois de palais aux nobles. Cequi donne le plus d’éclat à la grande place , c’est ledôme , dont le portail fe fait admirer par fa structure.II a trois rangs de colonnes qui le soutiennent, Sc quisont entremêlés de petits portiques , les uns fur les au-tres , qui font paroître cette église magnifique & fortancienne. En y entrant, on est surpris de voir les pein-tures Sc les ornemens de ses chapelles. Le pavé est toutde marbre. Cette église renferme les sépulchres de plu-sieurs ducs; & dans une chapelle, ceux de quatre évê-ques de Ferrare , avec leurs figures de marbre au-des-sus. Le tombeau de marbre du pape Urbain III , est dansle chœur. Le maître-autel, 8c les fonts baptismaux fontd’une beauté rare. Entre les églises , celle de S. Paulest l’une des plus considérables, par ses belles peintures& ses tombeaux. Elle appartient aux Carmes. Celle duSaint Esprit, bâtie en croix, Sc desservie par des Recol-le t s , est d’une fort belle architecture , Sc paroît aussilarge que longue , tant les ailes en font régulières. Leschapelles en font grandes Sc fort ornées. L’églife deSanta Maria del vado , des Théatins , est grande Scbelle; Sc quoiqu’elle ne soit ornée » ni de peintures nide dorures , elle ne laisse pas de paroître beaucoup ,tant pour fa blancheur , que pour la délicatesse de fa struc-ture. Celles de saint François, de saint Dominique , Sc.de S. Benoit méritent aussi la curiosité des voyageurs. Lapremière , à cause des piliers qui la soutiennent, entrelesquels il y a des statues de marbre , élevées fur despiédestaux, Sc qui représentent diverses vertus : la se-conde , pour fes belles chapelles » Sc pour les tombeauxde Jean-Baptiste Cintio Giraldo, poète , orateur Sc lit-térateur latin 8c italien; de Gasparo Sc d’Alexandre Sat-di, célébrés historiens ; de Peregrino Priseiano , qui acomposé l’hístoire de Ferrare, 8c de quelques autres quife font signalés par leurs ouvrages. L’églife des Béné-dictins est remarquable pour fa grandeur, Sc pour lesuperbe tabernacle de son maître-autel, soutenu de co-lonnes cannelées , accompagnées de figures de Saintsdu même ordre. Ce monastère a des jardins fort spa-cieux , qu’on peut comparer à ceux d’Urbin. L’églifedes Chartreux est un somptueux édifice , tant pour fagrandeur Sc sà structure, que pour le grand nornbre dese s chapelles , qui font toutes ornées d’excellentes pein-tures. Le couvent des religieux est magnifique. II futfondé , il y a environ deux cens ans , par un marquisd’Est , dont le tombeau est dans le cloître , entouré decolonnes , nvcc une couverture tjtù le garantit des In-jures du tems. Le'pape a son légat à Ferrare , chef de lapolice Sc de la justice du pays. Ce légat demeure dansl’ancien château des ducs , muni de quatre tours quar-rées , jointes par quatre grandes ailes > qui ferment unecour quarrée de belle étendue , ornée de plusieurs ga-leries, de quelques figures de marbre, Sc de belles pein-tures , qui représentent la généalogie de la maison d’Est.Les armes de cette illustre maison font élevées en mar-bre, fur la façade de ce château , au-dessus de la grandeporte, où aboutit le grand pont-levis , posé fur les fos-ses , a fond de cuve > qui l’environnent. L’eau du canalq.uí entre dans la ville » remplit ces fossés s Sc c’est fur

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ce canal, que l’on s’embarque pour aller jusques au Pô,à trois milles de-là. On voit'un autre palais appelle lePalais des Diamans , parce que les pierres de marbreblanc, dont il est bâti, font taillées en dehors comme desdiamans en pointe. Ferrare > grande > belle , est presquedéserte. Tout, dit Miffon , est pauvre Sc désolé , d’unemanière à faire pitié ; Sc cette ville a plus de maisonsque d’habítans. Cette ville étoit autrefois très-peuplée »à cause de la cour des ducs de Ferrare qui la faifoientsubsister ; mais, depuis qu’avec ce duché > elle a passéfous la domination du saint siège , elle est déchue, Scdéchoit encore tous les jours de son ancienne splendeur.Sur la fin de 1597 » U duché de Ferrare, faute d’hérí-tiers mâles , retourna aux papes, fous le pontificat deClément VII, lequel fit bâtir une citadelle , qui coûta,dit-on , deux millions d’écus d’or. Elle est encore eu fortbon état. Ferrare a eu aussi beaucoup à souffrir de di-verses fâcheuses conjonctures on remarque que l’an1570 , elle souffrit en quarante heures de tems cent soi-xante secousses de tremblemens de terre , Sc fut presquetoute détruite. Cette ville est , selon les observations , à44 degrés 34 minutes de hauteur du pôle , £c est de 9 de-grés 26 minutes plus orientale que Paris.

Entre les illustres , dont elle a été la patrie , on com-pte Gui Bentivoglío > négociateur, historien Sc cardinalfameux, né en 1 cardinal en 1620 , après sà

nonciature de France , Sc mort peu après son patronUrbain VIII, dont on avoir pensé à le choisir succes-seur. Louis Arioste , poète célébré entre les Italiens,mort en 1553. Jean-Baptiste Guarini, mort en 161 5 ,Sc dont on a des poésies Italiennes très-estimées ; en-tre lesquelles Ja pastorale intitulée : U Paflor fido, tientle premier rang. L’évêque de Ferrare ne releve quedu saint siège.

Le Duché de FERRARE , ou le Ferrarois ;les Italiens disent il FerraRESE , province de l’étatde l’église » en Italie ; il fait partie de l a Romagne ,vers l’embouchure du Pô. II avoir autrefois fes ducs par-ticuliers de la maison d’Est , lesquels possédaient aussiles duchés de Modene Sc de Reggio. II étoit alors diviséen deux parties , savoir le duché de Ferrare , Sc le Po-lesin de Rovigo ; mais vers l’an 1590 , la république daVenise s’empara du Polesin de Rovigo » qu’elle a tou-jours gardé depuis ce tems-là- Alphonse II , dernierprince légitime de la maison d’Est, étant mort en 1 f97fans héritiers mâles ; César, fils d’Alphonse d’Est, mar-quis de Montechio, fe présenta pour succéder en qua-lité d’héritier ; mais comme son pere étoit né d’un ma-riage clandestin , contracté par Alphonse I , avec lînebourgeoise de Ferrare , après la mort de f a premiersfemme , le pape déclara César inhabile à succéder aufief de Ferrare qu’il réunit ( il est douteux que ce fut légi-timement) à la chambre apostolique, qui en a joui depuisce tems-là. L’empereur Rodolphe II, investit Césardes duchés de Modene Sc de Reggio qui, forment depuisce tems-là un état souverain différent du Ferrarois, aveclequel il n’a plus rien de commun. Ainsi st e ft. impor-tant de distinguer les dates ; car elles font voir la dif-férence qu’il y a entre les états des ducs de Ferrare , 8cle Ferrarois d’aujourd’hui. Ce dernier est présentementborné au nord par le Polesin de Rovigo , a u couchantpar le duché de Mantoue , au midi par le Boulenois &la Romagne propre, & à l’orient par le golfe de Ve-nise. Tout le pays est fort fertile , mais bas Sc maré-cageux. Ses parties font le Polesin d’Ariano , le Pole-sin de Ferrare , le Polesin de saint George , les valléesde Commachio. On y trouve aussi vers le midi celle deMarare , Sc celle de Alaremorto. Faute de bien distin-guer l’état ancien Sc 1 état présent du Ferrarois , quel-ques écrivains modernes disent que les ducs de Ferraren’étoient que de petits princes. Ils avouent pourtantque , dans le XVI e siécle , ces ducs étalent très-riches .Sc tenoient un rang considérable parmi les princes d’ 1 -talie ; ce que ces écrivains attribuent à ce que, leur étatétant très-peuplé , 8c le terroir rrès-íertile, ils en tiroientde très-grands revenus. II fastoit ajouter qué le terri-toire''étoit beaucoup plus grand qu’il n’est aujourd’hui,puisque le Polesin de Rovigo, les états de Modene Scde Reggio font des démembremens de l’état que pos-fédoient les ducs de Ferrare. Le Polesin est U n desplus fertiles terroirs d’Italie. Ce que les Vénitiens en