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Tome second. C - F.
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Les quartiers qui font au nord , à l’est 8c au sud du"vieux Fez, íont baignés par des branches dé la rivièredu même nom, 8c produisent auíli une quantité incroya-ble de fruits. On n’y prend pas la peine de labourer laterre , on ne fait que l’arroser au mois de mai , 8c celasuffit pour la faire rapporter abondamment des fruits defort bon goût Iì n’y a que les pêches qui sentent un peutrop l’eau. Outre la fécondité du terroir > les quartiersd’autour de Fez ont encore l’avantage de la pêche , carón prend dans la riv.iere de Fez en abondance' un cer-tain pension , que les Espagnols appellent S abatts. Lapêche s'en fait depuis le mois d’octobre jusqu’à celuid’avril.

Le territoire de Salé porte beaucoup de buis , dontle s paysans font des peignes. II y a auffi quantité de Coton;mais peu de grain , à cause des sablons qui l’envi-ronnent.

Le territoire de la Mamorre est ombragé d’un côtépar des chênes qui portent quantité de gland. Les pâ-turages y font fort gras. U n’y a ni pommes , ni poires ,sti noix, ni cerises ; mais en récompense, on y trouveforce oranges , citrons , figues 8c dattes. II y a auffibeaucoup de bœufs, de boucs , de poulets , de perdrix,de pigeons. Il y a auffi des chevaux ; mais ils font fortmaigres , parce qu’ils courent jour Sc nuit. On les nour-rit pour la plupart de lait de chameaux , afin de les for-tifier. Les forêts de ce pays fervent de retraite áux lionstes plus cruels , & les plus forts de toute l’Afrique. IIy a beaucoup de miel blanc, que les abeilles font dansdes creux en terre. On y trouve auffi des grandes can-nes de sucre , dont on se sert à présent, les habitansen ayant appris l’usage des MoreS. Le terroir de Mech-nesse (M'equitìëz) porte auffi d’excellens fruits , entr’au-tres des coings , des grenades » des prunes blanches ,des prunes de Damas, des figues , des raisins , des oli-ves Sc du lin. La montagne de Zalagh est couverte devignes du coté septentrional , 8c celle de Zarhon estplantée d’oliyiers si épais, qu’elle ressemble de loin àune forêt.

Dans les dépendances de la ville de Teselselt, prèsde la rivière , il y a plusieurs forêts où se tiennent deterribles lions ; mais pour les plaines d’Aseïs ou EceïsLc d’Adhasen , iìs font si doux & si timides , qu’unefemme les fait fuir avec un bâton.

Les habitans mangent à peu près comme les autresMores de Barbarie. Ils font trois repas par jour. A dé-jeuner en été , il,s mangent du pain , des fruits 8c de labouillie ; mais en hiver , ils font détremper un peu defarine dans du bouillon de chair salée , qu'ils humentfort chaud. Ils dînent mieux en été qu’en hiver', Sc c’estd'ordinaire avec de la viande , une salade , du fromage,de s olives §c de la bouillie. En été , ils ne se chargentpas le soir de beaucoup de viandes , 8c ne mangent quedu pain 8e des melons, des raisins 8c du fruit ; mais enhiver, ils mangent du bouilli avec leurs couscous , 8cfarement du rôti. Telle est la vie dCs gens du commun.Les gens de condition se traitent un peu mieux. Usmangent fur û'ne table fort basse, fans nappe , fans cou-teau, fans cueiller. Ils prennent leurs couscous à bellesrfiains , auffi-bien q ue four viande, qu’itssoéchirent avecleurs doigts. Ils ne boivent jamais qu’après avoir assezmangé ; 8c à la fin du rèpas, ils boivent une tasse d’eaufroide. II y en a qui boivent du vin , quoique leur loite défende. Les hommes qui ont Un peu de bien portentfur leurs chemises une casaque à manches courtes ; 8cpar-dessoUs une espèce de brandebourg fermée par de-vant. Leurs turbans,ressemblent à un bonnet de nuit,qui ils entortillent d un bandeau , qui fait deux tourspar dessus le menton. Us ne porteur ni bas , ni cale-çons ; mais en hiver, lorsqu’;i s vont à cheval, ils met-tent des bottes. Ceux qui ne font pas riches ne portentqu’ùnê casaque & un manteau ,, avec un simple bonnet.Les femmes ne portent en été qu’une chemise ; maisOn hiver, elles ont un habit a manches larges , fermépar devant. Quand elles sortent, elles prennent des ca-leçons » un masque devant les yeux , Sc un voile quileur couvre fout le corps. Celles qui font riches ont despendans d’oreilles d’or, avec des pierreries , des bra-celets & des chaînes d’or ou d’argent aux .jambes. Lespersonnes qui se piquent de propreté, portent des pan-toufles brodées. Les Arabes d’autour de Fez poitent ime

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pièce de Barracan, qui fait deux ou trois tours atitóuídu corps , avec un bonnet rouge. D’autres , vont toutnuds » si ce n’est qu’ils ont autour des reins une cein-ture , qui ne descend que jusqu’aux genoux. Leurschefs s’habillent à la Turque , 8c portent un turban pe-tit Se pointu. On compte huit cens mille Juifs dans laprovince.

2. FE Z, ville d’Afrique , en Barbarie, dans îe royau-me de la province de Fez. C’est, dit Marmol, Afrique ,/. 4 , c. 22 ,p. I 57 & Jeq. la plus grande Zc la plus belleville de toute l’Afrique , où font les écoles de la sectede Mahomet Elle est divisée en trois , ou plutôt ce sonttrois villes réunies en une , qui portent ie même nom,8c ont été bâties en divers tems.

La plus ancienne est celle de Beleyde ou Elbeley-de , qui est au levant du fleuve , où sont les jardins 8cles fontaines d e Zingifor. Elle est d environ 4000 feux,8c fut bâtie par Idris , illustre prédicateur.

L’autre , qu’on nomme le Vieux Fez , autrementAin A l u , est au couchant du fleuve , 8c contient80000 habitans. Elle doit fa fondation à Hascen , petit-fiis de ce prédicateur ; 8c c’est là qu’est la grande mos-quée du Caruvin. Abdulmalic dit que ces deux villesont été autrefois à deux différens princes de cette maison,qui étoient en guerre continuelle , quoiqu’il n’y eût pointd’autre séparation entr’eux que la rivière Sc la rue ;mais que Jof, second ro ides Almoravides , après avoirravagé la province de Temécin , les fut attaquer commehérétiques , parce qu’ils n’étoient pas de l’opinion desautres Mahométans ; 8c les ayant pris 8c tués , ne fitqu’une ville des deux , en dressant un pont fur la rivière,8c démolissant le mur, qui les séparoit. Il la nommaFez, du nom du fleuve qui se nommoit autrefois HuetGiohora ou la rivière des Perles , 8c se nomme mainte-nant Huet-Fez ,, c’est-à-dire, rivière d’or, parce qu’elleest bordée de vergers , 8c que c’est une très-riche con-trée.

La troisième ville est le Nouveau Fez , qui con-tient plus de huit mille habitans. Jacob , roi des Béni-mérinis , la bâtit comme une forteresse pour s’y logeravec fa cour , 8c la nomma Elbeyda ou la Blanche-, maisonl’appelle maintenant le Nouveau Fez, pour avoir étéconstruit depuis les autres, quoique toutes ensemble neportent qu’un même nom. La plus ancienne est au mêmelieu qu’on nommoit autrefois Bulibile , dont Ptoloméemet la situation à huit degrés quinze minutes de lon-gitude, Se àtrente-trois deg. quarante minutes de latitu-de. Ptolomée écrit 8e ses interprètes (

lis ou Volubilis.) Cela me fait croire , dit Marmol »parce que j’en ai vu prendre la hauteur dans la mêmeville , du haut du mont Tavertin, où font les cavernes »qu’íl y avoït déja quelque habitation , où Idris fonda faville. Mais les Arabes , qui ont coutume de s’attribuerles choses les plus remarquables , l’en font le premierfondateur, 8c disent que celle qui est au couchant du fleu-ve fut bâtie depuis.

Le Vieux Fez , qui est si fameux, comme étant laprincipale ville de toute l’Afrique , est situé fur des col-lines Sedans des vallées , 8c ceint de vieux murs , biestgarnis de tours > 8c de bonne fabrique; II y a sept por-tes , dont la première se nomme Eib-el-Gadar ( porte dela trahison ) ; la seconde Bib-el-Mabarroc ( porte des brû-lés ) ; la troisième , Bib-el~Guz.a ( porte de la guerre) »la quatrième Bib-el-Hadid (porte de fer); la cinquième»Bib-Rob ( porte du résiné ) ; la sixième , Bib -el-Fetof( porte des victoires) ; 8c la septième Bib-el Maref° rtri( porte des pèlerins ). Elle est divisée en douzetiers , dont chacun a son colonel, qui a foin de voirest bien pourvu d’armes; 8c d’en faire donner du mag a indu roi, à ceux qui n’en ont point ; mais à leurs dépens.Il a foin auffi dé ce qui concerne la police. Us mettentfur pied dans l’occasion q.uq^ques trente mille combattans,dont les plus braves font les Morisques d’Espagne» quifont armés d’arbalêtres ou d’arquebuses ; car les autresfont gens de plaisir qui íont á leur aise, & ne y®?, 1 ala guerre qu’á regret. Cette ville jouîssâ ^u p n yii g esingulier qui lui a été accordé par Ces premiers rois , ®

n’être point obligée de se défendre , si so f 01 ne J’ 6 ’?* Ía„nir la campagne; de forte que » sim s etre - l,s P e s ^cheté ni de, trahison , les habitans se rendoient auqueur, s’il approchoit à demdsoue de la ville; ce q