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soixante-dix. Ils prennent un fol par ducat de tout ce sol la píéce. Le roi afferme plus de vingt mille ducatsqu'ils vendent. Au reste, cette place a pris son nom de la pêche , qui se sait depuis le commencement d’octobreÒ'tïar , qui veut dire Célar en langue Africaine. Les jusqu’à la mi-avril. La lingerie est une espèce de grandejhisorien.s disent que , quand les Romains croient maî- halle à quatre portes , où l’on vend de la filasse» dufil,rtsde l’Afrique , ils avoient en chaque ville une doua- 8c de la toile. Il s’y fait tous les jours un marché , quine , oii Ton iétroit les marchandises Sc autres choses qui dure depuis midi jusqu’à deux heures , où il y a une-sileur appartenaient. Farce qu’il arrivait souvent que , grande foule de femmes qui y viennent pour vendre oudans les émeutes » on saccageait cette maison , un des acheter de la toile qu’on ne saurait s’y tourner. CeCésars ordonna que , dans chaque ville , il y aurait un n’est pas le marché le plus tranquille de la ville. A quel-lieu fermé de murailles, où son enfermeroit les mar- ques rues de la grande mosquée, est la forteresse quiachandifes qui appartiendraient à l’empereur, tzvec ces des deux côtés deux belles galeries , dont l’une va jus-les des marchands ; afìn que les habitans y ayant inté- qu’à une des portes de la ville , 8c l’autre jusqu’à ustrêt , eussent .plus de loin d’en empêcher le pillage. Cet grand pa'ais , où demeure ordinairement le frere ou leendroit fut nommé Césarie ou Césarerìe , & par corru- plus proche parent du roi. A très-peu de distance de laption Alcaicerie , en y joignant l’arricle Arabe. Au for- forterefle , est une rue , où l’on vend des oiseaux pourtir de celle-ci, du côté de la porte qui regarde le sep- mettre en cage x Sc des oiseaux tués pour manger. En cetentrion , il y a une belle rue, la Atarin, c’est—à dire, lieu est un grand logis , où l’on vend tous les soirs desde i’Epícerie , laquelle contient cent soíxante-dix bon- Nègres de s un Sc de l’autre sexe. Tout auprès sont lestiques , tarit de part que d’autre , Sc a deux entrées qui faiseurs de galoches 8c de sandales de marqueterie, cou-se ferment toutes les nuits , outre qu’on y fait garde , vertes de cuir ou de soie, que les habitans ont coutumequoique la douane des marchands chrétiens ait été trans- de porter , quand il pleut ou qu’il fait sale; Sc il y en aportée de-là au nouveau Fez, pour plus grande sûreté, de si cheres qu’elles valent dix à douze écus. II y a austïParmi ces boutiques , il y en a plusieurs d’arboristes , une halle » où l’on apporte tous les fruits dans des pa-qui font des onguens Sc des remèdes pour ces peuples , niers. Chaque panier est vendu à í’encan par ces crieurs ,lesquels n’ont pas accoutumé de se purger, ni de prendre dont j’ai parlé. Les particuliers se fournissent les pre-médecine, & ne se guérissent qu’avec le feu, la d lette mîers. Les revendeurs achetent ce qui reste, Sc ne peu-ou quelques drogues. C’est li plus belle rue qu’il y ait vent rien acheter avant dix heures. Quiconque achetedans Fez, parce que les boutiques y font fort grandes 8c avant ce tems pour revendre, ou porte ses fruits ailleursbien éclairées , Sc ies caisses ou boëtes rangées avec tant qu’à cette halle , est condamné à une grosse amende,d'ordre , que la vue en est fort agréable. II y a quatre- Ei.beleida est la première partie de la ville qui aitvingt études de notaires autour de la grande mosquée , été bâtie. Elle n’est pas si peuplée que le Vieux Fez.Sc à chacune deux bureaux Sc deux clercs pour passer tou- Elle a d’anciens 8c beaux édifices , soit palais , bains ,tes sortes d’actes, tant de la ville que des champs , les- mosquées ou collèges; mais il n’y a pas de commerce dequels font ensuite signés du juge,fans quoi l’on n’y a point foie Sc de draps fins , comme dans l’autre, ni des ar-d’égard II y a auprès trente boutiques de libraires. De- tlsans auffi considérables. On y voit seulement une bellevant l’autre porte de la mosquée, qui regarde le couchant, rue , où il y a trente boutiques d’épiciers. La plus grandeílyaune grande place, où se vendent les fruits, Sc tout partie est déserte , particulièrement vers les murailles,auprès une rue (la rue òt Gewain ou des Ciriers) où il y où l’on fait de la brique Sc des verres ; mais il y a unea quarante boutiques de Merciers » de Ciriers , Sc plu- grande mosquée , qu’on nomme d , Andalousie, laquellesieurs autres de bouquets > que chacun a coutume de est devantune place pavée de briques , avecplusieurs arti-porter dans la main. On y vend auffi des oranges & des fans 8c merciers. II y a plusieurs autres places dans lacitrons , 8c toutes sortes de breuvages rafraîchissans. Vis- ville , où l’on vend des vivres. Ce qui est de plus consi-à-vis font d’autres boutiques remplies de grandes cru- dérable', c’est la manufacture des toiles Sc des foies , et*ches plombées, où l’on vend le lait, le caillé Sc le beurre quoi travaillent d’ordinaire vingt mille ouvriers en
frais , 8c plus de trente autres où íe vend le coton , tant plus de cinq cens cinquante maisons, qui ont deux 8c
filé que non filé. II en est de même des autres quartiers, trois étages tout remplis de toiles Sc d’étoffes de foie íùroù chaque rue a fes marchandises Sc ses artisans, qui lui le métier, fans parler de cent cinquante autres logis,font affectés. Tous les jours, à ia place de l’Hamelin , la plupart fur la rivière , où l’on ne fait que coudre,
s’affemblent plus de trois cens porte-faix Sc charretiers, blanchir du fil , 3c teindre de la foie. II y a auffi de
pour transporter les marchandises. Ce font des espèces de grandes places où les esclaves chrétiens vont scier le boischarges , qu’on ne peut exercer qu’avec la permission du toute la semaine, hormis le vendredi , depuis midi jus-gouverneur, Sc qu’en donnant caution. Elles exemrent qu’au soir, Sc sept ou huit jours de fêtes que l’on so-dé la justice 8c de tout subside. Ceux qui les possèdent, lemnise le long de l’année. On voit au septentrion uneont un consul, qui juge de leurs différends. II y a entr’eux montagne où le bled fe conserve fort long tems dans desune société ou confrérie, Sc une caisse commune, où ils creux louterrains , dont les habitans du quartier ont 1»mettent tous les jours quelque partie de ce qu’ils ont garde, pour quelque chose que leur donnent ceux à quigagné, pour subvenir à leurs nécessités, Sc faire quelque il appartient. C’est là que font les jardins Sc les fontainesdépense en leurs mariages Sc enterremens. Dans une de Zingisor.
autre place, demeure le prévôt des marchands , qui met Le Nouveau FEZ est dans une plaine , fur le bordle prix aux vivres, 8c contrôle les poids Sc les mesures. II de la rivière , à plus de mille pas du Vieux , entre lea son tribunal à part, où il rend la justice , Sc l’on prend couchant 8c le midi , Sc a un double mur fort bien tra-pour exercer cette charge, le plus considérable de la vil- vaillé , 8cgarni de tours à la façon d’une forteresse. II cou-le. II a plus d’occupation que le gouverneur. II y a un tient plus,de huit mille habitans, Sc a été bâti par I egrand enclos au milieu de cette place , où íe vendent second roi de Fez, de la race de Benímérinis , qui c0íl ~toutes sortes d’herbes 8c de légumes , 8c autour plus de qui t le royaume de Maroc fur le dernier roi de la tacs■cent boutiques, ou l’on vend des gauffres, des bignets des Almohades, 8c transporta le siège de l’empíf e e& des saucisses frites à 1 huile , Sc plus de soixante autres Maroc à Fez , pour être plus près du roi de Treméçcn 'de rôtisseurs. Tout proche, font plusieurs boutiques de avec qui il avoit guerre continuelle. II la nomma fi*'/ "chaircuîtiers , ou 1 on vend de la chair Sc du poisson cuit, le-Blanche; mais on lui a donné le nom de Nouve aliSc des gâteaux ou galettes au beurre , qu’on cuit dans Elle est divisée en trois quartiers. Au premier » est edes terrines, & qu’on mange avec ces viandes. Peu loin palais du roi 8c celui de ses fils Sc de fes freres , ou ï yde-là, font quarante étaux de bouchers , où l’on vend a de beaux appartemens , avec des jardins, des bains,au poids la viande, au sortir de la tuerie qui est sur le Sc des fontaines, pour son divertissement ; 8c t° l,t P rofleuve ; maïs auparavant on la porte S u prévôt des mar- che » une grande mosquée fort belle. Au second quartier,chands qui y met le prix , Sc donne un billet de fa main, font les écuries du roi, Sc plusieurs hôtels de grands lei*que le boucher est obligé d’attacher au haut de fa porte , gneurs , avec une rue qui .s’étend du levant au couchan^tandis qu’il la vend , afin qu’on n’y soit point trompé, plus d’un quart de lieue, ou font les boutiques es marDans un autre quartier, sont les boutiques, où l’on vend chands Sc des artisans , les places L- le s boucheries, l Jle poisson frais , qui fe prend dans le royaume de Fez , a dans cet espace plusieurs bains & plusieurs mosqu^& dans le grand fleuve de Sebou . où il y a une si grande d’une sort belle structure. Au troisième quartier »quantité d’aloses, qu’elles ne valent pas quelquefois un geoient autrefois les gardes du prince , qui ^ 01