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bourg 8c de Casses Quelques-uns y naissent , Sc les an-tres , en plus grand nombre, y font amenés poulainsde l’Artois , ou du Boulonoís , pour y pre.njdre unenourriture plus forte. On y éleve aussi de fort bonschevaux de carrosse , mais qui font sujets à avoir latête un peu grosse. Le terroir est excellent pour la nour-riture des vaches , des bœufs Sc des porcs. On y enengraisse tous les ans une grande quantité , qu'o n faitvenir maigres de la Picardie 8c de l’Artois. Les va-ches y donnent du lait en abondance, Sc plus dans le Fur-iiembach , qu’en d’autres endroits. Les paysans élèventpar curiosité , dans ce canton , de grandes brebis , quifont ordinairement trois agneaux , quelquefois quatre Sccinq, Sc rarement sept, ce qu’elles ne font plus , quandelles font transportées ailleurs. Cette, contrée est la plusfertile de la Flandre, à cause de l’engrais qu'elle tire dela matière à tourbes. C'est un excellent fumier, qui brûlela terre la première année ; mais qui l’engraisse pourcinquante ans. La Flandre n’ayant ni pierres n! ardoi-ses , on y fait beaucoup de briques Sc de tuiles. Toutesles maisons n'étoient presqu’autrefois bâties que de bois;mais à cause des fréquens incendies, il n’est plus per-mis d’en construire que de briques , ou de pierres. S’iln’y croît point de vignes , dont on puisse faire duvin, on y recueille en abondance toutes sortes de grains,fruits, 8c légumes. II y a peu de chanvre ; mais il y croîtdu Koolz.aad , espèce de chou sauvage , connu dansquelques provinces de France, fous le nom Garance. Sagraine fournit de l’huile à brûler ; & fa racine est pro-pre à teindre en rouge. La boisson ordinaire de ceux dupays est la biere , qui fe fait avec de l’orge hâtif, qu’ilsappellent sucrion, un peu d’avoine , quelquefois d u fro-ment Sc du houblon. Le houblon est une plante, dont lesfeuilles font la moitié plus petites que celles de vignes.Elle se cultive fur de petites mottes de terre, où l’onen semé la graine. Elle croît en montant & en s’atta-chant à des perthes de dix à douze pieds de haut, Scdonne une fleur, qui, étant sèche , sert à faire la biere.II n’en croît abondamment que dans le territoire depoperingue, 8c dans quelques autres.
Tout l'intervalle qui est entre la mer Sc la colline, de-puis la rivière d’Aa, jusqu’au canal de Vergues, à Dun-kerque , & depuis ce canal jusqu’à l’Iper, qui comprendtine partie des châtellenies de Bourbourg » de Ber-gues , de Fumes, 8c le territoire de Dunkerque estplat 8c bas, à la réserve d’une lisière de Dunes, que lanature semble avoir élevée exprès, depuis Nieuportjusqu’à Gravelines, 8c bien au de-là , pour .servir dedigue à ce Pays qui a été gagné fur la mer. II y en a mê-me une partie de la grandeur de six à sept mille mesuresappellée, la Moire , actuellement inondée. Le reste jus-qu’à la rivière de Lys, est entrecoupé de divers co-teaux , vallées 8c petites plaines, diversifiées même parplusieurs petites montagnes, dont il régné une lisièredepuis Waten , fur la rivière d’Aa, jusqu’auprès d’I-pres , qui se subdivise en plusieurs parties , dans leschâtellenies de Cassel, de Bailleul 8c autres endroits.
En général, tout ce canton est rempli de vergersplantés de pommiers, de poiriers , Sc d’autres arbresfruitiers , mauvais fruits, à la réserve des pommes de ré-»ette blanche;ou de grandes pièces de labour, de graspâturages 8c de prairies entretenues de bayes, 8c plantéespar-ci par-là d’arbres à haute tige, ormes , trembles ,chênes , aulnes, peupliers, Sc fort peu de hêtres Sc defrênes. Les bois taillis y font fort fréquens, fur-tout dansJa partie orientale de la châtellenie d’Ipres, dans le ter-ritoire de Poperingue , 8c dans la châtellenie de Warne-ton. Outre cela, il y a une forêt de quatre mille cinq censarpens , dans la châtellenie de Castel, proche de la Lys,qu’on appelle la forêt de Nì e p e . Elle appartient au roi,auss-bien que le bois taillis.de l’Hout-Álst , dans la châ-tellenie d’Ipres » lequel contient trois mille trois censcinq arpens. ,
L’air du pays auxeflvironsae la mer est épais 8c rude,tant à cause de la grande quantité de canaux Sc de JP'ater-gans,o\x les eaux croupissent, que des vents du nord,qui font fort fréquens; mais quand on remonte dans lepays haut, l’air est meilleur, Sc plus épuré , quoiqu’ils’en faille beaucoup,qu’il ne soit aussi doux qu’en France.L’hyver y est long, l’été pluvieux pour l’ordinaire , 8cquelquefois très-chaud; mais les chaleurs durent peu.
On ne connoît guère en Flandre que ces deux faisons.
II y eut dès le III siécle, quelques semences de christia-nisme dans la Flandre ; mais ii y fructifia. Ce n’est guèreque depuis yzo, que l’on peut regarder ce pays , commechrétien. Alors les prédications de S. Medard , Françoisde nation, évêque deNoyon & deTournay, firent degrands progrès. II ruina toutes les idoles Sc les templesdes faux dieux, Sc bâtit plusieurs églises. Tout le peuplen’étoit pas encore cependant converti cent ans après ,puisque vers 6415. saint Eioy, évêque de Noyon, bap-tisa beaucoup de payens dans cette contrée. II s’arrêtamême quelque teins , au lieu où est à présent Dunker-que, qu’il trouva peuplé d’un assez grand nombre depêcheurs, Sc autres pauvres gens, pour lesquels il fitbâtir une petite chapelle, qu’il dédia à saint Pierre. De-puis ce tems-là, la Flandre a toujours été catholiquejusques au seizième siécle, que les opinions de Calvin8c de Luther s’y introduisirent, par le commerce desétrangers , honobstant les édits rigoureux de Charles-Quint, & de Philippe II; ce qui, joint à la sévérité du ducd’Albe , établi gouverneur des Pays - Bas , qui n’eutpoint d’égard aqx privilèges des Flamands, aboutit en-fin aune révolte générale du pays , Sc à Rétablissementdes Provinces - Unies; mais le duc Alexandre de Par-me » ayant remis fous l’obéissance du roi Philippe II,tout le pays dont on a parlé, partie par l’effort de sesarmes, 8c partie par ses négociations, le culte de la re-ligion catholique , qui avoit été fort interrompu depuisplusieurs années, reprit fa première forme; & sept ouhuit ans après 1 $77, la religion prétendue réformée eufur entièrement bannie.
Cette province, quant au spirituel, dépendoit del’évêché dejTerouane; mais cette ville ayant été rui-née, de fond en comble en 1 par l’ordre de Char-les - Quint, 8c le traité de paix de Château-Cambre-sis , portant qu’elle ne pourroit être rétablie ; son évê»ché fut divisé en ceux de Boulogne , de Saint-OrnerSc d’Ipres. Ce pays est présentement fous ces deux der-niers , Sc fous celui de Bruges. Celui de Tournay y a auíSquelque chose; maisà’évêché d’Ipres en tient plus dela moitié. II fut érigé en 1559 , Sc l’un des quatorze quel’on créa dans les Pays-Bas, au grand mécontentementdes peuples, qui craignoient que cette multiplicationd’évêchés ne donnât moyen d’introduire plus facilementl’xnquisition d’Espagne, qu’ils avoient en horreur furtoute chose.
La justice est administrée par les magistrats des villes& châtellenies , 8c les sentences font rendues à la plu-ralité des voix, de même qu’en France; mais commeil n’est pas nécessaire d’être licentié en droit, pour êtreéchevin » Sc que ce font les échevins qui ont voix dé-cisive, Sc qui rendent les jugemens, chaque corps demagistrat, a un ou plusieus conseillers, qui font avocats.Ils rapportent les procès, Sc donnent leur avis, fuivani;lequel les échevins forment ordinairement leurs conclu-sions, fans qu’ils y soient obligés, la voix des conseil-lers étant seulement consultative. Ces officiers , qu’otinomme pensionnaires , à cause de la pension que la villeou châtellenie leur fait, étoient mis autrefois à vie ; Scle roi choisissoit un sujet entre trois , que le college luiprésentoir; mais se majesté a rendu ces ch œges hérédi-taires, au moyen d’une finance. Toute la justice de cetteprovince , ressortit par appel au parlement deTournay,à la réserve de Dunkerque, de Gravelines, Sc de Bour-bourg, qui vont au conseil provincial établi à Arras, 8cde-là au parlement de Paris.
Les choses étoient ainsi , lorsque Corneille écri-voit au commencement de ce siécle. Mais la derniereguerre a enlevé Tournay à la France, Sc le parlementque Louis XIV. y avoit érigé , a été transporté àD° L,aI "Par le traité conclu à Utrecht, entre la France 8c lesProvinces-Unies,le u. d’Avril 1713. cette couronnea cédé en faveur de la maison d'Autriche , art. 12. toutle droit qu’elle avoit sur Fumes, Furner-Ambagt 011Furnembach, y compris les huit paroisses , 1 e fort àe r^uo-que , les villes de Loo Sc Dixmuyden , avec leurs e-pendances ; Ipres, avec fa châtellenie ; Rousselaer , ycompris, 8c avec les autres dépendances, qui font o-peringue . Warneton . Commines , WarVicH. Cettecouronne céda encore par le même traité » art. 11, *ville de Menin, avec toutes ses fortifications, 8c av