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de la Flandres qu’on nommoit Impériale -, parce qu’elíedépendoít du royaume de Lorraine uni à l’Empire pafOthon le Grand. Robert mourut en 1077 possesseur dede toute ia Flandre , usurpée sur Baudouin son neveu ,comte de Hainaut, frere Sc héritier du comte Arnoul.Robert II , fils 8 c successeur du Frison , & ayant été àla guerre de Jérusalem avec Godefroi de Bouillon, mou-rut en 1111 ; Sc son fils Baudouin » surnommé à la Ha-che, parce qu’il étoit fort sévére en rendant la justice , luisuccéda ; 8 c mourut sans enfans, em 119,ayant nommé pourson héritier son cousin germain Charles de Danemarck.fils du roi Canut. Charles fut reconnu par les Flamands;mais , quelque tems après, il fut assassiné , 8 c les peuplesappelleront , pour être leur comte , Guillaume , fils deRobert, duc de Normandie. lis ie chassèrent ensuite,& proclamèrent comte, en ir29, Thierry d’Alsace ,fils de Thierry , duc de Moseliane , ou de la haute Lor-raine , & de Gertrude , fille de Robert le Frison. Lecomte Thierry laissa au duc Simon , son frere aîné , cequsil avoít dans ie pays de íà naissance, & Rétablit enFlandre , où il mourut en 1168. Philippe, son fils 8 c suc-cesseur n’eut point d’enfans , 8 c lui succéda sa sœur Mar-guerite en 1192. Elle avoít épousé Baudouin, comte deHainaut , qui descendoit par mâles du comte Baudouin,fur lequel Robert ie Frison avoit usurpé la Flandre , la-quelle retourna ainsi à la postérité de íès anciens & lé-gitimes seigneurs. Le comte Baudouin, & fa femme Mar-guerite eurent pour successeur leur fils Baudouin , quifut couronné empereur de Constantinople » 8 c mouruten Gréce l’an 1205, fans enfans mâles. II eut deux fil-les , savoir Jeanne Sc Marguerite. Jeanne n’eut pointd’enfans de /es deux maris » Fernand , fils de Sanche ,premier roi de Portugal, 8 c Thomas de Savoie , fils deThomas > comte de Savoie. Elle mourut en 124; , &laissa ses états à fa sœur Marguerite , ce qui cauíà degrandes-guerres dans le pays. Cette princesse, étant fousia tutelle de Bouchard d’Àvesnes , fut engagée àl’é-pouser ; ce qui se fit du consentement des grands dupays. Elfe eut de son tuteur 8c mari deux enfans, dontl’un se nommoit Jean, comte de Hainaut , 8c l’autreBouchard , seigneur d’Avesnes. Après la mort de Bou-chard , elle épousa Guillaume de Dampierre , fils d’Ar-chambaut, sire de Bourbon , dont elle eut un fils nom-mé Guy , qu’elle reconnut pour son légitime héritier,parce qu’on découvrit queçjdouchard destiné à l’église,
8 c pourvu de plusieurs bénéfices, avoit pris sécreteraentle íbudiaconat à Orléans , de forte qu’on tenoit sonmariage nul, Sc ses enfans bâtards. Baudouin eut re-cours aux armes. Après une longue guerre entre lesfreres utérins , ils s’accorderent enfin. Le comté de Flan-dre demeura à Guy, 8c celui de Hainaut fut cédé àBaudouin , par traité fait à Paris l’an 1244, à la solli-citation du pape Innocent IV - 8 c du roi saint Louis.Néanmoins la comtesse Marguerite , persévérant dansfa haine contre ses enfans du premier lit , le pape In-nocent I V les déclara légitimes par son jugement défi-nitif, en 1251 , attendu la bonne foi de la mere, quiignoroit que Bouchard fut dans les ordres sacrés » lors-qu’ eile l’avoit épousé. Marguerite ne put donc donnerque la Flandre à ses enfans du second lit, Guillaumequi mourut avant elle 8c Guy. Ce comte Guy fut eftne-mi de Philippe-le-Bel » roi de France , qui le fit pri-sonnier ; de sorte que ce prince mourut en prison àCompiegne, en 1504. On fut contraint, pour satisfairele roi , de lui céder les villes de Lille 8c de Douay, quifurent pour lors démembrées de la Flandre ; 8 c quoiquedans la fuite elles ayent été réunies au pouvoir descomtes , elles ont toujours fait une province particu-lière , comme a fait l’Artois démembré aussi de la Flan-dre , fous le régne de Philippe Auguste , à qui ce paysd’Artois fut cédé par le comte de Flandre. Les descen-dant mâles de Guy, de la maison de Dampierre , ontjoui du comté de Flandre jusqu’a Louis , dit le Mâle,qui mourut en 1383 , laissant pour héritière fa fille Mar-guerite , femme de Phil:ppe-le-Hardi, duc de Bourgo-gogne. Leur arriéré petit-fils Charles de Bourgogne nelaissa qu’une fille > nommée Marie , mariée à Maxímí-lien- d’Autriche, qui fut depuis empereur. Marie eutpour héritier son fils unique Philippe , pere de l’era-pereur Charíes-Quint, qui donna , de son vivant » en*549» le comté de Flandre, avec ses autres états des
Pays-BaS » à son fils Philippe II, dont l’arrïére petit-filsCharles II étant mort fans enfans , ía plus grande par-tie de la Flandre a été cédée, après une longue 8c san-glante guerre , à la maison d’Autriche , par les traitésd’Utrecht , de Rastad & de Bade. II y a néanmoins unepartie de cette province qui obéit à la France , & uneautre qui est soumise aux Etats généraux des Provinces-IJnies , en vertu des cessions faites de ces parties de íaFlandre , par les rois Philippe IV 8c Charles II.
La province 8c comté de Flandre est divisée en quatreparties, qui font Gand , Alost, ou la Flandre Impériale ;Bruges , avec le territoire appellé le Franc , Sc Ypres.Ces quartiers font différens des quatre membres de Flan-dre; car le quartier d’Alost est du memore de Gand , 8cle quatrième membre, qui est le Franc, est du quartierde Bruges.
Les Flamands font communément gros 8c gras , d’unnaturel flegmatique , assez lents dan' leurs manièresd’agir > 8c laborieux pour la culture de la t -rre , p0 ur lesmanufactures 8c pour le commerce , que nulle nationn’entend mieux. Us font amateurs de la liberté , Scgrands ennemis de la servitude. La douceur a sur euxplus de pouvoir que la force. Us font peu sensibles àl’amour 8c à la haine. Us se consolent sans peine des mal-heurs qui leur arrivent , en songeant qu’ils peuvent ertessuyer de plus grands.. Us ont i’esprit juste 8c le sensdroit. mais l’imagination moins vive que les autrespeuples méridionaux ; ce qui fait q ue ceux-ci les trou-vent grossiers & stupides dans la conversation Us sontcependant très-entendus dans les affaires , 8c font rare-ment les dupes de ceux qui se croyent plus fins qu’eux.Les femmes sont blanches 8c assez belles, mais d’unebeauté peu piquante. Elles ont plus d’esprit 8c de plus bel-les qualités que les hommes , '8c leur tempérament lesporte à ia vertu. La nourriture la plus commune desFlamands , est du pain bis, du lait, du heure . de lachair salée, bœuf ou vache grasse . ou porc, de la viandefroide Sc des légumes. Us font auffi sobres dans leur do-meftique , qu’ils aiment la bonne chere en compagnie.Leur dépense est toujours proportionnée à leur revenu;& si leurs rentes diminuent, ils diminuent U m tra í n . H saiment fort les réjouissances puohques. Chaque vile 8cchaque village a la sienne tous les ans , qu’on nommeKermese, 8c qui dure ordinairement huit jours. Ce mocsignifie une foire à l’occasion de la dédicacé de l’égliíedu lieu, ou de la fête du patron. L ouverture s’en faitpar une procession du Saint Sacrement ; 8c le profane yest quelquefois mêlé. Des géants , de grands poissjns, desreprésentations de l’enfer Sc du paradis , des tous 8c desdiables qui marchent en cortège dans la rue , font íe prin-cipal divertissement du peuple , dont la plus grande par-tie quitte son travail, pendant que la fête dure pouríe divertir , 8c pour faire bonne chere. *• Ç v rn. Dict.Mémoires drejfés sûr les lieux.
Le pays, éloigné de la mer, fournit quantité de boispour brûler 8c pour bâtir. Le pays maritime , comme ieBas - Furnembach, la châtellenie de Bour'bourg , ctc.fournit de quoi faire de la tourbe. En creustmt fous iaterre quatre ou cinq pieds , on trom-e un lit de boispourri, de l’épaissenr de deux pieds ou environ , parmilequel on volt encore de grands arbres renversés , desfeuilles, 8c même des noisettes entières. Tout ce pays,dont les terres basses & marécageuses paroissent n’avoïrproduit d’elles-mêmes que des joncs & des roseaux , doitoriginairement avoir été plus élevé, & couvert de vas-tes forêts. Les observations des naturalistes modernesles convainquent tous les jours des chàngemens arrivésà la terre par le déluge universel. Le pays , dont il s’a-gít, fut alors submergé ; 8c ses parties basses resterontfous l’eau, j us qu’â ce qqe l’industrie des habítáns la fitécouler par le moyen des canaux , Sc qu’elie opposa desdigues & des écluses à la mer. Trois ou quatre piedsde fable mêlé de coquillages , qui se trouve au-dessusde la tourbe, font la preuve de cette conjecture. 11 n’ya que les pauvres gens qui se chauffent avec ces tour-bes . tant parce qu’elles sentent très-mauvais, que parcequ’il est défendu d’en tirer trop . de peur de gâter lesterres. Le pays nourrit quantité de chevaux très-grands,dont la plupart font plus propres à la culture de l a ter-re , qu’à d’autres usages. On ne laisse pas d’en trouverd’assez propres à monter, dans les châtellenies de Bour-