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suspectes à de Valois , parce qu’il les a prises pour desnoms propres d’hommes ; mais ils lignifient les pro-vinces dont éíoient les dépurés. Gajì , ayant quelquerapport au motGau, Geve, Goa , veut dire Hospes , c’est-á-dire , un passant , un nouveau venu , un pays ou il -vient,ou d’où ij. vient. Ainsi Salagu/l étoit celui qui venoit ducanton cí'e la Sale ou Salagéve , Se ainsi des autres. Laìituatíon dè Salagéve eít déterminée par des titres del’anclen monastère de Fuide , oìi ce Gau ou pays estmarqué très - expressément Sc très-souvent. On trouveLulfi le pagus ou pays de Salagéve, dans des chartes dutemsde Pépin, pere de Gharlemagne; & l’on y voit clai-rement que la rivière de Sale, dont il prend son nom,rsestpas la Sale de la Thuringe , mais ia Sale de laFran-conie , qui se perd dans le Mein » auprès de Geminde.On trouve encore cn ce pays plusieurs des villages oulieux de pàgtts ou Gau nommés dans ces vieux titres.C’est dans ce canton de la Sale de Franconie , où Char-leir.agne fit bâtir un palais, qui ne subsiste plus , maisdonrie lieu s’appelle encore de Konigshofe, qui veut direcour ou habitation royale. Quant àBodogeve Sc IVisogève ,rien n’est plus naturel que de les placer aussi près des riviè-res qui ont dû leur donner leurs noms; c’est-à-dire auprèsde la Bode, Sc auprès du Wijèr , dit Vijkrgis par les Ro-mains , 8 c vulgairement Weser , rivière qui sépare aujour-d’hui la Westphalie de la Basse-Saxe. La Bod.e vient desmontagnes du Hartz ., Se tombe enfin dans i’Elbe. Le paysappellé depuis Hartegau doit avoir été une partie de cet-te province ; Sc il íe trouve assez souvent que les nomsdes grands Gaus se sont perdus, ou ont été changés ; cequi n’est guéres arrivé aux petits qm ont retenu les leurs ,ou même se sont quelquefois approprié le nom de laprovince entière.II est plus difficile de marquer la situationdu canton JVindogéve. 11 ne peut néanmoins être raison-nablement entendu que de laThuringe. On peut juger parces quatre provinces , ou grands cantons des François ,qu’ils dévoient habiter depuis les montagnes du Hartz. ,où la Bode ases sources, jusqu’à la rivière du Mein, danslaquelle la Sale Franconienne se décharge. Ainsi ils era-brassoient une partie des pays de Brunswick ., du H ai-liers at Sc MaGDEBOurg , de la HeSse , presque toutela Thuringe Sc la partie de la Franconie , qui est ducôté droit du Mein. Les limites des François ont alorsété ie Mein au midi; les montagnes du Hartz au sep-tentrion ; la Sale de Thuringe avec l’Elbe , où elle serend à l’orient; & le Weser continué en remontant parlaFuldc à l’occident.
Les François pénétrèrent çncore plíis avant. ïís pas-sèrent íe Weser & vinrent habiter les pays que l’on nom-me aujourd’hui la Wetaravie , le Westervaed , laHf.sse, Sc la Westphalie. Ils avoient alors la Thurin-gu & la Saxe à l’orient , l’Océan & le Rhin à l’occí-dent ; ia mer de Germanie ou du nord au septentrion;l’Aìlemagne Sc la Suisse au midi. Le tems de cette nou-velle migration n’est pas bien connu. Ce doit pourtantêtre le commencement du III siécle de l’églíse. Suivantles anciens'auteurs , le bruit des armes Françaises sefit entendre fous í’empire de Valerien ; & Flavius Vo-píscus rapporte , qu’Aurelien > qui depuis fut empereur,commandant à Mayenne Sc aux environs , vers le mi-lieu du III siécle , repoussa les François , qui vouloîentíe jetter dans les Gaules ; ce qui prouve qu’ils habitaientdéia auprès du Rhin, Us n’étoient pas les seuls qui por-tassent le nom de Francs. On le donna en général auxautres peuples qui habitaient ce pays, & parmi lesquelsles François s’étoient établis, ou de gré óu de force.Ces peuples conservaient pourtant chacun leurs nomsparticuliers. On nommait, par exemple , Attuaires ceuxqui demeuraient fur le Rhin ; Eructais es , Chamaves ScSaliens ceux qui étaient vers l’emboucnure de ce fleu-ve ; Frisons Sc Causses ceux qui habitaient les côtes del’Océan ; enfin Amfivarres Sc Cattes , ceux qui possé-doient l’intérieur des terres ; mais tous ensemble s’ap-peiioient François , quelquefois même Sícambres ,du nom des pays que les anciens Sicambres avoientpossédés. * Hadriani Valesii , Notit. Galliar. pag.200.
On trouve plus de clarté dans l’histoire du moyeuAGE. Les affaires de l’empire Romain allant de plus enplus en décadence , il fe forma vers 2.15 une ligue desFrancs , dans l’inîention d’être en état d’attaquer les
Romains.' Sous les quatre rois que nous savons avoirrégné fur eux dans la France Germanique , Sc qui sontPharamond , Clodion, Mérovée & Chiideric, les entre-prises de cette ligue fe réduisirent presqu’à de simplesincursions dans les Gaules , accompagnées de ravages& de íaccagemens ; après lesqu'ds on fe retirait dansson pays , content du butin que l’on avoit fait , Sc danslesquelles l’on étoit aussi quelquefois repoussé vigou-reusement par les Romains. * Jac. Car. Spener , N ot.Germ. L 4 , c. 5.
Les Gaules situées entre le Rhin , l’Océan, les Py-rénées & les Alpes , étaient alors partagées entre iesRomains , les Wisigoths , les Bourguignons Se les Bre-tons. Ces derniers étaient maîtres de la province, quitire de leur nom celui de Bretagne. Le domaine desRomains étoit resserré dans les provinces, qui font en-tre le Rhin, l’Océan 8 c la Loire. Lgs Bourguignons oc-cupaient les places entre le Rhône 8 c la Sône , Sc plu-sieurs villes au-delà de ces rivières. lis possédaient Lyon,Vienne, Genève , avec leurs territoires; Sc s’étendoïentdans le Dauphïné , dans la Provence , entre laDurance& le Rhône, Sc dans la Savoie. Les Wisigoths possé-daient le reste du pays, depuis la Loire jusqu’aux Al-pes Sc aux Pyrénées. Le comte Siagrius gouvernait cequi restait a l’empire , presqu’en souverain , parce que ,les Ostrogoths s’étant rendus maîtres de i’Italie , cegouverneur ne dépendait que de la cour de Constanti-nople , qui ne pouvait que trfs-difScilement avoir com-munication avec lui par terre Sc par mer.* Le P. Da-niel , Pli st. de France, Clovis , p. 1.
Telle étoit la situation de ce yafle pays, lorsque Clo-vis passa le Rhin avec une armée de François, à desseinde s’établir dans les Gaules. U s’avança jusqu’à Sois-íons , résidence ordinaire de Siagrius. Une feule vic-toire , remportée fur ce général, le rendit en très-peude tems maître de tout ce que les Bretons , les Wisi-goths & les Bourguignons ne poflédoient cas dans lesGaules. Ce fut alors que ces provinces changèrent leurnom en celui de France , Sc que les François com-mencèrent à former le royaume , que Clovis transmit âses descendans. Longuerue , Descrip. de la France ,1 part. Dise. Prél.
Clovis accrut-ce nouveau royaume d’une partie deceluî des Wisigoths, & ses fils de celui des Bourgui-gnons.
Le nom de France ne fut donc d’abord qu’à la par-tie septentrionale des Gaules, qui fut partagée en deuxgrandes provinces , I’Austrasie au pays 'dd Orient, Scla Neustrie au pays d'Occident. A considérer la forcedu mot Neustrie > il devroit signifier nouveau pays, nou-vel état ; Sc pour dire pays dd occident, il e ût fallu direWeílrie. Aussi convient-on communément aue Neitsrien’en estxqu’une ancienne corruption ; 8 c ce* qui prouvequ’íncontestablement on doit entendre par ce mot Jepays ddOccident , c’est qu’en Italie les Lombards divi-sèrent de même leur royaume en Attflrie ou Auftrafie ,Sc en Neustrie; Scia Neustrie étoit constamment la "par-tie occidentale de ce royaume. Au reste 1 ’Ausirasie Scla Neustrie n’eurent dans les Gaules -des bornes fixes,que lorsque, fous les descendans de Clovis, elles eu-rent leurs rois'particuliers.
L’Austrasie, outre les pays situés au-delà du Rhin, sou-mis par les François, comprenait toutes les villes du Rhin,avec Metz ., Toul, Verdun , Cambrai , Maefiricht, Laon,Rheims Sc Chdlonssur-Marne. Le territoire de Chalans Scde Rheims nommait H Champagne Muftrasieme. QuantàTroyes, cette ville étoit d e la‘Neustrie, & son terri-toire s'appelloit la Champagne Neuflrienne. Tout ce quis’étendoit depuis le? villes de,Sens Sc de Paris jusqu’àl’Océan Sc a la Loire , étoit de la Neustrie, excepté laBretagne habitée par un peuple venu de Ja Grande Breta-gne , qui n obéissait aux François que par force ;ìn forteque les rois etoient contraints d’avoic souvent les armesà la main contre les Bretons. Le royaume de Bourgo-gne comprenait , outre le duché Sc le comté de Bourgo-gne, tout l’évêchéde Langres , Lion, une partie du Dau-phine , & íur-tout les villes de Vienne Sc de Grenoble ,avec la Savoie Sc la plus grande partie de la Suisse. Quantà la Provence , les villes étoient partagées entre lesdeux rois òdAusrase Sc de Neustrie-, de maniéré qu’imeville appartenois à un roi, Senne antre à l’autre toi. Mur -Tome II. F fffff