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sálle même leur sut soumise à tous deux en commun ;de forte qu’il est impossible de donner des bornes jus-tes de cette division. \J Aquitaine étoit auísi. soumise auxdeux rois. Bordeaux , Bourges £< Toulouje étoient auroi de Neustrie , avec la plupart des autres villes ; maisPoitiers, Y Auvergne , &le Qiierci étoient des dépendan-ces de l’Austrasie. Cette division n'eut cependant lieuqu’environ cent ans après la mort de Clovis , parce quele royaume de Neustrie avoit été partagé en trois por-tions égales par les fils de Clovis 8 c de Clotiíde, Chil-debert avoit Paris pour capitale , Clodomir Orléans , SeClotaire Soijfons. Quelques villes de ce royaume étoientaussi partagées ; en iorte que dans un même pqys , l’uneétoit à un roi , 8 c l’autre à son frere. 11 est donc impos-sible de marquer au juste les bornes de ces états ; outreque par les guerres que se faiíoient ces princes Sc leursfréqu&ns accommodemens, les choses changèrent très-souvent; 8c c’est pour cela que Grégoire de Tours quia employé si souvent dans ses écrits le mot d’Austrafíe,ne se sert point de celui de Neustrie, parce qu'elle n’aété réunie en un seul corps, St n’a composé un royau-me , qu’après la mort de ce prélat. Ce fut proprementClotaire II, qui - par la mort des autres rois François,devint en 613 , roi de toute la monarchie , qui fit la di-vision des royaumes d’Australie Se de Neustrje, unissantcelui de Bourgogne à ce dernier. Ce fut alors qu’il créason fils Dagobert, roi d’Austrasie. Sous le reste de lapremière race de nos rois, ces deux royaumes resterenttoujours séparés , quoiqu’ils n’eussent quelquefois qu’unmême roi ; mais ils eurent toujours chacun leurs maires dupalais 8 c leurs autres grands officiers. Les maires du palaisusurpèrent toute l’autorité , sur tout dans l’Austrasie ,qui, fous Pépin le Gros & Charles - Martel, ne renditplus aucune obéissance aux rois qui résidoient en Neus-trie , desquels on se contenta de mettre le nom à latête des actes.
Cette usurpation des maires du palais fut imitée parles gouverneurs de quelques provinces éloignées. Eude,fous le nom de duc de toute l’Aquitaine , s’empara detout le pays depuis Bordeaux Sc Toulouse jusqu’à laLoire , dont il avoit le gouvernement; & les Gascons quin’obéissoient aux François dans la Novem-Populanie quepar force , se joignirent avec leur duc à sa rébellion. Ceuxqui commandoient en Provence & en Bourgogne ne vou-lurent pas non plus se soumettre à Charles-Martel, quine put íe faire obéir entièrement dans ces pays-là qu’aprèsune longue guerre.
Pépin son fils qui lui succéda St qui se sit couronner roiaprès la déposition de Childeric III. l’an 751, conquitdans la première année de son régné , la province de Nar-bonne ou la Gothie , sur les Sarasins ; ensuite après sept ouhuit ans de guerre, il conquit toute Y Aquitaine sur le ducGaiffre , qui périt dans une derniere bataille ; de forte quePépin fut le premier des princes François qui posséda lesGaules dans toute leur étendue. II les laissa à ses enfansCharles & Carloman , lesquels divisèrent cet état d’unemaniéré toute nouvelle; ce qui ne dura que quatre ans,après lesquels Carloman mourut, Sc Charles, au préjudicedes fils de son frere, s’empara de toutes les Gaules. Louisle Débonnaire > son fils, en fut aussi le maître : mais aprèsfa mort elles furent partagées en 845 , entre ses trois fils,Lothaire, Louis Sc Charles. Charles eut la partie occi-dentale de la France, autrement l’ancienne Neustrie, quiconsistoit dans tout le pays qui étoit entre la Meuse,l’OcéanBritannique Sc la Loire, avec l’Aquitaine, laSeptimanie Sc une partie de la Bourgogne. Louis euttoute la partie orientale, qui comprenoit toute l’A 11e-magne jusqu’au Rhin , avec la Norique ou la Bavière ,les villes de Spire ,Worms 8c deMayence, avec tout leurterritoire abondant en vins. Lothaire, comme l’ainé, étoitdéja empereur Sc roi d’Italie , à quoi il joignit les terresqui étoient entre les états de ses deux freres , autrementl’Australie, avec partie de la Bourgogne Scia Provence ;de forte que les provinces q m tomberent en son partageconfinoient du côté de l’orient au Rhin Sc aux Alpes:du côté de l’occident à l’Escault, a la Meuse , à la SaôneSc au Rhône > Sc du côté du midi à la mer de France. C’estpour lors que les noms d’Austrie ( Australie) Sc de Neus-trie, cesserentd’être employés, Sc qu’ils commencerentà s’abolir. Charles , ditle Chauve , Sc ses.successeurs sodirent rois de la France Occidentale. Louis Sc fes succès-
FR. A
se tirs se dirent rois de ia France Orientale. * ILtd. Valefii.I\ ! ot. Gai. p. 202.
L’empereur lothaire laiíla son royaume d’Italie &l’empire à son fils aîné Louis ; le royaume de Bourgo-gne Sc de Provence à son second fils Charles; Sc celuid’Austrasie à ion troisième fils Lothaire, Sc c’est à causede ce jeune Lothaire que ce royaume fut nommé LothariiRçgnttm ou Lotharingia. Les bornes eu étoient bien diffé-rentes de celles du duché de Lorraine d’aujourd’hui; carce duché, qui n’en faiioit qu’une partie, étoit ancienne-ment nommé Moz.ellane, parce qu’il est situé le long dela Mozelle, Sc le nom de Lorraine se donnoit principale-ment au Brabant & aux pays adjacens , dont les princesprenoientla qualité de duc de Lothie ou Lorraine qu’ilsont coníervé juíqu’à présent. * Longuerue , Deícript. de laFrance , 1. part. Diic. Preiimin. p. 8.
La portion de Charles le Chauve a depuis été nomméeparticulièrement le royaume de France; Sc comme ilétoit situé entre l’Océan, les Pyrénées, le Rhône, la Saô-ne , la Meuse Sc l’Escaut, c’est.pour cela que la Flandreproprement dite , qui est à l’occident de ce fleuve , a relevéde ia France, comme le Brabant Sc le Hainaut releVoientdu royaume de Germanie, auquei celui d’Austrasie futannexé fous le roi Henri l’Oiseleur, Sc fous l’empereurOthon I, son fils. Dans la fuite les royaumes d’Arles &cde Bourgogne furent aussi joints au même royaume deGermanie > fous íe régné de Conrad le Salique, qui s’enempara après la mort de Rodolphe le Lâche : mais depuispresque tout ce pays est revenu aux monarques François ,par conquête , par succession ou par donation.
Les premiers rois de la race des Carlovingíens étoient'absolus dans leurs états.. Les principaux commandansdans les provinces avoient le titre d e ducs, c’est-à-diregénéraux, 8c ceux des villes ou des pays de moindre éten-due avoient le nom de comtes, inventé sous le bas empireRomain , Sc dont l’ufage avoit été continué sous les Fran-çois. Ces ducs 8c ces comtes n’étoïent ni héréditaires , nià vie, Sc leur pouvoir cessoit selon le bon plaisir du souve-rain. Mais sous les successeurs de Louis le Débonnaire,les François s’affoiblirent si fort parleurs guerres civiles,que leur pays devint la proie des Pyrates Danois Sc autrespeuples du Nord qu’on nommoit Normands : alors lesgouverneurs des extrémités du royaume, se rendirentmaîtres des provinces où ils commandoient, Sc en devin-rent seigneurs propriétaires 8c héréditaires. Enfin lesNormands ayant ruiné toute la Neustrie maritime, oncrut que pour avoir la paix on pouvoit leur laisser ce pays,que Charles le Simple donna à Rollo leur chef in allodensempiternam, ainsi que le ditDudon , doyen de Saint-Quentin, auteur presque contemporain. Ce mot allodeou alleu , marque une pleine propriété, 8c est distingué deftudnm ou feodum, fief qui n’étoít dans l’origine qu’uneespece de commânderie donnée pour servir â la guerre,Sc qui ne passoit pas du pere au fils , fans une concessionparticulière des rois. Après la mort des rois Charles leSimple Sc Rodolphe ou Raoul, les autres ducs ou comtes,ceux même qui n’avoient les terres qu’en fief, s’en rendi-rent propriétaires absolus. Ils s’y maintinrent à cause dede la foi blesse des rois Louis d’Outremer , Sc Lothaire ,auquei il ne restoit r-esque plus que le nom de rois.
Les ducs devoie. -ommander aux comtes, solvantl’ancienne institution, mais ceux-ci se rendirent auífi in-dépendans dans les endroits où ils se trouvèrent les plusforts,de sorte que quelques-uns ne reconnoissoient ni ducsni rois. 11 seroit impossible de donner les véritables bornesde ces différons états, à cause des différons changemensque ces Usurpateurs introduisirent. Tous jouissoientsansautre titre que celui de la force : mais , après qu’ils eurentrejette les princes qui restoient de la race de Charlemagne,Sc qu’ils eurent élu & maintenu sorletrôneun d’entr’eux,qui fut Hugues Capot, duc de France Sc comte de Paris ;ce changement les rendit paisibles possefiëurs, le nouveauroi étant obligé d’appuyer Sc de maintenir ceux qui le sou-tenoient lui-mêms. D’autre côté ces seigneurs furentobligés de laisser leurs vassaux en possession des fiefs quifurent regardés comme biens patrimoniaux.Ces vassaux,dans la plupart des pays, n’étoient tenus qu’à un hom-mage lige à leurs seigneurs de fiefs, & en d’autres pays.où íes seigneurs avoient so mieux conserver leurs droits,les vassaux furent maintenus en possession de leurs terres.,en payant une certaine somme à chaque mutation, cs