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Rhin , 8c non pas dans celui de Franconie. Les Alle-mands la nomment Franckfurth. Elle est ancienne. Muns-ter prétend qu’elle a été autrefois nommée Helenopolis',mais, comme le remarque Ortélius, c’est fans nous ap-prendre par qui, ni quand elle a été ainsi appellée. Ondit que Charlemagne, lorsqu’il faisoit la guerre auxSaxons qui se révoltoíent souvent, 8coccupoiení le borddu Mein ,où il n’y avoit point encore de Pont, trouvaen cet endroit un gué inconnu jusqu’alors , 8c défit cepeuple, dont il fit un grand carnage ; en mémoire dequoi il donna à ce lieu le nom de son peuple qui étoit lesFrancs, & y ajouta quelques prérogatives. Ce qui con-firme cette tradition, c’est un quartier de la ville qui estséparé de l’autre parla rivière du Mein, 8c qui est encoreaujourd’hui nommé Saxenbausen, nom qu’íl a gardé desSaxons qui y étoient ou campés ou cantonnés. Francfortest presque enclavée dans les états de sélecteur de Mayen-ce, à quatre milles d’Aílemagne de Mayence à l’oríent,en allant vers Hanau , dont elle est à deux milles, 8c àcinq milles d’Aschaffenbourg. Les Ephemerides de VA-cadémie Royale des Sciences la font de S degrés r 5 mínut.plus orientale que l’Observatoire, 8c lui donnent 49 deg.55 minutes de latitude. Quoique la religion Catholiquey ait les principales églises, Sc qu’elle en possede le plusgrand nombre , il y a beaucoup de Protestans. On y vitavec une tolérance assez grande, 8c l’on semble n’y êtreoccupé que du soin de faire fleurir le commerce 8c demaintenir les droits & la liberté, de cette petite Répu-blique. La ville est considérable par ía grandeur, pariabeauté, par ses fortifications, 8c sur-tout par ses deuxfoires , dont l’une se tient au printems 8c l’autre en au-tomne , 8c enfin par l’assemblée des électeurs qui s’yrendent toutes les fois qu’il s’agitd’élire un empereur ouun roi des Romains. , édit. 1705.
Le Mein coupe cette ville en deux parties inégales»la plus petite est Saxenbausen. Quand les Suédois vin-rent en Allemagne » ils s’emparerent de ce quartier » d’oùils incommodoíent l’autre quartier de la Ville. Ses for-tifications consistent en un grand ouvrage à corne revêtu,avec íbn fossé plein d’eau Sc le chemin couvert fort bienentendu 8c entretenu. Cette piéce couvre puissammentla porte de l’autre partie de la ville > que l’on nommeFrancfort, Scelle est postée à la tête du fossé qu’o n passepour entrer dans Saxenbausen. Les six bastions qui enachevent le circuit » font des pièces irréguliéres qui seflanquent assez mal, Sc dont les figures font informes. IIy a du côté de la droite quelques angles rentrans Sc sail-lans , qui vont défendre le passage de la rivière. Le côtéde la gauche est soible; les courtines en font délabrées;les bastions petits , en mauvais ordre 8c se flanquans mal.La contrescarpe est fort relevée, ce qui fait la roideur deíof) glacis. Les fossés pleins d’eau vont rencontrer le Meinà la pointe du dernier bastion, qui est le meilleur 8c quiacheve les défenses que l’on volt le long de la rivière,que l’on passe fur un grand pont de pierre pour aller dansl’autre partie de la ville. * Corn. Dict. 8c Mémoires 8cPlans Géogr.
Celle-ci, que l’on nomme proprement Francfort , estbelle, fort marchande 8c fort peuplée. Ses rues font larges& bien fournies de boutiques. II y a quatorze églises Ca-tholiques , beaucoup de temples pour les Luthériens ;mais les prétendus Réformés qui n’ont point d’église àFrancfort, font leur exercice de religion à une demi-lieuede la ville dans Bockenheim, village appartenant au comtede Hanau. II y a aussi à Francfort plusieurs places publi-ques , dont la principale est celle où l’empereur après soncouronnement, qui se fait dans cette ville, paroît à latête des électeurs Sc fait ses largesses au peuple. L’églisede Notre-Dame est un bâtiment assez grossier. Wagenseilla dit dédiée à saint Barthelemi, 8c bâtie par Pépin, peredé Charlemagne. On y remarque deux chapelles , l’unequ’on appelle le Conclave t estfort étroite 8c fort longue.Sur la gauche on voit un autel très-pauvre , gj autour decet autel le long des murailles il y a des bancs fort simples.C f est dans ce lieu que s’assemblent les électeurs pournommer un empereur. L’autre chapelle est une clôturede fer fans aucun ornement, attachée aux balustres duchœur, 8c ayant à-peu-près la figure d’une grande cageà perroquet. Son autel n’a pour tout enrichissementqu’unCrucifix d’airain d’un ouvrage assez commun. C’est qu’ a .
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près l’électíon on conduit l’élu empereur, pour y ê'trécouronné par sélecteur de Treves » assisté des électeursde Mayence 8c de Cologne.
La maison de ville de Francfort est assez vaste. On yvoit entr’autres une belle salle où s’assemblent les élec-teurs 8c tous les membres de l’Empire, quand il s’agítd’une élection nouvelle.^On ygardel’orígïnal de la bulled’or: c’est un parchemin de vingt-quatre feuilles in-quarto, selon l’ouvrage cité ( ou de quarante-trois feuilles 1selon Wagenseil. ) Elles font cousues ensemble, 8c cou-vertes d’un autre parchemin fans aucun ornement. Lesceau y est attaché avec un cordon de foie de différentescouleurs ; 8c ce sceau qui est couvert d’or, a pour em-preinte la figure de l’empereur Charles IV. assis 8c cou-ronné > tenant un sceptre de la main droite, Sc un globede la main gauche.
La situation de Francfort est dans une grande plaine »égale par-tout Sc fort riche, entr’autres en jardinages,qui fournissent tous les pays des environs. Quant à lafigure de la fortification, elle est décagone, c’est-à-direcomposée de dix bastions. Elle n’est pas dans la derniererégularité: maison a en approché le plus qu’onapû. Lesfossés font grands, profonds 8c remplis d’eau vive. Lacontrescarpe en bien des endroits n’y est que tracée » 8ctous les dehors consistent en certains ouvrages volans ,qui font postés au-devant des portes. La mieux défendueest celle qui est au milieu des travaux: elle est couverted’un ouvrage fort massif, détaché 8c un peu avancé dansle fossé.
2. FRANCFORT sur U’Oder , ville d’Allemagne,dans la moyenne Marche de Brandebourg, aux confinsde la Silesie 8c de la Lusace, à un mille d’Àllemagne au-dessus de Lebus, aumidí,à trois de Custrin, Sc à quatredes frontières de la Grande Pologne, au couchant enallant vers Berlin, dont elle est à dix milles. Hubner, Fr âgeaus der Geogr. p. 6; i, dit que c’est une jolie ville, eincfenteStadt. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est uneuniversité érigée par Joachim I électeur de Brandebourg,8c par son frere Albert, archevêque de Mayence 8c deMagdebourg, Sc ensuite cardinal, qui la sondèrent en1506, du consentement du pape Alexandre VI. Sc del’empereur Maximilien I. Les professeurs furent appellésde Leipzig. En 16 j île i z d’Avril, cette ville fut em-portée d’assaut le troisième jourdu siège parles Suédois ,qui firent tout passer au fil de l’épée , en représailles dumassacre de deux mille Suédois que Tilly avoit fait fairele 11 de Mars de cette même année, dans Newbrande-bourg. De six mille Impériaux qui défendoient Francfortilnes’en sauva que cinq cens. Wagcnjeil, Synops. Geog.p.285.
FRANCHECOMTÉ, province de France. On lanomme auíìiie Comté de Bourgogne , ou comme l’onparloit encore il n’y a que peu d’années, la Comté. Lapartie de la Bourgogne, qu’on nomme le Comté, estentierement séparée du duché de Bourgogne , parcsqu’elles ont appartenu à différens souverains, le duchéétant la première pairie de France, Sc le comté ayantdurant long-tems relevé de l’Empire. Cette province estbornée du côté du nord par la Lorraine ; à l’orient d’étéelle est bornée parl’étatde Montbelliard ; le mont Jurala sépare de la Suisse vers le levant; au couchant d’été elleconfine avec la Champagne par le Baííigni; à l’occidentelle a le comté d’Aussone 8c la Bresse Challonnoise, 8c aumidi l’autre Bresse 8c le Èugey, qui sont des annexes dugouvernement de Bourgogne. * Longuerue, Descriptionde la France, part. 1, p. 307.
Le Comté contient la plus grande partie du territoiredes anciens Sequaniens qui furent subjugués par JulesCésar. Ils étoient en ce tems-là du nombre des Celtes :mais Auguste les joignit à la Belgique, avec les Helve-tiens. Les Bourguignons sortis du fond de l’Allemagne »s’emparerent de ce pays dans le V e . siécle, 8c les Françoisle conquirent dans le siécle suivant. Dans le IX e siécle »par le partage qui fut fait des états de l’empereur Louisle Débonnaire entre ses fils, tout ce qui est au-dela de laSaône appartint à l’empereur Lothaire, 8c à ses fils Lo-thaire 8c Charles : mais après la mort de ces princes 8ccelle de Charles le Chauve , de son fils Louis le Begue ,8c de ses petits fils Louis Sc Carloman, après que Char-les le Gros eut fait abdication des couronnes de France