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Sc de Germanie; les peuples de la Bourgogne, nomméeTrans-Jurane, élurent roi un seigneur appelle Rodolphe,qui fut maître du pays d^u-delà de la Saône, & ses des-cendans en ont joui jusqu’à la mort de Rodolphe III.surnommé le Lâche.
Durant le régné de ce dernier Rodolphe, Othe-Guíl-laume > fils du prince Adelbert, Sc petit-fils de BerengerII. roi d’ítalie , s’étant retiré en France à Nevers, auprèsde fa mere Gerberge, Rétablit dans le pays voisin dumont Jura , & prit le titre de comte de Bourgogne au-delà de la Saône , fans qu'o n sache quel droit il avoit surce pays, dans lequel il y avoit plusieurs autres seigneursîndépendans. Qthe-Guillaume mourut avant le roi Ro-dolphe en io 2<5, eut pour successeur son fils Renaud I.Dutems de ce comte Renaud , l’empereur Conrad le Sa-lique, après la mort de Rodolphe IILs’empara du royau-me de Bourgogne, comme en étant héritier par fa femmesœur de Rodolphe. Après la mort de Conrad , Renaud,comte de Bourgogne, n’en voulut point reconnoître lefils Henri le Noir pour son souverain. Cet empereur lefournie par les armes en 1044; & Renaud sut contraintde lui faire hommage dans la ville de Soleure.
Les descendans mâles de Renaud , vassaux de l'Empire,jouirent de ce Comté jusqu’à Guillaume III, qui , mortfans enfansen 1126, eut pour héritier un de ses parensnommé Renaud, lequel eut une fille unique nomméeBéatrix, mariée à l’empereur Frédéric Barberousse. Dece mariage naquit entr’autres enfans O thon, qui futcomte de Bourgogne , porta le premier le titre de Fala-tin , Sc eut de grands différons avec les enfans du comteGuillaume , oncle paternel de fa mere Béatrix , lesquelsprétendoient partager le comté de Bourgogne , qu'Othonlaissa à fa fille Béatrix. Cette comtesse fut femme d’O-thon , duc de Meranie en Tirol, 8c laissa le comté à ionfils Othonlí. qui n’eut qu'une fille nommée Alix, femmed’Huguesde Châion. Leur fils Othon III. ditOthenin,leur succéda au comté de Bourgogne, 8c épousa Ma-thilde héritière d’Artois. Leur fils Robert, comte d'Ar-tois 3 c de Bourgogne, mourut fans postérité en x;ij. Sasœur Jeanne fut son héritière : elle étoit femme de Phi-lippe le Long.d’abord comte de Poitiers, puis roi deFrance.
Philippe le Long ti’eut que deux filles, Jeanne 8cMarguerite. Jeanne , qui étoit l’aînée , hérita des étatsqui appartenoient à fa mere, 8c les porta en mariage àEudes , duc de Bourgogne. Son héritier fut son fils Phi-lippe , duc de Bourgogne, pere du jeune Philippe deRouvre , qui mourant fans postérité, eut pour héritièredes biens dp fa grand'mere Jeanne de F rance , fa cousineMarguerite > comtesse de Flandre , comme sortie deMarguerite de France , sœur cadettede Jeanne.
Marguerite comtesse de Flandre , porta en mariagetous ses grands états à Philippe le Hardi, fils de France,duc de Bourgogne. Leur arriéré petit-fils , Charles ducde Bourgogne , ayant été tué devant Nancy, Louis XI.foi de France, s’empara non feulement du duché deBourgogne , mais du comté. Ensuite par la paix qui futfaite entre le roi Louis Sc Maximilien d’Autriche , quiavoit épousé Marie, héritière de la maison de Bourgogne,Louis resta en possession du comté de Bourgogne, quifut donné en dot à Marguerite d’Autriche, accordée àCharles, alors dauphin,qui futdepuísCharles VIII. Cpmariage n’ayònt point été contracté, il fallut par la paixde Senlis l’an 149;, rendre à Philippe, fils de Maximi-lien 8c de Marie de Bourgogne, & frere de Marguerite,le Comté de Bourgogne, que Philippe laissa à ion filsCharles-Quínt.
Les descendans maies de cet empereur en ont jouijûsqu’à Charles II. roi d’Espagne, fur lequel îe feu roiLouisXIV. conquit cette province en 1668, Sc l’ayantrendue la même année par le traité d’Aix-la-Chapelle,il la conquit une seconde fois en 1674, Sc elle lui futcédée par le traité de Nímegue en 1678.
La Franche-Comté est partagée presque égalementen pays uni Sc en pays de montagnes. Le pays uni ren-ferme les bailliages de Vefoul, de Gray. de Dole, deLons-le-Saulnier ScdePoligni. II est fertile en grains,vins, fourrages, chanvre , noyers, &c. Le pays de mon-tagnes peut être subdivisé en Franche-montagne Sc enmontagne. La première comprend les bailliages de Pon-tarlier Sc d’Orgelet, Saint Claude, & une partie dés
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bailliages de Salins ; d’Ornans Sc de Baume. II ne croîtdans cette partie que de menus grains : mais c’estle can-ton de la province le plus riche, à cause de la quantité debestiaux qu’o'n y nourrit. L’autre partie de la montagnedans laquelle font Besançon, Quingey, Arboís, & unepartie des bailliages de Salins , d’Ornans Sc de Baume »produit du bled & de l’avoine, & beaucoup de vins.*Bíganïol, Descr.de la France , t. 6, p. 350 &íiiiv.
La Franche-Comté est arrosée par cinq rivières princi-pales , qui font la Saône » l’Ougnon , le Doux, la Louve& l’Aín. Ces rivières font fort poissonneuses. On vantela carpe de Saône , le barbeau de l’Ougnon, le brochetdu Doux > l’umbre de la Louve , & la truite de P Ain.Outre ces rivières il y en a plusieurs moins considérablesqui arrosent des prairies,& dohnent quantité de fourrages.
On trouve dans le pays des mines de cuivre, de plomb,de fer & d’argent. IIy en a de cette dernière espèce auprèsde Lons-le-Saulnier qu’on prétend être abondantes. Ony trouve aussi des eaux minérales, comme à Luxeuil,Repes, Trouillon, & des eaux salées à Salins: voyez,ces articles. II y aauffi des carrières de toutes fortes. Dequelques-unes on tire des albâtres très-blancs & très-clairs : de celles qui font aux environs de Salins, on tiredes albâtres jaspés, dont les blocs font si grands, qu’onen peut faire des colomnes de n à 15 pieds de long.Dans d 5 autres on trouve des marbres noirs.
Lorsque ce pays paíla fous la domination de la France,c’étoit la province la plus riche en bois. Depuis on adéfriché fans précaution , ce qui a rendu le bois à bâtirassez rare auprès dés villes.
Pour le spirituel, la plus grande partie de la Franche-Comté est du diocèse de Besançon, qui s’étend aussi fur■une petite partie de la Haute-Alsace ; le reste de laFranche-Comté estdes diocèses de Lyon , deSaint-Clau*de, de Dijon, de Lauzane & de Toul.
La justice est rend ne dans le comté de Bourgogne pardes tribunaux inférieurs ,8c par une Cour supérieure ouparlement. Ce dernier étoit ambulatoire dans son origine,Scsuivoit toujours le prince dans ses voyages. Philippele Bon le rendit sédentaire à Dole en 1422. Louis XIV.le transféra à Besançon en 1676.
Le comté de Bourgogne a été nommé communémentlaFranche-Comté, parce qu’originaïrement leshabitansétoient francs 8c libres, Sc que leur comte ne pouvoit leveríùr eux aucun impôt, étant obligé de se contenter de fêsrevenus ordinaires. Charles-Quint commença à donneratteinte à cette liberté, en mettant ce pays fous l’Empire,Sc le joignantaux provinces des Pays-Bas, dont il avoitcomposé un nouveau cercle , qu’il nomma le cercle deBourgogne , parce que ces provinces avoient appartenu àla maison de Bourgogne , dont il étoit héritier. Néan-moins jusqu’en 1668 , cette province n’avoit pas payéaucune contribution ordinaire aux rois d’Espagne. Ellelui accordoit seulement tous les trois ans un don gratuitde cent cinquante mille livres, à condition que cettesomme seroít employée au profit de la province , commeau payement des garnisons, ou à l’entretien des fortifica-tions, ou enfin à l’acquít des dettes des communautés.Louis XIV ayant rendti cette province par le traité d’Aix-la-Chapelle en 1668, après en avoir fait démolir lesplaces fortes, le roi d’Espagne demanda à cette provincehuit cens mille livres, en forme de prêt, pour y être em-ployée au payement des troupes étrangères que fa majestéCatholique y fit venir, Sc au rétablissement des fortifi-cations.Cette somme fut levée tous les ans jusqu’en ï 674,que Louis XIV ayant conquis cette province une secondefois, les huit cens mille livres passerent en impositionordinaire, & furent augmentées de trente mille en 168^.Comme il n’y a point d’élection en Franche-Comté, cettesomme de huit cent mille livres est imposée par baillia-ges. Outre cette somme, la eapitatíon qui est devenueune imposition ordinaire , produit au roi plus de sept censmille livres par an. Le Domaine étoit affermé cinquantemille livres avant qu’jl fût joint au bail des salines deSalins, qui est de six cens mille livres. On a depuis soumiscette province à de nouveaux droits. Les octrois de Be-sançon 8c des autres víU es ont mont é à plus de cent quavtre-vingt mille livres p ar an -
Le bled , l’avoíne. le vin Sc les fourrages, que le paysunîdu comté de Bourgogne produit, donnent lieu à undes principaux commerces qui s’y fassent. Outre le bled