de vivres. C’est un très - agréable pays qui est en-vironné de hautes montagnes , Sc rempli de petitesbuttes & plaines très-fertiles. Le long de cette riviere»& dés autres qui y entrent, font les bourgs des grandsdu pays, dont les principaux font Fanshere , Imanhal ,Cocombes , Andravoulle , Ambonnetanaha , Matomamou ,lmours , Manarnbaro , Vattemalame , Marofoutouts ,Fananghaa , íans les autres villages qui íont en grandequantité dans cette province. Les rivières qui y des-cendent font Acondre , Imanhal, Manarnbaro, 8c au-tres ruisseaux qui seroient longs à nommer. * Flacourt ,Histoire de Madagascar, c. i. page 4.
FRASCATI, ou Frescàti , en latin Tufiulumnovum, parce qu’elle occupe à-peu-près le même ter-reìn que le Tufiulum des anciens, ville d’Italie, dansla campagne de Rome, à douze milles de cette ville,au fud-est » au pied d’une côte , .avec un évêché , quine relevs que du saint siège , Sc qui est un des sixqui font optés par les six plus anciens cardinaux. Elleest petite, mais fort connue par les maisons de plai-sance 8c lés lieux de délices de quantité de seigneurs8c de princes romains, qui les appellent des vignes,& par la quantité des belles eaux qu’ii y a. Les plusbeaux palais Sc jardins font ceux des princes Ludo-visio, Borgheíè Sc Aldobrandin. * Baudrand, édition
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Le premier est rempli d’un grand nombre de tableauxexquis. En descendant, à f extrémité de la cour, onfe trouve fur une terrasse faite en demi-cercle, Sc ornéede balustres. En deçà de cette terrasse, il y a une fon-taine qui jette son eau fort haut 8c en abondance, Scune autre qui n’en est pas éloignée^. Celle-ci est faiteen forme de bassin » autour duquel s’élevent différensjets d’eau. La cascade qu'o n y volt, mérite de l'atten-tion. La source en est à deux milles; mais on lui afait prendre un très-grand détour, à cause des monta-gnes. Cette cascade jette son eau de la montagne, Scla versant abondamment sur son penchant, elle coulejusqu’au pied du rocher, qu’elle mouille de tous côtés,n'étant pas plutôt tombée qu’on la fait paroître parune infinité de jets d'eau qui surprennent. Le long dela muraille , qui est bâtie dans la terrasse , on voitsoixante petits baífins , qui donnent leurs eaux enabondance. En quelque lieu qu’on se trouve, dansce beau jardin , on est attaqué de l’eau de tous cô-tés.
La vigne du prince Borghese , appellée autrementMont-Dragon , est à un mille de Frascati, fur le hautde la montagne. On voit de-là la ville de Rome, lacampagne 8c la mer, quoiqu’elle en soit éloignée. Lacour est grande, 8c bornée par trois corps de bâtimensd'une tres - belle structure ; ils composent un grandnombre d'appartemens , excellemment ornés de sculp-tures Sc de peintures. Ces dernieres font des Carafes ,de Raphaël, d’Urbin, de Zuccharo, du Dominicain,du Guide, de Michel-Ange, de Joseph d’Arpin,nommé communément le Josepin , de Lanfranc , d'Al-bert Dure» Sc d’autres excellens maîtres. Dans une deschambres du palais > font deux grottes où des fontainesjettent leurs eaux d'une agréable maniéré. La statue deBacchus est dans l'une, Sc fournit quantité d’eau parune grappe de raisin. En descendant du palais, fontdeux terrasses l'une fur l’autre. La premiers, qui estla plus basse, est la plus grande, Sc régné le long ducorps-de-logis. Elle est toute bordée de balustrades,Sc de chaque côté font deux fort belles colomnes depierre travertins fort élevées. De quelque côté qu’onregarde ce palais » mais particulièrement du jardin, ontrouve toujours de nouveaux sujets de se satisfaire.D’un côté, on découvre un portique fort estimé, soitpour la délicatesse de l’architecture, soit pour ses statues.Vis-à-vis de l’autre côté du jardin, il y a un bâtimenten croissant, où dans les enfoncemens des grottes quis’y voyent, on n’admire pas moins les belles statues8c les jets d'eau qui s’y élèvent de toutes parts, quela girandolle qui est au milieu de la place, Sc quiremplit les oreilles d’un bruit épouvantable, imitantle tonnerre, la pluie Sc la grêle. Les deux autres côtésde ce jardin font environnés de murailles, au-dessusdesquelles font plusieurs statues d’eípace en espace. Lesjardins offrent de la même forte de quoi contenter les
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curieux. Les jardins font très-beaux, mais à la maniérédes Italiens.
La vigne du cardinal Aldobrandin, qu’on appelleBelvedere , pour fa charmante situation, 8c pour la di-versité des belles choses qu'elle contient , surpasseroutes celles non-seulement de Frascati, mais de toutel’kalie. Apres avoir marché de la ville environ un mille,en montant par une large allée, entre deux haies vives ,on arrive fur une terrasse faite en demi-cercle, 8c revêtuede pierre de taille , autour de laquelle font des vasesde pierre de distance en distance, fur une balustradequi l’environne. Ces vases servent de caisse à des myrtes,des orangers, des citronniers , 8c autres de même na-ture. Ensuite » il y a une grotte, d’ou sortent plusieursfontaines » 8c où font quelques statues qui jettent leurseaux d’une maniéré très-agréable. De cette terrasse onmonte fur une autre , palissadée de lauriers , entreplusieurs figures, entremêlées d’autres arbres d’uneperpétuelle verdure. En montant plus haut » on ren-contre le palais , qui ne consiste qu’en un grandcorps-de-logís, qu’il faut traverser pour entrer dansune grande place, qui lui sert de cour. Sitôt qu’on adescendu du vestibule dans cette cour, on voit au piedd’une montagne une grande grotte , faite en formed’amphithéatre, du haut de laquelle l’eau descend d’unecascade entre deux rangs de petits bassins de pierre, oùelle jaillit agréablement, julqu’á ce qu’elle arrive au-dessus d’une petite terrasse, où quelque précaution qu’onprenne , on ne peut éviter d’être mouillé. Là font deuxcolomnes retorses de marbre ; l’eau, qu'elles jettentfort haut, vient retomber pour s’écouler parles canulesou replis de ces colomnes jusqu’en bas , où toute cetteeau s’étant assemblée, elle descend dans cette grotte,8c y forme un objet très-agréable. On a fait venir cettegrosiè source d’eau de plus de cinq milles, par unaquéduc, qui fait cette cascade par sa chute sur le pen-chant de cette montagne, dans l’espace de deux censtoises qu’elle a jusqu’à cette grotte, qui e st divisée encinq voûtes ou arcades. Au-dessus de celle du milieu,on voit un Atlas » chargé d’un globe qui représentele monde. Ce globe est percé de tous côtés, 8c l’eauqui en fort, en forme de pluie, tombe fur un rocherà diverses pointes, qui fe jette au-dessous, dans ungrand bassin, au milieu duquel plusieurs autres figuresfont jaillir leurs eaux de différentes façons. Dans cha-cune des deux grottes, qui font à côté de celle d'Atlas,8c qui jettent de l’eau en grande abondance , il y ades statues plus grandes qu’à L’ordinaire ; 8c dans deuxautres qui font voisines , 8c vis-à-vis l'une de l’aiitre;à gauche » est représenté le Dieu Pan , jouant du fla-geolet, par le moyen du vent que l’on fait entreradroitement par des tuyaux, Sc de l’autre côté, il ya un Hippocentaure, qui sonne du cor, s e f a is a nt en-tendre à plus d’une lieue, ce qui fe fait p ar l e moyen,du vent qu’on tient renfermé , Sc qu’on fait montespar un artifice singulier. A main droite, proche lagrotte d’Atlas, est la salle des neuf Mules , peintepar dedans > Sc représentant les métamorphoses d’Ovide.A l’extrémité de cette salle , les neuf Muses, qui ac-compagnent Appollon fur le Parnasse, font proprementvêtues, avec leurs instrumens , dont, par le moyen deseaux, elles font un tres-doux concert. Là» le chevalPegase, en battant le roc du pied, en fait sortir l’eau.Là, jouent les orgues, dont l’eau fait hausser Sc baisserles soufflets, Sc l’on y entend le ramage des oiseaux,si bien contrefait qu on y est trompé- II y a aussi auxdeux côtés du Parnasse, deux statues de filles savantes,reçues au nombre des Muses ; des réservoirs de vent,qui soufflent sans cesse un air frais par divers endroitsen forme de soupiraux. Si on met une petite boule,pourvu qu’elle soit légere, sur un petit trou qui est aumilieu de cette salle, le vent la porte Sc la fait danserquelque tems en Pair, f an s qu’elle tombe. II y a ungrand bassin, où un lion jette 3 e l’eau plus de 20 piedsde haut. Les deux pavillons qui accompagnent cettegrotte, servent de rn° nt ^ eS ’ ^ ont couvertes degalleries , d’où l’on voit les deux rangées de petitsbassins qui règnent l eS uns ^près les autres le longde la cascade de la montagne qu'il faut franchir , si Q nveut voir les choses plus exactement, par un escalier dedeux cens degrés, où l’eau jaillit de toutes parts. OnTome II. H hhhhh