,pâr conséquent, leur longitude d’Angleterre est d’envi-ron 60 d. du côté de l’ouest. Mais je crois que noshydrographes ne les éloignent pas astèz de l’occident.Les Espagnols qui les ont découvertes, St qui seuls lesont miles dans leurs cartes , disent que le nombre en estgrand, St qu’elles s’étendent depuis l’occident de la lignejusques à 5 d. du septentrion ; cependant nous n’envîmes pas plus de quatorze ou quinze. Quelques-unesont sept à huit lieues de long, trois à quatre de large,Se font assez élevées. La plupart font plates & uniesau sommet. Quatre ou cinq çles plus orientales font pier-reuses , stériles Se montueuses, Sc ne produisent ni her-bes , ni pâturages , ni arbres que des dildos , fi cé11’est du coté de la mer. Le dildo est un arbrisseauverd , St plein de piquans , qui croît de la hauteurd’environ dix à douze pieds , Sc ne produit nifeuilles ni fruits. 11 est de la grosseur de la jambe d’unhomme , depuis le pied jusqu’à la tête, plein de piquans■rangés en rayons fort près à près. Cet arbrisseau n’estpas même bon à brûler. O11 trouve près de la merde petits arbres nommés bortons , qui font fort bons àbrûler. Cette forte d’arbre vient en divers lieux dansles Indes occidentales, Sc principalement dans la baiede Campêche, Sc les ifles Sambales. Je n’en ai jamaisvu sor ces mers, qu’aux ifles de Gallapagos. II y a, entreles rochers de ces ifles-stériles, des lacs St des fossés oùil y a de l’eau. Quelques autres de ces ifles font uniesSt basses. Le terroir en est fertile , St produit diversesfortes d’arbres qui nòus font inconnus. Quelques-unesdes plus occidentales ont neuf à dix lieues de long, Seíix à sept de large ; la terre y est profonde Se noire.Elles produisent de grands arbres , principalement desmammets , St on y voit des bois qui ne font com-posés que de ces arbres. II y a dans ces grandes iflesdes rivières assez larges , St dans les 'autres de moin-dre étendue, des ruisseaux de bonne eau. Lorsque lesEspagnols en firent la preiniere découverte, ils y trou-vèrent quantité de guanos St de tortues de terre, St les■nommèrent les ifles de Gallapagos. Je ne crois pasqu’il y ait de pays où ces animaux soient plus cont-inus. Les guanos y font très-gras, & si familiers, qu’onen peut aflòinmer vingt, avec un bâton, en une heurede tems. Les tortues de terre y font en fi grande quan-tité , que cinq ou six cents hommes pourroient en lùb-sister pendant plusieurs mois , fans aucune autre fortede provisions. Elles font très-grasses St très - délicates.On en trouve qui pèsent jusqu’à deux cents livres. II ya encore dans ces ifles des lèrpens verds ; mais je n’yai point vu d’autres animaux terrestres : il y a beau-coup de tourterelles , ík très-privées.
On trouve entre ces ifles des canaux où les vais-seaux peuvent passer. L’eau y est basse en certains en-droits qui produisent beaucoup d’herbe à la tortue ; aussiy en a-t-if beaucoup de vertes. II y a de quatre sortesde tortues de mer ; les grosses, ou tortues à bahu, lesgrosses-têtes, les bec-à-faucon, St les tortues vertes.
L’air de ces ifles est assez tempéré , vû le climat. IIs’éleve tous les jours, fans interruption, un petit ventde mer , St la nuit un vent froid ; mais la chaleur n’yest pas si violente, que dans la plupart des lieux prèsde la ligne. Les mois de Novembre , de Décembre&t de Janvier font pluvieux. Le tems est alors som-bre , orageux, mêlé de quantité de tonnerre St d’é-clairs. Quelquefois , avant 8t après ces mois , il y a depetites pluyies rafraîchissantes ; mais le tems est toujoursfort beau durant les mois de Mai, de Juin, de Juillet &d’Août.
Le capitaine Woodes Rogers, Anglois, dit, t. 1 ,p, 366 : les Gallapagos font en si grand nombre, quenous en comptâmes, en deux fois, jusqu a cinquante ;mais aucune ne paroît avoir d’eau douce. Les relationsEspagnoles prétendent qu’on en trouve dans celle quiest située fous le premier d. 30’ de latitude méridionale.D’un autre cote, Morel m’a dit qu’un vaisseau de guerreEspagnol, qui croifoit fur les Pirates, avoir touché àune isle située fous le premier degré 20’ ou 30’ de lati-tude méridionale, appellée Santa. Maria de l’A-QUADa , où l’on trouve quantité de bois, d’eau dou-ce , de tortues de mer St de terre, du poisson, unebonne rade, &t c . St qu’elle est environ à 140 lieues àEouest de l’iíle Plata. Je crois qu’on peut y ajouter du
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moins trente lieues de plus, & que c’est la même oùle capitaine Davis, Anglois, prit des rafraîchissemens.Au reste , pour l’indiquer, il cìit feulement qu’elle est àl’ouest de ces ifles, qui ne peuvent être que les Qalla-.pagos.
Le capitaine Covdey, autre Anglois , a parcouru cesifles qu’il nomme Gallapagos , ou ISLES ENCHAN-TÉES. Je joindrai ici le récit qu’il en fait dans sonvoyage, qui est à la fuite de Dàmpier. t. 4 , p. 22 o ;mais j’avertis que les noms, qu’il s’avifa de leur donneralors , ne sont, tout au plus, que clés marques de sonrespect, ou de son amitié pour les personnes dont il donnales noms à ces ifles. Les Espagnols, à qui ces ifles appar-tiennent, n'ont aucune connoissance de ces noms, Stn’en font pas usage.
La premiere ifle, dit-il, que nous apperçûmes, étoità un degré 30’ de latitude méridionale; nous étions àson nord , St le vent fouffloit du sud ; ce qui nous em-pêcha d’y aborder. Elle est haute , St je la nommail’ifle du roi Charles ( son vrai nom ejl l’ijle Mascarin. )Nous en vimes trois autres au nord de celle-ci. Je nom-mai la plus proche l’ifle de Crojjman : celle qui venoiteníîlte, Brattles ; Sc la troisième , l’ifle du chevalierAntoine Dean. ( U une de ces trois ijles ejl Ciste du Ta-bac. ) Nous en vîmes plusieurs autres à l’ouest, à l’unedesquelles je donnai le nom SE ures , celui de Daffìgni•à une autre , Sc celui de Bindlos à une troisième.( La plus méridionale des trois ejl l’ijle de Santé ; plusà Coitejl , ejl l’ifle AU Diable. ) Nous mouillâmes en-suite dans un fort bon havre , qui est à l’extréinité laplus septentrionale cl’une belle ifle fous la ligne, où ily avoir quantité de poissons 8t d’excellentes tortues demer Sc de terre, dont quelques-unes pefoient plus dedeux cents livres. On y voyoit une infinité d’oiseaux, deflemmingos, Sc de tourterelles qui étoient si familières ,qu’elles venoient fe percher sor nous , Sc que nous lesprenions en vie. Mais lorsque nos gens eurent tiré dessus ,elles devinrent plus craintives. J’impofai le nom du Ducd’Yorck à cette ifle ( c’est , je pense , l’ifle de SaintBarnabé ; ) celui du Duc de Norfolck , à une autre quiétoit ronde Sc jolie, située à son est, Sc celui du Ducd’Albemarle , à une troisième, fort agréable , située àson ouest. II y avoit à la premiere une baie ou un ha-vre bien commode, où l’on pouvoir être à l’abri detous cotés ; Sc devant cette baie paroissoit une autreifle, à qui je donnai le nom du chevalier Jean Nar-boroug. Entre l’ifle d’Yorck SC celle d’Albemarle, il yen a une petite, qu’il me vint dans l’esprit de nommerCifle enchantée de Cowley , parce qu’en la regardant fousdifférens points de la boussole , elle me présenta tou-jours de nouveaux aspects. Tantôt c’étoit»une fortifica-tion ruinée, tantôt une grande ville, Sec. Je nommaile havre de l’ifle d’Yorck, la baie d’Albanie , Sc un autreendroit, la rade d’Yorck : on y trouve d’excellente eaudouce, du bois Sc une riche veine de minéral. Nouscourûmes ensuite vers le nord où nous vîmes trois au-tres jolies ifles... II y avoit fur toutes ces ifles oìd nousfûmes, ou dans leur parage, quantité d’oifeaùx, de tortues,de poissons , Sc de gros alguanas ou guanos de très-bon goût ; mais nous ne trouvâmes d’eau douce , quefur l’ifle d’Yorck.
Dampier, t. i, p. 118 , parle auffi d’une de ces ifles ,située sous la ligne : ce doit être celle de saint Barnabé ,& d’une autre qui en est à deux lieues de distance. Elle est,dit-il, également pierreuse Sc stérile , Sc a cinq ou sixlieues de long Sc quatre de large : il mouilla au nordde l’ifle à un quart de mille de terre, Sc à seize "brassesd’eau. Le long de la côte est d’un accès difficile, Scon ne peut ancrer qu’en ce seul endroit. La rade estmédiocre ; car le foncl est si escarpé , que si l’ancrelâche une fois , elle ne s’accroche jamais ; Sc le ventvient d’ordinaire de la terre , si ce n’est durant la nuitqu’il est plus à l’ouest : car il souffle tout le long de laterre, mais fort doucement. II n’y a d’eau, que dans leslacs Sc dans les trous de rochers. L’endroit où nousmouillâmes d’abord, a de l’eau du côté du nord ; elletombe , comme un torrent, de rochers hauts Sc escarpés,situés dans une baie sablonneuse. Dans les ifles situéesà l’ouest de celle-ci, il y a des lieux fort commodes pourcaréner, de bons canaux entre ces ifles St plusieurslieux propres à ancrer. II y a ausiì force ruisseaux de