yo OUirl
Phíson pour le canal occidental & Charilah, que lePhison arrose, pour la premiere province que l’on trouveà l’occident de l'embouchure de l’Euphrate ; 11 s’ensuit,dis-je, de ce système, que le Géhon est le canal orien-tal , & que la province que le Géhon parcourt, est lapremiere province que l’on trouve à l’orient de l’embou-chure de l’Euphrate.
Ce canal partant de l’Euphrate, comme le Phison,Sc tombant dans la même mer, est sujet aux mêmesaccroissemens, Sc aux mêmes débordemens, mais nontoutefois fi grands , parce que ses rives ne font pas fibasses. Ces débordemens lui ont fait donner le nom deGéhon , ou , comme l’écrivent Sc le prononcent les Hé-breux , Gichon , du verbe sTU Gouach , qui signifie s’e-Couler. Ce petit courant d’eau , qui étoit proche de Jéru-salem , a eu le même nom, pour la même cause, parcequ’il arrosoir les jardins voiHns. On l’appelloit autre-ment Siloé, HW L’Evangile, ( Job. 9 ,7, ) expose cemot par celui d’xViratyoVcç, Schaluach, c’est-
à-dire , envoyé , échappé , détourné , conduit pour arro-ser les terres. De-là vient que lorsque que le para-phraste Jonathan a trouvé le mot Géhon dans le textehébreu du premier Livre des Rois, il l’a traduit par lemot S il a. Je ne m’amuserai point à rapporter toutes lesautres étymologies de ce mot, que les peres, les inter-prètes , 8c les rabbins ont imaginées. Je m’arrêterai feu-lement à celle que propose Joseph. II explique Géhon,•nv <t7io Ttif ctvxTo?.»; á/aá'iS'ójj.iyov , qui ejl produit , quis écoule de VOrient. II ajoûte que c’est le Nil, suivantI’erreur des anciens qui confbndoient les Indes &1 Ethio-pie, &lès croyoient, ainsi que la source du Nil, a 1 orientde l’Egypte. 11 a sait voir en cet endroit, comme en beau-coup d’autres, que pour être Juif, il n’en étoit pas plussavant en hébreu. Car il dérive le mot res'v , du verbenX3, qui signifie luire , éclater , d’où vient PM Nogak ,Lucifer , l’étoile du matin St fillU Noghi , la lumièredu jour , St J-pà Giah , J éclat, la splendeur, Sc le Sy-riaque KHjID Magaha , U aurore , le matin. Et de PlUGiah , Joseph a cru que se formoit le mot pìTà Gihon ,ne sachant pas que le mot hébreu est {IfPJl Gichon , Stnon pas pîlU Gihon ; ou s’il le savoir , ne sachantpas que yim Gichon a une origine plus naturelle , Scmoins forcée. Quoi qu’il en soit, si cette origine a lieu,elle confirmera mon opinion, Sc marquera la situationde ce canal , du côté du levant, à l’égard du Phi-son , qui est du côté de Ponent. * Joseph , Antiq.1. 1 , c. 2.
J’ai déja dit que Moïse a moins apposé de marquesau Géhon qu’au Phison, parce que ce dernier étantconnu, la situation seule des autres siiffifoit pour lesfâire connoître. Car le Phison se rencontrant le premierà l’égard de l’Arabie pierreuse , où Moïse écrivoit, lesecond, qui étoit le Géhon , ne pouvoit être autre quecelui que l’on trouvoit ensuite, savoir, !e canal orientaldes deux qui divisent l’Euphrate; car de Palier chercherplus loin , c’eût été contrevenir aux paroles de Moïse,qui marquent expressément que ce fleuve étoit joint auxtrois autres dans le paradis. On en étoit si persuadé ,que rien, à mon avis, n’a plus contribué à faire croireque le Nil sortoit de l’Euphrate , comme Pausanias &Philostrate nous assurent qu’on le croyois, que l’opinionoù l’on étoit que le Géhon étoit le Nil, & que bail-leurs il passoit pour constant que le Géhon étoit unbras de l’Euphrate. Peut-être le Géhon auroit-il été plusreconnoistàble par les vestiges de son nom , si la pos-térité les avoit conservés ; mais il est demeuré obscurcifous les noms de Phison Sc de Pasitigre, qui se sontétendus, St Pont enveloppé, comme je l’ai montré.
C’est ainsi que ce savant évêque, prévenu que le para-dis terrestre étoit auprès du Tigre St de l’Euphrate, cher-choit le Géhon dans un des bras de ces deux fleuves, unisdans un même lit.
Le Clerc persuadé, au contraire, que le paradis terres-tre étoit vers la source du Jourdain, croit que le Géhonest l’Oronte dont la source n’est pas fort éloignée decelle du Jourdain ; & par la terre de Chus que le Géhonarrosoit, il entend la Caísiotide. II trouve dans le motChus l’origine du nom de Casius ou Cassius. Ce qui fa-vorise ma conjecture, dit - il, c’est l’ancien nom dufleuve Oronte, que les Grecs ont appellé pi^jd-poe, parceque son cours est très-rapide, lorsqu’il sort de fa source,
GEH
8í lorsqu’après avoir coulé sous. terre , il recommenceà paraître ; ce qui est parfaitement exprimé par le nomde jppj dérivé de sTU. Le Clerc trouve cette conjectureplus suffisante que celle de Bochart, St que les autres qu’ilavoit fans doute examinées.
Le P. Hardouin a un sentiment particulier. II donneun sens nouveau à ces paroles du texte latin : Et flu-vius egrediebatur de loco voluptatis ad irrigandum pa-radifum : qui inde dividitur in quatuor capita. C est-à-direîil sortoit de ce lieu de délices un fleuve pour arro-ser le paradis, qui de-là se divise en quatre têtes, ousources. II trouve , avec raison, qu’il n’est pas commodede supposer que les quatre fleuves , savoir, le Phison ,le Géhon, le Tigre Sc l’Euphrate fussent autant de bran-ches dérivées du fleuve qui sortoit du lieu de délices.De Saci a mal rendu ces mots in v quatuor capita parceux-ci en quatre canaux : il n’est point question là decanaux, mais des sources des quatre fleuves qui sontnommés ensuite. Or comment peut-on dire que ces qua-tre sources si éloignées Pune de l’autre, étoient des di-visions d’un seul fleuve ? Avoir recours, comme quelquesinterprètes Pont risqué, à des communications souterrai-nes, c’est embarrasser la question fans nécessité. La dif-ficulté disparaît, quand, avec le P. Hardouin, on rap-porte ces mots qui ejl divisé , ou qui ejl partagé , nonpas Wl fleuve duquel il ne s’agit plus , mais au paradis.C’est comme si Moïse eut dit : & de ce lieu de délicessortoit un fleuve pour arroser le paradis, dont la beauténe subsiste plus entièrement ; mais on en voit encoredes restes autour des sources des quatre fleuves, savoir,Scc. On peut voir son sentiment entier dans fa disserta-tion fur la situation du paradis terrestre, imprimée enlatin après le VI livre de Pline , dans sédition in-fol.Sc en françois au premier tome des Traités historiquesSc géographiques pour faciliter l’intelligence de Pécrituresainte, imprimés à la Haye en l’année 1730.
Comme il place le paradis terrestre au haut du Jour-dain , il croit que Moïse a nommé quatre fleuves voi-sins du paradis terrestre. Le Tigre Sc PEuphrate sontconnus. Ce pere croit que le Géhon est le jhunen Jal-sum de Pline, & que le Phison est l'Achana du mêmeauteur. Sur ce qu’il est dit que le Gehon coule autourde tout’le pays d’Ethiopie, on fait voir que ce ne peutêtre l’Ethiopie proprement dite que les Juifs ne connois-soient pas, mais une autre Ethiopie qui étoit dans PA-rabie, Sc la même que la terre de Madian. Abacuc ,c. 3, v. 7, dit : Pro inìquitate vidi tentoria Ethiopice :Turbabuntur pelles terra Madian. La seconde femme deMoïse est nommée Ethiopienne , en hébreu Chuflth ,ÍT£0 ; Seau livre second des Paralipoménes , c. 21,r. 16, on lit que Dieu.suscita contre Joram l’esprit desPhilistins Sc des Arabes qui habitent près des Ethio-piens. Ces quatre 1 fleuves pouvoieot être facilement con-nus des Israélites à qui Moïse parloit. Ils étoient à unedistance à-peu-près égale du lieu où il écrivoit la Ge-nèse ; de façon que , par rapport à ce même endroit,selon le P. Hardouin, le Tigre Sc PEuphrate étoientplacés au septentrion, le Phison Sc le Géhon au midi.Moïse, dit-il, fait ici mention de ces quatre fleuves ,parce qu’il vouloir apprendre aux Israélites que cette terre ,oùil les conduisoit, avoit été autrefois le lieu du paradis ,comme elle l’étoit encore dans le teins qu’il écrivoit, Stqu’aucune autre contrée ue lui pouvoit être comparée,soit qn’on fe tournât du côté du midi, où le Géhon Scle Phison arrosent l’Arabie heureuse , soit que l’on setournât du côté du septentrion , ou sont les sources dePEuphrate & du Tigre , puisqu aucune de ces contréesn’avoit en elle-même que la quatrième partie de la beautéqui se trouvoit ramassée dans le lieu de délices & dans leparadis, c’est-à-dire dans cette partie de la Terre-íainte ;& si ce 11’eût pas été là l'intention de Moïse, il fau-drait dire qu’il ne convenois pas plus de faire mention,dans cet endroit, du Tigre Sc de PEuphrate, Sc des au-tres fleuves, que du Rhin St de la Seine. Mais il en faitmention, parce que les Israélites savoient parfaitementqu’on leur parloit de pays très-agréables, en leur indi-quant les contrées arrosées par les commencemens de cesquatre fleuves.
Si je me fuis un peu étendu fur ce fleuve, c’est quej’ai cru que la matière étoit assez importante pour devoirêtre examinée, 8c assez obscure pour ne devoir pas